Static hash : le tamisage électrostatique en 5 repères
Le static hash est un tamisage à sec dans lequel une charge électrostatique attire les têtes de trichomes et laisse retomber les débris végétaux. Aucune eau, aucun solvant, aucune congélation. Le résultat est une poudre blonde, fine et fragile, produite à quelques grammes par heure. Sa conformité se lit sur le certificat du lot : Δ⁹-THC sous 0,30 %.

Sommaire
Le terme circule sur les fiches produit et dans les comparatifs, rarement avec une définition. Ce guide en donne une, décrit le procédé sans en faire un mode d'emploi, le compare au dry sift et au frozen, puis montre ce qu'un certificat d'analyse dit d'un lot. Les chiffres viennent des fiches et du lexique de Phytogrammes, avec leur numéro de lot, et des textes officiels.
> À retenir > > - Static = électricité statique : le tri se fait par charge, pas seulement par la taille des mailles. > - Matière sèche et froide, air sec ; l'humidité annule la charge et arrête le tri. > - Rendement très faible : une étape de finition, pas une production de masse. > - Couleur dorée à blond clair ; un static verdâtre a été mal tamisé. > - Le seul juge de la conformité est le certificat du lot : THC ≤ 0,30 %, cannabinoïdes par HPLC.
1. Définition : une finition, pas une méthode de masse
Un hash rassemble les trichomes d'une fleur de chanvre, séparés de la matière végétale puis, le plus souvent, pressés. Les procédés se distinguent par l'agent de séparation : l'eau glacée pour l'ice-o-lator et le bubble hash, le tamis pour le dry sift, la charge électrostatique pour le static. La page catégorie résines et hash CBD regroupe 15 références issues de ces trois familles, toutes sans solvant.
Le static sift, ou static hash, est décrit dans le lexique Phytogrammes comme un tamisage à sec assisté par électricité statique. Une plaque ou une carte frottée se charge par effet triboélectrique, le phénomène qui fait coller des morceaux de papier à une règle en plastique. Approchée du tamisat, cette surface attire les têtes de trichomes, légères, et laisse retomber les fragments de feuille, plus lourds. Le tri se fait donc sur la masse, là où un tamis classique trie sur le diamètre.
Le rendement se compte en grammes par heure, pas en kilos : le static est une étape de finition appliquée à de petits lots déjà tamisés, jamais une chaîne de production.
2. Le procédé électrostatique
2.1 Le tamis et la charge
Le matériel tient en trois objets : un tamis, un support en verre (assiette ou plaque) et un générateur de charge, rouleau en PVC ou simple ballon en caoutchouc. Le tamisat de départ est un dry sift, c'est-à-dire une poudre passée sur des tamis étagés dont les mailles vont de 220u à 45u. Les têtes de trichomes matures mesurent grossièrement entre 70 et 120 microns ; la fenêtre 73-120u concentre les têtes entières, les fractions sous 45u contiennent des têtes immatures et de la poussière, et au-dessus de 160u passent des débris végétaux.
La charge électrostatique n'affine pas la maille : elle sépare ce que la maille laisse passer ensemble. Deux particules de même diamètre, une tête de trichome et un éclat de feuille, n'ont pas la même masse. La première décolle vers la plaque chargée, la seconde reste au fond du tamis.
2.2 Température et humidité
Le procédé exige une matière sèche et froide et un air sec. Le froid rend les trichomes cassants, ce qui facilite leur détachement, comme pour tout tamisage à sec. L'humidité, elle, dissipe la charge : au-dessus d'un certain taux d'hygrométrie, la plaque n'attire plus rien et le tri s'arrête.
Le lexique précise un point souvent ignoré : un static ne se presse pas. Le pressage change la texture sans améliorer la pureté ; il fait perdre au produit ce qui le distingue d'un dry sift ordinaire. Un static se conserve au sec, au froid et à l'abri de la lumière, tel quel.
3. Static, dry sift, frozen : ce qui change
| Critère | Static hash | Dry sift | Frozen hash |
|---|---|---|---|
| Matière de départ | Tamisat sec et froid | Fleur sèche et froide | Plante entière congelée après récolte |
| Agent de séparation | Charge électrostatique (tri par masse) | Tamis étagés 220u → 45u (tri par diamètre) | Eau glacée, ou tamis à sec sur matière congelée |
| Texture | Poudre blonde, fine, non pressée | Poudre du blond clair au brun, pressée ou non | Résine souple et plus claire qu'un hash séché |
| Rendement | Quelques grammes par heure | Variable selon le nombre de passes | Variable selon le micron collecté |
| Exemple au catalogue | Référence tamisée à 90 µ, 19,3 % de CBG mesuré (lot PG-26-83EF) | Drysift 90u, 15,1 % de CBD | Frozen Hash, 15,0 % de CBD (lot PG-26-AA10) |
Le dry sift est la base commune : matière sèche, tamis, geste régulier. La qualité s'y juge à la couleur, du blond clair au brun, et un tamisage trop insistant se lit à l'assombrissement de la poudre. Le static reprend ce tamisat et le trie une seconde fois par charge. Le frozen, lui, change la matière première : la plante est congelée juste après récolte, ce qui préserve les terpènes volatils que le séchage fait perdre ; il peut ensuite être lavé à l'eau glacée ou tamisé à sec. Quand cette seconde voie est retenue, on parle parfois de frozen sift. Le comparatif frozen, piatella, 120u, static détaille les textures et les usages non alimentaires de chaque famille.
4. Reconnaître un bon static
Trois indices se vérifient à l'œil et au toucher, un seul se vérifie sur le papier.
- Couleur. Un static réussi va du doré au blond clair, jusqu'au beige crème. Une poudre verdâtre signale un tamisage incomplet : des fragments de feuille sont passés avec les têtes.
- Texture. Fine et sèche au toucher, elle se tient sous les doigts sans avoir été pressée. Un static collant ou gras a été chauffé ou humidifié.
- Fusion. Chauffé, un static propre fond sans noircir brutalement ; le noircissement immédiat trahit la matière végétale résiduelle.
- Certificat. Ni la couleur ni la texture ne renseignent sur la teneur en cannabinoïdes, le THC ou les contaminants. Seul le certificat du lot le fait.
Un point de vocabulaire : le micron indiqué sur un dry sift ou un static (90u, 120u) désigne la maille du tamis d'origine, pas la finesse du tri électrostatique. La fiche dry sift du lexique reprend l'échelle des mailles et la lecture des couleurs.
5. Ce que dit le certificat
Prenons la référence tamisée à 90 µ du catalogue, CBG 90µ, lot PG-26-83EF. Le certificat du laboratoire tiers, accrédité ISO 17025, quantifie par HPLC : CBG 19,3 %, CBD 4,2 %, CBC 0,4 %, CBN 0,4 %, Δ⁹-THC 0,1 % pour un seuil légal de 0,30 %. Le profil terpénique, mesuré par GC-MS, est dominé par le limonène et le myrcène. Les métaux lourds sont contrôlés par ICP-MS et les pesticides par LC-MS/MS. La matière est cultivée en France. Le prix au gramme suit les paliers du site : 8,45 €/g pour 2 g, 5,49 €/g pour 10 g, 2,02 €/g pour 100 g.
Ce que cet exemple montre, c'est la différence entre un taux nominal et un taux mesuré. Le certificat donne des valeurs sur le lot en vente, à la décimale, avec la date et le laboratoire. La page notre laboratoire explique comment lire les quatre blocs d'un certificat : cannabinoïdes, terpènes, métaux, pesticides.
Le cadre légal tient en deux textes. L'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que les variétés de Cannabis sativa L. inscrites au catalogue commun ou au catalogue français, avec une teneur en THC qui n'est pas supérieure à 0,30 %, et applique le même seuil aux extraits et aux produits qui en contiennent (article 1, III). Le Conseil d'État, le 29 décembre 2022 (n° 444887), a annulé l'interdiction de vente des fleurs et feuilles brutes ; les résines relèvent du régime des extraits, avec le même seuil de 0,30 %. Ces produits sont réservés aux adultes et ne sont pas des denrées alimentaires.
Questions fréquentes
Le static hash est-il légal en France ?
Oui, dès lors que le produit fini titre au plus 0,30 % de Δ⁹-THC, seuil fixé par l'arrêté du 30 décembre 2021 pour les extraits de chanvre. La vérification passe par le certificat du lot, qui quantifie le THC par HPLC. Le produit est réservé aux majeurs et n'est pas destiné à l'ingestion.
Static hash ou dry sift : quelle différence ?
La matière de départ est la même, sèche et froide. Le dry sift trie par diamètre sur des tamis étagés de 220u à 45u ; le static reprend ce tamisat et le trie une seconde fois par masse, grâce à une charge électrostatique. Le static est plus clair, plus fin et bien moins abondant : quelques grammes par heure.
Faut-il presser un static hash ?
Non. Le pressage change la texture sans améliorer la pureté et fait perdre la finesse qui caractérise le static. Il se conserve en poudre, au sec, au froid et à l'abri de la lumière, dans un contenant hermétique.
Que signifie 90u sur un static ou un dry sift ?
90u désigne un tamis de 90 microns, la maille utilisée pour le tamisage d'origine. Les têtes de trichomes matures mesurent entre 70 et 120 microns environ ; une maille de 90u retient une fraction serrée de têtes entières. Le micron ne dit rien du taux de cannabinoïdes : celui-ci se lit sur le certificat.
Sources
- Phytogrammes, lexique « Static sift » (consulté le 16 septembre 2026)
- Phytogrammes, lexique « 120u » (taille des têtes de trichomes, échelle des mailles)
- Phytogrammes, lexique « Dry sift »
- Phytogrammes, lexique « Frozen hash »
- Phytogrammes, fiche CBG 90µ, lot PG-26-83EF (valeurs HPLC, prix par palier)
- Phytogrammes, catégorie résines et hash (15 références, Drysift 90u 15,1 %)
- Phytogrammes, fiche Frozen Hash, lot PG-26-AA10
- Wikipédia, « Effet triboélectrique »
- La Plaquette, « Static hash, c'est quoi ? » (matériel, teintes)
- CBDissimo, « Static hash : définition » (couleur, fusion)
- Légifrance, arrêté du 30 décembre 2021 (article 1, I et III)
- Conseil d'État, décision du 29 décembre 2022, n° 444887
- ISO/IEC 17025, laboratoires d'essais et d'étalonnage
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.