Pollen de CBD : des trichomes tamisés, pas du pollen
Le pollen de CBD est le nom commercial du tamisat à sec, aussi appelé kief : une poudre de trichomes, les glandes à résine de la fleur de chanvre, séparée au tamis. Malgré son nom, ce n'est pas du pollen. Pressé, le même tamisat devient du hash. En France, il se vend comme les autres résines, à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus, et jamais comme aliment.

- 01Pourquoi on l'appelle « pollen »
- 02Du trichome au pollen : le tamisage à sec
- 03Pollen ou hash : même matière, autre texture
- 04Teneur et prix : ce que dit une analyse
- 05Conserver le pollen : la lumière d'abord
- 06Fumer ou vaporiser : ce que change la chaleur
- 07Le cadre légal en France en 2026
- 08Questions fréquentes
À retenir
- Le « pollen » de CBD est fait de têtes de trichomes, dont une étude de 2023 a mesuré le diamètre entre 40 et 110 microns.
- Pollen et hash partagent la même composition ; le pressage ne modifie que la texture.
- Au catalogue, le lot du tamisat à sec Drysift 90u affiche 15,11 % de CBD et 0,16 % de Δ⁹-THC.
- Au stockage, la lumière fait perdre plus de cannabinoïdes que la chaleur ambiante.
- Seuil légal : 0,30 % de Δ⁹-THC. Aucun aliment contenant du CBD n'est autorisé à la vente.
Pourquoi on l'appelle « pollen »
Le mot trompe deux fois. Il ne désigne ni du pollen d'abeille ni un autre produit de la ruche, et pas davantage le vrai pollen du chanvre : celui des plants mâles, qui féconde les fleurs femelles. Les cultivateurs de fleurs l'évitent d'ailleurs, puisqu'une fleur fécondée fait des graines.
Le commerce donne ce nom à une poudre fine, blonde à brun clair, qui a l'apparence du pollen. Elle se compose de trichomes, petites glandes en forme de champignon qui couvrent les fleurs femelles. Comme le rappelle une étude publiée en 2020 dans Scientific Reports, les cannabinoïdes et les terpènes sont fabriqués et stockés dans ces glandes, très denses sur les fleurs femelles sans graines. Leurs différentes formes sont décrites dans notre article sur les trichomes.
On l'appelle kif au Maroc, kief ou dry sift en anglais. Dans le lexique Phytogrammes, elle figure sous dry sift, c'est-à-dire le tamisage à sec.
Du trichome au pollen : le tamisage à sec
Trois gestes suffisent. On sèche la fleur, puis on la refroidit, car le froid rend les trichomes cassants. On la frotte ensuite doucement sur un tamis, et les têtes de trichomes se détachent pour passer à travers les mailles. Des tamis étagés trient enfin la poudre par taille.
La maille utile dépend de la taille des têtes. Dans une étude parue en 2023 dans le Journal of Cannabis Research, une équipe canadienne a mesuré au microscope les trichomes de deux variétés. Les têtes des trichomes capités pédonculés, qui portent l'essentiel de la résine, y font de 40 à 110 microns de diamètre, pour des moyennes de 75 et 90 microns selon la variété. La plupart passent un tamis de 160 microns, et un tamis de 45 microns les retient presque toutes.
Frotter plus fort fait passer davantage de fragments de feuille avec la résine, si bien qu'un pollen très vert contient plus de matière végétale qu'un pollen blond. Le static sift écarte ces fragments par un tri à l'électricité statique. Notre comparatif des noms de hash, de frozen à 120u situe ces méthodes entre elles.
Le même principe explique la poudre accumulée au fond d'un grinder à trois étages : la fleur broyée repose sur une grille fine, que traversent les trichomes qui s'en détachent.
Pollen ou hash : même matière, autre texture
Pollen et hash contiennent la même chose ; ce qui les sépare, c'est le traitement qu'ils ont subi. Le pollen se vend en poudre ou à peine tassé, et s'effrite entre les doigts. Le hash est ce même tamisat, pressé à la main ou à la presse, parfois à chaud, jusqu'à devenir une plaque compacte. Le pressage modifie la texture et la surface exposée à l'air ; la composition reste la même.
| Critère | Pollen (tamisat à sec) | Hash pressé |
|---|---|---|
| Aspect | Poudre ou grumeaux friables | Plaque ou barrette compacte |
| Fabrication | Tamisage à sec | Tamisage à sec ou à l'eau glacée, puis pressage |
| Surface au contact de l'air | Grande | Réduite |
| Composition | Celle des trichomes récoltés | Identique, à fraction égale |
| Ce qui fixe la teneur | La maille, la variété, la part de débris | Les mêmes facteurs |
Le hash peut aussi être obtenu à l'eau glacée, une méthode qui n'a plus rien d'un tamisage à sec. Ces étapes sont détaillées dans nos guides sur le hash CBD fait maison et sur le séchage du haschisch et des extraits.
Teneur et prix : ce que dit une analyse
Un tamisat concentre les trichomes, et contient donc beaucoup plus de cannabinoïdes par gramme que la fleur d'origine. La couleur ne permet pas de deviner ce chiffre : il se lit sur l'analyse du lot.
Au catalogue, le Drysift 90u est un tamisat à sec recueilli sur une maille de 90 microns, puis pressé à la main. Son lot PG-26-DBD7 affiche 15,11 % de CBD, 1,04 % de CBG, 0,28 % de CBN et 0,16 % de Δ⁹-THC. Le nom commercial annonce 20 % ; ce qui compte est le profil de référence du lot, pour lequel aucun certificat de laboratoire n'est publié. Le 23 septembre 2026, le prix affiché était de 7,95 € le gramme au palier de 2 g et de 1,90 € le gramme au palier de 100 g. La catégorie résines, hash et pollen regroupe les autres références.
Pour juger un pollen, trois lignes de l'analyse suffisent :
- le cannabinoïde dominant, en pourcentage de la masse (CBD, ou CBG pour certains tamisats) ;
- le Δ⁹-THC, qui ne doit pas dépasser 0,30 % ;
- le CBN, formé quand le THC s'oxyde : une valeur élevée trahit un produit ancien ou mal stocké.
Chaque ligne est reprise dans notre guide pour lire un certificat d'analyse, et la page laboratoire décrit les méthodes de mesure.
Conserver le pollen : la lumière d'abord
Pour une raison mécanique, un pollen devrait se garder moins bien qu'une fleur entière. Une étude de 1976 parue dans le Journal of Pharmacy and Pharmacology a conservé fleurs, résines et solutions de cannabinoïdes jusqu'à deux ans. La lumière, même sans soleil direct, y cause le plus de pertes. Jusqu'à 20 °C, la température n'a pas eu d'effet notable. L'oxydation par l'air a en revanche entraîné des pertes nettes, moindres quand les glandes restaient intactes ; les auteurs comparent celles-ci à des récipients pleins et bien fermés.
Or un pollen est fait de glandes détachées, parfois brisées, qui offrent une grande surface à l'air. D'où quatre règles :
- un bocal en verre opaque, ou rangé dans un placard fermé ;
- un contenant bien rempli, pour réduire l'air au-dessus de la poudre ;
- une température stable, loin de toute source de chaleur ;
- une ouverture brève, suivie d'une fermeture immédiate.
Dans ces conditions, les auteurs estiment les résines et fleurs bien préparées « raisonnablement stables » pendant un à deux ans. Plus volatils, les terpènes partent plus vite : un pollen qui ne sent presque plus rien a surtout perdu son arôme. Pour les repères d'étiquetage, voyez notre article sur la date de durabilité d'un hash ou d'une fleur.
Fumer ou vaporiser : ce que change la chaleur
Le pollen se consomme chauffé, comme les autres résines, pour que les cannabinoïdes passent à l'état de vapeur. Dans un joint, il brûle et libère les produits de toute combustion végétale, monoxyde de carbone et goudrons. En France, on le mélange aussi souvent au tabac, ce qui ajoute la nicotine. Les deux fumées sont comparées dans notre article sur les différences entre tabac et cannabis.
Un vaporisateur chauffe sans brûler ; notre guide sur la vaporisation du CBD détaille les températures. Le mode d'usage ne change rien au principal : le CBD n'est pas un médicament, et l'Epidyolex est le seul médicament autorisé à base de cannabidiol.
Le cadre légal en France en 2026
Le pollen de CBD relève du régime des résines de chanvre. L'arrêté du 30 décembre 2021 autorise les variétés de Cannabis sativa L. inscrites aux catalogues officiels dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %, et plafonne au même seuil les extraits et les produits qui en contiennent. Le Conseil d'État a annulé le 29 décembre 2022 l'interdiction de vendre fleurs et feuilles brutes que ce même arrêté prévoyait. Notre article sur la légalité du hash CBD détaille ce cadre.
Reste la question alimentaire. Le 20 mai 2026, le ministère de l'Agriculture a rappelé que les denrées contenant du CBD, compléments alimentaires compris, ne sont pas autorisées et doivent être retirées du marché. Le pollen se vend donc comme produit non alimentaire ; ajouté à un plat ou à une boisson destinés à la vente, il sortirait de ce cadre.
Questions fréquentes
Un tamisat à sec de trichomes, qu'on appelle aussi kief : la poudre des glandes à résine de la fleur de chanvre, séparée au tamis. Il n'a aucun rapport avec le pollen d'abeille, ni avec le vrai pollen des plants mâles.
Le pressage. Le pollen se vend en poudre ou à peine tassé, tandis que le hash est ce même tamisat pressé en plaque. La composition reste la même ; la texture et la surface exposée à l'air changent.
Il est plus concentré, puisqu'il réunit les trichomes sans le reste de la plante. Au catalogue, le lot du tamisat Drysift 90u affiche 15,11 % de CBD. Pour connaître la teneur réelle, il faut l'analyse du lot.
Oui, s'il provient de variétés de chanvre autorisées et ne dépasse pas 0,30 % de Δ⁹-THC. Il se vend comme produit non alimentaire, car aucun aliment contenant du CBD n'est autorisé.
Selon l'étude de 1976, une résine bien préparée, stockée à l'abri de la lumière et de l'air, reste raisonnablement stable un à deux ans. Les arômes s'estompent plus vite que les cannabinoïdes.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.