Pepcan-12Dit aussi RVD-hémopressine
Peptide endogène issu de l'hémoglobine, frein allostérique du CB1 et amplificateur du CB2.
C₆₅H₁₀₅N₁₉O₁₇
CAS 1193362-76-3
- Famille
- Endocannabinoïde ou apparentéLigand peptidique
- Masse molaire
- 1 424,60 g/mol
Mis à jour le
En clair
Le pepcan-12, aussi nommé RVD-hémopressine, n'est pas une molécule du chanvre : c'est un petit peptide que le corps fabrique lui-même à partir de l'hémoglobine, surtout dans les glandes surrénales. Les chercheurs s'y intéressent parce qu'il se fixe sur les récepteurs du système endocannabinoïde et y règle l'activité des autres molécules, sans les remplacer. Les données humaines manquent et aucun effet utilisable n'est établi.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Active
- Bloque ou inhibe
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de Pepcan-12 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de Pepcan-12.
CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps
- Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
- CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
- HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
- AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
- CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
- Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
- IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4
Sources de la carte
- Herkenham M et al. Cannabinoid receptor localization in brain. Proc Natl Acad Sci U S A, 1990 (nouvel onglet)
- Glass M et al. Cannabinoid receptors in the human brain: a detailed anatomical and quantitative autoradiographic study in the fetal, neonatal and adult human brain. Neuroscience, 1997 (nouvel onglet)
- Engeli S et al. Activation of the peripheral endocannabinoid system in human obesity. Diabetes, 2005 (nouvel onglet)
- Wright K et al. Differential expression of cannabinoid receptors in the human colon: cannabinoids promote epithelial wound healing. Gastroenterology, 2005 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- CB1Modulateur allostérique négatifaucune valeur mesurée citée
Déplacement seulement partiel du [3H]CP55,940 et du [3H]WIN55,212-2 ; modèle ternaire allostérique avec α < 1, augmentation de la constante de dissociation du [3H]CP55,940, et réduction de l'AMPc, de la liaison du [35S]GTPγS et de l'internalisation du récepteur induites par les agonistes (Bauer 2012)
- CB2Modulateur allostérique positifKi = 44 nM · humain56 sur 100
Petrucci et al. 2017, Sci Rep (nouvel onglet) · liaison compétitive contre le traceur fluorescent Pepcan-F4, CB2 humain ; Ki 44 ± 12 nM
- TRPV1AntagonisteIC50 = 18,6 µM · humain12 sur 100
Suárez-Suárez et al. 2024, Biomolecules (nouvel onglet) · patch-clamp, courants induits par la capsaïcine 1 µM, cellules HEK293 exprimant TRPV1-GFP ; courbe concentration-réponse 1 à 50 µM
Pharmacologie
Le pepcan-12 est un dodécapeptide issu de la chaîne alpha de l'hémoglobine, chef de file de la famille des pepcans. Il n'agit pas comme un agoniste classique des récepteurs cannabinoïdes : en 2012, une analyse par déplacement de radioligands, interprétée avec le modèle ternaire allostérique, a conclu à une modulation allostérique négative du récepteur CB1, confirmée par des cinétiques de dissociation et par la baisse de l'AMPc, de la liaison du [35S]GTPγS et de l'internalisation induites par les agonistes ; ce sont les premiers modulateurs allostériques endogènes identifiés pour ce récepteur (Bauer 2012). En 2017, la même équipe a mis en évidence l'effet opposé sur le récepteur CB2 humain, où le peptide se comporte en modulateur allostérique positif (Ki 44 ± 12 nM) et fait passer la CE50 du 2-arachidonoylglycérol de 92,1 à 12,4 nM pour l'inhibition de l'AMPc, soit environ huit fois (Petrucci 2017). Les surrénales sont la principale source endocrine du peptide constitutif, et le foie en produit davantage après une ischémie-reperfusion (Hofer 2015 ; Petrucci 2017). Un blocage du canal TRPV1 a été rapporté en 2024, mais avec une CI50 de 18,6 µM, très au-dessus des niveaux physiologiques (Suárez-Suárez 2024). La lecture initiale de 2009, qui en faisait un agoniste du CB1, a depuis été révisée (Gomes 2009). L'ensemble de ces résultats provient de modèles cellulaires et de rongeurs : aucune étude clinique n'existe, la stabilité plasmatique du peptide est faible et il n'est pas biodisponible au cerveau (Glasmacher & Gertsch 2021).
Sources clés.
- Bauer et al. 2012, J Biol Chem : identification de la famille des pepcans et modulation allostérique négative du CB1 (nouvel onglet)PMID 22952224
- Petrucci et al. 2017, Sci Rep : le pepcan-12 (RVD-hémopressine), modulateur allostérique positif du CB2 sécrété par les surrénales et par le foie lésé (nouvel onglet)PMID 28842619
- Hofer et al. 2015, Neuropharmacology : localisation et production des endocannabinoïdes peptidiques dans le SNC et la médullosurrénale (nouvel onglet)PMID 25839900
- Glasmacher & Gertsch 2021, Adv Biol Regul : le pepcan-23, propeptide de la RVD-hémopressine, et stabilité des hémopressines chez la souris (nouvel onglet)PMID 33799079
- Suárez-Suárez et al. 2024, Biomolecules : la RVD-hémopressine bloque le canal TRPV1 (CI50 18,6 µM) (nouvel onglet)PMID 39334900
- Gomes et al. 2009, FASEB J : nouveaux peptides endogènes agonistes des récepteurs cannabinoïdes (lecture initiale) (nouvel onglet)PMID 19380512
- PubChem CID 90488874, RVD-Hpalpha (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Ce peptide n'est pas un constituant du chanvre et n'existe pas dans la plante : il provient du clivage de la chaîne alpha de l'hémoglobine chez les mammifères. L'immunohistochimie le situe dans les neurones noradrénergiques, notamment le locus coeruleus et les groupes A1, A5 et A7, sans marquage des neurones dopaminergiques, ainsi que dans les cellules chromaffines de la médullosurrénale ; le dosage par LC-MS/MS trouve environ 40 pmol/g dans le cerveau non perfusé et 400 à 700 pmol/g dans les surrénales, ce qui désigne les cellules chromaffines comme source probable de la fraction circulante (Hofer 2015). L'ablation des surrénales fait d'ailleurs chuter le pepcan-12 constitutif. Après une lésion d'ischémie-reperfusion, le foie en contient davantage, d'environ 100 à environ 500 pmol/g, indépendamment des surrénales, et les taux augmentent aussi lors d'une endotoxémie expérimentale (Petrucci 2017). Dans le plasma humain, les concentrations mesurées sont de l'ordre du nanomolaire bas (Bauer 2012).
- Première description
- La séquence RVDPVNFKLLSH a été décrite en 2009 par Ivone Gomes, Lakshmi Devi et leurs collègues, comme forme allongée de l'hémopressine identifiée par peptidomique dans des extraits de cerveau de souris, et présentée alors comme un agoniste du récepteur CB1, à l'inverse de l'hémopressine elle-même, antagoniste (Gomes 2009). En 2012, l'équipe de Jürg Gertsch à Berne a identifié toute une famille de peptides apparentés, nommés pepcan-12 (RVDPVNFKLLSH) à pepcan-23 (SALSDLHAHKLRVDPVNFKLLSH) selon leur longueur, et a requalifié le pepcan-12 en modulateur allostérique négatif du récepteur CB1 (Bauer 2012). Les travaux suivants ont précisé sa localisation (Hofer 2015), son effet opposé sur le récepteur CB2 (Petrucci 2017), sa filiation depuis le pepcan-23 et sa faible stabilité plasmatique (Glasmacher & Gertsch 2021), puis son action sur le canal TRPV1 (Suárez-Suárez 2024).
Voie biosynthétique
In vivo
Le pepcan-12 naît d'une protéolyse de la chaîne alpha de l'hémoglobine et non d'une voie terpénophénolique. Le pepcan-23, peptide plus long portant la même séquence, agit comme propeptide : il libère le pepcan-12 par raccourcissement de son extrémité N-terminale, conversion observée dans du sang total humain, dans des homogénats de surrénale et de foie de souris, et après administration chez la souris ; le pepcan-23 est aussi la forme la plus stable dans le plasma (environ 50 pmol/mL dans le sang total humain), et il complexe efficacement les ions métalliques divalents, en particulier le cuivre(II) et le nickel(II), qui pourraient réguler cette conversion (Glasmacher & Gertsch 2021).
Cadre légal
- Union européenne
Le peptide ne figure dans aucune liste de contrôle harmonisée de l'Union européenne, ni parmi les nouvelles substances psychoactives suivies par l'EUDA, ni dans les tableaux des conventions des Nations unies de 1961 et 1971. Son emploi reste confiné à la recherche : ni autorisation de mise sur le marché comme médicament, ni statut d'ingrédient alimentaire ou cosmétique.
- France
Le pepcan-12 est un peptide endogène des mammifères, produit par l'organisme à partir de l'hémoglobine. Il n'est inscrit ni sur la liste des stupéfiants ni sur celle des psychotropes (arrêtés du 22 février 1990), et il n'appartient pas à la famille benzo[c]chromène visée par les décisions de l'ANSM de juin 2024. Il ne fait l'objet d'aucune commercialisation comme ingrédient.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Endocannabinoïde ou apparenté › Ligand peptidique
- Vérification
Chaque donnée de la fiche a été vérifiée contre ses sources primaires le 20 octobre 2026.
- Wikipédia (anglais)
Pas d'article dédié.
Classification structurelle
Dodécapeptide de séquence RVDPVNFKLLSH dérivé de la chaîne alpha de l'hémoglobine, chef de file de la famille des pepcans, sans noyau terpénophénolique ni chaîne alkyle.
Pharmacocinétique
L'hémopressine et la RVD-hémopressine ne sont pas biodisponibles au cerveau et montrent une faible stabilité plasmatique, en accord avec leur mauvaise biodistribution ; le pepcan-23, mesuré à environ 50 pmol/mL dans le sang total humain, est le peptide endogène le plus stable de cette série et se convertit en RVD-hémopressine après administration chez la souris, ce qui a conduit les auteurs à le proposer comme forme d'administration pour les expériences pharmacologiques (Glasmacher & Gertsch 2021). Aucune donnée pharmacocinétique humaine n'a été publiée.
Métabolisme
L'élimination est protéolytique : les peptidases du sang et des tissus rognent progressivement la chaîne. Il n'y a ni oxydation par les cytochromes P450 ni glucuronoconjugaison, contrairement aux cannabinoïdes végétaux. La filiation documentée va du pepcan-23 vers le pepcan-12 (Glasmacher & Gertsch 2021).
Toxicologie et risques
Aucune étude de toxicité réglementaire ne porte sur ce peptide, constituant normal de l'organisme présent à des concentrations très faibles. Les données publiées proviennent de la souris et du rat, sans signal de toxicité rapporté, mais aucun protocole n'a été conçu pour en rechercher. Il n'existe ni exposition humaine documentée, ni donnée de sécurité clinique, ni signalement d'usage détourné.
Détection et analyse
Le dosage relève exclusivement de la recherche : chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem sur plasma, sang total ou homogénats de tissus, avec dosage immunologique compétitif en appui (Bauer 2012 ; Hofer 2015 ; Glasmacher & Gertsch 2021). Ce peptide n'entre dans aucun panel toxicologique, routier ou antidopage, et il échappe par nature aux tests de dépistage des cannabinoïdes, qui ciblent les métabolites du THC.
Références
- Bauer et al. 2012, J Biol Chem : identification de la famille des pepcans et modulation allostérique négative du CB1 (nouvel onglet)PMID 22952224
- Petrucci et al. 2017, Sci Rep : le pepcan-12 (RVD-hémopressine), modulateur allostérique positif du CB2 sécrété par les surrénales et par le foie lésé (nouvel onglet)PMID 28842619
- Hofer et al. 2015, Neuropharmacology : localisation et production des endocannabinoïdes peptidiques dans le SNC et la médullosurrénale (nouvel onglet)PMID 25839900
- Glasmacher & Gertsch 2021, Adv Biol Regul : le pepcan-23, propeptide de la RVD-hémopressine, et stabilité des hémopressines chez la souris (nouvel onglet)PMID 33799079
- Suárez-Suárez et al. 2024, Biomolecules : la RVD-hémopressine bloque le canal TRPV1 (CI50 18,6 µM) (nouvel onglet)PMID 39334900
- Gomes et al. 2009, FASEB J : nouveaux peptides endogènes agonistes des récepteurs cannabinoïdes (lecture initiale) (nouvel onglet)PMID 19380512
- PubChem CID 90488874, RVD-Hpalpha (nouvel onglet)
Identifiants
Nomenclature
- Nom courant
- Pepcan-12 (RVD-hémopressine)
- Autres noms
- RVD-hemopressin · RVD-Hpα · RVD-hémopressine (alpha) · Pepcan-12 · RVDPVNFKLLSH
Identifiants
- Formule
- C₆₅H₁₀₅N₁₉O₁₇
- CAS
- 1193362-76-3
- PubChem CID
- 90488874(nouvel onglet)
- InChIKey
- CSDQEWILNKOWRN-WSDCEOHFSA-N
- SMILES
- CC(C)
C[C@@H] (C(= O) N[C@@H] (CC(C) C) C(= O) N[C@@H] (CO) C(= O) N[C@@H] (CC1= CN= CN1) C(= O) O) NC(= O) [C@H] (CCCCN) NC(= O) [C@H] (CC2= CC= CC= C2) NC(= O) [C@H] (CC(= O) N) NC(= O) [C@H] (C(C) C) NC(= O) [C@@H] 3CCCN3C(= O) [C@H] (CC(= O) O) NC(= O) [C@H] (C(C) C) NC(= O) [C@H] (CCCN= C(N) N) N
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