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Extraction CO2 supercritique : isoler les cannabinoïdes sans solvant

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5 min de lectureMis à jour le

L'extraction par CO2 à l'état supercritique sépare les cannabinoïdes et les terpènes de la fleur en utilisant le dioxyde de carbone comme solvant volatil. Le procédé ne laisse aucun résidu hydrocarboné, n'utilise pas d'éthanol et évite les températures destructrices. C'est aujourd'hui l'un des standards les plus répandus pour les extraits de chanvre destinés au marché européen.

Équipement de laboratoire pour extraction CO2 supercritique
Sommaire
  1. 01Qu'est-ce qu'un fluide supercritique ?
  2. 02Le procédé en pratique
  3. 03Pourquoi ce procédé plutôt qu'un autre ?
  4. 04Comment on vérifie que l'extrait est conforme
  5. 05Le système qualité derrière la traçabilité
  6. 06Ce qu'un opérateur sérieux doit démontrer
  7. 07Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un fluide supercritique ?

Au-delà de 30,98 °C et 73,77 bar, son point critique, le CO2 cesse d'être un gaz ou un liquide : il devient un fluide supercritique, avec la densité d'un liquide et la diffusivité d'un gaz. Cette double propriété en fait un solvant efficace pour extraire des molécules apolaires comme les cannabinoïdes, sans détruire les terpènes thermosensibles. En sortie de cuve, la pression est relâchée : le CO2 se vaporise instantanément et l'extrait précipite, pur. Le gaz est ensuite recompressé et renvoyé en boucle fermée, sans rejet atmosphérique.

Le procédé en pratique

Les installations industrielles fonctionnent généralement avec plusieurs unités d'extraction en circuit fermé, capables de traiter plusieurs tonnes de chanvre séché par mois. Elles relèvent d'une chimie plus propre, sans effluent toxique, et la recirculation du CO2 limite les émissions. Les paramètres exacts (pression, température, débit) restent en général confidentiels d'un opérateur à l'autre. Le principe, lui, ne change pas : un cycle à pression et température douces préserve mieux le profil terpénique qu'une distillation à la vapeur ou qu'une extraction à l'éthanol.

Pourquoi ce procédé plutôt qu'un autre ?

Le CO2 supercritique l'emporte sur le critère qui compte le plus pour un extrait alimentaire ou cosmétique : zéro résidu de solvant, vérifiable par GC-MS sur chaque lot. L'éthanol pharmaceutique, solvant de classe 3 selon la classification ICH Q3C, tolère jusqu'à 5 000 ppm de résidu et dénature partiellement les terpènes. Les hydrocarbures comme le butane ou le propane préservent bien les terpènes mais laissent des résidus à mesurer, non couverts par cette même classification. La distillation à la vapeur, sans résidu, dégrade partiellement les composés aromatiques.

Comment on vérifie que l'extrait est conforme

Une chaîne d'extraction complète possède son propre laboratoire d'analyse, co-localisé à la salle blanche. On y retrouve généralement la chromatographie liquide haute performance (HPLC) pour doser les cannabinoïdes par lot et la chromatographie en phase gazeuse (GC et GC-MS) pour les terpènes et résidus volatils. S'y ajoutent la distillation moléculaire sous vide, pour purifier sans dégradation thermique, et parfois la chromatographie centrifuge à contre-courant, pour séparer des isomères proches. Le contrôle en ligne pendant la production se combine avec des séparations préparatives en aval.

Le système qualité derrière la traçabilité

Posséder des équipements d'analyse ne suffit pas : la traçabilité repose sur un système de management documenté. Quatre référentiels se cumulent chez les opérateurs les plus rigoureux : l'ISO 9001 pour le management de la qualité, le HACCP pour l'analyse des dangers en production, les bonnes pratiques de fabrication (GMP) et les bonnes pratiques d'hygiène (GHP). Aucun ne remplace l'autre : un opérateur qui ne déclare que l'ISO 9001 encadre son processus documentaire, sans garantir à lui seul l'absence de contamination biologique.

Ce qu'un opérateur sérieux doit démontrer

Au-delà du procédé d'extraction, la garantie de qualité repose sur des analyses publiées lot par lot : profil cannabinoïdique par HPLC, profil terpénique par GC-MS, recherche de métaux lourds, de pesticides et de mycotoxines. Le choix du CO2 supercritique ou de l'éthanol pharmaceutique sous distillation moléculaire, plutôt que du butane ou de l'hexane, est un indicateur fiable du niveau industriel de l'opérateur. Le seuil légal est fixé à 0,30 % de THC total dans le produit fini par l'arrêté du 30 décembre 2021 ; la décision du Conseil d'État du 29 décembre 2022 a ensuite annulé l'interdiction de vente des fleurs et feuilles. Notre article sur l'extrait de chanvre à spectre complet explique comment ces extraits sont ensuite formulés.

Questions fréquentes

Le CO2 supercritique laisse-t-il des traces dans l'extrait final ?

Non. À pression atmosphérique, le CO2 se vaporise totalement et ne laisse aucun résidu détectable par les analyses GC-MS standard.

Pourquoi ne pas utiliser uniquement l'éthanol, moins coûteux ?

L'éthanol reste une option pharmaceutique valable, mais il dénature partiellement les terpènes et laisse un résidu tolérable selon la classification ICH Q3C, alors que le CO2 supercritique n'en laisse aucun.

Comment savoir si un extrait a été fabriqué au CO2 supercritique ?

Le certificat d'analyse ou la fiche produit doivent le préciser. En l'absence de cette information, contactez le fabricant : un opérateur qui maîtrise son procédé communique sa méthode d'extraction.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.