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Rosin CBD : ce qu'est vraiment une extraction sans solvant

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6 min de lectureMis à jour le

Le rosin est un extrait obtenu par compression mécanique, c'est-à-dire par l'action combinée de la chaleur et de la pression, sans aucun solvant. C'est ce qui le distingue du BHO, produit au butane, et de l'extraction au CO2. Sa difficulté tient à un arbitrage thermique : la chaleur libère la résine, mais elle décarboxyle et dégrade aussi les cannabinoïdes.

Matériel d'extraction de cannabinoïdes en laboratoire, procédé sans solvant
Sommaire
  1. 01Une définition, et une frontière nette
  2. 02Le vrai sujet : la température
  3. 03Ce que le fresh frozen cherche à préserver
  4. 04Résidus de solvants : le point de comparaison
  5. 05Rosin, hash, pollen : replacer les termes
  6. 06Questions fréquentes

Une définition, et une frontière nette

La littérature récente tranche ce point. Une revue publiée en 2025 dans Frontiers in Toxicology définit le rosin comme un extrait sans solvant obtenu par compression mécanique, chaleur et pression, par opposition au butane hash oil, produit au moyen d'une extraction aux hydrocarbures.

Cette frontière détermine la question des résidus : un extrait au butane ou à l'éthanol doit démontrer qu'il ne contient plus de solvant résiduel. Un rosin, par construction, n'a rien à démontrer sur ce terrain. La même revue rappelle que les terpènes constituent la deuxième classe de composés la plus abondante dans les concentrés, et que la teneur en cannabinoïde majeur des produits commerciaux se situe le plus souvent entre 50 et 95 %.

Le vrai sujet : la température

La température est le paramètre décisif du rosin, et c'est aussi celui sur lequel circulent le plus d'approximations. Les fourchettes de température et de pression de presse que vous lirez proviennent presque toutes de sources commerciales. Nous ne les reprendrons pas.

La cinétique de décarboxylation, en revanche, a été mesurée. Une étude publiée en 2016 dans Cannabis and Cannabinoid Research a testé cinq températures, de 80 à 145 °C. Le THCA se convertit en une trentaine de minutes à 110 °C, et en six minutes environ à 145 °C. Le CBDA, lui, se décarboxyle plus lentement que le THCA, avec une constante de vitesse environ deux fois inférieure.

Les auteurs observent surtout que la somme des concentrations molaires de CBDA et de CBD diminue quand le temps et la température augmentent. Au-delà de la simple conversion de la forme acide en forme neutre, la chaleur détruit donc du cannabinoïde. Ce résultat plaide pour une presse conduite à la température la plus basse possible, ce qui rend le procédé exigeant. Notre article sur la décarboxylation reprend cette chimie en détail.

Ce que le fresh frozen cherche à préserver

Le terme « live resin » désigne un extrait produit à partir de matière fraîche congelée immédiatement après récolte, plutôt que séchée et affinée. Aucune publication scientifique ne définit ce terme ni n'en chiffre la composition, et nous ne lui prêterons donc pas de chiffres.

En revanche, le raisonnement qui le sous-tend s'appuie sur des données solides. L'étude de stabilité publiée en 2020 dans Frontiers in Plant Science mesure une chute de plus de 50 % de la concentration moyenne en terpénoïdes au bout de quatre mois de stockage, contre une perte moyenne de 26 % pour les phytocannabinoïdes à douze mois. La fraction aromatique se perd donc très tôt, pendant le séchage, l'affinage et le stockage. Congeler la matière fraîche revient à court-circuiter cette fenêtre. Ce raisonnement reste une déduction, qu'aucune mesure ne confirme sur le live resin lui-même.

Résidus de solvants : le point de comparaison

Il n'existe pas, à notre connaissance, de limite française ou européenne spécifique aux solvants résiduels dans les extraits de chanvre. Le cadre de référence disponible est pharmaceutique.

La ligne directrice ICH Q3C sur les solvants résiduels classe les solvants selon leur potentiel toxique et admet, pour la classe 3, une exposition de 50 mg par jour, soit 5 000 ppm. Ni le butane ni le propane ne figurent toutefois dans ses tables. Ils sont encadrés ailleurs, notamment par des réglementations régionales dédiées au cannabis, mais pas par ce texte.

Pour un consommateur, la conséquence pratique est simple : sur un extrait produit avec solvant, le certificat d'analyse doit inclure une recherche de résidus, et cette section doit être lisible. Nous expliquons cette lecture dans notre article consacré au certificat d'analyse d'un produit CBD. Sur un rosin, cette section n'a pas d'objet.

Rosin, hash, pollen : replacer les termes

Le rosin peut être pressé à partir de fleurs, de pollen ou de hash. Il ne remplace donc pas ces matières : il en découle. Notre article sur le pollen de CBD détaille la chaîne du trichome au tamisat, et celui sur le hash CBD fait maison montre l'étape suivante. Pour le procédé industriel concurrent, notre article sur l'extraction au CO2 supercritique décrit une logique très différente, fondée sur un fluide et non sur une presse.

Questions fréquentes

Le rosin CBD contient-il des solvants ?

Non, par construction. Le rosin est défini dans la littérature comme un extrait sans solvant obtenu par compression mécanique, chaleur et pression. Contrairement au BHO, produit au butane, ou à un extrait à l'éthanol, il ne peut contenir de résidu de solvant d'extraction, puisqu'aucun n'intervient dans le procédé.

Quelle est la différence entre rosin et live resin ?

Le rosin désigne un procédé : une compression sans solvant. Le live resin désigne une matière première : du végétal frais congelé plutôt que séché et affiné. Les deux termes ne s'opposent donc pas et peuvent se combiner. Aucune publication scientifique ne définit formellement le live resin, et les chiffres de teneur en terpènes qui circulent à son sujet proviennent de sources commerciales.

Pourquoi la température de presse est-elle un sujet sensible ?

Parce qu'elle arbitre entre deux effets contraires. La chaleur fluidifie la résine et permet son extraction, mais elle déclenche aussi la décarboxylation, mesurée de 80 à 145 °C, et détruit une partie des cannabinoïdes : l'étude de 2016 observe que la somme des concentrations de CBDA et de CBD diminue quand le temps et la température augmentent. Presser plus chaud rend le procédé plus facile et le produit moins riche.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.