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Laboratoire CBD : vérifier une accréditation en 5 étapes

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12 min de lectureMis à jour le

Pour vérifier l'accréditation d'un laboratoire qui analyse du CBD, cherchez-le dans l'annuaire du Cofrac, ouvrez son attestation et lisez l'annexe technique, appelée la portée. Elle liste ligne par ligne les essais reconnus, avec la matière analysée, les molécules mesurées et la méthode. Un laboratoire accrédité ISO/IEC 17025 peut ne pas l'être pour le dosage des cannabinoïdes.

Tubes à essai bouchés contenant des liquides jaunes et verts sur un portoir, fiole et flacon en verre sur fond noir

À retenir

  • ISO/IEC 17025 est une norme. Un laboratoire est accrédité quand un organisme officiel reconnaît qu'il l'applique pour des essais précis.
  • En France, le Cofrac est seul à délivrer des accréditations, et il publie chaque attestation avec son annexe, en accès libre.
  • Sans son annexe technique, une attestation n'a pas de valeur. L'annexe indique une date de prise d'effet et une date de fin de validité.
  • Une ligne de portée compte quatre colonnes : l'objet, la caractéristique mesurée, le principe de la méthode et sa référence.
  • L'accréditation couvre uniquement les rapports qui portent sa marque ou qui y font référence par écrit.

Norme, certification, accréditation : trois choses différentes

Dans sa version de 2017, la norme ISO/IEC 17025 fixe les exigences de compétence et de fonctionnement des laboratoires d'essais. Son numéro ne désigne aucun laboratoire en particulier. L'accréditation, elle, est une attestation délivrée par une tierce partie, qui reconnaît la compétence d'un laboratoire pour des activités définies. Le Cofrac la distingue d'une certification ISO 9001 : celle-ci porte sur le système de management et ne démontre pas, à elle seule, la compétence technique pour une analyse donnée.

En France, la loi de modernisation de l'économie de 2008 a désigné le Cofrac comme instance nationale d'accréditation, conformément au règlement européen (CE) n° 765/2008. Il est le seul habilité à en délivrer. Un laboratoire étranger est accrédité par l'organisme national de son pays. Les attestations du Cofrac indiquent qu'il a signé l'accord multilatéral de la coopération européenne pour l'accréditation, qui organise la reconnaissance entre signataires.

Schéma en cinq étapes : identité du laboratoire, annuaire Cofrac, statut et dates, portée, rapport, avec l'étape de la portée mise en évidence
Les cinq étapes de vérification. Sources : Cofrac, LAB REF 08 et GEN REF 11

Étape 1 : relever l'identité du laboratoire

Travaillez sur le rapport complet que le vendeur vous a transmis, et non sur une capture d'écran ou un bandeau de fiche produit. Notez trois éléments : le nom juridique du laboratoire, l'adresse du site où l'essai a été fait et le numéro d'accréditation revendiqué. Le nom affiché est parfois celui d'une marque ou d'un groupe ; ce qui compte, ce sont l'entité et le site.

Le numéro d'accréditation n'est ni la référence du rapport, ni le code de l'échantillon, ni le numéro de lot : notez chacun séparément. Précisez aussi ce que vous voulez vérifier, qu'il s'agisse du dosage des cannabinoïdes d'une huile, de la recherche de pesticides sur une fleur ou des métaux lourds d'une résine. Avec le seul mot « CBD », on ne peut pas lire une portée.

Étape 2 : le retrouver dans l'annuaire du Cofrac

L'annuaire du Cofrac offre une recherche rapide et une recherche avancée par secteur. D'après sa FAQ, la recherche rapide fonctionne avec le nom, le numéro d'accréditation, le numéro de programme ou le SIREN. Partez de l'identifiant le plus précis que vous avez.

Dans la section Laboratoires, le numéro d'attestation commence par 1, suivi d'un identifiant et d'un numéro de révision : 1-5810 rév. 14, par exemple. Une révision annule et remplace la précédente, si bien que la copie ancienne envoyée par un vendeur peut ne plus correspondre à la portée en vigueur. Quand plusieurs sites apparaissent, ouvrez celui dont l'adresse figure sur le rapport. Un nom presque identique ne suffit pas.

Étape 3 : contrôler le statut et les dates

L'attestation fait une page. On y lit le nom de l'organisme, son SIREN, l'adresse du site et les grands domaines couverts, avec deux mentions : elle n'est valide qu'accompagnée de son annexe technique, et l'accréditation peut être suspendue, modifiée ou retirée à tout moment. L'annexe se termine sur deux dates, la prise d'effet et la fin de validité. Un rapport émis après la fin de validité n'est pas couvert. Pour un rapport antérieur à la prise d'effet, c'est la révision précédente qui s'appliquait, et il faut la demander.

Le Cofrac tient aussi une liste des accréditations suspendues, retirées ou résiliées. On y trouve les suspensions totales, ainsi que les retraits ou résiliations totaux datant de moins de 5 ans, ou de moins de 2 ans pour les résiliations après transfert d'accréditation. Selon sa procédure GEN PROC 03, applicable depuis le 15 octobre 2022, une suspension ou un retrait peut viser tout ou partie de la portée. Le mot « suspension » ne suffit donc pas : regardez quelles activités sont touchées, et à quelles dates.

Notez à part trois dates : celle des essais, celle du rapport et celle de votre consultation. Pour un rapport ancien, demandez l'annexe qui s'appliquait au moment des essais.

Étape 4 : lire la portée ligne par ligne

L'annexe technique se divise en unités techniques, puis en domaines, puis en lignes de quatre colonnes :

  • L'objet est la matière analysée, par exemple des matrices végétales de chanvre ou une huile.
  • La caractéristique mesurée ou recherchée indique ce qui est quantifié, molécule par molécule.
  • Le principe de la méthode décrit la préparation et la technique, par exemple une extraction à froid suivie d'une chromatographie liquide avec détecteur à barrette de diodes (HPLC-DAD).
  • La référence de la méthode renvoie à une norme publiée, ou à la référence interne du laboratoire quand il a validé sa propre méthode.

Chaque bloc comporte en plus une mention de flexibilité, définie par le document LAB REF 08 du Cofrac, applicable depuis le 15 décembre 2024. Elle indique de quelle latitude dispose le laboratoire sur ses méthodes.

MentionCe que le laboratoire peut faire sous accréditationOù lire la liste des essais
Portée fixeAppliquer strictement les méthodes citées, sans modification techniqueDans l'annexe
FLEX1Appliquer les méthodes citées et leurs révisions ultérieuresDans l'annexe
FLEX2Adopter toute méthode reconnue dans le domaine de la portée généralePortée détaillée, à demander
FLEX3Adopter des méthodes reconnues ou développer ses propres méthodes validées, dans ce domainePortée détaillée, à demander

Avec une portée fixe ou FLEX1, l'annexe suffit pour savoir si un essai est couvert. Avec FLEX2 ou FLEX3, elle se limite au domaine, et la liste détaillée des prestations se consulte sur le site du Cofrac ou auprès du laboratoire. Si le rapport emploie un intitulé qui n'apparaît pas dans la portée, demandez au laboratoire quelle ligne le couvre. Des mots différents ne prouvent pas que l'essai sort de la portée, et des mots proches ne prouvent pas qu'il y entre.

Deux attestations lues en entier

Les deux attestations ci-dessous ont été ouvertes en entier le 23 septembre 2026 sur le site du Cofrac. Elles illustrent la lecture, sans classer les laboratoires.

ÉlémentLABEXAN (Cognac)ALBHADES PROVENCE (Oraison)
Attestation1-5810 rév. 141-1322 rév. 25
Validité21/05/2026 au 31/10/202818/04/2026 au 28/02/2027
Unités techniques1 : physico-chimie3 : microbiologie, mécanique, chimie
Dosage des cannabinoïdesOui, en portée fixeAbsent de la portée
Molécules sur fleurs et tisanes de chanvreΔ⁹-THC, CBD, CBG, CBC, Δ⁹-THCA, CBDASans objet
Molécules sur huile de chanvreCBDA, Δ⁹-THC, CBD, Δ⁹-THCASans objet
MéthodeHPLC-DAD, méthode interne IOP-PCH-92Sans objet
Autres lignesPhtalates dans les spiritueux (fixe), microbiologie des cosmétiques (FLEX1)Jouets, dispositifs médicaux, cosmétiques, produits pharmaceutiques (FLEX1, FLEX3, fixe)

Ces deux lectures se complètent. LABEXAN est accrédité pour doser six cannabinoïdes sur les fleurs et tisanes de chanvre, et quatre seulement sur l'huile : un taux de CBG ou de CBC que ce laboratoire mesure sur une huile ne relève pas de cette ligne. Sa portée ne couvre pas non plus les terpènes, les métaux lourds ou les résidus de pesticides sur du chanvre.

ALBHADES PROVENCE est accrédité selon la même norme. Sa portée, bien plus longue, s'étend sur trois unités techniques, et aucune ligne ne porte sur les cannabinoïdes. Un bandeau « laboratoire accrédité ISO 17025 » appuyé sur cette attestation serait exact, tout en n'ayant aucun rapport avec un dosage de CBD.

Étape 5 : relier la portée au rapport

Le dernier contrôle se fait sur le rapport. Le document GEN REF 11 du Cofrac, révision 11, applicable depuis le 1er février 2026, le dit clairement : l'accréditation couvre seulement les rapports qui portent sa marque ou qui y font une référence textuelle. Un rapport sans logo peut donc rester couvert ; cherchez aussi une phrase de référence.

Selon ce même document, un laboratoire rend sous accréditation les rapports qui relèvent de sa portée, sauf accord documenté avec son client. Il doit alors prévenir ce client que ces rapports ne sont pas présumés conformes à la norme et n'entrent pas dans les accords de reconnaissance internationaux. Un rapport peut aussi mêler des résultats couverts et d'autres qui ne le sont pas, ce que précisent les notes associées aux résultats.

Si un point reste obscur, écrivez au laboratoire avec le rapport complet en pièce jointe : « Pour ce rapport et cet échantillon, quelle ligne de portée couvre l'analyse de [molécule] dans [matière] ? Merci de préciser le site, la méthode et le statut de cette prestation à la date des essais. » Comparez ensuite sa réponse technique aux documents publiés.

Ce qu'une accréditation ne garantit pas

L'accréditation atteste qu'un laboratoire est compétent pour des essais nommés. Elle ne dit rien de la conformité du produit analysé, qui se lit dans les résultats, ni du lien entre l'échantillon et le sachet vendu, qui se vérifie par le numéro de lot. Le cadre légal s'applique à part : en France, un produit à base de chanvre ne doit pas dépasser 0,30 % de Δ⁹-THC, comme le détaille notre article sur le taux de THC légal.

Un programme d'essais d'aptitude est encore autre chose. Le NIST américain présente son programme CannaQAP comme une étude interlaboratoires qui ne rend aucun verdict de réussite ou d'échec, et dont les résultats sont publiés sous forme anonyme. Y participer relève des bonnes pratiques et ne donne aucune accréditation.

Pour les résultats eux-mêmes, notre guide du certificat d'analyse les reprend ligne par ligne. Deux articles traitent des analyses qu'une portée cannabinoïdes ne couvre pas : les résidus de pesticides et les métaux lourds. La page laboratoire présente les méthodes de mesure, et la foire aux questions rassemble les questions courantes.

Questions fréquentes

Non. Elle renvoie à une norme et ne dit rien du périmètre. Deux laboratoires accrédités selon la même norme peuvent avoir des portées qui n'ont rien en commun, comme les attestations 1-5810 et 1-1322 plus haut. Seule l'annexe technique indique si l'essai qui vous intéresse est couvert.

Non. Un laboratoire étranger est accrédité par l'organisme national de son pays. Regardez quel organisme figure sur son attestation, puis consultez le registre de cet organisme. Les étapes ne changent pas : attestation, dates, portée, rapport.

Non. Il s'agit de deux essais distincts, avec des méthodes distinctes, souvent rattachés à des unités techniques différentes. Une ligne sur le dénombrement des levures et moisissures dans un cosmétique n'apprend rien sur le dosage du CBD dans une fleur.

Non. Elle garantit que le laboratoire est compétent pour les essais listés. La conformité du produit se lit dans les résultats du rapport, à condition que l'échantillon analysé corresponde bien au lot vendu.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.