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Static hash, c'est quoi ? Tri par la charge, pas par la maille

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11 min de lectureMis à jour le

Le static hash, ou static sift, est une résine obtenue à sec. La fleur sèche est d'abord tamisée, puis une surface chargée d'électricité statique attire les têtes de trichomes et laisse retomber les fragments de feuille, sans eau, sans solvant et sans congélation. La mention « 90u » ou « 120u » donne la maille du tamis d'origine ; la teneur en cannabinoïdes se lit sur l'analyse du lot.

Tête de chanvre en macro, couverte de trichomes blancs, les glandes que le static hash sépare de la matière végétale

À retenir

  • Le tamis sépare les particules par diamètre, et la charge statique départage ensuite celles qui ont traversé la même maille. Le static reprend un dry sift pour lui faire subir ce second tri.
  • Mesurées en 2023, les têtes de trichomes font de 40 à 110 microns, si bien qu'une maille de 120 laisse passer la plupart d'entre elles.
  • Dans une étude de 2025, le tri électrostatique a fait monter la pureté du premier passage de 40-50 % à 80-95 % de têtes de trichomes.
  • Au congélateur, la charge disparaît, et dans l'air humide elle fuit : on trie donc à sec et à température ambiante.
  • La résine vendue en France ne doit pas dépasser 0,30 % de Δ⁹-THC.

Définition : un dry sift trié une seconde fois

Un hash est fait des trichomes du chanvre, les petites glandes qui couvrent les fleurs femelles et produisent cannabinoïdes et terpènes. Les procédés diffèrent par la manière de détacher ces glandes, puis de les séparer du reste de la plante. L'ice-o-lator passe par l'eau glacée et des sacs filtrants, le dry sift par le frottement de la fleur sèche sur des tamis étagés. Le static reprend ce dry sift et lui ajoute un second tri.

Un tamis ne connaît que le diamètre : une tête de trichome et un éclat de feuille de même taille passent par la même maille. Les deux diffèrent pourtant par leur masse et par la charge électrique qu'ils prennent au frottement, deux propriétés que le tamis ignore. Quand on approche de la poudre une surface chargée, elle attire les têtes et les fragments végétaux restent en place.

Les praticiens appellent le geste artisanal « static tech » : on frotte la poudre sèche sur un écran de nylon. Une équipe canadienne qui l'a étudié le juge laborieux et impossible à passer à grande échelle. La fiche static sift du lexique Phytogrammes le formule autrement : une installation à l'eau glacée traite des kilos de matière, alors que le static se compte en grammes par heure.

Le procédé : un tamis, une plaque chargée, un air sec

On commence par un tamisage à sec classique, la méthode historique des résines du Maroc et d'Afghanistan. Le manuel de l'ONUDC sur l'identification du cannabis note d'ailleurs que le tamisage est une étape importante dans ces deux régions de production. La fleur sèche est frottée sur une pile de tamis, du plus large au plus fin. Les trichomes se détachent et passent les mailles, la matière végétale reste au-dessus, et on conserve les fractions intermédiaires, où les têtes se concentrent.

Schéma en deux panneaux : à gauche, une pile de tamis de 160 à 45 microns trie par diamètre ; à droite, une plaque chargée attire les têtes de trichomes et laisse les fragments de feuille sur le tamis
Le static hash : un tri par diamètre, puis un tri par charge. Sources : Punja et al., 2023 ; MacGowan et Martynenko, 2025

La seconde étape repose sur l'effet triboélectrique : deux surfaces qui se touchent puis se séparent échangent des charges, et c'est pour cela qu'un ballon frotté colle au mur. Publiée en 2025 dans le Journal of Cannabis Research, l'étude canadienne a mesuré ces charges sur un tamisat de 74 à 250 microns. La matière végétale y prend une charge positive, les trichomes une charge négative, de 20 à 100 picocoulombs. Comme les deux familles de particules portent des charges opposées, un champ électrique suffit à les écarter.

L'étude chiffre le gain. Un premier passage de tamisage classique y donne une poudre à 40-50 % de têtes de trichomes, contre 80 à 95 % pour le prototype électrostatique dès le premier passage. À la main, le geste est le même en plus lent : une plaque ou une carte chargée par frottement, tenue au-dessus du tamisat, que l'on vide, recharge et approche de nouveau.

Le résultat dépend d'abord de deux conditions. La matière doit être sèche, faute de quoi la résine colle et les têtes restent accrochées. La température joue aussi, à l'inverse de ce qu'on attendrait : dans l'étude de 2025, la charge des trichomes tombe à zéro à −18 °C, et les auteurs conseillent de trier à température ambiante. Le froid aide à détacher les trichomes au tamisage, mais il nuit au tri par charge. L'air humide, enfin, fait fuir les charges plus vite d'après une étude de 2017 sur la décharge des surfaces, et le tri perd de son efficacité.

« Static 120u », « 90u » : ce que dit le nombre

Accolé au nom, le nombre indique en microns la maille du tamis qui a retenu la fraction. « 120u » signifie que la poudre a traversé la maille du dessus, puis s'est arrêtée sur une maille de 120 microns, soit 0,12 mm. Il n'indique rien de la teneur en CBD ou en CBG.

Pour savoir ce qu'une maille retient, encore faut-il connaître la taille des têtes. Une équipe canadienne les a mesurées au microscope sur deux variétés et a publié ses résultats dans le Journal of Cannabis Research en 2023. Les têtes des trichomes capités pédonculés, qui portent l'essentiel de la résine, y mesurent de 40 à 110 microns de diamètre, pour des moyennes de 75 et 90 microns selon la variété.

Une maille de 120 microns laisse donc passer la plupart des têtes. La fraction « 120u » réunit les plus grosses, celles qui tiennent encore à un bout de pied, des amas de résine et une part de débris. Une fraction « 90u » ou « 73u » se resserre autour des têtes entières. Le tri électrostatique ne touche pas au nombre : un « static 90u » est une fraction de 90 microns qu'on a ensuite affinée par charge. L'échelle complète des mailles figure dans le guide 90u ou 120u.

Static, dry sift, ice-o-lator, frozen : le tableau

Le static est une finition. Ni variété ni grade officiel, il n'est encadré par aucune norme quand le mot apparaît sur une étiquette. Le « 3x filtré », qui revendique trois filtrations successives, est dans le même cas : le hash 3x filtré du catalogue porte ce nom commercial, qu'aucun texte ne normalise. Le tableau situe les quatre termes les plus courants.

TermeMatière de départAgent de triAspect courant
Dry siftFleur sèche et froideTamis étagés (diamètre)Poudre du blond clair au brun
Static siftDry sift déjà tamiséCharge électrostatiquePoudre blonde, fine, peu de fragments
Ice-o-latorFleur sèche ou congeléeEau glacée et sacs filtrantsRésine plus ou moins claire, séchée puis pressée ou non
FrozenPlante congelée juste après la récolteEau glacée, parfois tamis à secRésine claire et odorante, souple à la chaleur

« Frozen » qualifie la matière première et non la méthode. Son intérêt est aromatique. Selon une étude publiée en 2024 dans la revue Plants, les monoterpènes sont plus sensibles au séchage que les sesquiterpènes. Le d-limonène y perd de 15 à 58 % de sa teneur selon la variété et la méthode. Congeler sans sécher sert à limiter cette perte, alors que le static part nécessairement d'une matière sèche. Le comparatif frozen, piatella, 120u, static met ces termes côte à côte, avec les teneurs et les prix du catalogue.

Reconnaître un static : ce que l'œil voit, ce que l'analyse dit

À l'œil, on ne réunit que des indices. Un static soigné se présente comme une poudre blonde et fine, presque sans fragments verts visibles, qui s'agglomère à la chaleur des doigts. Une teinte verdâtre trahit de la matière végétale passée avec les têtes, et une poudre collante ou grasse a pris la chaleur ou l'humidité. Le lexique Phytogrammes conseille de le garder au sec, au frais et à l'abri de la lumière, de préférence non pressé, car le pressage modifie la texture sans améliorer la pureté. Ce que la teinte indique, et ce qu'elle ne dit pas, est détaillé dans notre article sur la couleur d'une résine.

Sur la teneur, le THC ou les contaminants, ces indices ne disent rien ; seule l'analyse du lot répond. Trois lignes suffisent pour commencer : le cannabinoïde dominant et son pourcentage, le Δ⁹-THC, et un numéro de lot qui correspond au produit vendu.

Un exemple au catalogue : le Hash CBG 90µ, recueilli sur une maille de 90 microns. Au 18 octobre 2026, aucun certificat de laboratoire n'est publié pour ce produit. Sa fiche affiche pour le lot PG-26-83EF un profil de référence : 19,3 % de CBG, 4,2 % de CBD, 0,4 % de CBC, 0,4 % de CBN et 0,1 % de Δ⁹-THC. Le 23 septembre 2026, les prix affichés allaient de 8,45 € le gramme au palier 2 g à 2,02 € au palier 100 g. La catégorie résines et hash CBD regroupe d'autres fractions sèches. Pour les lignes plus techniques (pesticides, métaux lourds, solvants), voyez notre guide du certificat d'analyse et la page laboratoire.

Le static hash est-il légal en France ?

Oui, s'il provient de chanvre et que le produit fini respecte le seuil de THC. L'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que les variétés de Cannabis sativa L. inscrites aux catalogues officiels dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %, et applique le même plafond aux extraits et aux produits qui en contiennent. Le Conseil d'État a annulé le 29 décembre 2022 l'interdiction de vendre fleurs et feuilles brutes que cet arrêté prévoyait.

Le procédé ne modifie pas le statut : un static issu de cannabis riche en THC reste un stupéfiant, comme toute autre résine. Notre article sur la légalité du hash CBD fait le point complet. Ces produits sont réservés aux adultes et ne sont pas destinés à l'ingestion.

Questions fréquentes

Une résine de chanvre obtenue à sec. La fleur sèche est tamisée, puis une surface chargée d'électricité statique attire les têtes de trichomes et laisse sur place les fragments de feuille de même taille. Le procédé n'utilise ni eau, ni solvant, ni congélation.

Il s'agit d'un static sift dont on a conservé la fraction retenue par une maille de 120 microns. Les têtes de trichomes mesurant le plus souvent de 40 à 110 microns, cette fraction réunit les plus grosses têtes, des amas de résine et un peu de matière végétale. Sur la teneur, le nombre n'apprend rien.

Le dry sift est trié par diamètre, sur des tamis étagés. Le static reprend ce tamisat pour un second tri par charge électrostatique, puisque trichomes et fragments de feuille ne se chargent pas de la même façon. Il est plus clair, plus fin, et produit en bien plus petite quantité.

Sur une étiquette, le terme désigne en général un static passé deux fois au tri électrostatique. Aucune norme ne le définit, ni ne fixe la pureté atteinte. L'étude canadienne de 2025 donne un ordre de grandeur : 80 à 95 % de têtes de trichomes dès le premier passage, environ 98 % de trichomes après deux passages ou plus. Comme « 120u », la mention n'indique rien de la teneur en cannabinoïdes.

Ce n'est pas nécessaire. Pressée, la poudre forme une plaque dont la texture change, sans gain de pureté. Le static se garde en poudre, dans un contenant hermétique, au sec, au frais et à l'abri de la lumière.

Pas pour le tri électrostatique. Le froid rend les trichomes cassants, ce qui aide à les détacher au tamisage, mais une étude de 2025 a mesuré une charge nulle à −18 °C. Ses auteurs conseillent de trier à température ambiante, sur une matière sèche.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.