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DHEA-EADocosahexaénoyléthanolamide

NAE oméga-3 issue du DHA, ligand du récepteur GPR110 ; sans rapport avec la DHEA hormonale.

Niveau de détail

C₂₄H₃₇NO₂

CID 5283451

Famille
Endocannabinoïde ou apparentéEndocannabinoïdome
Masse molaire
371,60 g/mol

Mis à jour le

En clair

Le docosahexaénoyléthanolamide, aussi appelé synaptamide, est une molécule que le corps fabrique lui-même à partir du DHA, l'oméga-3 des poissons gras. Elle ne vient pas du chanvre et n'a rien de commun avec la DHEA hormonale, malgré la ressemblance des sigles. Les travaux disponibles portent sur le développement des neurones chez l'animal et sur cellules ; chez l'être humain, rien n'est démontré.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

CB1Agoniste partielKi = 633 nM · sourismembranes de cerveau (intervalle 292 à 1372 nM ; 124 nM en présence de PMSF)
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de DHEA-EA : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de DHEA-EA.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
  2. CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
  3. HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
  4. AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
  5. CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
  6. Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
  7. IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4

Valeurs citées

  1. GPR110 (ADGRF1)AgonisteEC50 = 5 nM72 sur 100

    Lee J.W. et coll., Nat Commun 2016 (nouvel onglet) · production d'AMPc, CE50 de 2 à 5 nM

  2. CB1Agoniste partielKi = 633 nM · souris37 sur 100

    Brown I. et coll., Carcinogenesis 2010 (nouvel onglet) · membranes de cerveau (intervalle 292 à 1372 nM ; 124 nM en présence de PMSF)

  3. CB2Agoniste partielKi = 3,8 µM · humain24 sur 100

    Brown I. et coll., Carcinogenesis 2010 (nouvel onglet) · CB2 humain (intervalle 2995 à 4932 nM ; 2141 nM en présence de PMSF)

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

Cousin oméga-3 de l'anandamide, ce N-acyléthanolamide se distingue par une cible qui n'appartient pas au système cannabinoïde classique : le récepteur d'adhésion GPR110 (ADGRF1), identifié en 2016 comme récepteur du docosahexaénoyléthanolamide. Son activation met en jeu une voie Gαs, élève l'AMPc et recrute la PKA, mécanisme auquel sont rattachés les effets de neuritogenèse, de synaptogenèse et de frein de la translocation nucléaire de NF-κB décrits sur cellules et chez la souris (Lee 2016 ; Park 2019). L'activité cannabinoïde existe mais reste secondaire : l'affinité est de 633 nM pour le CB1 sur membranes de cerveau de souris et de 3843 nM pour le CB2 humain, très loin des puissances nanomolaires relevées sur GPR110, et plusieurs effets attribués à la molécule persistent lorsque CB1 et CB2 sont bloqués (Brown 2010). Un travail chez la souris montre néanmoins une élévation du seuil convulsif supprimée par un antagoniste CB1, ce qui confirme une contribution cannabinoïde authentique quoique mineure (Ghanbari 2021). L'inactivation passe par la FAAH et par des oxygénations COX-2 et lipoxygénase produisant des métabolites eux-mêmes actifs sur les macrophages (Yang 2011 ; de Bus 2019). Les données humaines manquent : aucune étude d'administration, aucun essai clinique, la molécule n'ayant été documentée chez l'être humain que par sa présence endogène, notamment dans le lait maternel (Smith 2018). Aucun bénéfice thérapeutique n'est établi.

Sources clés.

Histoire

Provenance
Molécule endogène des mammifères, y compris de l'espèce humaine : elle a été détectée dans le lait maternel humain (Smith 2018). Elle n'existe pas dans le cannabis et ne dérive d'aucun phytocannabinoïde : elle provient de l'acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras oméga-3 d'origine alimentaire apporté surtout par les poissons gras et les huiles marines. Chez le rat, l'apport alimentaire en graisses modifie les taux tissulaires de N-acyléthanolamines, un régime enrichi en huile de poisson épargnant précisément le docosahexaénoyléthanolamide et l'EPEA de la baisse hépatique observée pour les autres (Artmann 2008). À ne pas confondre avec la DHEA hormonale, la déhydroépiandrostérone, un stéroïde surrénalien qui ne partage avec elle ni structure, ni voie de formation, ni pharmacologie : seul le sigle est proche.
Première description
Identifiée en 1999 par Bisogno et ses collègues dans la rétine bovine, en même temps que l'anandamide, puis retrouvée dans le cerveau de mammifère. Le nom de synaptamide a été proposé en 2011 par l'équipe de Hee-Yong Kim, qui a décrit son activité synaptogène sur les neurones hippocampiques. Sa cible propre, le récepteur d'adhésion GPR110 (ADGRF1), a été identifiée en 2016 par Lee et ses collègues.

Voie biosynthétique

In vivo

Formation par la voie classique des N-acyléthanolamides : un résidu de DHA porté par un phospholipide est transféré sur la phosphatidyléthanolamine par une N-acyltransférase, ce qui produit la N-docosahexaénoyl-phosphatidyléthanolamine, précurseur ensuite hydrolysé par la NAPE-phospholipase D pour libérer l'éthanolamide. Des voies alternatives indépendantes de la NAPE-PLD ont été décrites pour cette famille de lipides. La disponibilité en DHA alimentaire gouverne directement les quantités formées dans les tissus.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Endocannabinoïde ou apparenté › Endocannabinoïdome

Vérification

Chaque donnée de la fiche a été vérifiée contre ses sources primaires le 20 octobre 2026.

Wikipédia (anglais)

Pas d'article dédié.

Classification structurelle

N-acyléthanolamide (NAE) de la série oméga-3 : amide formé entre l'acide docosahexaénoïque (22:6 n-3) et l'éthanolamine. Congénère direct de l'anandamide, dont il diffère par une chaîne acyle de 22 carbones portant six doubles liaisons cis au lieu de 20 carbones et quatre insaturations.

Pharmacocinétique

Les données proviennent presque exclusivement du rongeur. Après administration intrapéritonéale chez la souris, la molécule est retrouvée dans le plasma et dans le cerveau, ce qui indique un passage de la barrière hématoencéphalique. Chez l'être humain, aucune étude d'administration n'existe, et aucune donnée de biodisponibilité orale, de demi-vie ou d'exposition n'est établie ; la molécule n'y est documentée que comme constituant endogène, détecté notamment dans le lait maternel (Smith 2018).

Métabolisme

Inactivation principalement assurée par la FAAH, l'amide hydrolase des acides gras, qui coupe la liaison amide et libère du DHA et de l'éthanolamine, avec une efficacité inférieure à celle observée pour l'anandamide. Des voies oxydatives complètent cette dégradation : la COX-2 conduit à des dérivés 13-hydroxy et 16-hydroxy, tandis que les lipoxygénases produisent notamment un dérivé 17-hydroxy, des composés dihydroxylés et un époxyde hydroxylé (Yang 2011 ; de Bus 2019). Plusieurs de ces métabolites oxygénés possèdent leur propre activité immunomodulatrice sur les macrophages, si bien que le devenir métabolique ne se réduit pas à une simple élimination.

Toxicologie et risques

Aucune étude de toxicité réglementaire n'est publiée et les données humaines manquent totalement. Les travaux chez le rongeur reposent sur des administrations intrapéritonéales répétées sans mortalité ni toxicité rapportée, mais ces publications visent l'efficacité et ne constituent pas une évaluation de sécurité. S'agissant d'un métabolite endogène issu d'un acide gras alimentaire courant, aucun signal de dépendance, d'intoxication aiguë ou d'effet psychoactif n'a été décrit dans la littérature. Le profil de risque d'une administration exogène chez l'être humain reste inconnu.

Détection et analyse

Le dosage se fait dans le plasma, le cerveau et les tissus par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, après extraction lipidique et ajout d'un étalon interne deutéré, méthode usuelle de la lipidomique des N-acyléthanolamides. La chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse avait servi lors de la caractérisation initiale dans la rétine. Aucun dépistage toxicologique ni contrôle antidopage ne recherche cette molécule, puisqu'elle est endogène et non classée.

Références

  1. Bisogno T. et coll., Biosynthesis and inactivation of N-arachidonoylethanolamine (anandamide) and N-docosahexaenoylethanolamine in bovine retina, Arch Biochem Biophys 1999 (nouvel onglet)PMID 10577359
  2. Kim H.-Y., Spector A.A., Xiong Z.-M., A synaptogenic amide N-docosahexaenoylethanolamide promotes hippocampal development, Prostaglandins Other Lipid Mediat 2011 (nouvel onglet)PMID 21810478
  3. Lee J.W. et coll., Orphan GPR110 (ADGRF1) targeted by N-docosahexaenoylethanolamine in development of neurons and cognitive function, Nat Commun 2016 (nouvel onglet)PMID 27759003
  4. Park T. et coll., GPR110 (ADGRF1) mediates anti-inflammatory effects of N-docosahexaenoylethanolamine, J Neuroinflammation 2019 (nouvel onglet)PMID 31730008
  5. Brown I. et coll., Cannabinoid receptor-dependent and -independent anti-proliferative effects of omega-3 ethanolamides in prostate cancer cell lines, Carcinogenesis 2010 (nouvel onglet)PMID 20660502
  6. Ghanbari M.-M., Gharibi Loron A., Sayyah M., The omega-3 endocannabinoid docosahexaenoyl ethanolamide reduces seizure susceptibility in mice by activating cannabinoid type 1 receptors, Brain Res Bull 2021 (nouvel onglet)PMID 33581310
  7. Yang R. et coll., Decoding functional metabolomics with docosahexaenoyl ethanolamide (DHEA) identifies novel bioactive signals, J Biol Chem 2011 (nouvel onglet)PMID 21757729
  8. de Bus I. et coll., The role of n-3 PUFA-derived fatty acid derivatives and their oxygenated metabolites in the modulation of inflammation, Prostaglandins Other Lipid Mediat 2019 (nouvel onglet)PMID 31260750
  9. Smith S. et coll., N-docosahexaenoylethanolamine detected in human breast milk, Prostaglandins Leukot Essent Fatty Acids 2018 (nouvel onglet)PMID 30293591
  10. Artmann A. et coll., Influence of dietary fatty acids on endocannabinoid and N-acylethanolamine levels in rat brain, liver and small intestine, Biochim Biophys Acta 2008 (nouvel onglet)PMID 18316044
  11. PubChem CID 5283451, Synaptamide (identifiants, formule, InChIKey) (nouvel onglet)

Identifiants

Nomenclature

Nom courant
Docosahexaénoyléthanolamide
Nom IUPAC
(4Z,7Z,10Z,13Z,16Z,19Z)-N-(2-hydroxyethyl)docosa-4,7,10,13,16,19-hexaenamide
Autres noms
synaptamide · DHA-EA · N-docosahexaénoyléthanolamine · docosahexaénoyl éthanolamide · NAE 22:6 · cervonoyl-EA

Identifiants

Formule
C₂₄H₃₇NO₂
InChIKey
GEEHOLRSGZPBSM-KUBAVDMBSA-N
SMILES
CC/C=C\C/C=C\C/C=C\C/C=C\C/C=C\C/C=C\CCC(=O)NCCO

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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