Acheter de la beuh en ligne : ce que vous risquez en 2026
Commander de la « beuh », c'est-à-dire du cannabis, sur un site ou une messagerie est illégal en France. L'usage expose à un an de prison et 3 750 € d'amende ou, depuis le 20 août 2026, à une amende forfaitaire de 500 €. Le « cannabis légal » vendu en ligne est du chanvre dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %, et quelques vérifications permettent de repérer un site conforme.

À retenir
- Internet, réseau social ou messagerie : quel que soit le canal, le cannabis reste un stupéfiant.
- Depuis le 20 août 2026, l'amende forfaitaire pour usage s'élève à 500 €.
- Depuis 2024, l'ANSM a recensé plusieurs centaines d'intoxications liées à des produits vendus comme du CBD.
- Le chanvre se vend légalement sous 0,30 % de Δ⁹-THC, alors que les aliments et compléments au CBD doivent être retirés du marché.
- Un site conforme donne son identité légale complète et ne promet rien pour la santé.
Ce que risque l'acheteur de cannabis en ligne
Le droit français classe le cannabis parmi les stupéfiants, qu'il soit acheté dans la rue ou devant un écran. D'après service-public.gouv.fr, l'usage de stupéfiants est puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende au maximum. Pour une consommation ou la détention d'une petite quantité, les forces de l'ordre peuvent infliger une amende forfaitaire à la place. Elle s'élève à 500 €, tombe à 400 € si elle est payée sous 15 jours et monte à 1 000 € après 45 jours.
L'achat relève aussi d'un autre texte, plus sévère. L'article 222-37 du Code pénal punit « le transport, la détention, l'offre, la cession, l'acquisition ou l'emploi illicites de stupéfiants » de dix ans d'emprisonnement et de 7 500 000 € d'amende. Le juge prend en compte la quantité, la substance et le passé de la personne. Payer en cryptomonnaie ou passer par une messagerie chiffrée ne change rien à la qualification des faits.
Le vocabulaire, et la frontière entre cannabis et chanvre, sont expliqués dans notre article beuh, weed, CBD.
Un produit sans contrôle : ce que les autorités ont trouvé
Au risque pénal s'ajoute un risque pour la santé. Le 19 juin 2025, l'ANSM a fait état de plusieurs centaines d'intoxications depuis début 2024 chez des personnes qui avaient consommé des produits présentés comme contenant du CBD. E-liquides, produits à fumer, bonbons, huiles et pâtisseries figuraient parmi les formats en cause.
Les analyses y ont trouvé du THC au-delà de 0,30 %, ou des cannabinoïdes de synthèse et semi-synthétiques (HHC, HHC-O, H4-CBD, H2-CBD, MDMB-PINACA). Les symptômes signalés allaient de la somnolence et des nausées jusqu'à la tachycardie, aux hallucinations, aux convulsions et à la perte de connaissance. Le communiqué cite aussi une étude de 2023 où 8 produits sur 10 affichaient une teneur en CBD différente de la teneur mesurée.
Plusieurs de ces molécules sont des stupéfiants. L'ANSM a classé le HHC et deux dérivés à compter du 13 juin 2023, puis le H4CBD, le THCP et d'autres cannabinoïdes à compter du 3 juin 2024. Un vendeur clandestin n'a aucun intérêt à déclarer ce qu'il ajoute. En cas de litige ou d'intoxication, vous n'avez pas de recours non plus, faute de facture, de vendeur identifiable et de garantie.
« Cannabis légal » : ce que le mot désigne vraiment
Cette expression commerciale désigne le chanvre issu de variétés inscrites aux catalogues officiels, dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 % selon l'arrêté du 30 décembre 2021. Fleurs et feuilles brutes peuvent être vendues depuis que le Conseil d'État a annulé leur interdiction le 29 décembre 2022. Le CBD ne produit pas l'ivresse du THC, et ce chanvre n'a donc rien d'un cannabis récréatif affaibli.
La loi traite chaque format différemment.
| Format | Situation en France (septembre 2026) |
|---|---|
| Fleurs, résines, pollens | Vente autorisée si Δ⁹-THC ≤ 0,30 % |
| Aliments et compléments alimentaires au CBD | Illégaux, à retirer du marché (avis du 20 mai 2026) |
| E-liquides au CBD | Produits du vapotage : vente interdite aux moins de 18 ans |
| HHC, H4CBD, THCP et dérivés | Stupéfiants, interdits sous toutes formes |
Côté produits avalés, le ministère de l'Agriculture a rappelé le 20 mai 2026 que les denrées alimentaires contenant du CBD, compléments alimentaires compris, sont illégales faute d'autorisation au titre des nouveaux aliments. Ce régime est détaillé dans notre point sur la réglementation du CBD en 2026. Les e-liquides, avec ou sans nicotine, sont des produits du vapotage au sens des articles L3513-1 et L3513-5 du Code de la santé publique, qui en interdisent la vente aux mineurs.
Vérifier un site de CBD avant de commander
En quelques minutes, cinq contrôles vous évitent la plupart des mauvaises surprises.
| Point à vérifier | Où le trouver | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Identité du vendeur | Page « mentions légales » | Pas de raison sociale, de numéro RCS ou SIREN, d'adresse du siège |
| Conditions de vente | CGV et coordonnées d'un médiateur | CGV absentes ou copiées d'un autre site |
| Teneur en THC du lot | Certificat d'analyse | Aucun document, ou un certificat sans numéro de lot |
| Cannabinoïdes interdits | Même certificat | HHC, H4CBD ou THCP au catalogue |
| Discours commercial | Fiches produits | Promesse d'un effet sur la santé ou le sommeil |
Toute société qui vend en ligne doit indiquer sa dénomination, sa forme juridique, son capital, l'adresse de son siège, un courriel et un téléphone, son numéro RCS ou SIREN et son numéro de TVA. S'y ajoutent l'identité de l'hébergeur, les CGV et les coordonnées d'un médiateur. D'après le site officiel de l'administration pour les entreprises, l'absence de ces informations est punie de 375 000 € d'amende. Notre liste des mentions qu'un site CBD doit afficher les reprend une à une.
Pour le THC, c'est le certificat d'analyse qui répond. Il doit porter le numéro de lot du produit vendu et un taux de Δ⁹-THC de 0,30 % au plus, et de préférence inclure la recherche des cannabinoïdes semi-synthétiques. S'il n'est pas en ligne, demandez-le avant de payer. Notre guide pour lire un certificat d'analyse en décrit chaque ligne. La page laboratoire regroupe les références du catalogue, pour lesquelles aucun certificat de laboratoire n'est publié au 18 octobre 2026.
Pour payer, la carte bancaire vaut mieux qu'un virement vers un compte de particulier, car vous pourrez contester une opération. Gardez la facture et le numéro de lot. Les critères pour comparer les produits eux-mêmes figurent dans notre guide pour choisir un CBD de qualité.
Questions fréquentes
Non. Au-dessus de 0,30 % de Δ⁹-THC, le cannabis est un stupéfiant, quel que soit le canal d'achat. En ligne comme en boutique, seul peut être vendu le chanvre issu de variétés autorisées qui respecte ce seuil.
Depuis le 20 août 2026, l'amende forfaitaire est de 500 €, ramenée à 400 € si elle est payée sous 15 jours et portée à 1 000 € après 45 jours. Le procureur peut aussi engager des poursuites devant le tribunal, avec une peine allant jusqu'à un an de prison et 3 750 € d'amende.
Non. Faute d'autorisation comme nouvel aliment, les denrées alimentaires et compléments contenant du CBD sont illégaux et doivent être retirés du marché, a rappelé le ministère de l'Agriculture le 20 mai 2026.
Oui pour un e-liquide, dont la vente aux moins de 18 ans est interdite. Aucun texte ne fixe d'âge pour les fleurs et les résines, mais la plupart des vendeurs réservent leur site aux adultes. Notre article sur l'âge légal du CBD fait le point format par format.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.
Un site sérieux donne son identité légale complète et fournit un certificat d'analyse par lot, en ligne ou sur demande. Il ne vend ni HHC, ni H4CBD, ni THCP, et ne promet aucun effet sur la santé.