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Combien de CBD par jour ? Le repère de 2 mg de l'EFSA

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11 min de lectureMis à jour le

Le seul repère officiel en Europe vient de l'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité des aliments : 0,0275 mg de CBD par kilo de poids corporel et par jour, environ 2 mg pour un adulte de 70 kg. Publié le 9 février 2026, ce repère est provisoire. Il concerne du CBD pur à 98 % au moins et exclut les moins de 25 ans, la grossesse et les personnes sous traitement. Une seule goutte d'huile à 5 % en contient déjà à peu près autant.

Une goutte d'huile ambrée tombe d'une pipette au-dessus d'un flacon en verre brun

À retenir

  • 9 février 2026, EFSA : 0,0275 mg/kg/jour, soit environ 2 mg par jour pour 70 kg, à titre provisoire.
  • La valeur part d'études animales, ensuite divisées par un facteur d'incertitude de 400.
  • Au Royaume-Uni, l'agence des aliments recommande depuis octobre 2023 de ne pas dépasser 10 mg par jour.
  • Le ministère de l'Agriculture l'a rappelé le 20 mai 2026 : en France, aliments et compléments au CBD ne sont pas autorisés.
  • Il n'existe pas de quantité « pour » un effet, et le mot posologie appartient au vocabulaire du médicament.

Le repère de l'EFSA : environ 2 mg par jour pour 70 kg

L'EFSA a publié le 9 février 2026 un niveau d'apport jugé provisoirement sûr : 0,0275 mg de CBD par kilo de poids corporel et par jour. Un adulte de 70 kg arrive ainsi à environ 2 mg par jour, une personne de 60 kg à 1,65 mg, une de 90 kg à près de 2,5 mg.

Ce chiffre est assorti de conditions. Il s'applique seulement aux compléments alimentaires dont le CBD est pur à 98 % au moins, sans nanoparticules, issu d'un procédé jugé sûr, et dont la génotoxicité (la capacité à endommager l'ADN) a été exclue. Chez les moins de 25 ans, les femmes enceintes ou allaitantes et les personnes qui prennent des médicaments, l'agence estime que la sécurité du CBD ne peut pas être établie. Ces publics n'ont donc aucun repère.

Il s'agit d'une limite de sécurité, et non d'une dose conseillée : en dessous, l'EFSA ne voit pas de risque au vu des données actuelles. La quantité qui produirait un effet n'entre pas dans ce calcul.

L'EFSA a rendu le 18 septembre 2026 son premier avis favorable sur un CBD alimentaire. Le produit concerné est un CBD de synthèse pur à 98 % au moins, dissous dans une huile de triglycérides à chaîne moyenne (MCT). Il est vendu en complément alimentaire, à 2 mg par jour au maximum. L'avis vise les adultes de plus de 25 ans, hors grossesse et allaitement ; chez les personnes qui prennent des médicaments, la sécurité n'est pas établie. Le même facteur de 400, appliqué à l'étude de 90 jours fournie par le demandeur, donne 0,026 mg/kg par jour, soit 2 mg pour 70 kg.

Le 21 septembre, deux dossiers de CBD issu du chanvre ont abouti à la conclusion inverse, un isolat de CBD et un extrait de chanvre : leur sécurité « ne peut pas être établie », les demandeurs n'ayant pas fourni les données réclamées. Un avis ne vaut pas autorisation, la décision revient encore à la Commission européenne et aux États membres. En France, rien ne change pour l'instant.

D'où vient ce chiffre, et pourquoi il est si bas

Le raisonnement figure dans la mise à jour de l'avis de l'EFSA, parue dans l'EFSA Journal. En 2022, le groupe d'experts avait constaté des lacunes sur les effets possibles du CBD sur le foie, le tube digestif, le système endocrinien, le système nerveux et la reproduction. Une revue de la littérature close en juin 2024 les a confirmées : de nombreuses études récentes sont courtes, peu standardisées, ou portent sur des patients qui prennent d'autres médicaments.

Chez l'animal, la toxicité pour le foie revient d'une étude à l'autre : le poids du foie augmente et des lésions apparaissent au microscope. Chez l'humain, les essais montrent un potentiel toxique pour le foie, en particulier quand le CBD est associé à d'autres médicaments. Les experts ont modélisé un point de référence à partir d'études animales subchroniques (de durée intermédiaire) menées selon les bonnes pratiques de laboratoire. Ils l'ont ensuite divisé par un facteur d'incertitude de 400. Le point de départ se situe ainsi vers 11 mg/kg par jour, et le repère humain à 0,0275 mg/kg.

L'absorption du CBD dépend aussi du produit et du repas, relève l'EFSA. Le résumé des caractéristiques de l'Epidyolex, publié par l'Agence européenne des médicaments, donne l'ampleur de l'écart : chez des volontaires sains, un repas riche en graisses a multiplié le pic de concentration sanguine par 5 et l'exposition totale par 4, comparé à une prise à jeun. Une même quantité expose donc plus ou moins selon le moment où on la prend.

EFSA, Royaume-Uni, médicament : les ordres de grandeur

Entre les repères publiés, l'écart va de 1 à 700. Le Royaume-Uni fixe une limite plus haute que l'Union européenne. Depuis octobre 2023, la Food Standards Agency conseille aux adultes en bonne santé de ne pas dépasser 10 mg de CBD par jour, soit « environ 4 à 5 gouttes d'huile à 5 % ». Elle déconseille le CBD aux mineurs et aux personnes sous traitement sans avis médical, ainsi que pendant la grossesse, l'allaitement ou un projet de conception.

Barres horizontales sur échelle logarithmique : repère EFSA 2 mg par jour, une goutte d'huile à 5 % environ 2,5 mg, plafond britannique 10 mg, Epidyolex 700 mg en dose d'entretien et 1 400 mg en dose maximale pour 70 kg
Quantités de CBD pour un adulte de 70 kg, en échelle logarithmique. Sources : EFSA, 2026 ; Food Standards Agency, 2023 ; EMA, RCP Epidyolex
RepèreQuantité pour 70 kgSource
Niveau provisoirement sûr, alimentEnviron 2 mg par jourEFSA, février 2026
Une goutte d'huile à 5 %Environ 2 à 2,5 mgDéduit du conseil de la FSA
Plafond conseillé, aliment10 mg par jourFSA, octobre 2023
Epidyolex, dose d'entretien700 mg par jour (10 mg/kg)EMA, RCP
Epidyolex, dose maximale1 400 mg par jour (20 mg/kg)EMA, RCP

Seul médicament à base de CBD autorisé, l'Epidyolex est prescrit dans des épilepsies rares : 10 mg/kg par jour en dose d'entretien, 20 à 25 mg/kg au maximum selon l'indication. À ces doses, sous surveillance médicale, les effets indésirables les plus fréquents sont la somnolence (23 % des patients), la baisse d'appétit (21 %) et la diarrhée (20 %). Une hausse des enzymes du foie impose aussi un suivi. Ces chiffres ne fixent aucune cible ; ils montrent que les effets du CBD varient avec la dose. Le cadre de l'Epidyolex est détaillé dans notre article dédié, et les données disponibles dans celui sur les effets secondaires du CBD.

Le calcul en gouttes : ce que 2 mg représentent sur un flacon

Le pourcentage d'une huile donne sa concentration ; la quantité avalée, elle, dépend du nombre de gouttes. Si le pourcentage s'entend en masse par volume, un flacon de 10 ml annoncé à 10 % contient 1 000 mg de CBD, soit 100 mg par ml. Le chiffre le plus fiable reste la quantité totale en mg inscrite sur l'étiquette.

Une goutte n'a pas toujours le même volume : il dépend du compte-gouttes et de la viscosité de l'huile. Le conseil de la FSA (10 mg pour 4 à 5 gouttes d'huile à 5 %) suppose une vingtaine de gouttes par ml. Sur cette base :

ConcentrationCBD par mlCBD par gouttePart d'une goutte pour 2 mg
5 %50 mg2,5 mg4/5 de goutte
10 %100 mg5 mg2/5 de goutte
20 %200 mg10 mg1/5 de goutte

Au-delà de 5 %, le repère de l'EFSA correspond à une fraction de goutte qu'aucun compte-gouttes ne peut délivrer. Une gélule à 20 mg le dépasse dix fois, une gomme de 10 mg cinq fois. La méthode du compte-gouttes est décrite dans notre guide de la prise sublinguale. Les huiles du catalogue affichent leur quantité totale de CBD en mg.

Fractionner, microdoser, augmenter : ce que ça change

Le repère de l'EFSA porte sur le total de la journée, et le répartir en deux ou quatre prises n'y change rien. Le « microdosage », qui consiste à prendre de très petites quantités plusieurs fois par jour, est une pratique d'usagers qu'aucune étude comparative n'a validée. Le principe « commencer bas, augmenter lentement », très répandu dans le commerce, aide à calibrer un effet ressenti. Une quantité supérieure au repère n'en devient pas plus sûre.

Avant un usage régulier, gardez deux points en tête. Le CBD est éliminé par les enzymes du foie qui prennent aussi en charge de nombreux médicaments, d'où des interactions possibles : voir notre article sur l'effet pamplemousse. Son effet n'augmente pas forcément avec la dose, comme le détaille notre article sur l'effet biphasique. Le microdosage du THC, enfin, n'a aucun cadre légal : au-delà de 0,30 % de THC, un produit est un stupéfiant, quelle que soit la quantité prise.

Le cadre français : pas d'aliment au CBD, pas de posologie

En France, la question « combien avaler » bute d'abord sur le droit. Le ministère de l'Agriculture a rappelé le 20 mai 2026 que les denrées contenant du CBD, compléments, huiles et gommes compris, ne sont pas autorisées au titre du règlement (UE) 2015/2283 sur les nouveaux aliments. Elles doivent être retirées du marché. Les graines de chanvre, leurs dérivés comme l'huile de graines et les feuilles destinées aux infusions restent autorisés, tant qu'aucun extrait de cannabinoïdes n'y est ajouté. La situation est détaillée dans notre point sur la réglementation du CBD en 2026 et dans notre article sur le retrait des gommes.

Les mots obéissent à la même règle. L'article L. 5111-1 du Code de la santé publique considère comme un médicament tout produit présenté comme ayant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies. Écrire « 25 mg pour dormir », c'est présenter son produit comme un médicament. Une fiche sérieuse ne donne donc pas de posologie.

Pour certaines personnes, il n'y a aucun repère : l'EFSA exclut les moins de 25 ans, la grossesse, l'allaitement et les traitements en cours. L'ANSES a proposé en mars 2025 de classer le CBD comme présumé toxique pour la reproduction ; notre article sur le CBD pendant la grossesse y revient en détail. Si vous conduisez, sachez qu'une huile à spectre complet contient des traces de THC détectables par un test salivaire, comme l'explique notre guide du dépistage.

Questions fréquentes

En Europe, le repère est celui de l'EFSA : 0,0275 mg par kilo et par jour, environ 2 mg pour 70 kg. Cette valeur provisoire concerne seulement les adultes de plus de 25 ans, hors grossesse, allaitement et traitement. Au Royaume-Uni, la limite retenue est de 10 mg par jour.

Moins d'une goutte, quelle que soit la concentration courante. Avec un compte-gouttes d'environ 20 gouttes par ml, une goutte d'huile à 5 % apporte environ 2,5 mg de CBD, et une goutte à 10 % environ 5 mg.

Le calcul part d'études animales qui montrent des effets sur le foie, puis applique un facteur d'incertitude de 400 pour tenir compte des lacunes des données. L'agence reverra cette valeur lorsque de nouvelles données toxicologiques et humaines seront disponibles.

Le repère marque la limite en dessous de laquelle l'EFSA juge le risque écarté avec les données actuelles ; ce n'est pas un seuil de danger. Au-dessus, la sécurité n'est simplement pas démontrée. Aux doses médicales, bien plus élevées, la somnolence, les troubles digestifs et la hausse des enzymes du foie sont documentés.

Pas comme aliment ni comme complément alimentaire : le 20 mai 2026, le ministère de l'Agriculture a rappelé que les denrées contenant du CBD ne sont pas autorisées. Le seul CBD à avaler autorisé est un médicament, l'Epidyolex, délivré sur prescription.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.