Cannabinoïde semi-synthétique
Statut en évolutionH2-CBD
Dihydrocannabidiol
2-[(1S,6S)-3-methyl-6-propan-2-ylcyclohex-2-en-1-yl]-5-pentylbenzene-1,3-diol
Alias.H2CBD · 8,9-dihydrocannabidiol
Analogue hydrogéné du CBD, non convertible en THC, classé stupéfiant en France depuis juin 2024.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₁H₃₂O₂
- Masse molaire
- 316.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 23050-49-9
- PubChem CID
- 11716677
- Première description
- La molécule est connue de longue date comme produit d'hydrogénation du cannabidiol, et une préparation à partir de précurseurs non cannabiques a été décrite par Crombie et ses collaborateurs en 1988. Ben-Shabat et ses collaborateurs en caractérisent les épimères et la liaison au récepteur CB1 en 2006. L'intérêt contemporain vient de l'équipe de Mark Mascal, à l'université de Californie à Davis, associée à l'université de Reading, qui publie en 2019 dans Scientific Reports une évaluation antiépileptique chez le rat et propose le composé comme alternative au cannabidiol, sans conversion possible en THC.
- Origine
- Le H2-CBD n'est pas un constituant du chanvre : sa présence naturelle dans Cannabis sativa n'est pas établie par la littérature. Il s'obtient par hydrogénation catalytique du cannabidiol extrait de la plante, ce qui en fait un composé hémisynthétique, ou par synthèse totale à partir d'olivétol et d'alpha-phellandrène. Les produits commercialisés sous ce nom posent un problème d'identité : le conseil consultatif britannique sur l'usage détourné des drogues souligne que l'appellation reste ambiguë, l'hydrogénation pouvant porter sur le cycle ou sur le groupe isopropényle, et que les lots vendus consistent vraisemblablement en mélanges.
- InChIKey
- PCXRACLQFPRCBB-ZWKOTPCHSA-N
En clair
Le H2-CBD est une version modifiée du cannabidiol : des chimistes ajoutent deux atomes d'hydrogène sur la molécule de CBD, ce qui supprime toute possibilité de transformation en THC. Il n'existe pas à l'état naturel dans le chanvre et se prépare en laboratoire, à partir de CBD ou de matières premières sans lien avec la plante. Les travaux publiés portent presque tous sur l'animal, et cette substance figure sur la liste française des stupéfiants depuis juin 2024.
Récepteurs et activité
- CB1Modulateur
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
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Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement12
- Clarté6
- Sommeil8
- Appétit4
- High5
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le H2-CBD diffère du cannabidiol par la saturation de la double liaison exocyclique du groupe isopropényle, une modification discrète en apparence, mais qui ferme toute voie de conversion vers le THC, au laboratoire comme dans l'estomac. Sur le plan pharmacologique, la molécule se comporte en ligand très faible du récepteur CB1 : une liaison mesurable a été rapportée pour les dérivés hydrogénés du cannabidiol, sans activation démontrée du récepteur. L'activité sur CB2, TRPV1, GPR55, PPAR gamma ou 5-HT1A n'a pas été caractérisée pour ce composé. Ce qui est établi tient à quelques travaux précliniques : une réduction du nombre et de la sévérité des crises induites par le pentylènetétrazole chez le rat, d'ampleur comparable à celle du cannabidiol, une inhibition du cytochrome P450 du même ordre, et des activités antioxydante et antibactérienne voisines in vitro. Ce qui n'est pas établi représente tout le reste : aucun essai clinique, aucune donnée de sécurité chez l'homme, et un mécanisme antiépileptique qui demeure inexpliqué puisqu'il ne passe manifestement pas par CB1.
Sources clés.
- Mascal M. et al., Synthetic, non-intoxicating 8,9-dihydrocannabidiol for the mitigation of seizures, Scientific Reports, 2019
- Wu J. et al., 8,9-Dihydrocannabidiol, an Alternative of Cannabidiol, Its Preparation, Antibacterial and Antioxidant Ability, Molecules, 2023
- Ben-Shabat S. et al., New cannabidiol derivatives: synthesis, binding to cannabinoid receptor, and evaluation of their antiinflammatory activity, Journal of Medicinal Chemistry, 2006PMID 16451075
- ANSM, Décision du 22/05/2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants
- ANSM, L'ANSM inscrit de nouveaux cannabinoïdes sur la liste des stupéfiants, 2024
- ACMD (Royaume-Uni), Semi-synthetic Cannabinoids: cannabinoids related to tetrahydrocannabinol and cannabidiol, mai 2025
- PubChem, compound CID 11716677 (8,9-dihydrocannabidiol)
Voie d'obtention (procédé chimique)
Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est pas produite par le plant de chanvre. Elle résulte de l'hydrogénation catalytique du cannabidiol, ou d'une synthèse totale à partir d'olivétol et d'alpha-phellandrène, deux précurseurs sans lien avec le cannabis.
Cadre légal
France
Substance classée comme stupéfiant en France, et nommément désignée : la décision du directeur général de l'ANSM du 22 mai 2024 inscrit le H2-CBD (dihydrocannabidiol) à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990, aux côtés du H4-CBD et de plusieurs cannabinoïdes de synthèse. Le texte est entré en vigueur le 3 juin 2024. Il ne s'agit donc pas d'un rattachement par la clause générique qui vise les tétrahydrocannabinols, leurs esters, éthers et sels, mais d'une inscription explicite par son nom. Production, vente, détention et usage relèvent depuis cette date du régime des stupéfiants.
Union européenne
Il n'existe pas de contrôle harmonisé à l'échelle de l'Union européenne, et les dérivés du cannabidiol ne figurent pas aux conventions internationales des Nations unies. Le contrôle relève donc de chaque État, avec un paysage inégal : la France nomme le H2-CBD et le H4-CBD depuis juin 2024, le Danemark a visé le H4-CBD début 2024, la Suisse hors Union également fin 2023, tandis que le Royaume-Uni ne place pas les formes hydrogénées du cannabidiol sous le Misuse of Drugs Act, son conseil consultatif ayant estimé en mai 2025 les preuves de psychoactivité insuffisantes. Ces molécules restent suivies au titre du dispositif européen d'alerte précoce sur les nouvelles substances psychoactives.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde semi-synthétique
- Origine
- Le H2-CBD n'est pas un constituant du chanvre : sa présence naturelle dans Cannabis sativa n'est pas établie par la littérature. Il s'obtient par hydrogénation catalytique du cannabidiol extrait de la plante, ce qui en fait un composé hémisynthétique, ou par synthèse totale à partir d'olivétol et d'alpha-phellandrène. Les produits commercialisés sous ce nom posent un problème d'identité : le conseil consultatif britannique sur l'usage détourné des drogues souligne que l'appellation reste ambiguë, l'hydrogénation pouvant porter sur le cycle ou sur le groupe isopropényle, et que les lots vendus consistent vraisemblablement en mélanges.
- Statut
- Statut en évolution
Cannabinoïde de type cannabidiol : noyau résorcinol porteur d'une chaîne pentyle en C5, couplé à un monoterpène cyclique dont la double liaison exocyclique 8,9 est saturée, ce qui convertit le groupe isopropényle du cannabidiol en isopropyle. Stéréochimie décrite (1S,6S).
Pharmacocinétique
Les données humaines manquent : aucune étude de pharmacocinétique clinique n'a été publiée. Les travaux précliniques reposent sur l'administration intrapéritonéale chez le rat, avec un effet anticonvulsivant qui croît avec la dose. La biodisponibilité orale, la demi-vie, la distribution tissulaire et le passage de la barrière hématoencéphalique chez l'homme ne sont pas documentés.
Métabolisme
Le métabolisme du H2-CBD n'est pas caractérisé chez l'homme et aucun métabolite urinaire n'a été décrit à ce jour. L'étude de 2019 rapporte une inhibition du cytochrome P450 comparable à celle du cannabidiol, ce qui laisse attendre un potentiel d'interaction du même ordre avec les traitements pris en charge par ces enzymes. Point structurel important : la molécule ne peut pas se convertir en THC, ni par voie chimique ni dans l'environnement acide de l'estomac.
Toxicologie et risques
Aucune donnée de toxicologie humaine n'est disponible. Chez le rat, l'administration intrapéritonéale à visée anticonvulsivante n'a pas donné lieu à des effets indésirables rapportés dans l'étude de 2019, et un travail in vitro de 2023 décrit une toxicité faible sur fibroblastes cutanés humains à des concentrations très supérieures aux concentrations actives sur bactéries. Ces éléments ne valent pas démonstration d'innocuité. L'ANSM a motivé le classement de la famille hémisynthétique par des signalements de consommation aux effets graves reçus par les centres d'évaluation et d'information sur la pharmacodépendance. S'y ajoute un risque de composition : ce qui est vendu sous le nom H2-CBD peut être un mélange d'isomères d'hydrogénation, voire contenir d'autres cannabinoïdes de synthèse.
Détection et analyse
Le H2-CBD échappe aux tests immunologiques rapides : les dérivés hydrogénés du cannabidiol ne provoquent pas de réaction croisée sur les criblages usuels du cannabis, comme cela a été constaté pour l'analogue tétrahydrogéné dans des dossiers de conduite sous influence. Une identification fiable réclame la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, la difficulté analytique portant sur la séparation des isomères de position et des diastéréoisomères issus de l'hydrogénation. Aucun dépistage de routine ne cible ce composé en France.
Références
- 1.Mascal M. et al., Synthetic, non-intoxicating 8,9-dihydrocannabidiol for the mitigation of seizures, Scientific Reports, 2019
- 2.Wu J. et al., 8,9-Dihydrocannabidiol, an Alternative of Cannabidiol, Its Preparation, Antibacterial and Antioxidant Ability, Molecules, 2023
- 3.Ben-Shabat S. et al., New cannabidiol derivatives: synthesis, binding to cannabinoid receptor, and evaluation of their antiinflammatory activity, Journal of Medicinal Chemistry, 2006PMID 16451075
- 4.ANSM, Décision du 22/05/2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants
- 5.ANSM, L'ANSM inscrit de nouveaux cannabinoïdes sur la liste des stupéfiants, 2024
- 6.ACMD (Royaume-Uni), Semi-synthetic Cannabinoids: cannabinoids related to tetrahydrocannabinol and cannabidiol, mai 2025
- 7.PubChem, compound CID 11716677 (8,9-dihydrocannabidiol)
Données structurées
- InChIKey
- PCXRACLQFPRCBB-ZWKOTPCHSA-N
- SMILES
- CCCCCC1=CC(=C(C(=C1)O)[C@@H]2C=C(CC[C@H]2C(C)C)C)O
- Formule
- C21H32O2
- Masse molaire
- 316.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 23050-49-9
- PubChem CID
- 11716677
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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