OG Kush CBD : l'histoire, et ce que le nom garantit vraiment
L'OG Kush est un cultivar de cannabis apparu aux États-Unis au début des années 1990, dont l'histoire repose sur des récits de cultivateurs plutôt que sur des archives. Les analyses génétiques montrent qu'un même nom recouvre des plantes différentes : sur huit échantillons vendus comme « OG Kush » au Colorado, la parenté allait de 0,06 à 1,00. Une « OG Kush CBD » est une sélection de chanvre sous 0,30 % de Δ⁹-THC, et seul son certificat d'analyse dit ce qu'elle contient.

Sommaire
> À retenir > > - Origine la plus citée : Floride vers 1991, puis Los Angeles ; aucune graine ni généalogie d'origine n'a été conservée. > - « OG » signifierait « Ocean Grown » ou « Original Gangster » : aucune source primaire ne tranche. > - Une étude de 2019 sur 30 variétés commerciales n'en a trouvé que 4 génétiquement cohérentes d'un vendeur à l'autre. > - Le profil décrit pour l'OG Kush associe myrcène, limonène et bêta-caryophyllène, mais aucune étude ne fixe un profil type. > - En France, une version CBD est légale si sa teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %.
Une histoire transmise de bouche à oreille
Le récit le plus répandu place la naissance de l'OG Kush en Floride, vers 1991. Un cultivateur y aurait croisé une Chemdawg avec une plante de lignée Kush. Ces lignées tirent leur nom de l'Hindou Kouch, la chaîne de montagnes entre l'Afghanistan et le Pakistan. La plante serait arrivée à Los Angeles au milieu des années 1990, où elle a pris le nom d'OG Kush.
Aucune de ces étapes ne repose sur un document daté. La variété a circulé par boutures, de main en main, sans semencier ni catalogue. Il n'existe donc ni graine d'origine à analyser, ni généalogie certifiée.
Le sens d'« OG » est tout aussi flou. Une lecture y voit « Ocean Grown », cultivée près de l'océan, en Californie. Une autre y voit « Original Gangster », un clin d'œil à la scène hip-hop de Los Angeles. Aucune source primaire ne permet de choisir. La Lemon Haze a une histoire du même type, transmise par la culture orale avant d'entrer dans les catalogues.
La filière attribue à l'OG Kush une descendance nombreuse : Girl Scout Cookies, Headband, Skywalker OG, entre autres. Ces généalogies sont déclarées par les obtenteurs. Aucune n'a été vérifiée par une analyse génétique publiée.
Ce que la génétique dit du nom « OG Kush »
Les chercheurs ont testé ces noms commerciaux. En 2019, une équipe de l'université de Northern Colorado a génotypé 122 échantillons de 30 variétés, achetés dans des dispensaires du Colorado, de Californie et de l'État de Washington. Seules 4 variétés sur 30 étaient génétiquement cohérentes d'un point de vente à l'autre. En écartant un ou deux échantillons aberrants, on montait à 11 puis 15.
La même équipe s'est penchée sur l'OG Kush en 2022. Elle a analysé huit échantillons vendus sous ce nom au Colorado, avec dix marqueurs génétiques. Deux échantillons étaient identiques (parenté de 1,00), deux autres presque (0,91). Les autres paires allaient de 0,06, soit aucun lien apparent, à 0,75. Un panel de dégustateurs a ensuite senti quatre de ces fleurs. Les échantillons proches se ressemblaient : terreux, herbacés, boisés. L'échantillon génétiquement à part sentait davantage le fromage et le bois, et moins le thé.
Le classement indica ou sativa, souvent invoqué pour l'OG Kush, ne tient pas mieux. Une étude publiée en 2021 dans Nature Plants a comparé plus de 100 échantillons génotypés sur plus de 100 000 marqueurs. Les échantillons étiquetés « indica » et « sativa » étaient indiscernables à l'échelle du génome. Notre article sur indica et sativa détaille ce résultat.
Le profil aromatique : ce qu'on peut en dire
Les descriptions courantes de l'OG Kush citent trois terpènes. Le myrcène apporte la note terreuse, le limonène l'attaque citronnée, le bêta-caryophyllène le côté poivré et résineux. Notre guide des terpènes présente chacune de ces molécules.
Ce profil n'a pas été mesuré sur un échantillon de référence, puisqu'il n'en existe pas. Les données de marché donnent un ordre d'idée. Une étude parue en 2022 dans PLOS ONE a analysé 42 843 échantillons commerciaux avec leurs terpènes, dans six États américains. Elle distingue trois grandes familles chimiques : caryophyllène et limonène, myrcène et pinène, terpinolène et myrcène. Les auteurs relèvent que les noms commerciaux s'accordent mal avec ces familles. Une exception : tous les échantillons de « Dogwalker OG », une variété de la même famille de noms, tombaient dans le groupe caryophyllène et limonène.
On attribue parfois à ces terpènes un rôle dans les effets de la plante, par un « effet d'entourage » avec les cannabinoïdes. C'est une hypothèse encore discutée, pas un fait établi.
L'OG Kush en version CBD : ce qui change
Une « OG Kush CBD » n'est pas une OG Kush dont on aurait retiré le THC. C'est une plante de chanvre sélectionnée pour rappeler son profil aromatique tout en restant sous le seuil légal. Ce seuil est fixé par l'arrêté du 30 décembre 2021 : 0,30 % de Δ⁹-THC au plus, pour des variétés inscrites aux catalogues officiels. Notre article sur le taux de THC légal explique d'où vient ce chiffre. Le CBD ne produit pas l'ivresse du THC.
Le nom commercial ne suffit pas plus en version CBD. Notre propre catalogue en donne un exemple. Voici le terpène mis en avant par la fiche de quatre fleurs dont le nom contient « OG », au 23 septembre 2026.
| Fleur du catalogue | Terpène dominant indiqué sur la fiche |
|---|---|
| Skywalker OG | Alpha-pinène |
| Alien OG | Bêta-caryophyllène |
| OG Mint | Limonène |
| Strawnana OG | Humulène |
Même suffixe, quatre profils dominants différents. Un nom indique une famille revendiquée, pas une composition.
Quatre vérifications valent mieux que le nom :
- Le certificat d'analyse du lot. Le taux de Δ⁹-THC se mesure récolte par récolte, pas variété par variété. Notre guide pour lire un certificat d'analyse décrit les lignes à regarder.
- Le profil terpénique, s'il est publié. C'est lui qui décrit l'odeur et le goût.
- La date de récolte. Les terpènes sont volatils et s'évaporent au fil des mois.
- La cohérence entre le nom et la description. Une « OG » vendue comme fruitée et sucrée n'a pas grand-chose à voir avec le profil décrit plus haut.
Notre sélection de fleurs CBD indique le profil aromatique de chaque variété, et notre comparatif de cinq variétés Kush situe l'OG parmi ses cousines.
Questions fréquentes
L'OG Kush CBD est-elle légale en France ?
Oui, si la fleur provient d'une variété de chanvre inscrite aux catalogues officiels et contient au plus 0,30 % de Δ⁹-THC. La conformité se vérifie sur le certificat d'analyse du lot, pas sur le nom.
Quelle différence entre l'OG Kush et une OG Kush CBD ?
L'OG Kush d'origine est un cannabis riche en THC, classé stupéfiant en France. La version CBD est une sélection de chanvre qui cherche à reproduire son profil aromatique sans dépasser le seuil légal de THC.
Que veut dire « OG » ?
Deux lectures circulent depuis les années 1990 : « Ocean Grown », pour la culture côtière californienne, et « Original Gangster », en référence au hip-hop de Los Angeles. Aucune source primaire ne permet de trancher.
Toutes les OG Kush se ressemblent-elles ?
Non. Sur huit échantillons vendus sous ce nom au Colorado, deux étaient génétiquement identiques et d'autres sans lien apparent. L'échantillon le plus éloigné avait aussi une odeur différente.
Une OG Kush CBD fait-elle planer ?
Non, tant qu'elle respecte le seuil de 0,30 % de Δ⁹-THC. Elle en contient toutefois des traces, qui peuvent suffire à rendre positif un dépistage salivaire au volant.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.