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Skunk : histoire d'un cultivar et d'un mot détourné

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20 min de lectureMis à jour le

« Skunk » a deux sens. Selon les récits des semenciers, Skunk #1 est un cultivar sélectionné en Californie à la fin des années 1970 à partir de lignées afghane, mexicaine et colombienne. Au Royaume-Uni, « skunk » tout court est devenu le nom courant du cannabis d'intérieur très dosé en THC, un stupéfiant en France. Une fleur de CBD vendue sous ce nom relève du régime du chanvre, réservé aux variétés à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus, et seule l'analyse de son lot dit ce qu'elle contient.

Salle de culture en intérieur sous lampes à sodium, une tête florale de chanvre au premier plan

À retenir

  • D'après les semenciers, Skunk #1 combine trois origines : afghane, Acapulco Gold et Colombian Gold. Aucune des sources consultées ne cite de registre officiel, et leurs dates ne concordent pas.
  • En 2019, une étude portant sur 30 variétés vendues aux États-Unis n'en a trouvé que 4 génétiquement homogènes d'un échantillon à l'autre.
  • Pour le rapport officiel britannique de 2008, le skunk est une sinsemilla à l'odeur caractéristique. Selon une étude de 2021, cette odeur vient surtout de composés soufrés.
  • En France, ce cannabis est un stupéfiant. Une fleur de CBD vendue sous le nom Skunk relève du régime du chanvre, réservé aux variétés à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus.
  • La sinsemilla saisie en Angleterre contenait 13,98 % de THC en médiane en 2005. En France, l'herbe saisie atteignait 14,3 % en moyenne en 2024.
  • Des études menées à Londres puis en Europe associent l'usage quotidien d'un cannabis très dosé en THC à un risque plus élevé de premier épisode psychotique.

Skunk #1 : d'où vient-elle, et pourquoi les dates ne concordent pas ?

Skunk #1 est attribuée au collectif californien Sacred Seeds, qui l'aurait stabilisée à la fin des années 1970 à partir de lignées afghane, Colombian Gold et Acapulco Gold. Ce récit vient des semenciers eux-mêmes : aucune des sources consultées ne cite de registre officiel, et leurs dates ne concordent pas.

La base Leafly écrit Sacred Seed Co. et date sa première floraison de la fin des années 1970. Dans un entretien publié par Sensi Seeds en 2023, le sélectionneur surnommé Sam the Skunkman précise l'ordre des croisements : une afghane croisée avec une Colombian Gold, puis une Acapulco Gold pour raccourcir la floraison de cette plante tardive.

Les sélectionneurs cherchaient la régularité, à une époque où les graines d'un même sachet donnaient des plantes très différentes. Selon Sam the Skunkman, Skunk #1 était l'un des 30 hybrides qu'il avait mis à l'essai, retenu parce que sa descendance variait peu. Cette stabilité en a fait une base de sélection.

Les récits divergent pourtant. La fiche Skunk #1 de Sensi Seeds évoque des landraces d'Amérique centrale et du Sud, d'Afghanistan et de Thaïlande, pour une plante à 35 % sativa et 65 % indica ; ni l'entretien ni Leafly ne citent de parent thaï. D'après le même entretien, Skunk #1 aurait remporté la High Times Cup de 1988. Selon Sensi Seeds, Sam the Skunkman est mort le 27 janvier 2025.

La date à laquelle Sam the Skunkman et ses graines atteignent les Pays-Bas change aussi avec la source.

Date avancéeCe qui est racontéQui le raconteType de source
1976Sam the Skunkman emporte aux Pays-Bas des graines des Haze BrothersAlchimiaBoutique de graines
1980Sam the Skunkman s'installe à AmsterdamUn blog de boutique de CBD, sans source citéeBoutique
1982Premières graines de Skunk #1 aux Pays-Bas, date « confirmée » selon l'auteurBlog de Sensi Seeds, 2019Semencier
1984 puis 1985Une visite aux cultivateurs néerlandais, puis son arrivée à l'aéroport de Schiphol au printemps 1985Entretien publié par Sensi Seeds, 2023Entretien

Le blog de Sensi Seeds de 2019 cite aussi des récits qui font remonter le premier croisement à 1969, près de San Francisco. Aucune de ces dates n'est vérifiable de l'extérieur. En Europe, « skunk » a ensuite servi de préfixe ou de suffixe : Super Skunk, Lemon Skunk, Skunk Haze. D'autres familles ont connu le même glissement, comme le montrent nos articles sur les variétés Haze et sur l'OG Kush.

Un nom de variété ne garantit pas une génétique

Le flou persiste aujourd'hui. En 2019, deux chercheurs de l'université du Northern Colorado ont analysé l'ADN de 122 échantillons de 30 variétés, achetés dans 20 points de vente ou auprès de donneurs, dans trois États américains. Sur les 30 variétés, 4 seulement avaient un profil génétique cohérent sur tous leurs échantillons. En écartant un ou deux échantillons discordants, on arrivait à 11, puis à 15.

Pour Skunk comme pour les autres, deux sachets du même nom peuvent donc contenir des plantes différentes. Cinq fleurs Kush comparées lot par lot illustrent le même phénomène du côté du chanvre.

En Europe, le chanvre autorisé obéit à d'autres règles. Il provient de variétés inscrites au catalogue commun, décrites et contrôlées ; notre article sur le catalogue européen des variétés explique comment le lire. Le nom commercial d'une fleur de CBD reste, lui, un nom de marché.

Quelles variétés descendent de Skunk #1 ?

Plusieurs variétés connues revendiquent une Skunk, le plus souvent Skunk #1, parmi leurs ascendants : Super Skunk, Shiva Skunk, Cheese, Green Crack, Super Silver Haze ou Jack Herer. Ces filiations sont déclarées par des semenciers ou par des bases de variétés, et aucune des sources consultées ne cite d'analyse génétique qui les confirme.

VariétéCroisement déclaréSourceStatut
Super SkunkSkunk #1 × une afghane, lancée en 1990Sensi Seeds, gamme White Label ; LeaflyDéclaré par le semencier
Shiva SkunkNorthern Lights #5 × Skunk #1, sortie en 1987Sensi SeedsDéclaré par le semencier
CheesePlante issue d'un sachet de Skunk #1, sud de l'Angleterre, fin des années 1980 ou début des années 1990LeaflyRécit non vérifié
Green CrackSkunk #1 × une indica inconnueLeaflyBase de variétés
Super Silver HazeSkunk × Northern Lights × HazeGreen House SeedsDéclaré par le semencier
Jack HererHaze × (Northern Lights #5 × Shiva Skunk)LeaflyBase de variétés
Sour DieselChemdawg × Super SkunkLeafly ; SeedFinder parle de rumeursDiscuté

Ce tableau ne décrit que des déclarations. Pour la Sour Diesel, SeedFinder rappelle que la Skunk utilisée reste débattue. Un parent déclaré n'est pas un génotype, comme l'a montré l'étude de 2019 citée plus haut.

Comment « skunk » est devenu un nom commun

Le mot entre dans les textes britanniques

En juillet 2007, le ministre britannique de l'Intérieur demande à l'Advisory Council on the Misuse of Drugs (ACMD) de réexaminer la classification du cannabis. Sont visées les formes les plus puissantes de la drogue, « commonly known as skunk ». Le rapport publié en 2008 distingue trois familles de produits : la résine, l'herbe dite traditionnelle et la sinsemilla, « including skunk ». D'après son glossaire, la sinsemilla désigne les sommités florales de plantes femelles non fécondées, le plus souvent cultivées en intérieur de façon intensive. Le skunk y est défini comme une sinsemilla à l'odeur caractéristique.

Ce rapport cite aussi des analyses menées en 2005 sur 452 échantillons fournis par cinq polices anglaises. La sinsemilla atteignait une médiane de 13,98 % de THC, contre 3,54 % pour la résine et 2,14 % pour l'herbe importée. Sa médiane de CBD restait sous 0,10 %.

L'Observatoire européen avait déjà mis en garde

Quatre ans auparavant, l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies avait publié « An overview of cannabis potency in Europe ». Ce rapport conseillait d'écrire « sinsemilla » plutôt que « nederwiet » ou « skunk ». Son auteur, Leslie King, tenait pour presque sans valeur une affirmation de 2004 selon laquelle le skunk contiendrait « jusqu'à 30 % » de THC. Un maximum donné sans valeur basse, sans moyenne et sans taille d'échantillon ne dit rien. La règle est la même pour un certificat de lot, où un chiffre n'a de valeur qu'accompagné de sa méthode.

La skunk est-elle plus forte que le cannabis d'avant ?

En moyenne, oui. De 1970 à 2017, la teneur en THC de l'herbe a progressé d'environ 0,29 point par an, surtout parce que la sinsemilla, plus dosée, a pris des parts de marché à l'herbe traditionnelle. La sinsemilla elle-même a peu bougé en Angleterre : environ 14 % de THC en médiane, en 2005 comme en 2016.

Le premier chiffre vient d'une méta-analyse de 12 études, dont des données françaises, parue en 2021 dans Addiction. L'herbe y est suivie sur 66 747 échantillons, la résine (+0,57 point par an) sur 17 371, et le CBD reste stable. La plupart des études reposaient sur un échantillonnage non aléatoire. Notre article sur THC et CBD distingue les deux molécules.

Le second vient d'une équipe retournée en 2016 dans les cinq zones de police anglaises de 2005 (Drug Testing and Analysis, 2018) : sur 460 échantillons analysés parmi 995 échantillons saisis, la sinsemilla atteignait 14,2 % de THC en médiane, contre 13,9 % en 2005, avec très peu de CBD. Trois des cinq auteurs étaient rattachés à GW Pharmaceuticals. L'étude européenne de 2019 décrit enfin un marché londonien dominé à 94 % par un cannabis de type skunk à 14 % de THC en moyenne, quand l'herbe à moins de 10 % restait courante en France.

En France, l'OFDT publie les teneurs moyennes des saisies.

AnnéeHerbe saisie, THC moyenRésine saisie, THC moyenSource
201110,4 %12,3 %OFDT, synthèse sur le cannabis
2012non repris15,9 %OFDT, bilan 2024
202213,8 %29,1 %OFDT, bilan 2024
202314,1 %28,3 %OFDT, bilan 2024
202414,3 %29,6 %OFDT, bilan 2024

D'après ce bilan, publié en février 2026, la teneur de la résine a augmenté de 86 % en douze ans. Selon la synthèse de l'OFDT, l'herbe représentait 30 % des saisies de cannabis en 2023, contre 6 % en 2012. En 2024, 67 607 plants ont été saisis. Dans les procédures de saisie de plants, la culture en extérieur concernait 41 % des cas et la culture en intérieur 25 %, le mode de culture n'étant pas précisé dans 31 % des cas ; dans l'Hexagone, les plantations de plus de 500 plants sont en général installées en intérieur.

Comment lire ces chiffres Ce sont des moyennes ou des médianes de saisies policières, datées par année de saisie : elles ne décrivent pas forcément ce que les usagers consomment, et une moyenne ne se compare pas à une médiane. Pour 2023, la synthèse de l'OFDT donne 14,0 % et 29 %.

Fumer de la skunk augmente-t-il le risque de psychose ?

Les études qui ont employé le mot « skunk » associent l'usage quotidien d'un cannabis très dosé en THC à un risque plus élevé de premier épisode psychotique, qui croît avec la fréquence et la teneur. Ces études cas-témoins, observationnelles, établissent une association, sans prouver à elles seules une cause.

En 2009, une équipe londonienne compare 280 patients à 174 témoins (British Journal of Psychiatry) : parmi les usagers, 78 % des patients consommaient un cannabis très dosé, sinsemilla ou « skunk », contre 37 % des témoins (odds ratio de 6,8). En 2015, sur 410 patients et 370 témoins (Lancet Psychiatry), l'odds ratio ajusté atteint 2,92 pour un cannabis de type skunk et 5,4 pour son usage quotidien, par rapport à l'absence d'usage.

L'étude européenne de 2019 porte sur 901 patients et 1 237 témoins de 11 sites, dont Paris (Val-de-Marne) et le Puy-de-Dôme. L'usage quotidien d'un cannabis à 10 % de THC ou plus y donne un odds ratio de 4,8. En supposant le lien causal, les auteurs estiment que 12,2 % des premiers épisodes pourraient être évités sans ce cannabis très dosé, 30,3 % à Londres et 50,3 % à Amsterdam. La teneur y est déduite du produit que les participants disent consommer, sans contrôle biologique. Notre article cannabis et santé mentale détaille ces travaux.

Drogues Info Service compte l'herbe fortement concentrée en THC parmi les facteurs de « bad trip », une angoisse qui peut aller jusqu'à l'attaque de panique, et déconseille d'en prendre en cas d'antécédents psychiatriques. Le tabac associé au cannabis multiplie en outre les risques de cancer. Le service répond au 0 800 23 13 13, tous les jours de 8 h à 23 h, de façon anonyme et confidentielle.

Pourquoi la skunk sent-elle la mouffette ?

D'après une étude de 2021, l'odeur « skunk » ne vient pas surtout des terpènes, mais d'une famille de composés soufrés volatils, dont le 3-méthyl-2-butène-1-thiol est l'odorant principal. La mouffette, « skunk » en anglais, projette d'autres thiols, construits sur un squelette carboné voisin.

Une équipe en grande partie californienne a étudié des fleurs et des extraits par chromatographie gazeuse bidimensionnelle, avec un détecteur propre au soufre (Oswald et al., ACS Omega, 2021). Elle a recensé sept composés soufrés volatils, dont cinq portent un groupe prényle. Chez une variété, un mélange de ses dix composés principaux, tous de la famille des terpènes, n'avait pas la note « skunk » ; l'ajout de 3-méthyl-2-butène-1-thiol la faisait apparaître. Les terpènes, comme le β-caryophyllène, donneraient plutôt à chaque cultivar ses nuances. Le 3-méthyl-2-butène-1-thiol était déjà connu dans la bière, où il cause le défaut appelé « skunked beer ».

Dans un essai sur quatre plantes en serre intérieure, ces composés ne sont détectés qu'à partir de la septième semaine de floraison ; la plupart culminent à la fin de l'affinage, puis chutent nettement dix jours plus tard, sauf un thioacétate qui se maintient.

La sécrétion de la mouffette rayée compte sept composants majeurs, dont le (E)-2-butène-1-thiol, le 3-méthyl-1-butanethiol, leurs thioacétates et trois dérivés de la quinoléine (Wood, Journal of Chemical Ecology, 1990). À la lecture de leurs noms, le 3-méthyl-1-butanethiol de la mouffette et le 3-méthyl-2-butène-1-thiol du cannabis partagent le même squelette de cinq carbones et ne diffèrent que par une double liaison. La même parenté relie deux thioacétates, l'un chez la mouffette, l'autre qualifié de « skunk » par l'étude de 2021. Ces molécules sont voisines sans être identiques.

Les limites de l'étude de 2021 Aucun des 13 échantillons, achetés pour la plupart dans des dispensaires californiens, ne portait le nom Skunk. Les odeurs ont été notées par un panel de quatre personnes. La plupart des auteurs travaillaient pour la société Abstrax Tech, et trois d'entre eux ont déposé un brevet lié à ces résultats.

Ces composés ne sont ni des cannabinoïdes ni des terpènes : l'odeur d'une fleur ne renseigne ni sur son THC ni sur son CBD, et un tableau de terpènes ordinaire ne les fait pas apparaître.

La skunk est-elle légale en France ?

Non, quand le mot désigne du cannabis riche en THC : c'est un stupéfiant, dont l'usage est puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende ; l'amende forfaitaire qui peut éteindre les poursuites est de 500 € depuis le 20 août 2026. Une fleur de CBD vendue sous le nom Skunk relève d'un autre régime, celui du chanvre, réservé aux variétés à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus.

La règle figure à l'article L3421-1 du code de la santé publique, dans sa version issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026. L'amende forfaitaire de 500 € est minorée à 400 € et majorée à 1 000 €. Notre article sur ce que risque un consommateur présente la conduite après usage et les autres infractions, et beuh ou weed le mot d'argot de l'herbe.

Pour le chanvre, l'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que les variétés dont la teneur en delta-9-THC n'est pas supérieure à 0,30 %, et applique ce plafond aux extraits de chanvre et aux produits qui les intègrent. Le II de son article 1er, qui interdisait la vente aux consommateurs de fleurs et de feuilles brutes, a été annulé par la décision du Conseil d'État du 29 décembre 2022. Notre article sur le seuil de 0,30 % explique comment ce plafond se lit.

Deux « skunk » qui n'ont presque rien en commun

« Skunk » des rapports britanniquesFleur de CBD vendue sous le nom Skunk
NatureUne catégorie de produit saisiUne fleur de chanvre vendue au gramme
Défini parUne odeur et une culture intérieure intensiveUne variété de chanvre autorisée et les valeurs de son lot
THC13,98 % en médiane (2005), 14,2 % en 2016Variété à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus
CBDMoins de 0,10 % en médianeVariable d'un lot à l'autre
Cadre juridiqueStupéfiantChanvre d'une variété autorisée

Les deux plantes appartiennent pourtant à la même espèce ; le droit n'autorise comme chanvre que des variétés inscrites au catalogue dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %, comme le rappelle notre article sur chanvre et cannabis. Les modes de culture du chanvre sont comparés dans indoor, outdoor ou greenhouse.

La Skunk du catalogue : ce que dit son nom

Dans la catégorie fleurs CBD, la fleur Skunk est un chanvre que sa fiche présente comme cultivé en intérieur, avec un nez boisé et résineux. Son nom reprend celui de la famille décrite plus haut, sans rien dire de sa génétique. Elle est réservée aux adultes et n'est pas un médicament.

Reste une limite. Savoir si une plante descend vraiment de la Skunk #1 californienne demanderait une analyse génétique, et aucune analyse chimique ne le permet. Un certificat mesure les cannabinoïdes, les terpènes et les contaminants d'un lot. Ces mesures sont détaillées dans notre guide pour lire un certificat d'analyse, et la page laboratoire regroupe les références du catalogue.

Questions fréquentes

Les deux, suivant le contexte. Skunk #1 est un cultivar attribué à un collectif californien de la fin des années 1970. Au Royaume-Uni, « Skunk » sans numéro est devenu un nom courant de la sinsemilla, ce cannabis d'intérieur très dosé en THC.

Oui, quand le mot désigne de l'herbe riche en THC : c'est un stupéfiant, dont l'usage est un délit ; l'amende forfaitaire qui peut éteindre les poursuites est de 500 € depuis le 20 août 2026. Une fleur de CBD vendue sous ce nom relève du régime du chanvre, réservé aux variétés à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus.

Aucun chiffre ne vaut pour toute la skunk. La sinsemilla saisie en Angleterre contenait environ 14 % de THC en médiane en 2005 comme en 2016, et l'herbe saisie en France 14,3 % en moyenne en 2024. Un « jusqu'à 30 % » sans méthode ne renseigne pas.

Dans l'étude européenne de 2019, l'usage quotidien d'un cannabis à 10 % de THC ou plus allait de pair avec un odds ratio de 4,8 pour un premier épisode psychotique, contre 2,2 pour l'usage quotidien d'un cannabis moins dosé, chacun comparé à l'absence d'usage. C'est une association relevée dans une étude observationnelle.

En anglais, « skunk » signifie mouffette. Le rapport britannique de 2008 définit le skunk par son odeur, que des chimistes ont rattachée en 2021 à des composés soufrés volatils, surtout le 3-méthyl-2-butène-1-thiol.

Non. D'après l'étude de 2021, l'odeur « skunk » vient surtout de composés soufrés, qui ne sont pas des cannabinoïdes, et seule une analyse de laboratoire du lot chiffre le THC et le CBD.

Selon les semenciers, Skunk #1 est la lignée californienne de la fin des années 1970. Super Skunk en descend selon Sensi Seeds, qui la présente comme un croisement de Skunk #1 et d'une afghane lancé en 1990.

Non. Une étude de 2019 portant sur 30 variétés vendues aux États-Unis n'en a trouvé que 4 au profil génétique cohérent sur tous leurs échantillons. Le nom commercial ne prouve pas l'origine.

Elle peut en contenir. Elle doit provenir d'une variété de chanvre dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %, plafond que l'arrêté du 30 décembre 2021 applique aussi aux extraits et aux produits qui les intègrent. La valeur d'un lot n'a de sens qu'avec sa méthode et son laboratoire, et chaque nouveau lot a ses propres valeurs.

Sources et dates

Les sources ont été consultées le 20 octobre 2026 ; les dates sont celles des publications.

  • Leafly et SeedFinder, fiches de variétés : bases évolutives.
  • Sensi Seeds, entretien avec Sam the Skunkman : publié le 30 novembre 2023, mis à jour le 12 février 2025. Blog « What is skunk weed » : 2019. Fiches de variétés de Sensi Seeds et de Green House Seeds, article d'Alchimia sur la Haze : sans date.
  • Schwabe et McGlaughlin, Journal of Cannabis Research : 2019.
  • ACMD, rapport sur le cannabis : 2008 ; EMCDDA, Insights n° 6 : 2004.
  • Freeman et al., Addiction : 2021 ; Potter et al., Drug Testing and Analysis : 2018.
  • Di Forti et al., British Journal of Psychiatry : 2009 ; Lancet Psychiatry : 2015 et 2019.
  • Oswald et al., ACS Omega : 2021 ; Wood, Journal of Chemical Ecology : 1990.
  • OFDT, L'offre de stupéfiants en France en 2024 : février 2026 ; synthèse sur le cannabis et fiche Cannabis de Drogues Info Service : pages mises à jour en continu.
  • Code de la santé publique, article L3421-1 : version en vigueur depuis le 20 août 2026. Arrêté du 30 décembre 2021 ; Conseil d'État, décision n° 444887 du 29 décembre 2022.

Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.