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Fleurs de CBD : l'arrêté d'interdiction et son issue légale
Par L’équipe Phytogrammes ·
Un arrêté publié fin 2021 a tenté d'interdire la vente et la détention de fleurs et feuilles brutes de chanvre destinées à la consommation en France. Le Conseil d'État l'a suspendu dès le 24 janvier 2022, puis annulé sur le fond le 29 décembre 2022 : la vente de fleurs de CBD reste donc légale aujourd'hui, sous réserve du respect du seuil de THC.

Ce que prévoyait le texte
L'arrêté du 31 décembre 2021 visait spécifiquement les fleurs et feuilles brutes de chanvre, qu'elles soient destinées à être fumées, infusées ou consommées telles quelles. Il n'interdisait pas les extraits transformés, comme les huiles ou les résines, ce qui créait une distinction juridique inédite entre la matière brute et le produit transformé, alors que les deux proviennent de la même plante et respectent le même seuil de THC.
Cette distinction a immédiatement posé un problème de cohérence : un produit jugé conforme sous forme d'extrait devenait interdit sous forme de fleur séchée, sans justification sanitaire clairement établie dans le texte.
La suspension en référé
Saisi en urgence par des professionnels du secteur, le Conseil d'État a suspendu l'application de l'arrêté dès le 24 janvier 2022, à peine trois semaines après sa publication. La juridiction a estimé qu'il existait un doute sérieux sur la légalité du texte, notamment au regard du principe de libre circulation des marchandises au sein de l'Union européenne, déjà affirmé par la jurisprudence Kanavape de la Cour de justice.
Cette suspension en référé n'a pas tranché le fond du dossier : elle a seulement gelé l'application de l'arrêté le temps que le Conseil d'État statue définitivement.
L'annulation définitive fin 2022
Près d'un an plus tard, le Conseil d'État a tranché sur le fond, le 29 décembre 2022 : l'arrêté interdisant la vente et la détention de fleurs et feuilles brutes de chanvre a été annulé. La juridiction a jugé que l'interdiction n'était pas proportionnée à l'objectif de protection de la santé publique invoqué par l'administration, dès lors que le produit respecte le seuil légal de THC.
Cette décision a mis fin à près d'un an d'incertitude pour les boutiques spécialisées, qui avaient dû adapter leur offre dans l'intervalle.
Le seuil de THC, repère central
Indépendamment du sort de cet arrêté, un autre texte de la même période continue de structurer le secteur : l'arrêté du 30 décembre 2021 fixe la liste des variétés de chanvre autorisées à la culture et le seuil de THC toléré, actuellement 0,30 % dans le produit fini. C'est ce seuil, et non la forme du produit (fleur, extrait, cosmétique), qui détermine la légalité d'un produit CBD en France.
Ce qui reste applicable aujourd'hui
Depuis l'annulation de 2022, la vente de fleurs et feuilles brutes de CBD est légale en France, dans les mêmes conditions que tout autre produit dérivé du chanvre :
- Le taux de THC du produit fini doit rester inférieur au seuil réglementaire.
- La variété cultivée doit figurer sur la liste des variétés autorisées.
- Le produit ne doit faire l'objet d'aucune allégation thérapeutique.
Pour comprendre comment cette séquence a modifié les pratiques des boutiques, notre article sur 2021, l'année qui a redessiné le cadre du CBD en France revient sur le contexte plus large de cette période.
Questions fréquentes
Oui. Depuis l'annulation de l'arrêté par le Conseil d'État en décembre 2022, la vente de fleurs et feuilles brutes de chanvre est légale, sous réserve du respect du seuil de THC applicable au produit fini.
Le texte distinguait la matière brute des produits transformés, une distinction que le Conseil d'État a jugée insuffisamment justifiée pour fonder une interdiction proportionnée.
Trois semaines seulement séparent la publication du texte fin décembre 2021 et sa suspension par le Conseil d'État le 24 janvier 2022, saisi en référé par des professionnels du secteur.
Non. Le seuil de 0,30 % fixé par l'arrêté du 30 décembre 2021 pour le produit fini reste la référence en vigueur, indépendamment du sort de l'arrêté sur les fleurs brutes.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
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