Endocannabinoïdes
Les cannabinoïdes que le corps humain fabrique lui-même, et les enzymes qui les effacent.
Un endocannabinoïde n'est pas un composé du chanvre : c'est un lipide produit par le corps, à la demande, à partir des phospholipides de la membrane cellulaire. Il n'est pas stocké dans une vésicule comme un neurotransmetteur classique — il est synthétisé au moment où il sert, agit sur quelques micromètres, puis se fait hydrolyser.
Cette brièveté est le trait qui définit la famille. L'anandamide est démantelée par la FAAH, le 2-AG par la MAGL ; les deux enzymes figurent dans cet index au même titre que leurs substrats, parce qu'on ne peut pas lire la signalisation sans lire son extinction.
La conséquence pratique : la plupart des fiches de cette famille n'ont pas de dose humaine caractérisée, et n'en auront pas. Ce sont des molécules endogènes, mesurées en concentrations tissulaires, pas des substances que l'on prend.
1992 — une molécule nommée d'après la béatitude
Les récepteurs ont précédé leurs ligands. CB1 est cloné en 1990, et le raisonnement s'impose : un récepteur que le corps exprime en abondance n'a pas été conservé par l'évolution pour attendre une plante. Il devait exister un agoniste endogène.
Il est isolé en 1992 dans le laboratoire de Raphael Mechoulam, à l'Université hébraïque de Jérusalem, à partir de cerveau de porc — William Devane et Lumír Hanuš signent l'identification. La molécule est baptisée anandamide, du sanskrit ānanda, « joie, félicité », accolé au suffixe chimique amide.
Le second arrive en 1995 : le 2-arachidonoylglycérol, isolé d'intestin canin par la même équipe avec Shimon Ben-Shabat, et décrit indépendamment à l'université Teikyo par l'équipe de Takayuki Sugiura. Le 2-AG est présent dans le cerveau à des concentrations bien supérieures à celles de l'anandamide, ce qui a déplacé la question : lequel des deux est le ligand principal reste discuté.
Les profils d'effet subjectif sont vides sur presque toute la famille. C'est une donnée, pas un oubli : une molécule endogène n'a pas de « ressenti » documenté chez l'humain sain.
Les molécules de cette classe.
- 1-arachidonoylglycérolC₂₃H₃₈O₄1-AGEndogène
- 2-ArachidonoylglycérolC₂₃H₃₈O₄2-AGEndogène
- Éther de noladinC₂₃H₄₀O₃2-AGENon listé
- 2-eicosapentaénoylglycérolC₂₃H₃₆O₄2-EPGEndogène
- 2-linoléoylglycérolC₂₁H₃₈O₄2-LGEndogène
- 2-oléoylglycérolC₂₁H₄₀O₄2-OGEndogène
- 2-palmitoylglycérolC₁₉H₃₈O₄2-PGEndogène
- Anandamide (N-arachidonoyléthanolamine)C₂₂H₃₇NO₂AEAEndogène
- N-arachidonoyl-sérineC₂₃H₃₇NO₄ARA-SEndogène
- DocosatétraénoyléthanolamideC₂₄H₄₁NO₂DEA-NAEEndogène
- DocosahexaénoyléthanolamideC₂₄H₃₇NO₂DHEA-EAEndogène
- EicosapentaénoyléthanolamideC₂₂H₃₅NO₂EPEAEndogène
- Dihomo-gamma-linolénoyléthanolamideC₂₂H₃₉NO₂HEAEndogène
- LinoléoyléthanolamideC₂₀H₃₇NO₂LEAEndogène
- LysophosphatidylinositolC₂₅H₄₉O₁₂PLPIEndogène
- N-arachidonoyl-dopamineC₂₈H₄₁NO₃NADAEndogène
- N-arachidonoyl-glycineC₂₂H₃₅NO₃NAGlyEndogène
- N-arachidonoyl-taurineC₂₂H₃₇NO₄SNATEndogène
- VirodhamineC₂₂H₃₇NO₂O-AEAEndogène
- OléoyléthanolamideC₂₀H₃₉NO₂OEAEndogène
- N-oléoyl-dopamineC₂₆H₄₃NO₃OLDAEndogène
- OléamideC₁₈H₃₅NOOléamideEndogène
- N-palmitoyl-dopamineC₂₄H₄₁NO₃PALDAEndogène
- PalmitoyléthanolamideC₁₈H₃₇NO₂PEANon listé
- Pepcan-12 (RVD-hémopressine)C₆₅H₁₀₅N₁₉O₁₇Pepcan-12Endogène
- Prostamide E2C₂₂H₃₇NO₅PGE2-EAEndogène
- Ester glycéryle de la prostaglandine E2C₂₃H₃₈O₇PGE2-GEndogène
- PalmitoléoyléthanolamideC₁₈H₃₅NO₂POEAEndogène
- StéaroyléthanolamideC₂₀H₄₁NO₂SEAEndogène
- N-stéaroyl-dopamineC₂₆H₄₅NO₃STEARDAEndogène