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Endocannabinoïde

Endogène

SEA

Stéaroyléthanolamide

N-(2-hydroxyethyl)octadecanamide

Alias.stearoylethanolamide · N-stearoylethanolamine · SEA · NSE · 18:0 NAE

N-acyléthanolamine saturée endogène, sans affinité CB1/CB2, active surtout par effet d'entourage.

Niveau de détail

Identifiants

Formule
C₂₀H₄₁NO₂
Masse molaire
327.60 g·mol⁻¹
CAS
111-57-9
PubChem CID
27902
Première description
Les amides d'éthanolamine d'acides gras ont été identifiés dans les tissus de mammifères en 1965 par Bachur, Masek, Melmon et Udenfriend. La caractérisation pharmacologique propre du stéaroyléthanolamide est bien plus tardive : deux études publiées en 2002 établissent son profil de liaison, sa dégradation enzymatique et son activité pro-apoptotique, puis un travail de 2004 décrit son effet anorexigène chez la souris par répression de la stéaroyl-CoA désaturase 1. L'essentiel du travail expérimental ultérieur provient d'équipes ukrainiennes, qui ont exploré ses propriétés anti-inflammatoires et membranoprotectrices.
Origine
Composé endogène des mammifères, absent du cannabis. Le stéaroyléthanolamide est présent dans le cerveau, le cœur, le muscle squelettique, le plasma et le lait maternel humains, souvent à des concentrations supérieures à celles de l'anandamide. Il dérive de l'acide stéarique, acide gras saturé en C18 abondant dans l'alimentation courante.
InChIKey
OTGQIQQTPXJQRG-UHFFFAOYSA-N

En clair

Le stéaroyléthanolamide est une petite molécule grasse que le corps humain fabrique lui-même, à partir d'acide stéarique, un corps gras très courant dans l'alimentation. On le retrouve dans le cerveau, les muscles, le plasma et le lait maternel, souvent en quantité plus élevée que les cannabinoïdes internes les plus connus. Il ne se fixe pas sur les récepteurs du cannabis et ne provoque aucun effet planant.

Récepteurs et activité

  • FAAH (dégradation de l'anandamide)
    Modulateur
  • NAAA
    Modulateur
  • PPARγ
    Modulateur
  • Site de liaison spécifique non cannabinoïde et non vanilloïde
    Modulateur
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

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  • Apaisement
    12
  • Clarté
    8
  • Sommeil
    10
  • Appétit
    6
  • High
    6

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le stéaroyléthanolamide (SEA) est une N-acyléthanolamine entièrement saturée, analogue en C18:0 de l'anandamide. Les données de liaison convergent : le SEA ne se fixe pas de façon appréciable sur CB1 ni sur CB2, et il n'active pas le canal TRPV1, contrairement aux N-acyléthanolamines en C18 insaturées. Deux travaux de 2002, menés sur le cerveau de souris et sur des cellules de gliome C6 de rat, ont décrit un site de liaison propre, distinct des récepteurs cannabinoïdes et vanilloïdes et non couplé aux protéines G, ainsi qu'un transporteur membranaire dédié. Son activité qualifiée de cannabimimétique passe donc surtout par un effet d'entourage : substrat de la FAAH et de la NAAA, le SEA entre en compétition pour la dégradation de l'anandamide et prolonge l'action de celle-ci. Une piste PPARγ a été avancée en 2022 sur la base d'un amarrage moléculaire et de l'antagonisme par le GW9662, avec inhibition de la translocation nucléaire de NF-κB, alors que l'activation de PPARα n'a pas été retrouvée lorsqu'elle a été testée directement. Chez le rongeur, les effets rapportés comprennent une baisse de la prise alimentaire liée à la répression de la stéaroyl-CoA désaturase 1, une action anti-inflammatoire et pro-apoptotique sur lignées tumorales, et une inhibition de l'activation plaquettaire. Chez l'humain, le SEA n'a été mesuré que comme marqueur, notamment dans le muscle trapèze douloureux et dans le lait maternel. Aucun essai clinique ne l'a évalué comme traitement et les données humaines d'efficacité manquent.

Sources clés.

Voie biosynthétique (in vivo)

Voie classique des N-acyléthanolamines : une N-acyltransférase transfère un résidu stéaroyle sur la phosphatidyléthanolamine membranaire pour former la N-stéaroyl-phosphatidyléthanolamine, que la NAPE-PLD hydrolyse ensuite en libérant le stéaroyléthanolamide. La production tissulaire augmente nettement dans les tissus lésés, ischémiques ou dégénérescents.

Classification structurelle

Classe
Endocannabinoïde
Origine
Composé endogène des mammifères, absent du cannabis. Le stéaroyléthanolamide est présent dans le cerveau, le cœur, le muscle squelettique, le plasma et le lait maternel humains, souvent à des concentrations supérieures à celles de l'anandamide. Il dérive de l'acide stéarique, acide gras saturé en C18 abondant dans l'alimentation courante.
Statut
Endogène

N-acyléthanolamine entièrement saturée, amide de l'acide stéarique (C18:0) et de l'éthanolamine. Elle appartient à la famille des amides d'acides gras endogènes, aux côtés de l'anandamide, du palmitoyléthanolamide et de l'oléoyléthanolamide. Ce n'est pas un cannabinoïde terpénophénolique.

Pharmacocinétique

Lipide amphiphile très lipophile, dont l'entrée cellulaire passe par un transporteur membranaire saturable caractérisé dans le cerveau murin et sur les cellules de gliome C6. Chez la souris, la voie orale reproduit l'effet anorexigène obtenu par voie intrapéritonéale, ce qui indique une biodisponibilité digestive suffisante dans ce modèle. Aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'est publiée.

Métabolisme

Hydrolysé en acide stéarique et en éthanolamine par deux amidases : l'hydrolase des amides d'acides gras (FAAH) et la N-acyléthanolamine-acide amidase (NAAA). Leurs contributions respectives varient selon le tissu, la FAAH prédominant dans le cerveau tandis que les deux enzymes agissent de concert dans les macrophages. Cette compétition pour les mêmes voies de dégradation constitue le socle de l'effet d'entourage vis-à-vis de l'anandamide. Sa chaîne saturée le rend métaboliquement plus stable que l'anandamide, insensible aux oxygénases qui remanient les endocannabinoïdes polyinsaturés.

Toxicologie et risques

Métabolite endogène de l'organisme humain, dépourvu de potentiel psychoactif : l'absence de liaison sur CB1 exclut les effets de type cannabique. Chez le rat et la souris, les administrations répétées sur une à deux semaines rapportées dans la littérature ont été globalement bien tolérées, avec amélioration des marqueurs antioxydants dans plusieurs modèles. Un signal défavorable existe cependant : administré avant une irradiation, le stéaroyléthanolamide s'est comporté comme un radiosensibilisant dans la descendance de rats irradiés. Une activité pro-apoptotique et antiproliférative sur lignées transformées est documentée in vitro. Aucune étude de toxicité chez l'humain n'a été publiée et aucune dose humaine de référence n'est établie.

Détection et analyse

Dosé par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, presque toujours au sein d'un panel de N-acyléthanolamines incluant l'anandamide, le palmitoyléthanolamide et l'oléoyléthanolamide. Les matrices documentées comprennent le microdialysat musculaire, le plasma, le lait maternel et le cheveu, ce dernier servant de mesure cumulative sur plusieurs mois. Substance endogène et non contrôlée, elle ne fait l'objet d'aucune recherche en toxicologie médico-légale ni d'aucun test de dépistage routinier.

Références

  1. 1.Cannabimimetic activity, binding, and degradation of stearoylethanolamide within the mouse central nervous system, Mol Cell Neurosci, 2002PMID 12359156
  2. 2.Binding, degradation and apoptotic activity of stearoylethanolamide in rat C6 glioma cells, Biochem J, 2002PMID 12010121
  3. 3.Stearoylethanolamide exerts anorexic effects in mice via down-regulation of liver stearoyl-coenzyme A desaturase-1 mRNA expression, FASEB J, 2004PMID 15289450
  4. 4.Endogenous unsaturated C18 N-acylethanolamines are vanilloid receptor (TRPV1) agonists, J Biol Chem, 2005PMID 16081411
  5. 5.Involvement of N-acylethanolamine-hydrolyzing acid amidase in degradation of anandamide, Biochim Biophys Acta, 2005PMID 16154384
  6. 6.The involvement of peroxisome proliferator-activated receptor gamma (PPARγ) in anti-inflammatory activity of N-stearoylethanolamine, Heliyon, 2022PMID 36387464
  7. 7.N-Stearoylethanolamine suppresses the pro-inflammatory cytokines production by inhibition of NF-κB translocation, Prostaglandins Other Lipid Mediat, 2015PMID 25997585
  8. 8.N-Stearoylethanolamine Inhibits Integrin-Mediated Activation, Aggregation, and Adhesion of Human Platelets, J Pharmacol Exp Ther, 2022PMID 35963618
  9. 9.High levels of N-palmitoylethanolamide and N-stearoylethanolamide in microdialysate samples from myalgic trapezius muscle in women, PLoS One, 2011PMID 22125609
  10. 10.Palmitoylethanolamide and stearoylethanolamide levels in the interstitium of the trapezius muscle correlate with pain intensity and sensitivity, Pain, 2013PMID 23707281
  11. 11.Satiety Factors Oleoylethanolamide, Stearoylethanolamide, and Palmitoylethanolamide in Mother's Milk, Nutrients, 2018PMID 30428553
  12. 12.Bachur NR, Masek K, Melmon KL, Udenfriend S. Fatty Acid Amides of Ethanolamine in Mammalian Tissues, J Biol Chem, 1965PMID 14284696
  13. 13.PubChem CID 27902, N-Stearoylethanolamine

Données structurées

InChIKey
OTGQIQQTPXJQRG-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CCCCCCCCCCCCCCCCCC(=O)NCCO
Formule
C20H41NO2
Masse molaire
327.60 g·mol⁻¹
CAS
111-57-9
PubChem CID
27902
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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