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Fleur CBD indoor, outdoor ou greenhouse : ce qui change

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8 min de lectureMis à jour le

Indoor, outdoor et greenhouse désignent trois environnements de culture, sans hiérarchie de qualité entre eux. Une étude de 2023 sur des plantes clonées a relevé davantage de terpènes en extérieur et davantage de cannabinoïdes oxydés en intérieur. Le mode de culture est sans incidence pour la loi française, qui ne regarde que la variété et une teneur en Δ⁹-THC de 0,30 % au plus.

Rangées de plants de cannabis en floraison dans une grande serre vitrée équipée de lampes et de ventilateurs

À retenir

  • En indoor, la lumière est artificielle et le climat entièrement piloté ; en outdoor, la plante pousse en plein champ, au soleil ; en greenhouse, sous serre, avec une lumière naturelle et un climat piloté en partie.
  • Dans l'étude de 2023, les fleurs d'extérieur contenaient plus de limonène, de myrcène, de bêta-caryophyllène et d'alpha-humulène.
  • Les fleurs d'intérieur de cette étude renfermaient davantage de CBN et d'autres produits d'oxydation.
  • Aux États-Unis, cultiver en intérieur émet de 2 283 à 5 184 kg d'équivalent CO2 par kilo de fleur séchée.
  • Aucune étude publiée ne compare les trois modes ensemble, et la serre n'a pas été mesurée.

Trois environnements, trois niveaux de contrôle

L'indoor se cultive en intérieur, sous lampes, et le cultivateur y règle la température, l'humidité et la durée d'éclairage. La culture y est souvent hors-sol, ce que désigne le mot « hydro » sur une fiche produit. L'outdoor se fait en plein champ, au soleil, en pleine terre et au rythme des saisons. La greenhouse, ou culture sous serre, est intermédiaire : la lumière y reste surtout naturelle, mais l'abri sert à piloter en partie la température et l'humidité.

On se sert souvent de ces étiquettes pour justifier un prix, l'indoor en haut de l'échelle et l'outdoor en bas. Les mesures disponibles nuancent ce classement.

CritèreIndoorGreenhouseOutdoor
LumièreArtificielleSurtout naturelleNaturelle
ClimatEntièrement pilotéEn partie pilotéSaison et météo
Terpènes (étude de 2023)Plus basNon mesuréPlus élevés
Produits d'oxydation (étude de 2023)Plus élevésNon mesuréPlus bas
Empreinte carboneLa mieux documentée, élevéeNon chiffrée iciNon chiffrée ici
Statut légal en FranceIdentiqueIdentiqueIdentique

Ce que mesure l'étude de 2023

Le travail le plus utile a paru en 2023 dans la revue Molecules. Son protocole isole l'effet de l'environnement : pour deux cultivars californiens, les chercheurs ont comparé des clones génétiquement identiques cultivés en intérieur et en extérieur. Dehors, les plantes poussaient en plein soleil, dans des bacs de terre et de compost. Dedans, elles poussaient sous éclairage artificiel, dans le substrat du producteur.

Pour les arômes, les échantillons d'extérieur contenaient significativement plus de limonène, de bêta-myrcène, de bêta-caryophyllène et d'alpha-humulène. Les terpènes lourds, ou sesquiterpènes, y dominaient plus nettement. Chez l'un des cultivars d'intérieur, le bêta-myrcène n'était même pas détectable. Ces molécules sont présentées dans notre article sur les terpènes du chanvre.

Pour les cannabinoïdes, les grandes molécules (CBGA, CBDA, THCA, CBCA) changeaient peu d'un environnement à l'autre. La différence nette portait sur les produits de dégradation : pour les deux cultivars, le CBN, le CBNA et d'autres cannabinoïdes oxydés étaient bien plus abondants dans les fleurs d'intérieur. Les auteurs émettent une hypothèse : plus pauvres en terpènes, ces fleurs seraient moins protégées contre l'oxydation. Le CBN vient du THC qui vieillit, et notre comparatif CBD ou CBN détaille ce mécanisme.

Ces résultats ont trois limites. L'échantillon est réduit : trois échantillons par condition, deux cultivars, une seule saison. Les deux cultivars sont des variétés commerciales riches en THC, et non du chanvre à CBD. Enfin, la serre ne faisait pas partie de la comparaison, et nous ne connaissons aucune étude publiée qui compare les trois modes en même temps. L'étude dégage une tendance, sans fonder de classement.

L'empreinte énergétique, l'écart le mieux chiffré

C'est là que l'écart est le plus net. Une analyse de cycle de vie a paru en 2021 dans Nature Sustainability. Selon elle, la culture en intérieur aux États-Unis émet entre 2 283 et 5 184 kg d'équivalent CO2 par kilogramme de fleur séchée, suivant la région. Ces émissions viennent surtout de l'électricité et du gaz consommés par la climatisation, les lampes à haute intensité et l'apport de CO2 qui accélère la croissance.

Ces chiffres reposent sur le réseau électrique américain et ne valent pas tels quels pour la France, où l'électricité est moins carbonée. L'ordre de grandeur reste parlant : reproduire en intérieur le soleil et le climat consomme de l'énergie, dont le plein champ se passe et dont la serre demande beaucoup moins.

Le cadre légal ne dépend pas du mode de culture

L'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise la culture et le commerce que des variétés de Cannabis sativa L. dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %, inscrites au catalogue commun européen ou au catalogue officiel français. Il réserve la culture des fleurs et des feuilles aux agriculteurs actifs, à partir de semences certifiées. Le Conseil d'État a annulé le 29 décembre 2022 l'interdiction de vendre les fleurs aux consommateurs, qu'il a jugée disproportionnée.

D'après la Commission européenne, 116 variétés de chanvre étaient inscrites au catalogue commun en 2024, et la France fournit plus de 60 % de la production de l'Union. Aucun de ces textes ne parle d'indoor, d'outdoor ou de serre : le mode de culture relève d'un choix agronomique et n'a pas de catégorie juridique propre. Notre guide du catalogue européen des variétés explique comment le lire.

Comment choisir en pratique

Le mode de culture renseigne sur la façon dont une fleur a poussé, sans dire précisément ce qu'elle contient. On peut en tirer trois règles.

  1. Si vous cherchez un profil aromatique marqué, les données actuelles penchent pour l'extérieur, plus riche en terpènes dans l'étude de 2023. La serre n'y a pas été testée.
  2. Si vous tenez à la régularité d'un lot à l'autre, l'intérieur reste l'environnement le plus reproductible, avec une empreinte énergétique plus lourde.
  3. Dans tous les cas, fiez-vous à l'analyse plutôt qu'à l'étiquette. Quelle que soit la provenance, un CBN élevé face à un THC bas signale une fleur oxydée. Notre guide du certificat d'analyse reprend chaque ligne.

Nos fiches produit indiquent le mode de culture. Full Gaz pousse en plein champ dans la Drôme, Durban Poison sous serre froide et Skunk en intérieur. Toutes nos fleurs de CBD affichent leur plafond de Δ⁹-THC. Pour les arômes, le séchage compte autant que la culture, comme le montre notre article sur le séchage et le curing. Celui sur les fleurs hydro compare trois références cultivées hors-sol.

Questions fréquentes

Aucune étude ne l'établit. Le seul travail mené sur des clones identiques, publié en 2023, relève au contraire plus de terpènes en extérieur et plus de produits d'oxydation en intérieur. L'avantage de l'indoor tient surtout à sa reproductibilité, qui ne se confond pas avec une qualité supérieure.

Non. Quel que soit l'environnement de culture, l'arrêté du 30 décembre 2021 plafonne le Δ⁹-THC à 0,30 %. La variété doit en outre être inscrite au catalogue commun européen ou au catalogue officiel français.

Une fleur greenhouse est cultivée sous serre. La lumière y est surtout naturelle, et la température comme l'humidité sont en partie pilotées. Ce mode se place entre le plein champ et l'intérieur, et consomme bien moins d'énergie que l'indoor. Aucune étude publiée ne le compare directement aux deux autres.

Il désigne une culture hydroponique, le plus souvent en intérieur : les racines poussent hors-sol, dans un substrat inerte ou une solution nutritive. Il s'agit d'une technique de culture, qui ne garantit aucune teneur en CBD.

Rien ne le démontre. Dans l'étude de 2023, le CBD n'était plus élevé en extérieur que pour l'un des deux cultivars, et l'étude ne portait pas sur du chanvre à CBD. La teneur dépend d'abord de la variété et de la récolte, et seule l'analyse du lot la donne.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.