LPILysophosphatidylinositol
Lysophospholipide endogène, agoniste de référence du récepteur GPR55 ; aucune activité établie sur CB1 ni CB2.
C₂₅H₄₉O₁₂P
CAS 796963-91-2
- Famille
- Endocannabinoïde ou apparentéEndocannabinoïdome
- Masse molaire
- 572,60 g/mol
Mis à jour le
En clair
Le LPI est un fragment de graisse membranaire que les cellules du corps fabriquent en découpant un phospholipide ; il sert de signal entre cellules. Il se fixe sur un récepteur appelé GPR55, longtemps présenté comme un cousin des récepteurs du cannabis, mais ce n'est pas un cannabinoïde et rien n'établit qu'il agisse sur les récepteurs CB1 ou CB2. Il ne se trouve pas dans le chanvre et tout ce qui est connu vient du laboratoire.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Active
- Se lie ou module
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de LPI : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de LPI.
Sources de la carte
- Sawzdargo M et al. Identification and cloning of three novel human G protein-coupled receptor genes GPR52, PsiGPR53 and GPR55: GPR55 is extensively expressed in human brain. Brain Res Mol Brain Res, 1999 (nouvel onglet)
- Whyte LS et al. The putative cannabinoid receptor GPR55 affects osteoclast function in vitro and bone mass in vivo. Proc Natl Acad Sci U S A, 2009 (nouvel onglet)
- Moreno-Navarrete JM et al. The L-α-lysophosphatidylinositol/GPR55 system and its potential role in human obesity. Diabetes, 2012 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- GPR55AgonisteEC50 = 35,5 nM · humain57 sur 100
Claff et al. 2025, Nat Commun (nouvel onglet) · dissociation des protéines G (BRET²), Gα13, GPR55 humain, 1-palmitoyl-LPI (16:0)
- TRPV2Modulateuraucune valeur mesurée citée
Dans les cellules entéro-endocrines L, le blocage ou l'extinction de TRPV2 supprime l'augmentation calcique et la sécrétion de GLP-1 induites par le LPI, que les agonistes de GPR55 ne reproduisent pas entièrement ; le LPI accélère la translocation de TRPV2 à la membrane (Harada 2017). Aucune liaison directe mesurée.
- CB2Modulateuraucune valeur mesurée citée
Sur mastocytes murins, l'accumulation des ARNm de VEGF, TNF, IL-1α et IL-1β induite par le LPI est sensible à l'antagoniste du CB2 AM630 autant qu'à l'antagoniste de GPR55 ML193 ; aucune liaison directe au CB2 n'a été démontrée (Martínez-Aguilar 2023)
Pharmacologie
Le LPI occupe une place singulière dans la littérature du système endocannabinoïde : c'est l'agoniste endogène de référence de GPR55, récepteur longtemps présenté comme un troisième récepteur cannabinoïde, alors que la molécule elle-même est un lysophospholipide et qu'aucune donnée n'établit d'activité sur CB1 ni CB2. L'identification remonte à 2007, lorsque Oka et ses collègues montrent que le LPI, seul parmi les lysolipides testés, déclenche la phosphorylation d'ERK, des transitoires calciques et la liaison du GTPγS dans des cellules exprimant GPR55, là où les ligands cannabinoïdes n'y parviennent pas (Oka 2007) ; l'espèce 2-arachidonoyl est la plus active et le ligand naturel le plus probable, le cerveau de rat contenant 37,5 nmol/g de LPI toutes espèces confondues (Oka 2009). La structure du complexe, obtenue par cryomicroscopie électronique en 2025 avec l'espèce 16:0, précise l'ancrage du phosphate sur l'arginine 253, les liaisons de la tête inositol à l'asparagine 16 et à l'histidine 170, et la sortie de la chaîne palmitoyle vers la membrane entre les hélices IV et V, avec une CE50 de 35,5 nM sur Gα13 (Claff 2025). Tout n'est pas attribuable à GPR55 : dans les cellules entéro-endocrines L, la sécrétion de GLP-1 induite par le LPI dépend aussi du canal TRPV2 et n'est pas reproduite par les agonistes sélectifs du récepteur (Harada 2017). La pharmacologie cannabinoïde de GPR55 est contradictoire, les antagonistes du CB1 s'y comportant à la fois en agonistes et en inhibiteurs, tandis que le Δ9-THCV, le CBDV et le cannabigérovarine inhibent puissamment la signalisation déclenchée par le LPI (Anavi-Goffer 2012). Les données humaines manquent : aucune administration contrôlée, seulement des mesures de concentrations endogènes et une association avec l'obésité (Moreno-Navarrete 2012). Aucun bénéfice thérapeutique n'est établi.
Sources clés.
- Oka et al. 2007, Biochem Biophys Res Commun : identification du GPR55 comme récepteur du LPI (nouvel onglet)PMID 17765871
- Oka et al. 2009, J Biochem : le 2-arachidonoyl-LPI, ligand naturel probable de GPR55 ; teneur du cerveau de rat (nouvel onglet)PMID 18845565
- Claff et al. 2025, Nat Commun : structure du complexe GPR55-G13 avec le 1-palmitoyl-LPI, CE50 35,5 nM (nouvel onglet)PMID 40000629
- Yamashita et al. 2013, Prostaglandins Other Lipid Mediat : actions et métabolisme du LPI, DDHD1, statut cannabinoïde de GPR55 à reconsidérer (nouvel onglet)PMID 23714700
- Metz 1986, Biochem Biophys Res Commun : le LPI, et non l'acide lysophosphatidique, stimule la libération d'insuline (nouvel onglet)PMID 3527169
- Falasca & Corda 1994, Eur J Biochem : taux élevés et activité mitogène du LPI dans des cellules transformées par k-ras (nouvel onglet)PMID 8168525
- Falasca et al. 1998, Oncogene : libération du LPI par des fibroblastes transformés par H-Ras (nouvel onglet)PMID 9620553
- Ryberg et al. 2007, Br J Pharmacol : GPR55, couplage à Gα13, RhoA, cdc42, rac1 ; activité du cannabidiol et de l'abnormal-CBD (nouvel onglet)PMID 17876302
- Anavi-Goffer et al. 2012, J Biol Chem : modulation de la signalisation LPI/GPR55 par les cannabinoïdes (THCV, CBDV, cannabigérovarine inhibiteurs) (nouvel onglet)PMID 22027819
- Harada et al. 2017, J Biol Chem : le LPI déclenche la sécrétion de GLP-1 via TRPV2 dans les cellules L (nouvel onglet)PMID 28533434
- Martínez-Aguilar et al. 2023, Int J Mol Sci : chimiotaxie et cytokines mastocytaires, participation différentielle de GPR55 et du CB2 (nouvel onglet)PMID 37047288
- Moreno-Navarrete et al. 2012, Diabetes : LPI plasmatique et expression de GPR55 dans l'obésité humaine (nouvel onglet)PMID 22179809
- Arifin & Falasca 2016, Metabolites : signalisation du LPI et maladies métaboliques (revue) (nouvel onglet)DOI 10.3390/metabo6010006
- PubChem CID 71296207, 1-hexadécanoyl-sn-glycéro-3-phospho-(1'-myo-inositol) (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Molécule endogène, absente du cannabis : le LPI est un lysophospholipide issu de l'hydrolyse partielle des phosphatidylinositols membranaires. Le cerveau de rat en contient 37,5 nmol/g de tissu, la chaîne grasse dominante étant l'acide stéarique (50,5 %) devant l'acide arachidonique (22,1 %) (Oka 2009). Ses taux augmentent dans les cellules transformées par ras, qui en libèrent dans le milieu (Falasca 1994 ; Falasca 1998), et le LPI plasmatique a été trouvé plus élevé chez des patientes obèses, corrélé au poids et au pourcentage de masse grasse (Moreno-Navarrete 2012). La fiche décrit l'espèce 16:0, celle dont la structure a été résolue sur GPR55 (Claff 2025).
- Première description
- Rapporté en 1986 par Stephen A. Metz comme lysophospholipide stimulant la libération d'insuline par des îlots pancréatiques de rat, à la différence de l'acide lysophosphatidique (Metz 1986). Marco Falasca, Daniela Corda et leurs collègues ont décrit en 1994 son élévation et son activité mitogène dans des cellules épithéliales thyroïdiennes transformées par l'oncogène k-ras (Falasca 1994), puis en 1998 sa libération dans le milieu par des fibroblastes transformés par H-Ras (Falasca 1998). En 2007, Saori Oka, Takayuki Sugiura et leurs collègues l'ont identifié comme agoniste du récepteur orphelin GPR55 (Oka 2007), et la même équipe a désigné en 2009 l'espèce 2-arachidonoyl comme le ligand naturel le plus probable (Oka 2009). La structure du complexe GPR55-G13 avec le 1-palmitoyl-LPI a été résolue par cryomicroscopie électronique en 2025 (Claff 2025).
Voie biosynthétique
In vivo
Le LPI naît de l'hydrolyse partielle des phosphatidylinositols membranaires, et non d'une voie de synthèse dédiée. Une phospholipase A2 retire la chaîne grasse en position 2 et laisse un 1-acyl-LPI, forme de l'espèce 16:0 décrite ici, qui conserve son palmitate. La DDHD1, d'abord identifiée comme phospholipase A1 préférant l'acide phosphatidique, est l'une des enzymes qui produisent le 2-arachidonoyl-LPI à partir du phosphatidylinositol 1-stéaroyl-2-arachidonoyl (Yamashita 2013).
Cadre légal
- Union européenne
Aucun instrument de l'Union européenne ni aucun tableau des conventions des Nations unies de 1961 et 1971 ne vise cette molécule endogène. Aucune autorisation de médicament ni de nouvel aliment n'a été délivrée dans l'Union.
- France
Le LPI est un lysophospholipide endogène, présent dans les membranes et le plasma. Il n'est inscrit ni sur la liste des stupéfiants ni sur celle des psychotropes (arrêtés du 22 février 1990), et il n'appartient pas à la famille benzo[c]chromène visée par les décisions de l'ANSM de juin 2024. Sa commercialisation se limite au réactif de laboratoire.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Endocannabinoïde ou apparenté › Endocannabinoïdome
- Vérification
Chaque donnée de la fiche a été vérifiée contre ses sources primaires le 20 octobre 2026.
- Wikipédia (anglais)
Lysophosphatidylinositol (nouvel onglet)
Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.
Classification structurelle
Lysophospholipide de la famille des glycérophosphoinositols : un squelette glycérol portant une seule chaîne grasse estérifiée, l'autre position hydroxyle étant libre, et un groupement phosphate reliant le glycérol à un cycle myo-inositol. La fiche correspond à l'espèce 16:0, dont la chaîne est un palmitate ; l'espèce la plus citée pour son activité est le 2-arachidonoyl-LPI, qui porte à la place un résidu arachidonoyle à vingt carbones et quatre insaturations. Ce n'est pas un cannabinoïde au sens chimique : la molécule ne possède ni noyau terpénophénolique, ni fonction amide de type N-acyléthanolamine, ni ester de glycérol comparable au 2-AG.
Pharmacocinétique
Aucune étude de pharmacocinétique humaine n'a été publiée : le LPI n'a jamais été administré à l'être humain. Ce que la littérature mesure, ce sont des concentrations endogènes : 37,5 nmol/g dans le cerveau de rat (Oka 2009), et un LPI plasmatique plus élevé chez des patientes obèses, corrélé au poids et au pourcentage de masse grasse (Moreno-Navarrete 2012).
Métabolisme
Le LPI est à la fois un produit d'hydrolyse des phosphatidylinositols et un substrat d'autres voies lipidiques ; les lysophospholipides sont les substrats des phospholipases A, C et D (Arifin & Falasca 2016). La DDHD1 produit le 2-arachidonoyl-LPI à partir du phosphatidylinositol 1-stéaroyl-2-arachidonoyl (Yamashita 2013). Aucune donnée humaine d'élimination n'existe, la molécule n'ayant jamais été administrée.
Toxicologie et risques
Aucune donnée de toxicologie humaine, aucun cas d'intoxication, aucun potentiel d'abus : le LPI n'a pas d'effet psychotrope documenté et n'est pas une substance de consommation. Les signaux disponibles sont des associations et des expériences sur cellules ou animaux : l'axe LPI/GPR55 a été décrit comme une boucle autocrine impliquant le transporteur ABCC1 dans des lignées de cancer de la prostate et de l'ovaire (Arifin & Falasca 2016), le LPI recrute les mastocytes vers des milieux conditionnés de cellules cancéreuses murines et humaines (Martínez-Aguilar 2023), et le LPI plasmatique est associé à l'obésité (Moreno-Navarrete 2012). Le sens de l'effet dépend du tissu, ce qui interdit toute conclusion générale.
Détection et analyse
Quantification par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, en tandem et avec étalons internes, au sein des panels lipidomiques qui dosent conjointement les lysophospholipides. Les espèces se distinguent par la longueur et l'insaturation de la chaîne grasse, 16:0, 18:0 ou 20:4, ce qui impose une séparation chromatographique fine avant détection. L'usage est strictement scientifique : le LPI, lipide endogène non contrôlé, n'apparaît dans aucun test de dépistage.
Références
- Oka et al. 2007, Biochem Biophys Res Commun : identification du GPR55 comme récepteur du LPI (nouvel onglet)PMID 17765871
- Oka et al. 2009, J Biochem : le 2-arachidonoyl-LPI, ligand naturel probable de GPR55 ; teneur du cerveau de rat (nouvel onglet)PMID 18845565
- Claff et al. 2025, Nat Commun : structure du complexe GPR55-G13 avec le 1-palmitoyl-LPI, CE50 35,5 nM (nouvel onglet)PMID 40000629
- Yamashita et al. 2013, Prostaglandins Other Lipid Mediat : actions et métabolisme du LPI, DDHD1, statut cannabinoïde de GPR55 à reconsidérer (nouvel onglet)PMID 23714700
- Metz 1986, Biochem Biophys Res Commun : le LPI, et non l'acide lysophosphatidique, stimule la libération d'insuline (nouvel onglet)PMID 3527169
- Falasca & Corda 1994, Eur J Biochem : taux élevés et activité mitogène du LPI dans des cellules transformées par k-ras (nouvel onglet)PMID 8168525
- Falasca et al. 1998, Oncogene : libération du LPI par des fibroblastes transformés par H-Ras (nouvel onglet)PMID 9620553
- Ryberg et al. 2007, Br J Pharmacol : GPR55, couplage à Gα13, RhoA, cdc42, rac1 ; activité du cannabidiol et de l'abnormal-CBD (nouvel onglet)PMID 17876302
- Anavi-Goffer et al. 2012, J Biol Chem : modulation de la signalisation LPI/GPR55 par les cannabinoïdes (THCV, CBDV, cannabigérovarine inhibiteurs) (nouvel onglet)PMID 22027819
- Harada et al. 2017, J Biol Chem : le LPI déclenche la sécrétion de GLP-1 via TRPV2 dans les cellules L (nouvel onglet)PMID 28533434
- Martínez-Aguilar et al. 2023, Int J Mol Sci : chimiotaxie et cytokines mastocytaires, participation différentielle de GPR55 et du CB2 (nouvel onglet)PMID 37047288
- Moreno-Navarrete et al. 2012, Diabetes : LPI plasmatique et expression de GPR55 dans l'obésité humaine (nouvel onglet)PMID 22179809
- Arifin & Falasca 2016, Metabolites : signalisation du LPI et maladies métaboliques (revue) (nouvel onglet)DOI 10.3390/metabo6010006
- PubChem CID 71296207, 1-hexadécanoyl-sn-glycéro-3-phospho-(1'-myo-inositol) (nouvel onglet)
Identifiants
Nomenclature
- Nom courant
- Lysophosphatidylinositol
- Nom IUPAC
- [(2R)-2-hydroxy-3-[hydroxy-[(2R,3R,5S,6R)-2,3,4,5,6-pentahydroxycyclohexyl]oxyphosphoryl]oxypropyl] hexadecanoate
- Autres noms
- LysoPI · L-alpha-lysophosphatidylinositol · lyso-PI · LPI 16:0 · 1-palmitoyl-sn-glycero-3-phosphoinositol · lysophosphatidylinositol 16:0
Identifiants
- Formule
- C₂₅H₄₉O₁₂P
- CAS
- 796963-91-2
- PubChem CID
- 71296207(nouvel onglet)
- InChIKey
- UOXRPRZMAROFPH-IESLQMLBSA-N
- SMILES
- CCCCCCCCCCCCCCCC(=
O) OC[C@H] (COP(= O) (O) OC1[C@@H] ([C@H] (C([C@H] ([C@H] 1O) O) O) O) O) O
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