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Crème ou baume au CBD : 6 points à vérifier avant d'acheter

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10 min de lectureMis à jour le

En France, une crème, un baume ou un gel au CBD se vend légalement comme cosmétique, tant qu'il ne promet aucun effet sur une maladie. Depuis le 26 mars 2026, le comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs juge le CBD sûr jusqu'à 0,19 % dans un produit appliqué sur la peau. Pour le THC, présent comme impureté, son seuil est de 0,00025 %. Sans être encore une limite légale, ce repère reste la meilleure base de comparaison pour évaluer un soin.

Doigts plongés dans un pot de crème rose ouvert, posé sur une table blanche

À retenir

  • Un cosmétique au CBD dépend du règlement (CE) 1223/2009 et non du régime des nouveaux aliments ; il reste donc en vente après le 15 mai 2026.
  • Dans un pot de 50 ml, le repère européen de 0,19 % correspond à 95 mg de CBD.
  • En INCI, « Cannabidiol » désigne le CBD. « Cannabis Sativa Seed Oil » est une huile de graines, sans cannabinoïde notable.
  • Pour un cosmétique, « Apaise l'eczéma » ou « anti-inflammatoire » sont des allégations interdites.
  • Le même avis range le CBD parmi les sensibilisants cutanés faibles à modérés, d'où la prudence sur une peau réactive.

Le cadre : un cosmétique, ni aliment ni médicament

Pour le règlement (CE) 1223/2009, un cosmétique se définit par sa fonction : nettoyer, parfumer, modifier l'aspect, protéger ou maintenir en bon état les parties superficielles du corps. L'article 20 interdit de prêter à un produit « des caractéristiques ou des fonctions qu'il ne possède pas ». Dès qu'un produit prétend traiter une maladie de peau, il quitte le cadre cosmétique.

Le CBD y est admis depuis 2021. La MILDECA le rappelle : après l'arrêt Kanavape, la base européenne des ingrédients cosmétiques (CosIng) a été modifiée en février 2021 pour inclure le CBD pur. Les stupéfiants de la Convention de 1961 restent interdits par l'annexe II du règlement.

Un produit qui ne s'avale pas échappe au régime des nouveaux aliments. Les crèmes et baumes au CBD sont donc toujours vendus, alors que les denrées au CBD ont été retirées le 15 mai 2026 (voir la réglementation du CBD en 2026). Le produit fini doit quand même respecter le seuil de 0,30 % de Δ⁹-THC fixé par l'arrêté du 30 décembre 2021. À son article 17, le règlement cosmétique tolère par ailleurs une petite quantité non intentionnelle d'une substance interdite, si elle est techniquement inévitable et sans danger.

Le repère de 0,19 % : ce que dit l'avis européen de 2026

Le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) conseille la Commission européenne sur les ingrédients cosmétiques. Adopté le 26 mars 2026 (référence SCCS/1685/25), son avis final sur le cannabidiol aboutit à deux chiffres :

Question posée au comitéRéponseCe que cela représente
Concentration de CBD jugée sûreJusqu'à 0,19 % dans les produits pour la peau ou la bouche1,9 mg de CBD par gramme de produit
THC toléré comme impuretéJusqu'à 0,00025 %2,5 mg de THC par kilo de produit

Le comité indique que son évaluation s'appuie sur des données limitées, venues de peu de répondants. Elle concerne le CBD pur et laisse de côté les produits inhalés. Autre constat, le CBD traverse mal la peau : dans les études humaines citées, l'absorption cutanée était de 48 à 160 fois plus faible que l'absorption par la bouche.

Pour situer un produit, ramenez la quantité affichée à un pourcentage. Avec une crème de densité proche de 1, la formule est simple : pourcentage = mg de CBD ÷ (contenance en ml × 10). Un pot de 50 ml annonçant 500 mg de CBD est ainsi dosé à 1 %, cinq fois le repère européen.

Graphique : teneur en CBD d'un pot de 50 ml selon la quantité affichée, de 50 mg (0,10 %) à 1 000 mg (2 %), avec une ligne à 0,19 %
Teneur en CBD d'un pot de 50 ml et repère du CSSC. Source : CSSC, avis final SCCS/1685/25 du 26 mars 2026

À lui seul, un avis du CSSC n'interdit rien. Il revient ensuite à la Commission de fixer, si elle le décide, une concentration maximale dans les annexes du règlement. D'ici là, un produit au-delà de 0,19 % reste légal ; il dépasse seulement ce que le comité a pu juger sûr avec les données disponibles.

Crème, baume, gel, stick : ce qui change vraiment

Juridiquement, les quatre formats sont identiques. Leur base change, et avec elle la texture et les points à surveiller.

FormatBaseTexturePoint de vigilance
CrèmeÉmulsion d'eau et d'huileFluide à onctueuse, pénètre viteContient en général des conservateurs, puisqu'il y a de l'eau
BaumeCires et beurres végétaux, sans eauDense, laisse un filmRiche : plutôt pour mains, coudes, pieds
GelPhase aqueuse gélifiéeFraîcheSouvent associé à menthol ou camphre : testez d'abord sur une petite zone
StickBase solideApplication précisePetite contenance : vérifiez la teneur par gramme

Lipophile, le CBD se dissout dans les graisses ; on le trouve donc souvent dans les baumes et les huiles de massage. Pour ces dernières, voir huile de massage CBD : INCI, dilution, conservation.

Les 6 points à vérifier sur l'étiquette

  1. Cherchez le nom INCI du CBD. La liste des ingrédients suit la nomenclature internationale INCI, par ordre décroissant de poids, l'ordre devenant libre sous 1 %. « Cannabidiol » désigne le CBD, tandis que « Cannabis Sativa Seed Oil » est une huile de graines, un corps gras sans cannabinoïde notable. Un produit « au chanvre » qui ne liste que cette huile ne contient pas de CBD. Pour la différence entre les deux, voir huile de CBD ou huile de graines.
  1. Relevez la teneur, en mg et en %. Aucun texte n'impose de l'afficher. Un vendeur sérieux l'indique en mg par contenant, ce qui rend possible le calcul ci-dessus. Sans chiffre, vous ne pouvez rien comparer au repère de 0,19 %.
  1. Demandez le certificat d'analyse. Il doit porter le numéro du lot, la teneur en CBD, la ligne Δ⁹-THC et, si le laboratoire les a recherchés, l'absence de HHC, H4CBD ou THCP. Notre guide pour lire un certificat d'analyse reprend chaque ligne, et la page laboratoire décrit les méthodes de mesure.
  1. Lisez les allégations. Le règlement (UE) 655/2013 soumet toute allégation cosmétique à six critères communs : conformité avec la législation, véracité, éléments probants, sincérité, équité et choix en connaissance de cause. « Hydrate », « texture confortable » ou « pour peaux sèches » sont admis. « Anti-inflammatoire », « antidouleur », « soulage l'arthrose » ou « apaise l'eczéma » relèvent du médicament. Les limites exactes figurent dans six critères pour une allégation autorisée.
  1. Contrôlez les mentions obligatoires. Sur l'emballage, l'article 19 du règlement 1223/2009 exige d'abord le nom et l'adresse de la personne responsable et le contenu nominal. Il faut aussi la date de durabilité minimale ou la durée d'utilisation après ouverture (le pictogramme du pot ouvert), les précautions d'emploi et le numéro de lot. S'y ajoutent la fonction du produit, si elle n'est pas évidente, et la liste des ingrédients. Sans numéro de lot, aucun suivi ni rappel n'est possible.
  1. Vérifiez le parfum et les allergènes. Derrière le mot « parfum » peuvent se cacher plusieurs substances allergisantes, dont certaines doivent être nommées dans la liste. Notre article sur les allergènes parfumants explique ce qui change en 2026.

Peau sensible, grossesse, dépistage : les précautions

Si votre peau réagit facilement, tenez compte de l'avis du CSSC : il classe le CBD comme sensibilisant cutané de catégorie 1B, c'est-à-dire faible à modéré, d'après plusieurs méthodes d'essai sans animaux et un test sur cobaye. Choisissez alors une formule sans parfum et commencez par une petite zone. Le sujet est développé dans cosmétiques au CBD et peau sensible.

Grossesse et allaitement : l'ANSES a proposé en mars 2025 de classer le CBD comme toxique pour la reproduction de catégorie 1B, et la proposition est toujours examinée au niveau européen. En cas d'adoption, l'article 15 du règlement cosmétique interdirait en principe le CBD dans les cosmétiques, sauf dérogation. Tout est détaillé dans CBD toxique pour la reproduction. Par prudence, demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme.

Côté dépistage, le CBD passe peu la peau, et les tests routiers cherchent le THC. Aucune source ne garantit pour autant un résultat négatif si le produit contient du THC. Le fonctionnement de ces tests est expliqué dans CBD et test salivaire.

Si une rougeur, une démangeaison ou un gonflement apparaît, arrêtez le produit. Prévenez la personne responsable indiquée sur l'emballage et signalez l'effet à l'Anses, qui gère la cosmétovigilance en France. Un cosmétique ne remplace pas l'avis d'un dermatologue face à une maladie de peau, comme le rappelle notre point sur le CBD, l'eczéma et le psoriasis.

Questions fréquentes

Oui. Régis par le règlement (CE) 1223/2009 et non par le régime des nouveaux aliments, ils restent en vente après le 15 mai 2026, à deux conditions : 0,30 % de Δ⁹-THC au plus, et aucune allégation thérapeutique.

Il n'existe pas encore de limite légale. L'avis européen du 26 mars 2026 juge le CBD sûr jusqu'à 0,19 %, soit 95 mg pour un pot de 50 ml. Un produit plus concentré reste autorisé ; il sort simplement de ce repère.

Rien ne le montre. Pour un usage sur la peau, aucune relation entre dose et effet n'a été validée, et le CBD pénètre peu. Une teneur plus forte accroît surtout l'exposition.

Le CBD apparaît sous le nom « Cannabidiol ». L'huile de graines de chanvre, elle, s'écrit « Cannabis Sativa Seed Oil » et ne contient pas de cannabinoïde notable.

Une fois le pot vide, suivez l'Info-tri imprimé sur l'emballage : il indique quel élément va dans quel bac. Que la formule contienne du chanvre ne modifie pas la consigne de tri.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.