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← Journal/Lifestyle·18 mai 2026·6 min de lecture

Cosmétiques au CBD et peau sensible : ce que permet la France

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Les cosmétiques au CBD sont légalement commercialisés en France, le cannabidiol étant inscrit à la base CosIng européenne. En revanche, aucune allégation thérapeutique sur l'eczéma ou toute autre dermatose n'est autorisée : ces produits ne sont pas des médicaments.

Cosmétiques au CBD et peau sensible : ce que permet la France

L'eczéma : une réalité médicale qui appelle un cadre médical

L'eczéma — terme générique couvrant la dermatite atopique, la dermatite de contact, l'eczéma dyshidrosique et plusieurs autres formes — relève de la prise en charge dermatologique. La Haute Autorité de Santé recommande une approche graduée : émollients réguliers, dermocorticoïdes en poussée, immunomodulateurs topiques en seconde ligne, biothérapies dans les formes sévères.

Aucun cosmétique ne se substitue à ce parcours. La distinction est juridique avant d'être médicale : un produit revendiquant de « soigner » ou « traiter » l'eczéma serait requalifié en médicament par présentation au sens de l'article L.5111-1 du Code de la santé publique.

Le cadre cosmétique : le plus favorable au CBD en France

Parmi toutes les catégories CBD, les cosmétiques bénéficient du régime juridique le plus stable. Le cannabidiol est inscrit depuis février 2021 dans la base CosIng (Cosmetic Ingredients Database) de la Commission européenne. La Commission européenne a en outre autorisé en 2024 l'usage des feuilles de chanvre dans les cosmétiques.

Cette inscription rend leur commercialisation possible au titre du règlement (CE) n° 1223/2009, à condition que :

  • Le produit soit déclaré sur le portail européen CPNP avant mise sur le marché ;
  • Un dossier d'information produit (DIP) soit tenu à disposition de l'ANSM ;
  • Une personne responsable soit identifiée dans l'Union européenne ;
  • Le produit ne contienne pas de THC au-delà du seuil de contamination acceptable.

Le règlement Novel Food ne s'applique pas aux cosmétiques, ce qui les distingue des compléments alimentaires CBD désormais restreints depuis le 15 mai 2026.

Les allégations cosmétiques autorisées

Le règlement (UE) n° 655/2013 encadre les allégations cosmétiques selon six critères : conformité légale, véracité, éléments justificatifs, sincérité, équité, choix éclairé du consommateur. Pour un produit topique au CBD destiné à une peau sensible, les formulations admises restent factuelles ou esthétiques :

  • « Hydratation et confort de la peau » ;
  • « Apaise les sensations d'inconfort cutané » ;
  • « Pour peaux sensibles » ;
  • « Soin de la barrière cutanée » ;
  • « Massage relaxant des zones tendues ».

Les formulations interdites parce que thérapeutiques :

  • « Traite l'eczéma » ;
  • « Anti-inflammatoire » ;
  • « Soulage le psoriasis » ;
  • « Cicatrise » ;
  • « Réduit les démangeaisons liées à une dermatose » ;
  • « Alternative aux dermocorticoïdes ».

La frontière est précise : le cosmétique peut améliorer l'aspect et le confort cutanés ; il ne peut pas agir sur une pathologie.

Composition typique d'un baume au CBD pour peau sensible

Une formulation classique pour peau réactive associe :

  • Extrait de chanvre standardisé en CBD ;
  • Beurres végétaux (karité, cacao) pour la phase grasse ;
  • Huiles riches en oméga-3 (huile de chanvre, huile de cameline) ;
  • Cires d'abeille ou cires végétales (candelilla, carnauba) pour la consistance ;
  • Agents apaisants traditionnels (calendula, bisabolol, allantoïne, panthénol) ;
  • Conservateurs conformes à l'annexe V du règlement cosmétique.

Plusieurs de ces ingrédients — panthénol, allantoïne, bisabolol — disposent d'une documentation dermatologique solide et sont également présents dans les soins de pharmacie. Le CBD vient s'ajouter à cette base sans en modifier la nature cosmétique.

La cosmétovigilance : votre filet de sécurité

L'ANSM gère le dispositif national de cosmétovigilance qui recueille les déclarations d'effets indésirables liés aux produits cosmétiques. Toute réaction inattendue (rougeur, prurit, érythème, urticaire de contact) doit être signalée :

  • Au fabricant (via les coordonnées indiquées sur l'emballage) ;
  • À l'ANSM (portail de signalement) ;
  • À un professionnel de santé en cas de symptôme persistant.

Le signalement permet l'évaluation collective des risques et, le cas échéant, le retrait ou la reformulation du produit. Les contrôles 2024 de la DGCCRF ont relevé un taux d'infraction d'environ 15 % sur les produits CBD français.

Le test cutané : un réflexe simple

Avant d'appliquer un nouveau cosmétique sur une zone étendue ou une peau sensibilisée, un test sur le pli du coude pendant 48 heures permet de repérer une intolérance individuelle. Cette précaution est particulièrement pertinente pour les peaux atopiques, plus susceptibles de réagir aux ingrédients végétaux concentrés.

À retenir

  • Le CBD est inscrit à la base CosIng européenne depuis 2021 : les cosmétiques au CBD sont légaux en France.
  • Aucune allégation thérapeutique sur l'eczéma ou toute dermatose n'est autorisée pour un cosmétique.
  • Un cosmétique au CBD ne remplace pas la prise en charge dermatologique recommandée par la HAS.
  • Le règlement Novel Food ne s'applique pas aux cosmétiques (à la différence des ingérés depuis le 15 mai 2026).
  • Tester un nouveau produit au pli du coude pendant 48 heures avant une application étendue.

Questions fréquentes

Non. La revendication de soigner une dermatose relève de l'allégation thérapeutique, réservée aux médicaments avec AMM. Un cosmétique peut au mieux contribuer au confort cutané et à l'hydratation, en accompagnement d'une prise en charge médicale.

En cas de dermatose active ou suivie médicalement, oui. Le professionnel de santé peut juger de la compatibilité du soin avec votre traitement et écarter une éventuelle interaction ou aggravation.

L'inscription CosIng utilise plusieurs dénominations selon la forme : « Cannabidiol » pour la molécule isolée, « Cannabis Sativa Leaf Extract » pour un extrait de feuilles, « Cannabis Sativa Seed Oil » pour l'huile de graines (sans CBD).

L'absorption transcutanée du THC à partir d'un cosmétique conforme est généralement négligeable. Le risque de positivité salivaire reste théorique, mais aucune étude n'a établi de seuil de contamination à craindre pour un usage cosmétique normal.

Un dermocorticoïde est un médicament avec AMM, indication, posologie et durée d'usage encadrées par prescription. Un cosmétique au CBD est un produit de consommation courante, sans visée thérapeutique, dont l'efficacité sur une pathologie n'est pas évaluée.

Le CBD n'est pas un médicament. En cas de dermatose chronique ou de symptôme cutané persistant, consultez un dermatologue. Pour explorer notre sélection de cosmétiques au CBD, [consultez notre catalogue](/categories/produits-formats).

Sources


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.

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