Haschich
Le haschich (hash) est la résine du cannabis ou du chanvre : les trichomes séparés de la plante, à sec, à l'eau glacée ou par frottement, puis pressés. En France, seule une résine de chanvre à Δ⁹-THC ≤ 0,30 % est légale.
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Le haschich, que l'on écrit aussi haschisch, hachisch ou hachich, désigne la résine du cannabis : les trichomes des fleurs femelles, détachés de la plante puis agglomérés, par opposition à la fleur elle-même. Le mot vient de l'arabe ḥašīš, « herbe, foin », qui nommait aussi le chanvre indien, et le français l'emploie depuis le XVIe siècle. Toutes les traditions de hash partent de ce même geste, séparer les trichomes, et se distinguent par la méthode : tamisage à sec sur soie ou sur maille (Maroc, Liban, Afghanistan), frottement des fleurs fraîches entre les paumes (charas de l'Himalaya), séparation à l'eau glacée (bubble hash, ice-o-lator, frozen) apparue à la fin des années 1990.
La typologie moderne se lit dans le vocabulaire des fiches : le dry sift est la poudre tamisée à sec, non pressée ; le hash pressé en est la version compactée à la main ou à chaud ; l'ice-o-lator et le frozen sont des résines lavées à l'eau glacée, nommées d'après leur maille (120u, 45u) ou leur matière de départ ; la piattella est un bubble hash affiné à froid sous vide. Aucune de ces méthodes n'emploie de solvant, ce qui distingue le haschich des concentrés (wax, crumble, rosin).
En droit français, la résine de cannabis est un stupéfiant nommé en toutes lettres, et une résine de chanvre n'échappe à ce régime que si elle vient d'une variété autorisée et ne dépasse pas 0,30 % de Δ⁹-THC (arrêté du 30 décembre 2021). Le haschich issu de cannabis à THC reste un stupéfiant, quels que soient son nom ou sa présentation ; les textes et les peines sont détaillés plus bas.
Ce qui sépare une résine CBD d'un haschich de rue ne se voit pas à l'œil : c'est l'analyse du lot. Le laboratoire, son accréditation ISO/IEC 17025, le numéro de lot identique à celui du sachet, les cannabinoïdes quantifiés par HPLC et un Δ⁹-THC à 0,30 % au plus sont les quatre lignes à lire. Un hash annoncé « à 40 % » sans analyse de lot ne se compare pas à un taux mesuré. Produit réservé aux adultes, non destiné à l'ingestion.
Résine, herbe, plante : ce que désigne le mot
Le haschich est un produit tiré de la plante, au même titre que la fleur séchée. La plante s'appelle Cannabis sativa L. ; ses fleurs femelles portent des trichomes, de minuscules glandes chargées de résine, et c'est cette résine, détachée puis agglomérée, qui forme le haschich. L'« herbe », elle, désigne la fleur séchée entière, et le commerce du CBD parle plutôt de « résine » : la différence entre fleur et résine tient à cette séparation.
Les dictionnaires gardent pourtant la trace d'un sens plus ancien. L'Académie française, dans la neuvième édition de son dictionnaire, et Le Robert donnent d'abord au mot le sens de « chanvre indien », la plante elle-même ; l'Académie ne passe qu'ensuite, « par extension », à la drogue préparée avec sa résine, et Larousse ne définit que cette résine. Le droit, lui, distingue la plante de sa résine : le Code de la santé publique nomme à part « le cannabis, sa plante et sa résine », et la Convention unique des Nations unies de 1961 définit la résine de cannabis comme la résine séparée de la plante, brute ou purifiée.
Haschich, haschisch ou hachich : comment s'écrit le mot ?
Plusieurs graphies coexistent. L'Académie française et Le Robert prennent haschich pour entrée ; l'Académie relève aussi, comme formes plus rares, hachisch et haschisch, et Le Robert hachich et haschisch. Larousse place haschisch en tête, comme la graphie la plus courante, admet haschich et hachisch en orthographe traditionnelle et donne hachich comme orthographe rectifiée. Cette dernière forme ne figure pas dans les listes des rectifications parues au Journal officiel du 6 décembre 1990, mais elle suit leurs recommandations, qui demandent de retenir, entre plusieurs graphies d'un mot emprunté, la plus proche du français.
Le mot est masculin et son h est aspiré : on dit « le haschich » et « du haschich », sans élision. Hasch et hach en sont les abréviations, courantes pour Le Robert, familières pour Larousse, et Le Robert range « shit » et « chichon » parmi ses synonymes familiers. L'anglais écrit hashish, abrégé en hash, et l'espagnol hachís, que la Real Academia Española tire de l'arabe classique ḥašīš, « herbe ».
D'où vient le mot haschich, et a-t-il donné « assassin » ?
Le français a emprunté le mot à l'arabe ḥašīš, qui signifie « herbe, foin » et désigne aussi le chanvre indien. Le Trésor de la langue française en date la première trace française de 1556, sous la forme hasis, dans l'Historiale description de l'Afrique parue chez Jean Temporal, puis relève haschîsch en 1773, dans la traduction française de la Description de l'Arabie de Niebuhr.
Assassin en dérive bel et bien, par un détour. Le mot est entré en français en 1560, pris à l'italien assassino, lui-même tiré, selon le même dictionnaire, d'un pluriel arabe non attesté formé sur ḥašīš, surnom que leurs ennemis donnaient aux ismaéliens de Syrie ; l'ancien français disait déjà harsasis en 1195 pour les membres de ce mouvement. L'image d'une secte de tueurs drogués vient en revanche de légendes, nées au contact des croisés et amplifiées jusqu'au récit de Marco Polo, que l'historien Farhad Daftary étudie dans The Assassin Legends (1994).
Le Club des Hachichins : le mot dans les lettres du XIXe siècle
Au milieu du XIXe siècle, le mot gagne la littérature française : le Trésor de la langue française le relève par exemple chez Dumas, dans Le Comte de Monte-Cristo (1846). Trois titres le portent alors : Du hachisch et de l'aliénation mentale, ouvrage médical de Jacques-Joseph Moreau, dit Moreau de Tours (Paris, Fortin, Masson, 1845) ; Le Club des Hachichins de Théophile Gautier, paru en 1846 dans la Revue des Deux Mondes, récit d'un cercle réuni à l'hôtel Pimodan, sur l'île Saint-Louis ; Le Poëme du haschisch, qui ouvre en 1860 Les Paradis artificiels de Baudelaire. Les trois titres écrivent le mot de trois façons, hachisch, hachich (dans hachichins) et haschisch : l'orthographe n'était pas encore fixée.
De la poudre au bloc : la mise en forme
Après la séparation vient la mise en forme, qui fait passer la poudre de trichomes à l'état de bloc, et chaque tradition a la sienne. Au Maroc et au Liban, la poudre tamisée est pressée en plaque ou en paquet. En Afghanistan, elle est pétrie à la chaleur, à la main ou à la machine. Le charas, frotté sur la plante fraîche, prend directement la forme d'un bâtonnet ou d'une boule, et la piattella moderne s'affine à froid sous vide. Le vocabulaire suit la forme : on parle de plaque ou de plaquette pour un bloc aplati, et d'olivette pour une petite quantité roulée à la main en forme d'olive.
Non pressée, la poudre garde le nom de son tamisage : dry sift, kif au Maroc, pollen dans le commerce du chanvre. Ce « pollen » n'a rien de botanique : le mot désigne ici de la résine en poudre, faite de têtes de trichomes. Ces têtes glandulaires sont le lieu où la plante produit et stocke ses cannabinoïdes, THC ou CBD selon la variété, et ses terpènes, d'où leur concentration dans la résine (Jin et al., Scientific Reports, 2020 ; Punja, Sutton et Kim, Journal of Cannabis Research, 2023). Le pressage change la texture et la conservation, jamais la composition.
Marocain, libanais, afghan : les types régionaux
Les noms d'origine désignent d'abord des gestes. Le hash marocain du Rif est un tamisé à sec pressé en plaque, longtemps tiré de la beldia, la population de plantes locale. Le hash libanais de la plaine de la Bekaa suit le même tamisage, puis un pressage en paquets ; ses surnoms de couleur, « rouge » ou « blond », ne renseignent pas sur sa teneur. Le hash afghan part lui aussi d'une poudre tamisée, mais il est pétri à la chaleur. Le charas de l'Himalaya est le seul des quatre à être frotté à la main sur la plante vivante.
Sur le marché illicite européen, le Maroc reste le premier fournisseur de résine de cannabis, selon l'analyse du marché du cannabis d'Europol et de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, devenu depuis l'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA), dans sa version de novembre 2023. Sur une résine CBD vendue en France, ces adjectifs décrivent un style de fabrication et d'aspect. La provenance se documente à part, et la teneur se lit sur l'analyse du lot.
Que dit la loi française sur le haschich ?
Le haschich tiré du cannabis est un stupéfiant : le Code de la santé publique en interdit notamment la production, la détention et la cession (article R5132-86), et l'arrêté du 22 février 1990 l'inscrit sur la liste des stupéfiants, sous « cannabis et résine de cannabis ».
Le chanvre y échappe à des conditions précises : l'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise la culture et l'usage commercial que de variétés inscrites au catalogue européen ou français dont le Δ⁹-THC n'est pas supérieur à 0,30 %, et il applique ce plafond aux extraits et aux produits qui les contiennent. Le détail de ces conditions est dans hash CBD légal en France.
L'usage du haschich, comme de tout stupéfiant, est puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende (article L3421-1) ; depuis le 20 août 2026 (loi n° 2026-798), une amende forfaitaire de 500 € peut éteindre les poursuites.
La teneur, elle, ne se voit pas : en France, la résine de cannabis titrait en moyenne 29 % de THC en 2023, contre 12,3 % en 2011 (OFDT), près de cent fois ce plafond, et une moyenne ne dit rien d'un morceau donné. Des produits vendus comme cannabis peuvent aussi être frelatés avec de puissants cannabinoïdes de synthèse (EUDA) ; les signes d'un haschich coupé sont décrits à part.
Questions fréquentes
Dans l'usage actuel, non : le mot désigne la résine du cannabis, séparée des fleurs puis agglomérée, et le droit distingue la plante de sa résine. L'Académie française et Le Robert gardent toutefois un premier sens, le chanvre indien lui-même, que l'arabe ḥašīš portait déjà.
L'herbe est la fleur séchée entière. Le haschich n'en garde que la résine : les trichomes, séparés de la fleur puis pressés ou pétris. Les deux viennent de la même plante.
Haschich, haschisch et hachisch sont admis, et hachich en est la forme francisée, que Larousse donne comme orthographe rectifiée. Le mot est masculin et son h est aspiré (le haschich, du haschich) ; hasch, hach et hash en sont les formes courtes.
Oui, par l'italien assassino, tiré d'un surnom arabe formé sur ḥašīš que leurs ennemis donnaient aux ismaéliens de Syrie. L'image de tueurs drogués au haschich vient en revanche de légendes nées au temps des croisades, que l'historien Farhad Daftary étudie dans The Assassin Legends (1994).
De trichomes, les petites glandes résineuses des fleurs femelles, séparés de la plante puis agglomérés. Ces glandes concentrent les cannabinoïdes, THC ou CBD selon la variété, et les terpènes qui font son odeur. Le tamisage à sec et le lavage à l'eau glacée n'emploient aucun solvant.
Non quand il vient du cannabis : la résine de cannabis est classée comme stupéfiant. Une résine de chanvre issue d'une variété autorisée, à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus et sans autre substance classée, est légale ; le détail est dans hash CBD légal en France.
Un style de fabrication hérité de ces traditions : tamisé puis pressé pour le marocain, pétri à la chaleur pour l'afghan. Le mot ne prouve pas l'origine, et seule l'analyse du lot donne la teneur.
Pour aller plus loin.
- Au laboratoire
- frozen hash : la fiche
- Lequel choisir
- Le comparatif des hashs du laboratoire