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EPEAEicosapentaénoyléthanolamide

Éthanolamide de l'EPA, cousin oméga-3 de l'anandamide, agoniste partiel faible de CB1 et CB2.

Niveau de détail

C₂₂H₃₅NO₂

CID 5283450

Famille
Endocannabinoïde ou apparentéEndocannabinoïdome
Masse molaire
345,50 g/mol

Mis à jour le

En clair

L'EPEA est une molécule que l'organisme fabrique lui même à partir d'un acide gras oméga-3 du poisson, l'EPA. Elle appartient à la même famille chimique que l'anandamide, le cannabinoïde produit naturellement par le cerveau, et se fixe faiblement sur les mêmes récepteurs. Tout ce qui est connu vient de cellules en culture et d'expériences sur l'animal : les données humaines manquent.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1Agoniste partielKi = 2 µM · sourismembranes de cerveau ; 55 nM en présence de PMSF ; CE50 1361 nM, Emax 40,6 % en [35S]GTPγS
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de EPEA : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de EPEA.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. CB1Agoniste partielKi = 2 µM · souris28 sur 100

    Brown I. et coll., Carcinogenesis 2010 (nouvel onglet) · membranes de cerveau ; 55 nM en présence de PMSF ; CE50 1361 nM, Emax 40,6 % en [35S]GTPγS

  2. CB2Agoniste partielKi = 9 µM · humain17 sur 100

    Brown I. et coll., Carcinogenesis 2010 (nouvel onglet) · CB2 humain en cellules CHO ; 3440 nM en présence de PMSF ; CE50 397 nM, Emax 22,9 % en [35S]GTPγS

  3. TRPA1Agonisteaucune valeur mesurée citée
La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

L'EPEA est le congénère oméga-3 de l'anandamide : même tête éthanolamide, mais une chaîne eicosapentaénoyle à cinq doubles liaisons issue de l'EPA. Sa pharmacologie a été établie sur membranes et lignées cellulaires : agoniste partiel de CB1 et de CB2, avec une affinité franchement inférieure à celle de l'anandamide et un effet maximal partiel en test de couplage aux protéines G, le CB1 étant mesuré sur membranes de cerveau de souris et le CB2 sur récepteur humain exprimé en cellules CHO (Brown 2010). L'écart considérable entre les Ki mesurés avec et sans inhibiteur d'hydrolases, 55 nM contre 2000 nM à CB1, indique que la molécule est hydrolysée très vite par la FAAH, ce qui borne sa durée d'action et complique l'interprétation des tests de liaison. Elle active par ailleurs le canal TRPA1, sans effet significatif sur TRPV1 (Abate 2025). Les effets antiprolifératifs rapportés sur lignées de cancer de la prostate s'observent à des concentrations qui ne coïncident pas avec son activité sur CB1 ou CB2, ce qui oriente vers des mécanismes indépendants des récepteurs cannabinoïdes, impliquant notamment les époxydes formés par les cytochromes P450 (McDougle 2017). Aucun essai clinique n'a évalué l'EPEA : les données humaines manquent, et rien dans la littérature ne permet de lui attribuer un bénéfice thérapeutique.

Histoire

Provenance
Molécule endogène, absente du cannabis. L'EPEA est produite par les tissus animaux à partir de l'acide eicosapentaénoïque (EPA, 20:5 n-3), un acide gras oméga-3 apporté par les poissons gras et les huiles marines. Ses concentrations tissulaires suivent l'apport alimentaire : chez le rongeur, un régime enrichi en huile de poisson augmente l'EPEA dans le plasma, l'iléon et le tissu adipeux, et l'épargne de la baisse hépatique observée pour la plupart des autres N-acyléthanolamines. Elle a été mesurée dans le cerveau, le foie et l'intestin grêle, ainsi que dans des adipocytes en culture.
Première description
Les éthanolamides de la série oméga-3, dont celui de l'acide eicosapentaénoïque, figurent dès 1997 dans l'étude de relation structure activité de Sheskin, Hanus, Slager, Vogel et Mechoulam sur les analogues de l'anandamide, qui conclut que les dérivés n-3 sont inactifs ou moins actifs que leurs homologues n-6. La présence endogène de l'EPEA dans les tissus de mammifère et sa dépendance à l'apport alimentaire en EPA sont documentées en 2008 par Artmann et ses collègues (Copenhague, Danemark). La caractérisation pharmacologique comme agoniste partiel de CB1 et de CB2 date de 2010, avec les travaux de Brown et de son équipe à Aberdeen sur lignées de cancer de la prostate.

Voie biosynthétique

In vivo

L'EPEA emprunte la voie des N-acylphosphatidyléthanolamines, la même que l'anandamide. Une N-acyltransférase transfère un résidu eicosapentaénoyle depuis un phospholipide membranaire vers la fonction amine d'une phosphatidyléthanolamine, ce qui forme une NAPE ; une phospholipase D spécifique (NAPE-PLD), ou des voies alternatives passant par des intermédiaires lyso, libère ensuite l'éthanolamide. La quantité produite dépend directement de la proportion d'EPA estérifié dans les phospholipides membranaires, donc de l'alimentation, ce qui fait de l'EPEA un médiateur dont le niveau est piloté par le substrat plutôt que par une régulation enzymatique dédiée.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Endocannabinoïde ou apparenté › Endocannabinoïdome

Vérification

Chaque donnée de la fiche a été vérifiée contre ses sources primaires le 20 octobre 2026.

Wikipédia (anglais)

Pas d'article dédié.

Classification structurelle

N-acyléthanolamine (NAE) polyinsaturée de série oméga-3 : amide formé entre l'acide eicosapentaénoïque (20:5 n-3) et l'éthanolamine. Analogue direct de l'anandamide, dont elle ne diffère que par la chaîne grasse, eicosapentaénoyle au lieu d'arachidonoyle.

Pharmacocinétique

Aucune étude de pharmacocinétique humaine n'a été publiée. Chez le rongeur, les concentrations plasmatiques et tissulaires d'EPEA dépendent de l'apport alimentaire en EPA : un régime enrichi en huile de poisson les augmente dans le plasma, l'iléon et le tissu adipeux, alors que la plupart des autres N-acyléthanolamines hépatiques diminuent. Comme les autres NAE, la molécule est très lipophile, se distribue dans les membranes et n'est pas stockée, mais produite à la demande. Sa durée d'action fonctionnelle est courte du fait d'une hydrolyse enzymatique rapide, effet mis en évidence par le gain d'affinité apparente obtenu lorsque les hydrolases sont bloquées.

Métabolisme

L'inactivation principale passe par la FAAH, qui coupe l'amide en acide eicosapentaénoïque et éthanolamine : le blocage des hydrolases par le PMSF multiplie l'affinité apparente pour CB1, de 2000 nM à 55 nM, et renforce l'effet antiprolifératif observé sur cellules LNCaP (Brown 2010). Les N-acyléthanolamines sont également dégradées en compartiment lysosomal par la NAAA, qui opère en milieu acide. Une voie oxydative coexiste : les époxygénases à cytochrome P450, dont le CYP2J2 humain, convertissent l'EPEA en époxydes (EEQ-EA), le régioisomère 17,18-EEQ-EA étant l'espèce prédominante (McDougle 2017). Ces époxydes sont ensuite ouverts par les époxyde hydrolases et hydrolysés par la FAAH.

Toxicologie et risques

Aucune donnée de toxicologie humaine. L'EPEA est un constituant endogène normal des tissus de mammifère, présent à l'état de traces et modulé par l'alimentation, ce qui rend improbable une toxicité intrinsèque aux niveaux physiologiques. Aucun cas d'intoxication, aucun signalement de mésusage et aucun potentiel d'abus documenté ; l'activité partielle et faible sur CB1 ne laisse pas attendre d'effet psychotrope. Les concentrations employées dans les travaux in vitro, de l'ordre du micromolaire, dépassent très largement les niveaux tissulaires physiologiques et ne préjugent en rien de ce qui se produirait chez l'être humain. Les effets d'une supplémentation en EPEA isolée n'ont jamais été évalués, chez le sujet sain comme chez le patient.

Détection et analyse

Quantification par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS et UPLC-MS/MS), au sein des panels lipidomiques qui dosent conjointement endocannabinoïdes, N-acyléthanolamines et oxylipines dans le plasma et les tissus, avec étalons internes deutérés. Les époxydes EEQ-EA se mesurent par les mêmes approches. Il s'agit d'un usage strictement scientifique : l'EPEA étant endogène et non contrôlée, elle ne fait l'objet d'aucune recherche en toxicologie médico-légale ni d'aucun test de dépistage routinier.

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom courant
Eicosapentaénoyléthanolamide
Nom IUPAC
(5Z,8Z,11Z,14Z,17Z)-N-(2-hydroxyethyl)icosa-5,8,11,14,17-pentaenamide
Autres noms
EPA-EA · N-eicosapentaenoylethanolamine

Identifiants

Formule
C₂₂H₃₅NO₂
InChIKey
OVKKNJPJQKTXIT-JLNKQSITSA-N
SMILES
CC/C=C\C/C=C\C/C=C\C/C=C\C/C=C\CCCC(=O)NCCO

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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