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Hash maker : le métier derrière un lot de résine CBD

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11 min de lectureMis à jour le

Un hash maker est l'artisan qui transforme des fleurs de chanvre en résine : il choisit la matière, sépare les trichomes à l'eau glacée ou à sec, affine le résultat et le constitue en lots numérotés. En France, il travaille des variétés du catalogue cultivées par des agriculteurs actifs, et chaque lot fini se vérifie sur un certificat d'analyse : Δ⁹-THC sous 0,30 %.

Plaque de résine de chanvre pressée à la main, gros plan sur la texture d'un lot de hash CBD
Sommaire
  1. 011. Ce que fait un hash maker
  2. 022. Matériel et contraintes : froid, eau, sacs, temps
  3. 033. En France : statut, sous-traitance, traçabilité
  4. 044. Deux noms qui ont façonné le métier
  5. 055. Comment Phytogrammes documente le lot
  6. 06Questions fréquentes
  7. 07Sources

Ce guide décrit le métier sans mode opératoire, son cadre en France et la façon dont un lot se documente jusqu'au certificat, à partir du lexique et des fiches de Phytogrammes, des textes officiels et de sources publiques.

> À retenir > > - Le hash maker transforme des fleurs qu'un agriculteur a produites ; en général, il ne cultive pas. > - Quatre gestes : sélectionner, séparer, affiner, constituer le lot. Le froid est la contrainte commune. > - Aucune qualification ne garantit un lot : seul le certificat d'analyse le fait.

1. Ce que fait un hash maker

1.1 Sélectionner la matière

Un hash concentre les trichomes d'une fleur, ces glandes dont les têtes matures mesurent entre 70 et 120 microns environ ; une fleur pauvre en trichomes donne un hash pauvre. Le hash maker choisit donc une variété, un lot de fleurs et un état de la matière : séchée pour un tamisage à sec, ou congelée entière dans les heures qui suivent la coupe pour un WPFF, whole plant fresh frozen, qui préserve les monoterpènes que le séchage fait perdre. C'est la matière première des hashs dits frozen, et une contrainte logistique : une matière décongelée puis recongelée perd sa structure et sa fraction fine se charge de débris.

1.2 Séparer

La séparation est le cœur du métier, et elle se fait sans solvant. L'encyclopédie décrit trois familles de gestes : le tamisage à sec, historique au Maroc, le frottage à la main dans l'Himalaya, et la séparation à l'eau glacée, codifiée à Amsterdam à la fin des années 1990. Un catalogue de résines CBD relève surtout de la première et de la troisième : le dry sift sur tamis étagés de 220u à 45u, et l'ice-o-lator, où le froid rigidifie les trichomes, l'agitation les détache et des sacs en microns les trient par taille.

Le hash maker règle des paramètres, pas une recette : un bain maintenu au voisinage de 0 °C, la durée et la vigueur du brassage, le nombre de passes. Un lavage prolongé arrache des fragments de feuille ; les premiers passages sont donc recueillis à part.

1.3 Affiner et constituer le lot

Une résine sortie du tamis est gorgée d'eau ; le séchage à froid, à l'air libre ou en lyophilisateur, décide de sa conservation. L'affinage donne ensuite sa présentation au produit : pressée à la main, la résine devient une plaque souple ; scellée sous vide et affinée au froid pendant des semaines, une fraction de grade full melt fusionne en piattella, plaque crémeuse codifiée dans les ateliers de Barcelone au début des années 2020.

Le lot est la dernière étape et la moins visible. Un même lavage remplit plusieurs sacs ; un ou deux seulement atteignent le full melt. Le hash maker regroupe ce qui a été travaillé ensemble, même matière, même maille, même date, sous un numéro qui suit le produit jusqu'au laboratoire et jusqu'à l'étiquette.

2. Matériel et contraintes : froid, eau, sacs, temps

ÉtapeMatérielContrainte principale
SélectionFleurs séchées ou plante congelée (WPFF)Chaîne du froid ininterrompue
Séparation à secTamis étagés 220u à 45u, air secTrop insister fait passer la poussière végétale
Séparation à l'eauCuves inox, glace, sacs en micronsBain proche de 0 °C, brassage mesuré
SéchageTamis fin, air froid ou lyophilisateurHumidité résiduelle, moisissures
AffinagePresse à main, scellage sous vide, réfrigérateurNi chaleur ni pression forte pour une piattella

Un extracteur français installé en Espagne, interviewé par Soft Secrets en 2021, décrit son atelier : des cuves en inox de qualité alimentaire, des mailles de filtration de 220 à 25 microns, un lyophilisateur pour le séchage, et un contrôle manuel qu'il qualifie de fastidieux.

Le froid rend les trichomes cassants et protège la fraction aromatique que la congélation a sauvée ; les fiches du catalogue recommandent 10 à 20 °C pour les résines pressées, avec une hygrométrie de 55 à 65 % pour le 120u. Le temps compte autant : le lavage se mesure en passes, le séchage en heures ou en jours, l'affinage d'une piattella en semaines, le tamisage électrostatique en grammes par heure.

3. En France : statut, sous-traitance, traçabilité

Le hash maker n'a pas de statut propre en droit français ; ce qui est encadré, c'est la matière qu'il travaille et le produit qu'il livre. L'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que les variétés de Cannabis sativa L. inscrites au catalogue commun ou au catalogue français, dont la teneur en Δ⁹-THC « n'est pas supérieure à 0,30 % », et réserve la culture des fleurs et des feuilles aux agriculteurs actifs au sens de la réglementation européenne et nationale (article 1, I). Le même seuil s'applique aux extraits de chanvre et aux produits qui les intègrent (article 1, III). Le paragraphe II, qui interdisait la vente des fleurs et feuilles brutes, a été annulé par le Conseil d'État le 29 décembre 2022 (décision n° 444887).

Deux conséquences. Un hash maker qui n'est pas agriculteur actif ne cultive pas : il achète ou reçoit des fleurs produites par un exploitant, et la sous-traitance est la forme ordinaire de la filière, qu'une marque confie la séparation à un atelier ou achète un lot fini. Ensuite, le seuil de 0,30 % se mesure sur le produit fini, pas sur la variété : le catalogue garantit une génétique, le certificat du lot garantit une teneur.

La MILDECA rappelle le reste du cadre : aucune allégation thérapeutique sur un produit contenant du CBD, sous peine de sanctions pénales ; aucune présentation qui entretienne la confusion avec un usage récréatif du cannabis ; aucune denrée alimentaire au CBD autorisée, en l'état, faute d'évaluation novel food. Une résine de chanvre se vend comme un produit non alimentaire, réservé aux adultes, décrit par sa méthode et son analyse.

4. Deux noms qui ont façonné le métier

Mila Jansen, née à Liverpool en 1944 et installée à Amsterdam, a conçu le Pollinator en 1994, première machine à séparer mécaniquement les trichomes de la matière sèche, puis les sacs Ice-O-Lator en 1998 et le Bubbleator en 2005. Le nom de ses sacs est devenu celui d'une méthode.

Frenchy Cannoli, nom de travail de Didier Camilleri, né à Nice en 1956 et mort à San Francisco en 2021, a appris le métier sur le terrain, dont huit saisons dans la vallée de Parvati, en Inde. À partir de 2005, il a produit du hash pour des dispensaires autorisés de Californie ; après la légalisation de 2016, il est devenu formateur, avec une grille d'évaluation inspirée des standards du vin français.

Ces appellations, frozen, piattella, full melt, décrivent des méthodes et des grades, jamais une composition ; le comparatif frozen, piatella, 120u, static détaille ce que chaque famille change à la texture et à la conservation.

5. Comment Phytogrammes documente le lot

Phytogrammes, laboratoire de produits à base de chanvre fondé en 2026, ne publie pas le nom de ses ateliers ; il publie ce qui se vérifie. La page à propos l'énonce : produits européens, variétés du catalogue européen, méthode d'extraction indiquée sur chaque fiche, analyse de chaque lot par un laboratoire indépendant accrédité ISO 17025 avant la mise en vente. Cette norme, édition 2017, fixe les exigences de compétence des laboratoires d'essais ; en France, l'accréditation est délivrée par le Cofrac.

Trois lots de la page résines et hash CBD, qui compte 15 références, montrent ce que la documentation contient.

RéférenceLotMéthode indiquée sur la ficheCBDCBGCBCCBNΔ⁹-THC
Frozen HashPG-26-AA10Séparation à froid, pressage à la main15,0 %1,0 %0,3 %0,3 %0,2 %
Hash 120uPG-26-A7E3Eau glacée, maille 120 microns, pressage à la main15,9 %1,3 %0,5 %0,4 %0,2 %
PiatellaPG-26-F1E2Séparation à l'eau froide, scellée sous vide18,0 %1,4 %0,5 %0,4 %0,2 %

Les cannabinoïdes sont quantifiés par HPLC, les terpènes par GC-MS, les métaux lourds par ICP-MS et les pesticides par LC-MS/MS ; le seuil de 0,30 % est rappelé à côté de la valeur mesurée. Le numéro de lot fait le lien : saisi à la suite de phytogrammes.com/lot/, il ouvre le registre du lot, avec la date d'analyse, les cannabinoïdes mesurés, le certificat et le lien vers la fiche. Pour le lot PG-26-AA10, l'analyse est datée du 3 juin 2026.

Questions fréquentes

Un hash maker cultive-t-il lui-même le chanvre ?

Rarement. En France, la culture des fleurs et feuilles de chanvre est réservée aux agriculteurs actifs (arrêté du 30 décembre 2021, article 1, I). Le hash maker est un transformateur : il reçoit des fleurs séchées ou congelées et en sépare les trichomes. Le numéro de lot relie le produit fini à cette matière.

Faut-il une formation ou un diplôme pour être hash maker ?

Aucun diplôme n'encadre ce métier en France. Le savoir-faire se transmet par la pratique et par des formateurs, comme Frenchy Cannoli l'a été en Californie après 2016. Ce qui se vérifie est le certificat d'analyse de chaque lot, Δ⁹-THC sous 0,30 % compris.

Combien de temps prend un lot de résine ?

Cela dépend de la méthode : un lavage à l'eau glacée se compte en passes et le séchage en heures ou en jours, l'affinage à froid d'une piattella en semaines, le tamisage électrostatique en grammes par heure. La date portée sur le certificat vient après toutes ces étapes.

Comment vérifier le travail d'un hash maker sur un produit acheté ?

Par le lot. Demandez le numéro de lot, la méthode de séparation et le certificat d'analyse daté d'un laboratoire indépendant. Sur Phytogrammes, la méthode figure sur chaque fiche et le numéro de lot ouvre le registre du lot, avec ses cannabinoïdes mesurés.

Sources


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.