Zkittlez : origine, arômes et fleur de CBD
Zkittlez désigne d’abord une lignée de cannabis connue pour son profil fruité, pas une formule chimique fixe. En France, une fleur CBD vendue sous ce nom s’examine à partir de son lot et de son certificat d’analyse. Le nom seul ne prouve ni sa génétique ni sa composition.

Sommaire
- 01D’où vient la Zkittlez et pourquoi a-t-elle changé de nom ?
- 02Quels arômes et quels terpènes prête-t-on à la Zkittlez ?
- 03Que montre le certificat d’analyse d’une fleur Zkittlez ?
- 04Quel taux de THC vérifier pour une fleur vendue en France ?
- 05Comment comparer deux lots de fleur Zkittlez ?
- 06Questions fréquentes
Le nom lui-même a changé. En 2023, Terphogz, producteur installé à Ukiah dans le comté de Mendocino, a conclu un accord avec Mars Wrigley, fabricant des bonbons Skittles. La marque utilise désormais le nom « The Original Z » (The Press Democrat, 2023).
> À retenir > > - Zkittlez a été popularisée en Californie dans les années 2010 par les cultivateurs de Terp Hogz, avec 3rd Gen Family. > - Sa généalogie déclarée associe Grape Ape et Grapefruit à une troisième variété non divulguée. > - Depuis un accord conclu en 2023 avec le fabricant des Skittles, Terphogz la vend sous le nom de The Original Z. > - Pour une fleur de CBD de ce nom, le certificat du lot doit confirmer un Δ⁹-THC de 0,30 % au plus.
D’où vient la Zkittlez et pourquoi a-t-elle changé de nom ?
Zkittlez est une sélection californienne souvent rattachée au comté de Mendocino. Selon la fiche Leafly, la plante viendrait d’un cultivateur surnommé « Gas Station Bob ». Les cultivateurs Fields et Tony Mendo, réunis sous le nom de Terp Hogz, l’ont popularisée avec Brandon Parker, de 3rd Gen Family. Une attribution répétée n’équivaut pas pour autant à une généalogie vérifiée par un registre public.
Leafly décrit un croisement présumé de Grape Ape et de Grapefruit, lui-même croisé avec une variété non divulguée. Ce troisième parent inconnu suffit à rendre la généalogie invérifiable. Une graine vendue sous ce nom peut aussi donner une plante différente de la sélection initiale, car les descendants d’un hybride varient.
La variété a remporté la première place de l’Emerald Cup en 2016, un concours californien de cannabis biologique cultivé en extérieur. Les fleurs primées avaient été cultivées par les Dookie Brothers (The Emerald Magazine, 2017).
Le nom a aussi une histoire juridique. En mai 2021, Mars Wrigley a saisi la justice fédérale à Chicago, estimant la marque Zkittlez trop proche de ses Skittles. Selon le Press Democrat, l’accord de 2023 s’est conclu sans dommages et intérêts. Terphogz a renoncé au nom Zkittlez au profit de « The Original Z ».
Une fleur CBD appelée Zkittlez en France ne doit pas être confondue avec la sélection d’origine riche en THC. Le nom peut reprendre une lignée ou un profil aromatique, tandis que le produit vendu relève d’une composition différente. Il faut donc lire la fiche du lot concerné, plutôt que transposer à la fleur CBD des données issues d’une autre plante.
Dans le commerce, « variété » et « cultivar » ne précisent pas toujours si le produit vient d’une génétique connue, d’un croisement ou d’une fleur rapprochée de ce profil. Une fiche doit dire ce qu’elle affirme : origine déclarée, mode de culture et résultats analytiques associés au lot.
Quels arômes et quels terpènes prête-t-on à la Zkittlez ?
Les descriptions associées à Zkittlez évoquent souvent les fruits mûrs, les agrumes et une note sucrée rappelant les confiseries. Certaines fleurs peuvent aussi présenter un fond plus terreux ou épicé. Ce vocabulaire aide à se représenter un profil, mais reste une description sensorielle, pas une mesure de laboratoire.
L’odeur et le goût d’une fleur de chanvre tiennent en partie à ses terpènes, des composés aromatiques que produisent aussi beaucoup d’autres végétaux. Pour la Zkittlez, la fiche Leafly place en tête le caryophyllène, suivi du linalol et de l’humulène. Leur présence et leur proportion varient pourtant selon le phénotype, la culture et le lot.
Aucun de ces noms ne peut être déduit du seul mot Zkittlez. Une fiche qui cite un terpène sans donner de résultat chiffré ne permet pas de comparer précisément deux lots.
Ce que les mots de dégustation peuvent dire
« Fruité » est une famille de perceptions, pas un descripteur assez précis pour distinguer deux fleurs. Une description comme « agrume en tête, note sucrée ensuite, fond terreux » est plus utile, à condition qu’elle corresponde à la fleur vendue. La comparaison gagne en valeur quand l’odeur observée est rapprochée du profil terpénique mesuré sur le même lot.
Un profil peut aussi évoluer après la récolte. Le temps, l’exposition à l’air et à la lumière ou un stockage inadapté peuvent altérer les composés aromatiques. Une variation d’odeur entre deux achats n’établit donc pas, à elle seule, une erreur d’étiquetage. Elle justifie plutôt de vérifier le numéro de lot et la date de l’analyse associée.
Lire une analyse terpénique avec mesure
Vérifiez d’abord si le document donne une liste de composés ou des pourcentages. Une liste confirme uniquement que certains terpènes ont été recherchés ou détectés selon la méthode indiquée. Des valeurs chiffrées permettent une comparaison plus fine, mais seulement si les unités et la méthode sont explicites.
Distinguez aussi analyse sensorielle et analyse instrumentale. Une description organoleptique vient d’une appréciation de l’odeur ou du goût. Une analyse en laboratoire mesure des composés selon un protocole. Les deux informations peuvent se compléter, mais elles ne se remplacent pas.
Que montre le certificat d’analyse d’une fleur Zkittlez ?
Un certificat d’analyse, souvent appelé COA, présente les résultats obtenus sur un échantillon. Pour une fleur CBD, il peut notamment indiquer les cannabinoïdes mesurés et la méthode employée. Il ne prouve ni la généalogie de la plante, ni les pratiques de culture, ni la composition de chaque fleur du paquet.
Le CBD et le THC sont deux cannabinoïdes distincts. Le résultat du THC sert à vérifier le seuil applicable au produit. Lisez les unités avec attention : un pourcentage, une concentration en milligrammes par gramme et une valeur sur matière sèche ne se comparent pas sans conversion.
HPLC désigne une méthode de chromatographie liquide souvent utilisée pour mesurer les cannabinoïdes. Une méthode de chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse peut servir à analyser des composés volatils, dont certains terpènes. La méthode indiquée précise comment les résultats ont été obtenus. Elle ne suffit pas pour juger de la qualité globale d’une fleur.
Sur le certificat, cherchez le nom du laboratoire, la date de l’analyse, l’identification de l’échantillon et le numéro de lot. Le numéro de lot doit correspondre à celui de l’étiquette ou de la fiche produit. Un PDF associé à un autre lot ne permet pas de vérifier la fleur que vous avez sous les yeux.
Une accréditation ISO/IEC 17025 porte sur la compétence d’un laboratoire pour des activités d’essai précises. Elle ne garantit pas que tous ses tests couvrent chaque composé recherché. Pour contrôler ce périmètre, appuyez-vous sur notre guide de vérification d’une accréditation.
Les limites à garder en tête
Un certificat est une photographie analytique d’un échantillon. Il ne transforme pas une allégation commerciale en preuve de génétique. Il ne permet pas non plus d’affirmer que toutes les unités d’un lot ont exactement les mêmes valeurs, car le résultat dépend de l’échantillonnage et du protocole.
Quand le document comporte plusieurs pages, repérez les résultats chiffrés plutôt que de vous arrêter à un logo ou à une mention « testé en laboratoire ». Notez le nom exact du lot, la date, les analytes recherchés et les limites de détection si elles sont indiquées. Ce contrôle est plus utile qu’un taux isolé repris dans un texte de vente.
Quel taux de THC vérifier pour une fleur vendue en France ?
Pour une fleur CBD commercialisée en France, contrôlez que le Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 % et que le document correspond bien au lot proposé. Ce seuil est fixé par l’arrêté du 30 décembre 2021, qui exige aussi une variété inscrite aux catalogues officiels.
Le chiffre imprimé sur une fiche ne remplace pas l’analyse. Une mention « conforme » est moins utile qu’un résultat lisible, lié au lot et accompagné de l’identification de l’échantillon. Si l’étiquette, la fiche et le PDF portent des références différentes, la vérification n’est pas complète.
La conformité se juge aussi au regard du produit fini. Ne transposez pas une analyse de matière première à une fleur transformée ou mélangée. Le document doit correspondre au produit commercialisé, et pas seulement à une variété évoquée dans sa description.
Le respect du seuil de THC ne suffit pas à établir toutes les conditions de vente. L’origine de la matière végétale, les règles applicables au produit et sa présentation comptent aussi. Présentée comme un aliment, une fleur change de régime : aucune denrée alimentaire au CBD n’est autorisée à la vente, rappelle le ministère de l’Agriculture.
Pour suivre le débat français sur les fleurs et le seuil de THC, l’explication consacrée à l’interdiction des fleurs CBD et à son annulation apporte un contexte complémentaire.
Comment comparer deux lots de fleur Zkittlez ?
Le nom Zkittlez n’impose pas une seule méthode de culture. Des fleurs vendues sous cette appellation peuvent provenir de cultures en intérieur, sous serre ou en plein champ. La méthode, à elle seule, ne prouve ni l’identité génétique ni la conformité du THC. Elle renseigne sur le contexte de production déclaré et aide à comprendre pourquoi deux lots peuvent différer.
La traçabilité commence par un identifiant de lot qui reste cohérent sur l’étiquette, la fiche produit et le certificat. Un QR code peut mener à une page de contrôle, mais il faut vérifier que le document ouvert reprend le même numéro. Un code qui mène à une page générale ou à un certificat d’un autre lot n’apporte pas la même preuve.
Chez Phytogrammes, la fiche Mango Zkittlez CBD sert d’exemple : c’est une fleur de chanvre dont le nom reprend celui de la Zkittlez. Pour le lot PG-26-1D35, relevé le 6 octobre 2026, l’analyse HPLC donne 7,7 % de CBD, 1,2 % de CBDA et 0,2 % de Δ⁹-THC. Côté culture, la fiche déclare une production en intérieur sur substrat coco-perlite ; côté arômes, un profil dominé par le limonène et le myrcène. Le caryophyllène cité par Leafly n’y figure pas en tête.
Les autres produits du catalogue de fleurs, résines et huiles analysées par lot se lisent de la même façon.
Une comparaison utile entre deux lots
Évitez de comparer seulement les noms ou les photos. Relevez les données dans le même ordre, afin de repérer ce qui est comparable et ce qui ne l’est pas.
- Identité : nom commercial, forme du produit et numéro de lot.
- Culture : méthode déclarée, origine indiquée et informations de récolte lorsqu’elles sont fournies.
- Analyse : laboratoire, date, méthode et unités utilisées.
- Composition : valeurs mesurées pour le CBD et le THC, puis profil terpénique s’il est disponible.
Un tableau personnel peut aider à comparer deux certificats sans confondre leurs unités. Si l’un donne une valeur en pourcentage et l’autre en milligrammes par gramme, ne classez pas les lots avant d’avoir vérifié la base de calcul.
Cas pratique Deux fleurs portent le nom Zkittlez : l’une affiche le limonène en tête, l’autre le caryophyllène. Aucune n’est « fausse » pour autant. Vérifiez que chaque profil provient d’un certificat de lot, puis choisissez sur ces mesures plutôt que sur le nom.
Pour examiner une fleur portant ce nom, la meilleure décision repose donc sur des éléments vérifiables : lot identifiable, analyse correspondante et description de culture clairement formulée. Ces repères rejoignent les critères vérifiables pour choisir un CBD. Les termes aromatiques servent ensuite à choisir un profil, sans promettre une composition identique d’un achat à l’autre.
Questions fréquentes
Que signifie le nom Zkittlez sur une fleur CBD ?
Zkittlez indique généralement une lignée revendiquée ou un profil aromatique associé aux fruits et aux notes sucrées. Le nom ne garantit pas une génétique précise ni une composition donnée. Pour vérifier une fleur CBD, consultez son numéro de lot et le certificat d’analyse correspondant, puis distinguez les informations déclarées des résultats mesurés.
Pourquoi la Zkittlez s’appelle-t-elle aussi The Original Z ?
Mars Wrigley, fabricant des Skittles, a attaqué la marque en justice en 2021 pour sa ressemblance avec le nom de ses bonbons. L’accord conclu en 2023 a conduit Terphogz à abandonner le nom Zkittlez au profit de « The Original Z ». L’ancien nom reste courant dans le commerce, y compris pour des fleurs de CBD.
Quels arômes sont associés à Zkittlez ?
Les descriptions évoquent souvent des notes fruitées, sucrées et parfois acidulées, avec des nuances d’agrumes. Leafly place le caryophyllène en tête de ses terpènes, devant le linalol et l’humulène. Le profil réel varie selon le phénotype, la culture et la conservation, et seule une analyse du lot le précise.
Quel taux de THC vérifier pour une fleur CBD vendue en France ?
Le plafond est de 0,30 % de Δ⁹-THC selon l’arrêté du 30 décembre 2021, et la variété doit figurer aux catalogues officiels. Vérifiez la valeur sur un certificat associé au lot concerné. Le nom commercial ou une mention générale de conformité ne remplace pas un résultat d’analyse lisible.
Un certificat d’analyse prouve-t-il que la fleur est bien Zkittlez ?
Non, un certificat d’analyse renseigne sur les composés mesurés dans l’échantillon, pas sur la généalogie de la plante. Il peut aider à vérifier les cannabinoïdes et parfois les terpènes. Pour évaluer l’identité déclarée, examinez aussi les informations d’origine et de culture, en gardant à l’esprit que le nom seul ne constitue pas une preuve génétique.
Pourquoi deux fleurs portant le même nom peuvent-elles avoir des arômes différents ?
Deux fleurs peuvent différer parce que leur phénotype, leur culture, leur récolte ou leur conservation ne sont pas identiques. Le nom commercial ne fixe pas les proportions de terpènes. Comparez donc les descriptions et les certificats des lots concernés, sans supposer que les résultats d’une fleur s’appliquent à une autre.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.