Endocannabinoïde
EndogèneDEA-NAE
Docosatétraénoyléthanolamide
(7Z,10Z,13Z,16Z)-N-(2-hydroxyethyl)docosa-7,10,13,16-tetraenamide
Alias.N-docosatetraenoylethanolamine · DEA · NAE 22:4n-6 · docosatétraényléthanolamide · éthanolamide de l'acide adrénique
Éthanolamide de l'acide adrénique, cousin cérébral de l'anandamide, agoniste CB1 et CB2 peu documenté.
Niveau de détail
Identifiants
- Formule
- C₂₄H₄₁NO₂
- Masse molaire
- 375.60 g·mol⁻¹
- CAS
- 150314-35-5
- PubChem CID
- 5282273
- Première description
- Isolé du cerveau de porc en 1993 par Lumír Hanuš, A. Gopher, S. Almog et Raphael Mechoulam, à l'université hébraïque de Jérusalem. Ces auteurs décrivent simultanément deux nouveaux éthanolamides d'acides gras cérébraux capables de se lier au récepteur cannabinoïde : le dihomo-gamma-linolénoyléthanolamide et le 7,10,13,16-docosatétraénoyléthanolamide. Le profil pharmacologique a été précisé en 1995 par Barg et ses collègues, puis replacé dans la famille des N-acyléthanolamines polyinsaturées par les travaux comparatifs de 2018 sur les séries n-6 et n-3.
- Origine
- Métabolite endogène des mammifères. La molécule n'est pas un phytocannabinoïde : elle ne figure dans aucun profil de Cannabis sativa et n'a pas été retrouvée dans le chanvre. Elle est produite par les tissus animaux, en particulier le système nerveux, où l'acide adrénique constitue un acide gras abondant des phospholipides membranaires ; le plasmalogène éthanolamine de la myéline humaine en contient environ deux fois plus que d'acide arachidonique. L'abréviation DEA utilisée dans la littérature lipidique désigne uniquement ce composé et ne doit être confondue ni avec la DHEA hormonale (déhydroépiandrostérone) ni avec l'agence antidrogue américaine portant le même sigle.
- InChIKey
- FMVHVRYFQIXOAF-DOFZRALJSA-N
En clair
Le docosatétraénoyléthanolamide est une petite molécule grasse fabriquée par l'organisme lui-même, très proche cousine de l'anandamide. Elle a été trouvée dans le cerveau, pas dans le chanvre, et se fixe sur les mêmes récepteurs que les cannabinoïdes. Les travaux publiés restent peu nombreux et aucune donnée humaine ne permet de dire à quoi elle sert précisément dans l'organisme.
Récepteurs et activité
- CB1Ki 34,4 ± 3,2 nM (CB1) selon un jeu de données ; 253,4 ± 41,1 nM sur membranes cérébrales (Barg et al., 1995)Agoniste
- CB2Agoniste
- TRPV1Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement12
- Clarté10
- Sommeil12
- Appétit10
- High10
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Isolé du cerveau porcin en 1993, le docosatétraénoyléthanolamide est l'éthanolamide de l'acide adrénique (22:4n-6), c'est-à-dire une anandamide allongée de deux carbones. Il se comporte comme un agoniste des récepteurs CB1 et CB2 et active également le canal TRPV1, ce qui le classe parmi les N-acyléthanolamines réellement cannabimimétiques plutôt que parmi les lipides simplement modulateurs. Sur membranes cérébrales, une constante d'inhibition de 253 nM et une inhibition de l'adénylate cyclase autour de 117 nM ont été mesurées ; d'autres données rapportent une affinité CB1 voisine de 34 nM, soit du même ordre que celle de l'anandamide, et cet écart entre protocoles n'a jamais été tranché. Chez la souris, l'administration reproduit la tétrade cannabinoïde classique : baisse de l'activité motrice en champ ouvert, hypothermie, catalepsie et effet antinociceptif. Au-delà de ces travaux fondateurs, la littérature est mince. Les concentrations tissulaires physiologiques sont peu documentées, le rôle propre de la molécule reste difficile à séparer de celui de l'anandamide avec laquelle elle est co-isolée, et les données humaines manquent entièrement. Aucun effet thérapeutique n'est établi.
Sources clés.
- Hanuš L, Gopher A, Almog S, Mechoulam R. Two new unsaturated fatty acid ethanolamides in brain that bind to the cannabinoid receptor. J Med Chem. 1993;36(20):3032-4PMID 8411021
- Barg J, Fride E, Hanuš L, et al. Cannabinomimetic behavioral effects of and adenylate cyclase inhibition by two new endogenous anandamides. Eur J Pharmacol. 1995;287(2):145-52PMID 8749028
- Alharthi N, et al. n-3 polyunsaturated N-acylethanolamines are CB2 cannabinoid receptor-preferring endocannabinoids. Biochim Biophys Acta Mol Cell Biol Lipids. 2018PMID 30591150
- Sheskin T, Hanuš L, Slager J, Vogel Z, Mechoulam R. Structural requirements for binding of anandamide-type compounds to the brain cannabinoid receptor. J Med Chem. 1997;40(5):659-67PMID 9057852
- Endocannabinoid binding to the cannabinoid receptors: what is known and what remains unknown (revue, PMC4120766)
- The expanding field of cannabimimetic and related lipid mediators (revue, PMC1576036)
- PubChem CID 5282273, N-(2-hydroxyethyl)-7Z,10Z,13Z,16Z-docosatetraenamide
Voie biosynthétique (in vivo)
Comme les autres N-acyléthanolamines, la molécule provient de la voie dite de transacylation puis phosphodiestérase. Une N-acyltransférase transfère une chaîne d'acide adrénique depuis une phosphatidylcholine vers l'azote d'une phosphatidyléthanolamine, ce qui forme un N-acylphosphatidyléthanolamide ; la phospholipase D spécifique des NAPE (NAPE-PLD) hydrolyse ensuite cet intermédiaire et libère l'éthanolamide. Des routes indépendantes de la NAPE-PLD, impliquant notamment ABHD4 et les glycérophosphodiestérases, coexistent. L'acide adrénique lui-même dérive de l'acide arachidonique par deux cycles d'allongement de chaîne assurés par les élongases, ce qui explique la parenté structurale étroite avec l'anandamide.
Cadre légal
France
Statut endogène. Le docosatétraénoyléthanolamide est naturellement présent dans l'organisme humain et n'apparaît sur aucune liste française de stupéfiants ou de psychotropes. Il n'est pas nommé à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990, et la clause générique de cette annexe, qui vise les tétrahydrocannabinols ainsi que leurs esters, éthers, sels et les sels de ces dérivés, ne le capte pas : la molécule ne dérive d'aucun tétrahydrocannabinol, elle appartient à la famille des amides d'acides gras. Sa détention et son emploi comme standard analytique ou réactif de recherche ne relèvent donc pas de la réglementation des stupéfiants. Aucune autorisation de mise sur le marché, aucun statut alimentaire et aucune allégation de santé ne lui sont associés en France.
Union européenne
Aucun État membre ne classe cette molécule endogène. Elle n'a jamais été notifiée au système d'alerte précoce de l'EUDA (ex OEDT), ni évaluée par l'ONUDC, l'OICS ou le comité d'experts de l'OMS sur la pharmacodépendance, et elle ne relève d'aucune des conventions internationales de 1961 ou 1971. Sa circulation se limite au statut de standard analytique et de réactif de laboratoire, encadré par la réglementation générale sur les substances chimiques et non par le droit des stupéfiants.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Endocannabinoïde
- Origine
- Métabolite endogène des mammifères. La molécule n'est pas un phytocannabinoïde : elle ne figure dans aucun profil de Cannabis sativa et n'a pas été retrouvée dans le chanvre. Elle est produite par les tissus animaux, en particulier le système nerveux, où l'acide adrénique constitue un acide gras abondant des phospholipides membranaires ; le plasmalogène éthanolamine de la myéline humaine en contient environ deux fois plus que d'acide arachidonique. L'abréviation DEA utilisée dans la littérature lipidique désigne uniquement ce composé et ne doit être confondue ni avec la DHEA hormonale (déhydroépiandrostérone) ni avec l'agence antidrogue américaine portant le même sigle.
- Statut
- Endogène
N-acyléthanolamine (NAE) dérivée de l'acide adrénique 22:4n-6, homologue à chaîne allongée de deux carbones de l'anandamide
Pharmacocinétique
Aucune étude de pharmacocinétique dédiée n'a été publiée. Par analogie avec les autres N-acyléthanolamines, la molécule est fortement lipophile, se répartit dans les membranes et les compartiments lipidiques, circule associée aux protéines plasmatiques et présente une persistance tissulaire brève en raison de son hydrolyse enzymatique rapide. Les paramètres humains d'absorption, de distribution, de biodisponibilité orale et d'élimination ne sont pas caractérisés.
Métabolisme
La dégradation repose sur l'amide hydrolase des acides gras (FAAH), qui rompt la liaison amide et libère l'acide adrénique et l'éthanolamine ; la N-acyléthanolamine acide amidase (NAAA) participe à la voie lysosomale commune aux N-acyléthanolamines. Les concentrations tissulaires de cette famille de lipides suivent directement l'activité de ces hydrolases, ce que confirment les études d'inhibition pharmacologique. L'acide adrénique libéré rejoint ensuite le métabolisme des acides gras polyinsaturés de la série n-6. Les éventuels métabolites oxydés de la molécule intacte ne sont pas décrits.
Toxicologie et risques
Aucune toxicologie n'est établie pour ce métabolite endogène. Les seules expositions rapportées sont expérimentales, chez le rongeur, à des doses produisant des effets cannabimimétiques transitoires sans mortalité décrite. Il n'existe ni cas humain d'intoxication, ni étude de toxicité à doses répétées, ni évaluation de génotoxicité ou de reprotoxicité. La molécule n'est pas commercialisée pour la consommation humaine et ne fait l'objet d'aucun signalement dans les dispositifs de réduction des risques.
Détection et analyse
La quantification passe par la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem, au sein des profils lipidomiques de N-acyléthanolamines appliqués au plasma, au liquide céphalorachidien et aux tissus nerveux, avec des limites de détection descendant à l'échelle picomolaire. Aucune méthode forensique dédiée n'existe : le composé étant endogène, il n'est recherché ni dans les dépistages toxicologiques de stupéfiants, ni dans les contrôles antidopage, et sa présence dans un échantillon biologique n'a aucune valeur probante d'une consommation.
Références
- 1.Hanuš L, Gopher A, Almog S, Mechoulam R. Two new unsaturated fatty acid ethanolamides in brain that bind to the cannabinoid receptor. J Med Chem. 1993;36(20):3032-4PMID 8411021
- 2.Barg J, Fride E, Hanuš L, et al. Cannabinomimetic behavioral effects of and adenylate cyclase inhibition by two new endogenous anandamides. Eur J Pharmacol. 1995;287(2):145-52PMID 8749028
- 3.Alharthi N, et al. n-3 polyunsaturated N-acylethanolamines are CB2 cannabinoid receptor-preferring endocannabinoids. Biochim Biophys Acta Mol Cell Biol Lipids. 2018PMID 30591150
- 4.Sheskin T, Hanuš L, Slager J, Vogel Z, Mechoulam R. Structural requirements for binding of anandamide-type compounds to the brain cannabinoid receptor. J Med Chem. 1997;40(5):659-67PMID 9057852
- 5.Endocannabinoid binding to the cannabinoid receptors: what is known and what remains unknown (revue, PMC4120766)
- 6.The expanding field of cannabimimetic and related lipid mediators (revue, PMC1576036)
- 7.PubChem CID 5282273, N-(2-hydroxyethyl)-7Z,10Z,13Z,16Z-docosatetraenamide
Données structurées
- InChIKey
- FMVHVRYFQIXOAF-DOFZRALJSA-N
- Formule
- C24H41NO2
- Masse molaire
- 375.60 g·mol⁻¹
- CAS
- 150314-35-5
- PubChem CID
- 5282273
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.


