Endocannabinoïde
EndogèneMEAMyristoyléthanolamide
N-(2-hydroxyéthyl)tétradécanamide
Alias.N-myristoyléthanolamine · NMEA · N-myristoylethanolamine · 14:0 NAE · myristamide MEA
N-acyléthanolamine saturée à quatorze carbones, sans affinité pour CB1 ; modulateur indirect par compétition enzymatique.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₁₆H₃₃NO₂
- Masse molaire
- 271.40 g·mol⁻¹
- CAS
- -
- PubChem CID
- 8890
- Première description
- La molécule appartient à la famille des N-acyléthanolamines, dont les membres ont été identifiés progressivement dans les tissus animaux à partir des années 1950, bien avant la découverte de l'anandamide en 1992. Sa pharmacologie comparée aux autres éthanolamides d'acides gras a été établie par Watanabe et collaborateurs en 1999, dans une série qui mesurait catalepsie, hypothermie et prolongation du sommeil chez la souris.
- Origine
- Composé endogène présent à l'état de traces dans les tissus animaux, où il est produit par la même machinerie enzymatique que les autres N-acyléthanolamines. La molécule est également fabriquée industriellement, sous divers noms commerciaux, comme agent tensioactif et épaississant pour la cosmétique et la détergence, usage sans rapport avec sa fonction biologique.
- InChIKey
- JHIXEZNTXMFXEK-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le myristoyléthanolamide fait partie de la même famille chimique que l'anandamide, mais sa chaîne grasse est saturée et il ne se fixe pas sur les récepteurs du cannabis. Son rôle probable est indirect : il occupe les enzymes qui détruisent l'anandamide, et prolonge ainsi l'action de celle-ci.
Récepteurs et activité
- FAAHSubstrat de la FAAH, donc inhibiteur compétitif de l'hydrolyse de l'anandamideModulateur
- CB1Pas de liaison directe : chaîne saturée dépourvue des insaturations requisesModulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
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- Apaisement15
- Clarté5
- Sommeil10
- Appétit5
- High5
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le myristoyléthanolamide est le membre saturé à quatorze carbones de la famille des N-acyléthanolamines, celle qui compte l'anandamide parmi ses membres insaturés et le palmitoyléthanolamide parmi ses membres saturés les mieux étudiés. Il partage avec eux la voie de biosynthèse, qui passe par un précurseur phospholipidique clivé par une phospholipase D spécifique, ainsi que les enzymes de dégradation, l'amidohydrolase des acides gras et l'amidase acide des N-acyléthanolamines. Il ne partage pas leur pharmacologie de réception : l'absence d'insaturations sur sa chaîne le prive de l'affinité pour le récepteur CB1 qui caractérise l'anandamide. Watanabe et collaborateurs ont documenté cette dissociation en 1999 sur trois modèles murins. Le myristoyléthanolamide n'a produit aucune catalepsie jusqu'à 40 milligrammes par kilogramme par voie intraveineuse, quand l'anandamide agissait avec une dose efficace médiane de 6,0 milligrammes par kilogramme ; il n'a pas non plus prolongé le sommeil induit par le pentobarbital. Il a en revanche provoqué, comme l'anandamide et ses homologues oléique et linoléique, une hypothermie significative mais faible à 10 milligrammes par kilogramme. Ce profil place la molécule dans le rôle de modulateur indirect plutôt que de messager : elle entre en compétition pour les enzymes de dégradation des endocannabinoïdes actifs, mécanisme dit d'entourage, sans porter d'effet cannabinoïde propre.
Voie biosynthétique (in vivo)
La molécule est un membre saturé de la famille des N-acyléthanolamines, formé à partir de l'acide myristique, acide gras saturé à quatorze carbones. Sa production suit la voie commune à cette famille : un précurseur phospholipidique, la N-acyl-phosphatidyléthanolamine, est constitué par transfert d'une chaîne acyle sur la fonction amine d'une phosphatidyléthanolamine, puis libère l'éthanolamide correspondant sous l'action d'une phospholipase D spécifique. La dégradation revient à l'amidohydrolase des acides gras et à l'amidase acide des N-acyléthanolamines.
Cadre légal
International
Substance endogène ; non contrôlée
Union européenne
Ingrédient cosmétique et industriel ; non contrôlé
France
Non inscrite sur les listes des stupéfiants et psychotropes
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classification structurelle
- Classe
- Endocannabinoïde
- Origine
- Composé endogène présent à l'état de traces dans les tissus animaux, où il est produit par la même machinerie enzymatique que les autres N-acyléthanolamines. La molécule est également fabriquée industriellement, sous divers noms commerciaux, comme agent tensioactif et épaississant pour la cosmétique et la détergence, usage sans rapport avec sa fonction biologique.
- Statut
- Endogène
N-acyléthanolamine saturée. La molécule associe l'acide myristique, acide gras saturé linéaire à quatorze carbones, à l'éthanolamine par une liaison amide. L'absence complète d'insaturation sur la chaîne la distingue de l'anandamide, dont les quatre doubles liaisons de la chaîne arachidonique permettent le repliement nécessaire à la reconnaissance par le récepteur CB1. Elle la rapproche en revanche du palmitoyléthanolamide, homologue à seize carbones, et du stéaroyléthanolamide à dix-huit carbones.
Pharmacocinétique
Aucune donnée de pharmacocinétique humaine n'est publiée. Les travaux disponibles reposent sur l'administration intraveineuse chez la souris, où les effets observés apparaissent dans les minutes qui suivent l'injection et restent de durée brève. Les concentrations tissulaires endogènes chez l'humain n'ont pas fait l'objet d'une quantification systématique comparable à celle de l'anandamide ou du palmitoyléthanolamide.
Métabolisme
La molécule est hydrolysée en acide myristique et en éthanolamine par les deux amidases qui gouvernent le catabolisme de la famille : l'amidohydrolase des acides gras, active à pH neutre et localisée dans les membranes intracellulaires, et l'amidase acide des N-acyléthanolamines, lysosomale et préférentielle pour les substrats saturés à chaîne moyenne. C'est cette compétition pour des enzymes partagées avec l'anandamide qui fonde l'hypothèse d'un effet indirect.
Toxicologie et risques
Aucun événement toxique n'est documenté. Le composé est endogène et figure de longue date parmi les ingrédients cosmétiques et détergents d'usage courant, sans signal de sécurité particulier dans ce cadre. Aucune dose humaine à visée pharmacologique n'a été caractérisée, et les seules données d'administration disponibles concernent la souris.
Détection et analyse
La quantification s'effectue par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, dans le cadre des méthodes lipidomiques qui dosent conjointement l'ensemble des N-acyléthanolamines d'un échantillon. Le composé n'appartient à aucun panel de dépistage toxicologique et n'a pas d'intérêt médicolégal.
Références
Données structurées
- InChIKey
- JHIXEZNTXMFXEK-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CCCCCCCCCCCCCC(=O)NCCO
- Formule
- C16H33NO2
- Masse molaire
- 271.40 g·mol⁻¹
- PubChem CID
- 8890
Format d'ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.