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OLDAN-oléoyl-dopamine

Amide endogène de dopamine et d'acide oléique, agoniste du TRPV1 à 36 nM, sans données humaines.

Niveau de détail

C₂₆H₄₃NO₃

CAS 105955-11-1

Famille
Endocannabinoïde ou apparentéEndocannabinoïdome
Masse molaire
417,60 g/mol

Mis à jour le

En clair

L'OLDA est une molécule que le corps fabrique lui-même, en assemblant de la dopamine et un acide gras très courant, l'acide oléique, celui de l'huile d'olive. Elle a été repérée en 2003 dans le cerveau des mammifères. Elle ne vient pas du chanvre et n'entre dans aucun produit CBD : c'est une substance d'étude, connue surtout parce qu'elle active le capteur de la sensation de brûlure, le même que celui déclenché par le piment.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

TRPV1AgonisteEC50 = 36 nM · humaininflux calcique, cellules HEK293 transfectées par VR1 (TRPV1) ; blocage par l'iodo-résinifératoxine 10 nM
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de OLDA : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de OLDA.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

TRPV1TRPV1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions sensitifsprésentExprimé dans les ganglions rachidiens1
  2. Moelle épinièreprésentFibres nerveuses de la corne dorsale2
  3. CortexprésentNeurones du cortex pariétal (couches 3 et 5)3
  4. PeauprésentLargement distribué dans la peau4
  5. Vaisseaux sanguinsprésentPrésent sur les vaisseaux sanguins du derme4
  6. OsprésentPrésent sur les ostéoclastes5
  7. FoieprésentARN enrichi dans le foie6

Valeurs citées

  1. TRPV1AgonisteEC50 = 36 nM · humain57 sur 100

    Chu et al. 2003, J Biol Chem (nouvel onglet) · influx calcique, cellules HEK293 transfectées par VR1 (TRPV1) ; blocage par l'iodo-résinifératoxine 10 nM

  2. GPR119Agonisteaucune valeur mesurée citée

    Accumulation d'AMPc sur cellules transfectées par le GPR119, aussi efficace que l'oléoyléthanolamide et l'agoniste AR231453 ; AMPc et libération d'insuline sur HIT-T15 ; effet oral sur la tolérance au glucose absent chez la souris GPR119-déficiente. Aucune CE50 publiée dans l'étude (Chu 2010)

  3. CB1Agonisteaucune valeur mesurée citée

    Liaison seulement : l'étude fondatrice la décrit comme « only a weak ligand for rat CB1 receptors », sans valeur publiée ni mesure d'efficacité fonctionnelle (Chu 2003)

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

L'OLDA appartient aux N-acyl-dopamines, famille de lipides endogènes dont le chef de file est le NADA. Son profil est d'abord vanilloïde : identifiée en 2003 dans des extraits de striatum bovin, elle a activé le canal TRPV1 avec une CE50 de 36 nM sur cellules HEK293 transfectées et a raccourci la latence de retrait de la patte chez le rat (CE50 0,72 µg), effets abolis par un antagoniste du récepteur, alors qu'elle n'était qu'un ligand faible du CB1 de rat et un mauvais substrat de la FAAH (Chu 2003). Une seconde cible est bien documentée : l'OLDA active le récepteur GPR119 des cellules bêta pancréatiques et des cellules L intestinales, et son administration orale a amélioré la tolérance au glucose chez la souris sauvage mais non chez la souris dépourvue de ce récepteur (Chu 2010). Les autres effets rapportés, hyperalgésie thermique après administration spinale sensibilisée par le TNF-α (Spicarova 2010), récupération cardiaque après ischémie-reperfusion sur cœur isolé de souris par libération de CGRP et de substance P (Zhong & Wang 2008), induction d'interleukine 10 dans un modèle d'endotoxémie (Joffre 2022), disparaissent chez les animaux privés de TRPV1, ce qui désigne ce canal comme le relais principal. Son métabolisme emprunte les voies de la dopamine : O-méthylation par la COMT, réversible par le tolcapone (Zajac 2014), et sulfation, décrite comme la voie la plus productive des N-acyl-dopamines dans les fractions cytosoliques de foie et de tissu nerveux de rat (Akimov 2009). Toutes ces données proviennent de rongeurs ou de cultures cellulaires : les données humaines manquent, aucun essai clinique n'a été conduit et aucun bénéfice thérapeutique n'est établi chez l'être humain.

Histoire

Provenance
Substance endogène des mammifères, absente du cannabis. Elle a été mise en évidence dans le striatum bovin (Chu 2003) et les N-acyl-dopamines ont été retrouvées dans les tissus nerveux bovins et de rat (De Petrocellis 2004). Les échantillons employés en recherche sont issus de synthèse et vendus comme réactifs de laboratoire, jamais comme ingrédients de produits de consommation.
Première description
Décrite en 2003 par Constance J. Chu, Susan M. Huang, Luciano De Petrocellis, Tiziana Bisogno, Giovanni Appendino, Vincenzo Di Marzo, J. Michael Walker et leurs collègues dans le Journal of Biological Chemistry : l'analyse par spectrométrie de masse à temps de vol couplée à un quadripôle d'extraits de striatum bovin a révélé l'existence, dans le cerveau de mammifère, de l'OLDA et de ses congénères palmitoylé (PALDA) et stéaroylé (STEARDA), ces deux derniers inactifs sur le canal vanilloïde. L'examen de six autres N-acyl-dopamines a conclu qu'une chaîne grasse longue et insaturée est nécessaire à une interaction fonctionnelle optimale avec le récepteur (Chu 2003).

Voie biosynthétique

In vivo

La molécule associe la dopamine et l'acide oléique par une liaison amide ; aucune enzyme de synthèse propre à l'OLDA n'a été caractérisée. Pour le chef de file de la famille, le NADA, deux voies sont proposées : un N-acyl-tyrosine transformé par la tyrosine hydroxylase puis par la décarboxylase des acides aminés aromatiques, ou la conjugaison enzymatique de l'acide gras avec la dopamine, laquelle requiert la tyrosine hydroxylase dans le striatum ; la FAAH semble par ailleurs limitante pour la biosynthèse du NADA (Grabiec & Dehghani 2017). Le métabolisme de l'OLDA suit, lui, la voie de la dopamine (Zajac 2014).

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Endocannabinoïde ou apparenté › Endocannabinoïdome

Vérification

Chaque donnée de la fiche a été vérifiée contre ses sources primaires le 20 octobre 2026.

Wikipédia (anglais)

Pas d'article dédié.

Classification structurelle

N-acyl-dopamine, amide gras rangé par LIPID MAPS dans les N-acyl-amines (FA0802) : une chaîne oléoyle en C18 mono-insaturée de configuration Z, reliée par une liaison amide au groupe amine de la dopamine, dont le noyau catéchol porte le motif vanilloïde. Ce n'est pas un cannabinoïde terpénophénolique, et la molécule ne partage aucun squelette avec le CBD ou le THC.

Pharmacocinétique

Les paramètres humains sont inconnus : ni biodisponibilité orale, ni demi-vie, ni distribution tissulaire chiffrée ne sont publiées. L'administration orale est néanmoins active chez la souris, où elle améliore la tolérance au glucose par le GPR119 (Chu 2010). Au plan cellulaire, la molécule est reconnue par le transporteur membranaire de l'anandamide et résiste largement à la FAAH, dont elle est un mauvais substrat (Chu 2003).

Métabolisme

L'OLDA entre dans la voie métabolique de la dopamine : la catéchol-O-méthyltransférase méthyle son noyau catéchol, ce qui a été montré in vitro, ex vivo et in vivo sur tissu cérébral de rat, et le tolcapone, inhibiteur de l'enzyme, supprime cette méthylation de façon dose-dépendante (Zajac 2014). La sulfation est la seconde voie documentée : dans les fractions cytosoliques de foie et de système nerveux de rat, l'amide dopaminique de l'acide oléique a été sulfaté dans tous les tissus étudiés, avec des activités de 0,5 à 3,5 nmol/min par mg de protéines totales, les auteurs décrivant la sulfatation comme la voie métabolique la plus productive des N-acyl-dopamines tout en soulignant un Km élevé (Akimov 2009). L'hydrolyse de la liaison amide par la FAAH reste marginale, la molécule étant un mauvais substrat de cette enzyme (Chu 2003).

Toxicologie et risques

Aucune donnée humaine, aucun essai clinique, aucun cas d'exposition rapporté. Les études animales n'ont pas été conçues comme des études de sécurité et aucun protocole réglementaire de toxicologie n'a été publié. Le signal biologique le plus net est pro-nociceptif : chez le rat, l'OLDA a raccourci la latence de retrait à la chaleur et provoqué un comportement nocifensif (Chu 2003), et le TNF-α sensibilise les récepteurs TRPV1 de la moelle à des concentrations d'OLDA autrement inactives (Spicarova 2010), ce qui rattache la molécule aux mécanismes de la douleur inflammatoire. Aucun usage humain, alimentaire ou cosmétique n'est autorisé.

Détection et analyse

L'identification initiale dans le tissu cérébral a reposé sur la spectrométrie de masse à temps de vol couplée à un quadripôle, appliquée à des extraits de striatum bovin (Chu 2003). Le dosage se fait par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, avec des transitions distinctes pour le composé parent et pour son métabolite O-méthylé (Zajac 2014). Aucun dépistage toxicologique de routine ne recherche l'OLDA, et sa présence physiologique dans les tissus rendrait un résultat positif ininterprétable en contexte médico-légal.

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom courant
N-oléoyl-dopamine
Nom IUPAC
(Z)-N-[2-(3,4-dihydroxyphenyl)ethyl]octadec-9-enamide
Autres noms
N-oleoyldopamine · OLDA · N-oleoyl dopamine · N-(3,4-dihydroxyphénéthyl)oléamide · (9Z)-N-[2-(3,4-dihydroxyphényl)éthyl]octadéc-9-énamide

Identifiants

Formule
C₂₆H₄₃NO₃
CAS
105955-11-1
InChIKey
QQBPLXNESPTPNU-KTKRTIGZSA-N
SMILES
CCCCCCCC/C=C\CCCCCCCC(=O)NCCC1=CC(=C(C=C1)O)O

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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