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CBD, SPM et règles douloureuses : ce que disent les études

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9 min de lectureMis à jour le

Aucun essai contrôlé n'a publié de résultat sur le CBD dans le syndrome prémenstruel (SPM) ou les règles douloureuses. Les seules données viennent d'enquêtes où les participantes déclarent leur usage, et elles portent le plus souvent sur le cannabis en général, rarement sur le CBD seul. En France, aucun produit au CBD ne peut revendiquer d'effet sur ces symptômes ; une douleur qui s'aggrave demande un avis médical.

Calendrier papier du mois de juin, quatre jours entourés en rouge pour noter les règles

À retenir

  • Par définition, les symptômes du SPM apparaissent dans les 5 jours avant les règles et disparaissent au plus tard 4 jours après leur début.
  • Une méta-analyse de 2024 estime que sa forme sévère, le trouble dysphorique prémenstruel, touche 3,2 % des personnes réglées sur diagnostic confirmé.
  • Aucun résultat d'essai randomisé n'a été publié sur le CBD dans le SPM ou les règles douloureuses.
  • En 2026, une enquête américaine a trouvé 30 % de répondantes qui prenaient du cannabis pour leur humeur avant les règles. Elle mesure un usage, sans rien dire d'un effet.
  • La limite provisoire de l'EFSA pour les compléments au CBD est de 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg.

SPM et règles douloureuses : deux choses différentes

On appelle règles douloureuses, ou dysménorrhée, les douleurs du bas-ventre qui précèdent ou accompagnent les règles. Selon l'Assurance maladie, 50 à 70 % des adolescentes en souffrent, en permanence ou de temps en temps. Elle en décrit deux formes. La dysménorrhée primaire survient quelques mois après les premières règles ; due à un excès de prostaglandines produites par la muqueuse de l'utérus, elle est le plus souvent bénigne. La dysménorrhée secondaire apparaît plus tard, quand les règles étaient jusque-là indolores. On en cherche alors toujours la cause : endométriose, adénomyose, fibrome, polype ou stérilet mal placé.

Le SPM désigne un ensemble de symptômes qui débutent quelques jours avant les règles. L'Assurance maladie mentionne des seins gonflés et sensibles, un ventre ballonné, des mains et des pieds gonflés, de l'irritabilité ou de l'anxiété, des maux de tête. Le collège américain des gynécologues-obstétriciens (ACOG) en propose une définition datée dans le cycle. Les symptômes sont présents dans les 5 jours qui précèdent les règles, sur au moins trois cycles d'affilée, et cessent dans les 4 jours qui suivent leur début.

Frise de 7 jours avant à 7 jours après le début des règles : symptômes du SPM dans les 5 jours avant, disparition au plus tard 4 jours après
Définition du SPM par ses dates dans le cycle. Source : ACOG, Premenstrual Syndrome (PMS), FAQ

Dans la forme sévère, appelée trouble dysphorique prémenstruel, ce sont les troubles de l'humeur qui dominent. Une méta-analyse de 44 études et 50 659 participantes, publiée en 2024 dans le Journal of Affective Disorders, a évalué sa fréquence. Elle l'estime à 3,2 % quand le diagnostic est confirmé par un suivi quotidien sur deux cycles, et à 7,7 % sur un diagnostic provisoire.

Ce que la recherche a mesuré sur le CBD

Aucun essai contrôlé sur le CBD dans le SPM ou la dysménorrhée primaire n'a été publié. L'essai enregistré le plus proche, NCT04091789, a été déposé aux États-Unis en 2019 par une entreprise. Il testait un comprimé associant 30 mg de CBD, 1 mg de THC et du palmitoyléthanolamide, sur un seul groupe sans placebo, avec 30 participantes prévues. Son statut est « inconnu », et aucun résultat n'a été publié.

Chez l'humain, on ne dispose que d'enquêtes. La plus récente, parue en 2026 dans le Journal of Women's Health, a interrogé en ligne 703 personnes aux États-Unis : 634 avaient eu leurs règles dans l'année et 167 présentaient un trouble dysphorique prémenstruel. Pour gérer leur humeur avant les règles, 30,0 % prenaient du cannabis et 16,1 % de l'alcool. Dans le groupe au trouble dysphorique, la part montait à 51,5 % pour le cannabis, surtout dans les deux semaines précédant les règles. L'étude a trois limites : ses répondantes se sont sélectionnées elles-mêmes, elle mesure un usage sans mesurer d'effet, et elle porte sur le cannabis en général, THC compris.

Une autre enquête, conduite en 2024 en Allemagne, en Autriche et en Suisse auprès de 912 personnes atteintes d'endométriose, comptait 114 utilisatrices de cannabis. Elles avaient été recrutées par des groupes de patientes sur les réseaux sociaux. Ce que valent ces déclarations est discuté dans notre article sur le CBD et l'endométriose. Une revue narrative de 2022 qualifie le cannabis de piste « prometteuse », alors que les essais qu'elle recense portent sur la douleur en général et non sur les règles.

La commission de sécurité alimentaire de la Fondation allemande pour la recherche (SKLM), qui a passé les données en revue en 2025, conclut dans l'autre sens. Aux doses des produits alimentaires, elle n'a trouvé aucune preuve scientifique étayant une allégation santé pour le CBD, santé menstruelle comprise. Notre synthèse sur ce que disent les études cliniques sur le CBD donne une vue d'ensemble.

Ce que la loi française permet de dire

Comme le rappelle la MILDECA, mission interministérielle de lutte contre les drogues, les produits contenant du CBD ne peuvent revendiquer d'allégations thérapeutiques sauf autorisation comme médicament, sous peine de sanctions pénales. Le seul médicament autorisé à base de cannabidiol est l'Epidyolex, prescrit dans certaines épilepsies rares ; son cadre est décrit dans notre article sur l'Epidyolex. Si une boutique promet qu'une huile « calme les règles », elle enfreint la loi : passez votre chemin.

Pour être vendu, le produit fini doit respecter le seuil de 0,30 % de Δ⁹-THC. L'interdiction de vendre fleurs et feuilles brutes a été annulée par la décision du Conseil d'État du 29 décembre 2022. Quand il est avalé, le CBD relève aussi du régime des nouveaux aliments, présenté dans notre point sur la réglementation du CBD en 2026.

Précautions si vous utilisez du CBD pendant le cycle

Pour la dose, l'EFSA a fixé le 9 février 2026 une limite provisoire de 0,0275 mg de CBD par kilo de poids corporel et par jour. Cela fait environ 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg. Cette limite concerne les compléments alimentaires à base de CBD pur à 98 % au moins. Selon l'agence, la sécurité ne peut pas être établie avant 25 ans, pendant la grossesse ou l'allaitement, ni chez les personnes sous médicaments. Le calcul est détaillé dans notre article sur la dose de référence de l'EFSA.

Côté médicaments, la notice européenne de l'Epidyolex indique que le CBD est dégradé par les enzymes CYP3A4 et CYP2C19 du foie, et qu'il multiplie par 3 à 4 l'exposition au métabolite actif du clobazam. Elle ne mentionne pas les contraceptifs hormonaux. Aucune interaction n'y est donc documentée, ce qui ne prouve pas qu'il n'en existe aucune. Si vous suivez un traitement, anti-inflammatoire compris, parlez-en à votre pharmacien ; notre article sur l'effet pamplemousse explique le mécanisme.

Enfin, le CBD est déconseillé en cas de projet de grossesse, de grossesse ou d'allaitement. Notre article sur le CBD pendant la grossesse en donne les raisons.

Quand consulter plutôt que d'attendre

Pour les règles douloureuses, l'Assurance maladie conseille d'abord la chaleur (bouillotte ou bain chaud) et une activité physique douce, marche ou natation par exemple. Selon elle, les médicaments les plus efficaces sont les anti-inflammatoires, à prendre tôt, à la plus faible dose efficace et pendant 2 à 3 jours au plus.

  • une douleur qui résiste aux anti-inflammatoires ou se prolonge au-delà de quelques jours ;
  • une douleur apparue à l'âge adulte, ou qui augmente d'un cycle à l'autre ;
  • une douleur qui vous empêche de mener vos activités habituelles ;
  • une fièvre, des pertes inhabituelles, des saignements en dehors des règles ou des règles très abondantes ;
  • des rapports sexuels douloureux.

Derrière ces signes peut se trouver une cause à traiter, une endométriose par exemple. Ne laissez aucune habitude de bien-être, CBD compris, repousser ce rendez-vous.

Questions fréquentes

On ne peut pas le dire, faute d'étude contrôlée. Les enquêtes publiées mesurent l'usage déclaré du cannabis, sans évaluer d'effet du CBD, et la loi interdit d'attribuer un effet thérapeutique à un produit au CBD. Si la douleur est forte, suivez les repères de l'Assurance maladie.

Le SPM réunit des symptômes physiques et émotionnels dans les jours qui précèdent les règles. Sa forme sévère, le trouble dysphorique prémenstruel, touche surtout l'humeur ; sur diagnostic confirmé, elle concerne 3,2 % des personnes réglées.

Aucune règle ne l'interdit avec un produit conforme. Pour les compléments, la limite provisoire de l'EFSA est toutefois d'environ 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg. Avant 25 ans, pendant une grossesse ou sous traitement, l'EFSA juge que la sécurité n'est pas établie.

La notice de l'Epidyolex ne cite aucune interaction avec les contraceptifs hormonaux. Comme le CBD passe par des enzymes du foie qui dégradent beaucoup de médicaments, la question reste ouverte ; un pharmacien peut vérifier votre cas.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.