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Hash afghan : fabrication traditionnelle, histoire et version CBD

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13 min de lectureMis à jour le

Le hash afghan traditionnel s'obtient en battant puis en tamisant des plantes de cannabis séchées, avant de pétrir à la chaleur la poudre recueillie. Tiré de cannabis riche en THC, ce produit est un stupéfiant en France. Sur une résine CBD, « afghan » désigne un style de fabrication et d'aspect, pas une origine.

Bloc de résine Afghan Hash CBG, brun foncé et lisse, photographié sur fond clair.
Sommaire
  1. 01Comment fabrique-t-on le hash afghan traditionnel ?
  2. 02Comment la poudre devient-elle du hash ?
  3. 03Hash afghan et charas : quelle différence ?
  4. 04Pourquoi l'Afghanistan compte-t-il dans l'histoire des « indica » ?
  5. 05Où en est la production afghane depuis 2009 ?
  6. 06Que signifie « afghan » sur un hash CBD vendu en France ?
  7. 07Comment lire l'analyse d'un hash afghan CBD ?
  8. 08Quels risques présente le hash afghan de rue ?
  9. 09Questions fréquentes

La première enquête systématique sur le cannabis afghan, menée par l'ONUDC et le gouvernement afghan, porte sur l'année 2009. Elle estimait la production de poudre de résine entre 1 500 et 3 500 tonnes. Ce volume faisait de l'Afghanistan le premier producteur mondial de résine de cannabis (ONUDC, Afghanistan Cannabis Survey 2009, 2010).

Ce dossier est documentaire. Il décrit des pratiques illicites pour expliquer un vocabulaire, sans en faire un mode d'emploi.

> À retenir > > - La garda est la poudre obtenue en battant et en tamisant des plantes séchées ; on la classe selon l'ordre des tamisages. > - Le hash naît du pétrissage de cette poudre à la chaleur, à la main ou à la machine. > - Les cannabis d'Afghanistan, appelés « Indica » dans le langage courant, n'ont intéressé les sélectionneurs occidentaux qu'au début des années 1970. > - En France, une résine « afghane » n'est légale que si elle vient de chanvre autorisé et titre au plus 0,30 % de Δ⁹-THC.

Comment fabrique-t-on le hash afghan traditionnel ?

Selon l'enquête de 2009, le cannabis afghan se sème d'avril à juin et se récolte d'octobre à janvier. Les plants coupés sèchent au champ, puis à l'abri dans la ferme.

Le travail mobilise au moins deux personnes. Elles frappent les plantes sèches sur un fût pour détacher les sommités, écartent les tiges et retirent les graines. La matière passe ensuite sur un tissu tendu sur un cadre de bois incliné.

La poudre est alors secouée environ cinq minutes dans un sac de toile, pour faire tomber la poussière. Le tamisage est répété trois fois. Une dernière petite quantité est battue à la main dans une pochette de tissu.

Le produit porte un nom local : la garda. Le premier passage, le plus doux, donne la première garda, la plus riche en résine et la plus chère. Selon l'ONUDC, les qualités suivantes contiennent très probablement une part importante de matière végétale.

QualitéRendement moyen relevé en 2009Ce qu'en dit l'enquête
Première garda68 kg/haProportion de résine la plus élevée, prix le plus haut
Deuxième garda46 kg/haDavantage de matière végétale
Troisième garda30 kg/haQualité la plus basse des trois courantes
Total145 kg/haMoyenne pondérée par les surfaces

Le nord produit une garda réputée, dite Jooshi ou Balkhi. D'après l'enquête, 25 kg de première garda ordinaire n'en donnent qu'environ 14 kg.

Les 145 kg/ha afghans dépassent de loin les 36 kg/ha environ mesurés au Maroc en 2004 et 2005. L'ONUDC souligne toutefois que les méthodes de mesure diffèrent, ce qui limite la comparaison. Cette poudre non pressée est l'équivalent de ce que le marché du chanvre appelle pollen, décrit dans le guide du pollen de CBD.

Comment la poudre devient-elle du hash ?

La garda n'est pas encore du hash. La plupart des cultivateurs la vendent en poudre, et les négociants la transforment le plus souvent. L'enquête décrit trois façons de faire.

La méthode traditionnelle part de la garda Jooshi. Un cultivateur tient une poignée de poudre dans sa paume et allume une allumette ; un second fait tomber la poudre en pluie au-dessus de la flamme. Chauffée à plusieurs reprises, la matière devient souple, collante et solide. Pressée et roulée à la main, elle donne un produit brun verdâtre : le hash Jooshi, dit aussi Balkhi ou « lait de Mazar ».

Dans le sud, une petite quantité de poudre est pressée entre les paumes. Une première garda riche en résine s'agglomère sans ajout ; les qualités inférieures reçoivent un peu d'eau. La masse est chauffée sur une petite flamme, puis frottée de nouveau, plusieurs fois de suite.

La troisième voie est mécanique. Des machines venues du Pakistan malaxent la poudre avec une vis sans fin, et le frottement la chauffe. La pâte brun foncé est ensuite étalée au rouleau dans un moule en bois, pour former des blocs destinés au stockage et au commerce. Selon des témoignages recueillis par l'ONUDC, seuls les négociants utilisent ces machines.

L'ONUDC retient un kilo de hash pour un kilo de garda, l'eau ajoutée alourdissant toutefois les qualités inférieures. Avant transformation, la garda se conserve trois à dix mois dans des sacs de cuir ou de peau de chèvre, appelés gharak. Enfin, l'enquête n'a mesuré aucun taux de THC : la puissance des gardas reste inconnue.

Hash afghan et charas : quelle différence ?

En Afghanistan, le hash se dit couramment « charas », note l'ONUDC. Dans le sous-continent indien, le même mot désigne le frottage à la main de sommités fraîches, encore sur pied.

Les chercheurs Pierre-Arnaud Chouvy et Kenza Afsahi situent ce frottage en Inde, Cachemire compris, et au Népal (Chouvy et Afsahi, International Journal of Drug Policy, 2014). Citant l'ethnobotaniste Robert Clarke, ils comparent les rendements. Un kilo de résine tamisée s'obtient en quelques heures, contre 10 à 25 grammes de résine frottée par personne et par jour.

La fiche charas du lexique décrit ce geste. Le hash afghan relève, lui, du tamisage à sec, comme celui du Rif. Il s'en distingue par la mise en forme : la poudre marocaine est pressée en plaque, la garda afghane pétrie à la chaleur. Le hash marocain et le tamisage du Rif détaille la méthode marocaine.

Pourquoi l'Afghanistan compte-t-il dans l'histoire des « indica » ?

Selon une classification publiée en 2020, le type appelé « Indica » vient d'Asie centrale : Afghanistan, Pakistan et Turkestan (McPartland et Small, PhytoKeys, 2020). Les auteurs le nomment Cannabis sativa subsp. indica var. afghanica.

Leurs spécimens d'herbier anciens proviennent d'Afghanistan, du nord-ouest du Pakistan, du Turkestan et d'Iran. Ces plantes étaient cultivées pour le hash tamisé, et parfois pour l'huile de leurs graines. Elles n'ont attiré les sélectionneurs occidentaux qu'au début des années 1970.

Depuis, elles ont été croisées sans méthode avec des lignées d'Asie du Sud, au point d'effacer l'essentiel des différences, selon les auteurs. Les « strains » vendues comme indica reposent le plus souvent sur des hybrides d'origine non documentée.

Sur le terrain, l'enquête de 2009 recense de nombreux noms locaux, dont Mazari, Watani, Kandahari et plusieurs Shadani. La Mazari, dite aussi Balkhi, réunit 58 % des mentions. Les cultivateurs distinguent aussi une plante à tige rouge rosé, réputée donner une meilleure résine.

La génétique afghane revient dans des généalogies célèbres, qui reposent sur les récits des sélectionneurs. L'histoire du cultivar Skunk en donne un exemple, et la distinction entre indica et sativa détaille ce glissement de vocabulaire.

Où en est la production afghane depuis 2009 ?

En 2009, le cannabis occupait 10 000 à 24 000 hectares, dans 17 des 34 provinces. Deux tiers de ses cultivateurs cultivaient aussi le pavot à opium.

Les données plus récentes portent sur les saisies. L'ONUDC classe l'Afghanistan au deuxième rang des pays d'origine cités pour la résine saisie (ONUDC, World Drug Report 2021, 2021). Le pays réunit 18 % des mentions de 2015 à 2019, derrière le Maroc.

Le 3 avril 2022, les autorités de fait talibanes ont publié un décret interdisant la culture du pavot et de tous les types de stupéfiants. Selon l'ONUDC, il vise aussi l'usage, le transport, la fabrication, le commerce, l'importation et l'exportation (ONUDC, Afghanistan Opium Survey 2023, 2023).

L'effet mesuré porte sur le pavot, dont la surface a reculé de 95 % en 2023. La chronologie du rapport place une interdiction visant le cannabis au 8 mars 2023, sans estimation chiffrée de cette culture.

Que signifie « afghan » sur un hash CBD vendu en France ?

L'article 1er de l'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que les variétés de Cannabis sativa L. inscrites au catalogue commun européen ou au catalogue officiel français (Légifrance, consultation le 6 octobre 2026). Leur teneur en Δ⁹-THC ne doit pas dépasser 0,30 %. Le même plafond vaut pour les extraits et les produits qui les intègrent.

« Afghan » ne dit donc rien de la variété ni du pays de culture. Sur une étiquette française, le mot renvoie à un style : une résine tamisée à sec puis pressée, dense et sombre, au parfum souvent décrit comme terreux. Le comparatif des hashs frozen, piattella, 120u et static situe ce style face aux méthodes à l'eau glacée.

La couleur sombre ne prouve rien sur la teneur, comme l'explique l'article sur la couleur d'une résine CBD. Le nom ne garantit pas non plus l'absence de cannabinoïde de synthèse ajouté, l'un des trois pièges du hash CBD légal.

Comment lire l'analyse d'un hash afghan CBD ?

Un lot réel sert d'exemple. Sur la fiche de l'Afghan Hash CBG de Phytogrammes, consultée le 6 octobre 2026, le lot PG-26-ED80 affiche cinq lignes mesurées en HPLC.

Ligne de l'analyseValeur du lot PG-26-ED80Lecture
CBG18,5 %Cannabinoïde dominant, comme l'annonce le « CBG » du nom du produit
CBD4,0 %Second cannabinoïde du lot
CBC0,4 %Cannabinoïde mineur
CBN0,3 %Forme issue du THC vieilli
Δ⁹-THC0,2 %Sous le seuil de 0,30 %, à vérifier sur le certificat

Commencez par le numéro de lot : celui du sachet doit correspondre à celui de l'analyse. Le Δ⁹-THC s'affiche ici à une décimale. Sa valeur exacte, avec sa marge de mesure, se lit sur le certificat, que le guide de lecture d'un certificat d'analyse apprend à déchiffrer.

La fiche mentionne un dossier plus large : métaux lourds par ICP-MS, pesticides par LC-MS/MS et terpènes par GC-MS, confiés à un laboratoire accrédité ISO 17025. La ligne CBN renseigne enfin sur le vieillissement de la matière. Ce cannabinoïde provient du THC dégradé, comme le détaille la comparaison entre CBD et CBN.

Cas pratique Votre sachet porte la mention « Afghan » et le numéro PG-26-ED80. Retrouvez ce numéro sur la fiche, puis ouvrez le certificat depuis la ligne du lot. Vérifiez le Δ⁹-THC exact et sa marge de mesure. Si le numéro du sachet diffère, l'analyse affichée ne décrit pas votre produit.

Les autres références de la catégorie résines, hash et pollen CBD se lisent de la même façon, lot par lot.

Quels risques présente le hash afghan de rue ?

Hors du cadre CBD, le hash afghan reste un stupéfiant. Sa teneur n'est pas connue à l'achat. En France, la teneur moyenne en THC des résines est passée de 12,3 % en 2011 à 29 % en 2023 (OFDT, consultation le 6 octobre 2026).

L'aspect ne renseigne ni sur cette teneur ni sur un coupage, comme le montre le cas du jaune mousseux. Les signes souvent cités pour repérer un haschich coupé ne remplacent pas une analyse. En cas de malaise après une consommation, le 15 reste le numéro à composer.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la garda ?

C'est le nom afghan de la poudre obtenue en battant puis en tamisant des plantes séchées. Elle se classe en première, deuxième et troisième garda, selon l'ordre des tamisages. Elle devient du hash une fois pétrie et chauffée.

Quelle différence entre hash afghan et charas ?

En Afghanistan, « charas » désigne couramment le hash lui-même. Dans le sous-continent indien, le mot nomme une résine frottée à la main sur des plantes fraîches. Le hash afghan vient, lui, du tamisage de plantes séchées.

Un hash CBD « afghan » vient-il d'Afghanistan ?

Le nom ne l'indique pas. En France, la plante doit appartenir à une variété inscrite au catalogue européen ou français. « Afghan » décrit alors un style de résine tamisée, pressée et sombre ; l'origine se lit dans la traçabilité du lot.

Pourquoi un hash afghan CBD peut-il être dominé par le CBG ?

Parce que « afghan » décrit un procédé et n'annonce aucun cannabinoïde. Le cannabinoïde dominant dépend de la variété de chanvre utilisée. Le nom complet du produit, Afghan Hash CBG, annonce le CBG. L'analyse du lot PG-26-ED80 le confirme : 18,5 % de CBG, contre 4,0 % de CBD.

Sources et dates

Toutes les sources liées ont été consultées le 6 octobre 2026. Les dates ci-dessous désignent des publications ou des relevés.

  • ONUDC et gouvernement afghan, enquête sur le cannabis 2009 : publication en avril 2010.
  • Chouvy et Afsahi, International Journal of Drug Policy, vol. 25 : publication en 2014.
  • McPartland et Small, PhytoKeys, vol. 144 : publication en 2020.
  • ONUDC, World Drug Report 2021, livret 3 : mentions de 2015 à 2019.
  • ONUDC, enquête sur l'opium 2023 : publication en novembre 2023.
  • Arrêté du 30 décembre 2021, article 1er : version en vigueur depuis le 29 décembre 2022.
  • OFDT, synthèse « Cannabis » : teneurs moyennes de 2011 et de 2023.
  • Fiche Afghan Hash CBG, lot PG-26-ED80 : relevé du 6 octobre 2026.

Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.