Dry sift
Le dry sift est la séparation des trichomes par tamisage à sec de matière végétale séchée — la méthode historique du hash marocain et afghan, raffinée aujourd'hui par des mailles calibrées en microns.
Le principe n'a pas changé depuis un siècle : de la matière sèche et froide, un tamis, un geste régulier. Les trichomes cassants se détachent et traversent les mailles ; la poudre recueillie (kif au Maroc) est ensuite pressée en plaques, à chaud ou à froid. Toute la sophistication moderne tient dans le calibrage — des tamis étagés de 220u à 45u — et dans le contrôle de la température, le froid rendant les trichomes plus cassants et le tri plus net.
Ses déclinaisons contemporaines s'appellent static sift (tri électrostatique complémentaire) et « 00 »/triplo filtrato (tamisages successifs). Face aux méthodes à l'eau glacée, le dry sift garde deux atouts : aucun contact avec l'eau, donc un profil aromatique intact, et une simplicité qui se prête à la petite série artisanale.
L'outillage va du tamis à main tendu sur un cadre aux tables vibrantes et aux tambours rotatifs des ateliers. Deux conditions comptent plus que la machine : le froid, qui rend les trichomes cassants, et l'air sec, qui empêche la poudre de coller. Le reste est affaire de mesure — trop travailler la matière fait passer la poussière végétale avec la résine, et le rendement gagné se lit dans la couleur.
La poudre récoltée se juge à sa couleur, du blond clair au brun, et à son comportement à la chaleur. Elle se garde telle quelle ou se presse en plaque, à la main ou à la presse : le pressage change la texture et la conservation, jamais la composition. Dans les deux cas, le stockage se fait au sec, au froid et à l'abri de la lumière.
Deux résines du laboratoire descendent de cette lignée : le Hash CBG 90µ (tamisé fin, CBG 19,3 % mesurés) et l'Afghan (séparation à froid et pressage à la main, CBG 18,5 %).