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Jaune mousseux : ce que dit le nom, ce que disent les saisies

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8 min de lectureMis à jour le

Le « jaune mousseux », ou simplement « jaune », est un nom de rue pour un hash au THC de couleur claire et de texture souple, présenté comme un haschich marocain de qualité. C'est un stupéfiant, interdit en France, vendu sans aucune analyse : ni la couleur ni la texture ne renseignent sur sa teneur. La résine saisie en France titrait 29 % de THC en moyenne en 2023, contre 12,3 % en 2011.

Morceaux de résine de cannabis brun foncé posés à côté d'une pièce de monnaie pour l'échelle
Sommaire
  1. 01Définition : ce que veulent dire « jaune » et « mousseux »
  2. 02Ce que contient la résine vendue en France
  3. 03Ce que prévoit la loi pour le jaune mousseux
  4. 04Repères de réduction des risques
  5. 05Hash CBD : les mêmes gestes, un autre statut
  6. 06Questions fréquentes

> À retenir > > - « Jaune » décrit la couleur, « mousseux » la texture : ce sont des arguments de vente, pas des résultats d'analyse. > - La teneur moyenne en THC de la résine vendue en France a plus que doublé entre 2011 et 2023, selon l'OFDT. > - Des herbes et des résines vendues comme du cannabis ordinaire ont été retrouvées aspergées de cannabinoïdes de synthèse, sans signe visible. > - L'usage est puni d'un an de prison et de 3 750 € d'amende ; l'amende forfaitaire est de 500 € depuis le 20 août 2026. > - Le hash CBD vient de chanvre sous 0,30 % de Δ⁹-THC : même geste de fabrication, autre statut juridique.

Définition : ce que veulent dire « jaune » et « mousseux »

Les deux mots décrivent ce que l'acheteur voit et touche. « Jaune » désigne une teinte claire, du beige au blond, que le marché associe à un tamisage fin de trichomes frais. « Mousseux » désigne une pâte souple et aérée qui s'effrite sous les doigts, et qui gonfle ou fait des bulles quand on la chauffe. Dans la hiérarchie officieuse du hash de rue, ces deux signes servent à vendre un produit plus cher.

La couleur d'une résine dépend du tamisage, mais aussi de la variété, de l'oxydation, de l'âge et du pressage, comme l'explique notre article sur la couleur des résines. Aucun de ces signes n'a valeur de test : sans analyse, ni la teinte ni la réaction à la flamme ne renseignent sur la teneur ou sur un produit de coupe. Les appellations modernes, frozen, piatella ou 120u, obéissent à la même logique : notre comparatif des noms de hash montre qu'un nom désigne une méthode, jamais une teneur.

L'origine marocaine revendiquée n'est pas vérifiable non plus. Le tamisage traditionnel du Rif, décrit dans notre article sur le hash marocain, sert d'image de marque à des produits dont personne ne connaît la provenance réelle.

Ce que contient la résine vendue en France

Les données publiques décrivent le marché dans son ensemble, pas un nom commercial. D'après l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la teneur moyenne en THC de la résine est passée de 12,3 % en 2011 à 29 % en 2023. Celle de l'herbe est passée de 10,4 % à 14,0 % sur la même période. Le prix courant de la résine au détail reste autour de 8 € le gramme.

Barres comparant la teneur moyenne en THC en France en 2011 et 2023 : résine de 12,3 à 29 %, herbe de 10,4 à 14,0 %, face au seuil de 0,30 % du chanvre légal
Teneur moyenne en THC des produits analysés en France. Sources : OFDT ; arrêté du 30 décembre 2021

Une moyenne de 29 % cache de larges écarts d'un échantillon à l'autre. Pour une personne habituée à une résine moins concentrée, la même quantité peut apporter deux fois plus de THC.

Le second risque ne se voit pas. En février 2021, le dispositif SINTES de l'OFDT a publié une note sur des herbes et résines adultérées : des produits très pauvres en THC, aspergés de cannabinoïdes de synthèse et vendus comme du cannabis ordinaire. Ces molécules agissent à des doses très faibles, difficiles à contrôler. Notre article sur le « pète ton crâne » décrit ces produits, et celui sur le haschich coupé explique pourquoi l'œil ne suffit pas.

Ce que prévoit la loi pour le jaune mousseux

Le jaune mousseux est une résine de cannabis au THC, donc un stupéfiant. L'article L3421-1 du code de la santé publique punit l'usage d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende. Depuis le 20 août 2026, les poursuites peuvent s'éteindre par une amende forfaitaire de 500 €, ramenée à 400 € en cas de paiement rapide et portée à 1 000 € en cas de retard. L'achat, la détention et la revente relèvent de peines plus lourdes.

Le hash CBD relève d'un autre cadre. Il est fabriqué à partir de variétés de chanvre inscrites au catalogue, et l'arrêté du 30 décembre 2021 plafonne le Δ⁹-THC à 0,30 % dans le produit. Notre article sur le taux de THC légal explique d'où vient ce chiffre et comment il se mesure.

CritèreJaune mousseuxHash CBD
Matière premièreCannabis au THC, origine inconnueChanvre de variété cataloguée
Δ⁹-THCNon mesuré ; 29 % en moyenne pour la résine saisie en 20230,30 % au plus
StatutStupéfiantVente autorisée
CompositionInconnue de l'acheteurMesurable en laboratoire

Repères de réduction des risques

Phytogrammes ne vend aucun produit classé stupéfiant, et ce passage n'est pas un guide d'usage. Pour une personne qui consomme malgré tout du hash de rue, quatre faits comptent.

  1. L'apparence ne donne pas la teneur. Une résine claire et souple peut titrer bien moins, ou bien plus, que la moyenne de 29 %.
  2. Une teneur doublée double la dose. À quantité égale, les effets indésirables des fortes doses de THC, anxiété, palpitations, malaise, deviennent plus probables.
  3. Un cannabinoïde de synthèse ne se voit pas. Seule une analyse en laboratoire l'identifie.
  4. En cas de malaise, appelez le 15 en décrivant ce qui a été consommé : les soignants sont tenus au secret médical. Pour une question sans urgence, Drogues Info Service répond gratuitement au 0 800 23 13 13, 7 jours sur 7.

Conduire après avoir consommé du THC est un délit, quelle que soit la quantité : notre guide sur le dépistage salivaire donne les durées de détection connues.

Hash CBD : les mêmes gestes, un autre statut

La demande que révèle le jaune mousseux porte sur des résines artisanales, tamisées finement, riches en arômes. Le chanvre légal emploie les mêmes gestes : tamisage à sec, séparation à l'eau glacée, pressage à chaud. Le vocabulaire est défini dans notre lexique du haschich, et les résines du catalogue sont réunies dans la catégorie hash, résines et pollens CBD.

La différence tient à ce qu'on peut vérifier. Sur l'analyse d'un lot de hash CBD, trois lignes suffisent : le Δ⁹-THC sous 0,30 %, le THCA, et l'absence de HHC, de H4CBD ou de THCP quand le laboratoire les a recherchés. Notre guide pour lire un certificat d'analyse les reprend une par une.

Questions fréquentes

C'est quoi du « jaune » ou du « mousseux » ?

Deux noms de rue pour un haschich au THC de couleur claire et de texture souple, qui gonfle à la chaleur. Ce sont des descriptions de vendeur, pas des catégories techniques : aucune analyse n'accompagne ces produits.

Le jaune mousseux est-il plus fort qu'un hash classique ?

Personne ne peut le dire sans analyse. La résine saisie en France titrait 29 % de THC en moyenne en 2023, avec de grands écarts d'un échantillon à l'autre. La couleur et la texture ne permettent pas de situer un morceau dans cet intervalle.

Comment savoir ce que contient un hash de rue ?

Seule une analyse en laboratoire le dit. Le dispositif SINTES de l'OFDT analyse des échantillons collectés auprès d'usagers : c'est ainsi que des résines aspergées de cannabinoïdes de synthèse ont été repérées en France.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.