Rosin CBD : un extrait sans solvant, pressé à chaud
Le rosin est un extrait de chanvre ou de cannabis obtenu sans solvant : une presse chauffante comprime fleurs, kief ou hash, et la résine des trichomes s'écoule. En anglais, le mot désigne aussi la colophane, une résine de pin. Un rosin CBD doit montrer à l'analyse 0,30 % de Δ⁹-THC au plus.

- 01Rosin ou colophane : de quelle résine parle-t-on ?
- 02Définition : chaleur et pression, rien d'autre
- 03Une technique récente, et peu étudiée
- 04Rosin, hash rosin, live rosin, BHO : quelle différence ?
- 05Que règle une presse à rosin ?
- 06Les terpènes, fraction la plus fragile
- 07Solvants résiduels : ce que le procédé évite
- 08Que garantit la mention « sans solvant » ?
- 09Lire l'analyse d'un rosin CBD
- 10Rosin de THC, rosin de chanvre : que dit le droit français ?
- 11Questions fréquentes
À retenir
- Rosin nomme un procédé, quelle que soit la variété : une presse, deux plaques chauffées, aucun solvant.
- C'est aussi le nom anglais de la colophane, une résine de pin sans rapport chimique.
- On presse de la fleur, du dry sift ou du hash ; le BHO et le live resin sont extraits au solvant.
- D'après des mesures de 2016, le THCA d'un extrait se décarboxyle en 30 minutes environ à 110 °C et en 6 minutes à 145 °C ; le CBDA va deux fois moins vite.
- Selon la même étude, la chaleur détruit une partie du CBDA et du CBD.
- Sans solvant, aucun résidu de solvant n'est attendu, mais la presse concentre le THC.
Rosin ou colophane : de quelle résine parle-t-on ?
En anglais, rosin désigne d'abord la colophane, une résine de pin solide qui sert à frotter les crins d'archet et entre dans les flux de soudure. Le rosin de cannabis n'en partage que le nom : il contient des cannabinoïdes et des terpènes, la colophane des acides résiniques comme l'acide abiétique. Certaines pages traduisent le rosin de cannabis par « colophane » : c'est un faux ami.
L'Académie française définit la colophane comme le résidu solide de la distillation de la térébenthine. Ses esters de glycérol forment l'additif alimentaire E 445, réévalué par l'EFSA en 2018 puis en 2023.
| Colophane | Rosin de cannabis | |
|---|---|---|
| Origine | Distillation de la térébenthine des pins | Trichomes pressés à chaud |
| Composés principaux | Acides résiniques (abiétique, palustrique…) | Cannabinoïdes et terpènes |
| Usages | Archets, soudure, vernis, additif E 445 | Concentré de chanvre, ou stupéfiant selon la plante |
Les deux sens se rejoignent dans l'adultération. En 2006, des chimistes italiens ont trouvé de la colophane dans 1 des 16 échantillons de haschich saisis qu'ils analysaient. En 2020, un « épaississant » pour extraits de cannabis s'est révélé fait surtout de colophane, avec de l'huile MCT et de l'oléamide. En 2021, des chimistes de la FDA ont relevé des acides résiniques de pin parmi les additifs d'environ 300 liquides de cannabis à vapoter. Or les fumées de colophane sont une cause reconnue d'asthme professionnel lié à la soudure, et un profil de cannabinoïdes ne recherche pas ces acides.
Définition : chaleur et pression, rien d'autre
Pour une revue publiée en 2025 dans Frontiers in Toxicology, le rosin est un extrait sans solvant obtenu par compression mécanique, sous l'effet de la chaleur et de la pression. Elle l'oppose au butane hash oil (BHO), produit par extraction aux hydrocarbures. Elle relève aussi que, dans les concentrés, les terpènes forment la deuxième classe de composés après les cannabinoïdes.
Le principe est simple. On place la matière de départ dans un filtre, entre deux plaques chauffées, et on la comprime. Fluidifiée, la résine traverse le filtre et se récupère sur un papier de cuisson. Les fibres et les débris restés dans le filtre sont jetés.
Cette résine vient des trichomes. Une étude parue en 2020 dans Scientific Reports rappelle que les cannabinoïdes et les terpènes sont produits et stockés dans les cellules sécrétrices de ces glandes, particulièrement denses au sommet des fleurs femelles. Ces structures sont décrites dans notre article sur les trichomes.
Une technique récente, et peu étudiée
La presse à rosin s'est répandue à partir de 2015 sur le marché américain du cannabis, portée par les réseaux sociaux. La recherche a peu suivi.
Une étude de 2018 a recensé 8 389 messages sur le rosin publiés sur Twitter de mars 2015 à avril 2017 : parmi les messages originaux analysés, 44,2 % venaient de médias qui faisaient la promotion de la technique. Ses auteurs notent que le rosin est vanté comme plus sûr et plus naturel, mais qu'il reste un concentré de cannabis très puissant. Une revue de 2021 juge les méthodes sans solvant, presse à rosin comprise, peu couvertes par la littérature.
Notre méthode Le 28 octobre 2026, PubMed recense 6 articles dont le titre ou le résumé associe « rosin » à « cannabis », « hemp » ou « cannabinoid* » ; quatre traitent, en tout ou en partie, de la colophane comme adultérant ou additif. Aucun rendement, tonnage, prix ou réglage de presse ne vient d'une étude publiée : cette page n'en cite donc aucun.
Rosin, hash rosin, live rosin, BHO : quelle différence ?
Tous les rosins sortent d'une presse chauffante ; ce qui change, c'est la matière qu'on y met. Le BHO et le live resin, eux, sont extraits au solvant. Le mot « live » renseigne sur la plante de départ, congelée fraîche, et ne dit rien du procédé.
| Nom | Matière de départ | Agent | Solvant résiduel possible | Ligne du certificat à regarder |
|---|---|---|---|---|
| Rosin de fleur | Fleur séchée | Chaleur, pression | Non | Δ⁹-THC, CBDA et CBD |
| Hash rosin | Dry sift ou ice-o-lator | Chaleur, pression | Non | Idem |
| Live rosin | Hash de plante congelée fraîche (WPFF) | Chaleur, pression | Non | Idem, plus les terpènes |
| BHO, wax, crumble | Plante séchée | Butane, propane | Oui | Solvants résiduels et limite de quantification |
| Live resin | Plante congelée fraîche | Hydrocarbures | Oui | Idem |
« Hash rosin » et « rosin hash » désignent le même produit, pressé à partir d'un hash. Les grades d'ice-o-lator les plus fins, dits full melt, fondent presque entièrement. Les méthodes de séparation sont décrites dans notre article sur le hash CBD fait maison.
Dans l'usage du marché, le live rosin se presse à partir d'un frozen hash ; aucune publication scientifique ne définit ces termes. Voyez aussi notre guide sur le live resin.
Que règle une presse à rosin ?
Une presse joue sur quatre paramètres : la température des plaques, la pression, la durée et la finesse du filtre. Seule la chimie de la chaleur a été mesurée, et elle fixe le compromis : chauffer juste assez pour que la résine coule. Les réglages qui circulent, en degrés et en bars, viennent presque tous de fabricants de matériel, et nous ne les reprenons pas.
En 2016, une étude parue dans Cannabis and Cannabinoid Research a chauffé des extraits de fleurs de Cannabis sativa à cinq températures, de 80 à 145 °C, pendant 60 minutes au plus. Le THCA y devenait du THC en 30 minutes environ à 110 °C, en 9 minutes à 130 °C et en 6 minutes à 145 °C. Le CBDA et le CBGA réagissent environ deux fois moins vite que le THCA.
Pour le rosin, le résultat le plus utile est un autre. Les auteurs observent que la somme des concentrations de CBDA et de CBD baisse quand le temps et la température augmentent. La chaleur convertit donc la forme acide en forme neutre, et elle en détruit aussi une partie. Le CBGA perd encore davantage, alors que pour le THCA la conversion reste presque complète. Voyez notre article sur la décarboxylation et notre calculateur de décarboxylation.
Pour les trois autres paramètres, nous n'avons trouvé aucune mesure publiée. La pression pousse la résine à travers le filtre, la durée arbitre entre quantité et chaleur, et le filtre retient les débris ; sa maille se compte en microns, à rapprocher des têtes de trichomes de 40 à 110 µm mesurées en 2023. Notre outil sur les microns du hash et l'entrée 120u du lexique expliquent ces mailles.
La chaleur a enfin une conséquence réglementaire : en décarboxylant le THCA, la presse produit du Δ⁹-THC, la molécule plafonnée à 0,30 % dans les extraits de chanvre. Un rosin peut donc sortir de la presse avec plus de Δ⁹-THC que la ligne Δ⁹-THC de sa matière de départ n'en montrait. L'ANSM, de son côté, n'exclut le THCA de la liste des stupéfiants que « sous réserve du respect de la teneur prévue à l'article 1er de l'arrêté du 30 décembre 2021 » (décision du 3 juin 2024).
Les terpènes, fraction la plus fragile
Les terpènes font l'odeur d'un rosin, et ils se perdent bien en dessous de leur point d'ébullition, qui va de 156 °C pour l'α-pinène à plus de 250 °C pour le β-caryophyllène.
Un point d'ébullition n'est pas un seuil d'évaporation. Dans une étude parue en 2020 dans Frontiers in Plant Science, les terpénoïdes de fleurs stockées avaient perdu plus de 50 % en quatre mois, dans l'obscurité, entre 25 °C et −80 °C. Les cannabinoïdes, eux, perdaient en moyenne 26 % en un an.
Pour un rosin, il en découle deux choses. La matière de départ doit être récente et bien conservée, sinon l'extrait sera plat au nez. L'extrait lui-même se stocke au froid et à l'abri de l'air, comme l'explique notre article sur la conservation du rosin et du crumble. Pour un usage à chaud, le matériel et les températures sont traités dans notre guide du dab CBD.
Solvants résiduels : ce que le procédé évite
Un extrait fait au solvant doit prouver qu'il n'en contient plus. À notre connaissance, aucune limite française ou européenne ne vise spécifiquement les extraits de chanvre. Le cadre de référence disponible est pharmaceutique : la ligne directrice ICH Q3C sur les solvants résiduels.
| Procédé | Agent de séparation | Solvant résiduel possible | Repère ICH Q3C |
|---|---|---|---|
| Rosin | Chaleur et pression | Non | Sans objet |
| Dry sift, static sift | Tamis, froid | Non | Sans objet |
| Ice-o-lator | Eau et glace | Non | Sans objet |
| Extrait à l'éthanol | Éthanol | Oui | Classe 3 : 5 000 ppm |
| Extrait à l'hexane | Hexane | Oui | Classe 2 : 290 ppm |
| BHO | Butane, propane | Oui | Absents des tables |
Les tables de l'ICH Q3C ne mentionnent ni le butane ni le propane, que d'autres réglementations, propres au cannabis dans certains pays, encadrent. Pour un extrait au solvant, le certificat d'analyse doit donc comporter une section « solvants résiduels ». Notre article un hash CBD peut-il contenir des solvants ? montre comment la lire. Pour un rosin, cette ligne est sans objet, mais le reste de l'analyse compte : cannabinoïdes, métaux lourds, pesticides.
Que garantit la mention « sans solvant » ?
Elle garantit une seule chose : aucun solvant d'extraction n'a servi, donc aucun résidu de solvant n'est attendu. Elle ne dit rien du THC, que la presse concentre avec le CBD, ni des pesticides de la matière de départ, ni d'un ajout fait après le pressage.
Exemple de calcul (hypothèse, non mesurée) Si une presse récupérait un cinquième de la masse de départ et que tout le Δ⁹-THC suivait la résine, une matière à 0,20 % de Δ⁹-THC donnerait un extrait proche de 1 %, au-delà du plafond de 0,30 %.
Notre article sur le wax et les concentrés détaille cet effet, et notre vérificateur de taux de THC compare un taux au seuil. La chaleur y ajoute le Δ⁹-THC né du THCA.
Une étude de 2015 sur 57 concentrés du marché médical californien en a trouvé plus de 80 % contaminés par des solvants résiduels ou des pesticides. Tous les pesticides se trouvaient dans les 48 extraits au solvant, aucun dans les 9 hashs secs ou à l'eau. Neuf échantillons ne permettent pas de généraliser, et le procédé ne dit rien des contaminants de la matière de départ : seule l'analyse du lot les mesure, comme le rappellent notre comparatif des certificats de concentrés et notre article sur les métaux lourds.
L'étiquette ne prouve rien à elle seule. En juin 2025, l'ANSM et l'Anses ont signalé plusieurs centaines d'intoxications recensées depuis début 2024 et liées à des produits présentés comme du CBD, le plus souvent causées par des cannabinoïdes de synthèse ou un THC supérieur à 0,3 %. Enfin, le Conseil d'État rappelle que le taux de 0,30 % de Δ⁹-THC « n'est pas un seuil d'innocuité » (décision du 29 décembre 2022, point 19).
Lire l'analyse d'un rosin CBD
Sur le certificat d'un rosin, lisez quatre lignes : le numéro de lot, le Δ⁹-THC, le couple CBDA et CBD, et les terpènes s'ils sont dosés. Si le vendeur affirme « sans solvant », cherchez aussi la méthode déclarée. Le rapport entre CBDA et CBD indique la chaleur reçue : plus elle a été forte, plus la forme neutre domine.
Un THC « total » ajoute au Δ⁹-THC 0,877 fois le THCA, rapport des masses molaires du Δ⁹-THC et du THCA (314,5 et 358,5 g/mol, PubChem). Notre guide du certificat d'analyse reprend chaque rubrique.
Cette grille vaut pour toute référence, celles de la catégorie résines, hash et pollens comprises : un nom de produit ne remplace ni la méthode déclarée ni le certificat.
À notre connaissance, aucun texte français ou européen n'impose d'analyse des solvants résiduels pour un rosin. Une analyse jointe devrait nommer chaque solvant et sa limite de quantification : « non détecté » signifie « sous cette limite ».
Rosin de THC, rosin de chanvre : que dit le droit français ?
Le rosin désigne un procédé et non une substance : son statut dépend de la plante pressée. Tiré d'un cannabis riche en THC, il reste un stupéfiant. Tiré d'une variété de chanvre autorisée, il doit montrer 0,30 % de Δ⁹-THC au plus.
L'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que les variétés inscrites au catalogue européen ou français dont le Δ⁹-THC n'est pas supérieur à 0,30 %, et applique ce plafond aux extraits de chanvre et aux produits qui les intègrent (article 1er, I et III). Le Conseil d'État entend par ces extraits « des huiles ou isolats extraits de la plante de chanvre » (décision du 29 décembre 2022, point 17) : à notre connaissance, aucun texte ni aucune décision ne précise si un rosin en fait partie. Le 0,3 % du règlement (UE) 2021/2115 est, lui, une condition des aides agricoles : les surfaces de chanvre n'y sont admissibles que si les variétés cultivées ne dépassent pas ce taux (article 4, paragraphe 4).
Issu d'un cannabis riche en THC, un rosin fait partie des produits « obtenus à partir du cannabis, sa plante ou sa résine », dont l'article R5132-86 du code de la santé publique interdit notamment la production, la détention et la cession.
Des articles de presse de 2024 ont présenté le rosin comme une drogue nouvelle. L'OFDT note pourtant que les extraits concentrés en THC inspirés des marchés nord-américains sont « beaucoup moins fréquemment observés » en France que l'herbe et la résine, et la résine saisie contenait déjà 29,6 % de THC en moyenne en 2024 (note de février 2026). Pour toute question, Drogues Info Service répond au 0 800 23 13 13, gratuitement et anonymement. En urgence, appelez le 15 ou le 112 ; les personnes sourdes ou malentendantes contactent le 114 par SMS, application ou internet.
Voyez aussi le taux de THC légal en France et hash CBD légal en France.
Questions fréquentes
Un extrait de chanvre ou de cannabis pressé à chaud, sans solvant, à partir de fleurs, de kief ou de hash. Le mot anglais désigne aussi la colophane.
Non. La colophane est une résine de pin, celle des archets et de la soudure. Elle a pourtant été retrouvée comme adultérant dans du haschich saisi et des liquides de cannabis à vapoter.
Le procédé n'emploie aucun solvant : aucun résidu de solvant d'extraction n'est attendu. La fiche devrait nommer la méthode, et une analyse de solvants jointe, donner sa limite de quantification.
Le hash rassemble des trichomes séparés à sec ou à l'eau glacée ; le rosin est ce qui coule d'une matière pressée à chaud. Un hash peut donc devenir un rosin.
Un rosin pressé à partir d'un hash, dry sift ou hash à l'eau glacée, plutôt que de fleurs. « Hash rosin » et « rosin hash » désignent le même produit.
« Live » signale une matière de départ congelée fraîche, sans séchage : le live rosin se presse à partir d'un hash de plante fraîche. Le terme n'a pas de définition scientifique.
Le rosin sort d'une presse chauffante, sans solvant. Le BHO est extrait au butane : son certificat devrait montrer une ligne de solvants résiduels, avec sa limite de quantification.
La chaleur fait couler la résine, mais elle convertit le CBDA en CBD et en détruit une partie : selon l'étude de 2016, la somme des deux baisse quand température et durée augmentent.
Oui, tout chanvre riche en résine se presse. Mais la presse concentre le THC et la chaleur en crée à partir du THCA : le rosin doit être analysé à son tour.
Aucune étude ne permet de le dire. « Sans solvant » signifie seulement qu'aucun solvant n'a servi ; le rosin reste un concentré puissant.
Il peut l'être, à deux conditions au moins : provenir d'une variété autorisée, et montrer à l'analyse 0,30 % de Δ⁹-THC au plus.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.
Au froid, à l'abri de la lumière et de l'air. L'étude de 2020 jugeait 4 °C optimal pour les fleurs entières ; nous n'avons trouvé aucune étude sur le rosin lui-même.