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STEARDAN-stéaroyl-dopamine

Lipide endogène inactif seul, qui renforce l'effet du NADA et de l'anandamide sur le canal TRPV1.

Niveau de détail

C₂₆H₄₅NO₃

CAS 105955-10-0

Famille
Endocannabinoïde ou apparentéEndocannabinoïdome
Masse molaire
419,60 g/mol

Mis à jour le

En clair

La N-stéaroyl-dopamine est une petite molécule grasse que l'organisme des mammifères fabrique lui-même, en assemblant un acide gras courant et la dopamine. Elle ne vient pas du chanvre et n'entre dans aucun produit vendu en boutique. Prise seule, elle ne déclenche rien dans les essais publiés : elle se contente de renforcer l'action d'autres molécules voisines sur un capteur sensoriel, et chez l'être humain les données manquent.

Récepteurs et activité

Réseau des cibles

TRPV1Modulateur allostérique positifInactive seule (aucun influx calcique sur cellules exprimant le récepteur, aucun effet sur la latence de retrait chez le rat ; Chu 2003). Préincubée cinq minutes entre 0,1 et 10 µM, elle abaisse la CE50 du NADA d'environ 90 nM à environ 30 nM, potentialise l'anandamide (50 nM) et agit en synergie avec un pH de 6,0 à 6,7 ; in vivo, 5 µg co-injectés avec 0,5 µg de NADA raccourcissent la latence de retrait à la chaleur chez le rat (De Petrocellis 2004)
  • Active

Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de STEARDA : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.

Où vivent ces cibles

Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de STEARDA.

Cerveau, coupe de profil
Corps, de face
Sang

TRPV1TRPV1 trouvé dans 7 régions du corps

  1. Ganglions sensitifsprésentExprimé dans les ganglions rachidiens1
  2. Moelle épinièreprésentFibres nerveuses de la corne dorsale2
  3. CortexprésentNeurones du cortex pariétal (couches 3 et 5)3
  4. PeauprésentLargement distribué dans la peau4
  5. Vaisseaux sanguinsprésentPrésent sur les vaisseaux sanguins du derme4
  6. OsprésentPrésent sur les ostéoclastes5
  7. FoieprésentARN enrichi dans le foie6

Valeurs citées

  1. TRPV1Modulateur allostérique positifaucune valeur mesurée citée

    Inactive seule (aucun influx calcique sur cellules exprimant le récepteur, aucun effet sur la latence de retrait chez le rat ; Chu 2003). Préincubée cinq minutes entre 0,1 et 10 µM, elle abaisse la CE50 du NADA d'environ 90 nM à environ 30 nM, potentialise l'anandamide (50 nM) et agit en synergie avec un pH de 6,0 à 6,7 ; in vivo, 5 µg co-injectés avec 0,5 µg de NADA raccourcissent la latence de retrait à la chaleur chez le rat (De Petrocellis 2004)

La longueur de la barre suit la valeur mesurée (Ki, Kd, CE50 ou CI50), sur une même échelle pour toutes les fiches, de 100 µM à 0,1 nM. Une cible sans valeur citée n'a pas de barre.

Pharmacologie

La N-stéaroyl-dopamine appartient aux N-acyl-dopamines, la même famille que le NADA, mais sa chaîne grasse saturée à dix-huit carbones change tout. En l'identifiant dans le striatum bovin en 2003, Chu et ses collègues ont constaté qu'elle n'active pas le canal TRPV1 et qu'elle ne provoque aucun comportement douloureux chez le rat : la longue chaîne insaturée manque, et avec elle l'activité directe (Chu 2003). Son intérêt vient d'ailleurs. De Petrocellis et ses collègues ont montré en 2004 qu'une préincubation de cinq minutes, entre 0,1 et 10 µM, abaisse la concentration efficace médiane du NADA sur le TRPV1 humain d'environ 90 nM à environ 30 nM, amplifie la réponse à l'anandamide et agit en synergie avec l'acidification du milieu. Co-injectée avec le NADA dans la patte postérieure du rat, elle accentue l'hyperalgésie thermique, et elle majore le comportement nociceptif induit par la carraghénine. C'est le profil classique d'un composé dit d'entourage : inactif par lui-même, il modifie la sensibilité de la cible aux ligands actifs. Au-delà de ces deux travaux et d'un rapport sur sa sulfatation, mesurée dans le foie de rat seulement alors que ses congénères insaturés sont aussi sulfatés dans le système nerveux (Akimov 2009), la littérature est très mince : les données humaines manquent, aucun rôle physiologique n'est établi et aucune indication thérapeutique ne peut être invoquée.

Histoire

Provenance
Lipide endogène des mammifères, totalement absent du chanvre. La molécule a été mise en évidence dans le striatum bovin (Chu 2003), et les N-acyl-dopamines de cette série ont été rapportées dans des tissus nerveux de bovin et de rat (De Petrocellis 2004). Aucune concentration tissulaire de référence n'a été publiée pour la N-stéaroyl-dopamine elle-même. Chez l'être humain, elle n'apparaît que comme analyte cible d'une méthode de dosage sérique, sans valeur de concentration publiée (Luque-Córdoba 2018).
Première description
Identifiée en 2003 par Chu et ses collègues (Journal of Biological Chemistry) lors de l'analyse approfondie de l'extrait de striatum bovin dont le NADA avait été isolé : la spectrométrie de masse à temps de vol couplée à un quadripôle y a mis en évidence trois congénères supplémentaires du NADA, la N-oléoyl-dopamine, la N-palmitoyl-dopamine et la N-stéaroyl-dopamine, les deux formes saturées étant sans effet sur l'influx calcique des cellules exprimant VR1 comme sur la latence de retrait de la patte (Chu 2003). Son seul rôle pharmacologique documenté a été décrit l'année suivante par De Petrocellis et ses collègues, sous la forme d'un effet d'entourage sur le canal TRPV1 (De Petrocellis 2004).

Voie biosynthétique

In vivo

La voie de formation n'est pas établie. Par analogie avec les autres N-acyl-dopamines, une conjugaison enzymatique entre la dopamine et l'acide stéarique constitue l'hypothèse retenue ; pour le NADA, les voies proposées passent soit par un N-acyl-tyrosine transformé par la tyrosine hydroxylase puis par la décarboxylase des acides aminés aromatiques, soit par la conjugaison directe de l'acide gras avec la dopamine, laquelle requiert la tyrosine hydroxylase dans le striatum (Grabiec & Dehghani 2017). Aucune enzyme de synthèse n'a été nommée pour cette molécule et ses taux tissulaires n'ont jamais été suivis après manipulation pharmacologique.

Classement

Famille, origine et vérification des sources

Famille

Endocannabinoïde ou apparenté › Endocannabinoïdome

Vérification

Chaque donnée de la fiche a été vérifiée contre ses sources primaires le 20 octobre 2026.

Wikipédia (anglais)

Pas d'article dédié.

Classification structurelle

N-acyl-dopamine saturée : liaison amide entre l'acide stéarique, acide gras saturé à dix-huit carbones, et la dopamine. La molécule associe donc une longue chaîne aliphatique dépourvue de double liaison à un noyau catéchol. Elle relève de l'endocannabinoïdome élargi et non des cannabinoïdes au sens structural du terme : ni noyau terpénophénolique, ni cycle résorcinol. Par rapport au NADA, la seule différence tient à la chaîne grasse, saturée ici et tétra-insaturée chez le NADA, et cette différence suffit à supprimer l'activité directe sur les cibles connues.

Pharmacocinétique

Aucun paramètre pharmacocinétique n'a été établi, ni chez l'être humain ni chez l'animal : la molécule n'a jamais fait l'objet d'une administration systémique documentée. Les seules expositions in vivo publiées sont des injections dans la patte postérieure du rat, à des doses de 1 à 10 µg, destinées à tester son effet sur la réponse au NADA et à la carraghénine (De Petrocellis 2004).

Métabolisme

Une seule voie a été mesurée directement, la sulfatation : dans des fractions cytosoliques de tissus de rat, les N-acyl-dopamines sont conjuguées par des sulfotransférases, et la N-stéaroyl-dopamine n'a été sulfatée que dans le foie, alors que les amides de l'acide oléique et de l'acide docosahexaénoïque le sont dans tous les tissus étudiés ; l'activité mesurée va de 0,5 à 3,5 nmol/min par mg de protéines totales, et les auteurs décrivent cette voie comme la plus productive de la famille tout en soulignant qu'une constante de Michaelis élevée en rend la portée physiologique incertaine (Akimov 2009). L'hydrolyse de la liaison amide par la FAAH et la O-méthylation du noyau catéchol par la COMT, cette dernière démontrée pour la N-oléoyl-dopamine (Zajac 2014), sont attendues par analogie mais n'ont pas été démontrées sur cette molécule.

Toxicologie et risques

Aucune donnée de toxicité humaine n'existe, faute d'exposition documentée. Chez le rat, l'injection locale ne produit ni hyperalgésie thermique ni comportement nociceptif lorsqu'elle est administrée seule (Chu 2003 ; De Petrocellis 2004). Le seul signal in vivo est une majoration de la douleur provoquée par le NADA et par la carraghénine, ce qui traduit une amplification de signalisation plutôt qu'une toxicité propre. Aucune évaluation réglementaire de sécurité, aucune étude de toxicité par administration répétée et aucun essai clinique ne portent sur cette molécule.

Détection et analyse

L'identification initiale dans le tissu nerveux bovin repose sur la spectrométrie de masse à temps de vol couplée à un quadripôle, appliquée à des extraits lipidiques (Chu 2003). Pour les matrices humaines, la molécule figure parmi les analytes d'une méthode de chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem en mode de suivi de réactions multiples, étudiée sur sérum (Luque-Córdoba 2018) ; aucune valeur de concentration sérique n'a toutefois été publiée. Étant endogène et non classée, la molécule ne figure dans aucun criblage toxicologique de routine.

Références

Identifiants

Nomenclature

Nom courant
N-stéaroyl-dopamine
Nom IUPAC
N-[2-(3,4-dihydroxyphenyl)ethyl]octadecanamide
Autres noms
N-stearoyldopamine · STEARDA · N-stéaroyldopamine · STERDA · N-stéaroyl dopamine · N-octadécanoyl-dopamine

Identifiants

Formule
C₂₆H₄₅NO₃
CAS
105955-10-0
InChIKey
KOCSVLPLQCBIGW-UHFFFAOYSA-N
SMILES
CCCCCCCCCCCCCCCCCC(=O)NCCC1=CC(=C(C=C1)O)O

Fiche machine-lisible (JSON)

Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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