THCPO : ester de synthèse du THCP, interdit en France
Le THCPO est un ester de synthèse obtenu par acétylation du THCP, sur le même principe chimique que le THC-O est dérivé du THC. Cette molécule n'existe pas naturellement dans le chanvre et s'inscrit dans la même vague de cannabinoïdes semi-synthétiques que l'ANSM a classés stupéfiants en France en juin 2024.

Sommaire
Qu'est-ce que le THCPO ?
Le suffixe « O » désigne, dans la nomenclature informelle du secteur, un ester acétate d'un cannabinoïde de base. La molécule d'origine est modifiée chimiquement par ajout d'un groupe acétate, une transformation qui vise à en changer la biodisponibilité et l'intensité de l'effet ressenti. Le THCPO est ainsi l'équivalent estérifié du THCP, lui-même un analogue du THC à chaîne latérale allongée, présent à l'état de traces dans la plante et surtout obtenu par semi-synthèse.
Une molécule à double titre artificielle
Le THCPO cumule deux niveaux de transformation chimique par rapport au THC naturel : d'abord la modification de la chaîne latérale qui caractérise le THCP, puis l'estérification qui caractérise les composés en « O ». La plante ne contient que des traces de THCP, que le commerce obtient donc par semi-synthèse, et l'estérification ne se produit pas naturellement dans le chanvre. Cette double synthèse rapproche le THCPO d'autres esters apparus au même moment sur le marché, comme le HHCPO, ester acétate du HHCP.
Absence de données de sécurité publiées
Comme pour la plupart des cannabinoïdes semi-synthétiques apparus rapidement sur le marché entre 2022 et 2024, aucune étude toxicologique ou pharmacocinétique publiée et validée par une agence sanitaire ne documente le profil de sécurité du THCPO chez l'humain. Pour une molécule récente et entièrement synthétique comme celle-ci, l'absence de recul et de données cliniques est une raison sérieuse de prudence avant toute consommation.
Le cadre réglementaire applicable en France
Le THCPO s'inscrit dans la même famille réglementaire que le THCP et le HHCPO, tous deux explicitement classés stupéfiants par la décision de l'ANSM du 22 mai 2024, entrée en vigueur le 3 juin 2024. Le THCPO n'y est pas nommé, mais cette décision vise aussi les dérivés du benzo[c]chromène (hors CBN), noyau chimique du THCP et donc de son ester. Elle a été prise pour couvrir la vague de dérivés esters et d'analogues chimiques qui contournaient les précédentes interdictions du HHC. L'ANSM avait déjà classé stupéfiants, le 12 juin 2023, le HHC ainsi que le HHCO et le HHCP. Un produit commercialisé sous le nom THCPO, ou tout dérivé chimique proche, relève de ce même cadre prohibitif.
Ce qu'il faut retenir
Un cannabinoïde dont le nom se termine en « O » signale presque toujours un ester de synthèse, non naturel, produit en laboratoire pour modifier l'effet d'un cannabinoïde de base. En France, cette famille de molécules est aujourd'hui interdite à la vente et à la détention, quelle que soit sa présentation commerciale. Un produit CBD conforme, avec certificat d'analyse et absence de cannabinoïdes de synthèse, reste la seule option documentée et légale. Pour approfondir le sujet des dérivés interdits, consultez notre guide sur le THC et le cadre français.
Questions fréquentes
Le THCPO existe-t-il naturellement dans le chanvre ?
Non. Elle est entièrement obtenue par synthèse chimique, à partir du THCP, lui-même déjà rare à l'état naturel dans la plante.
Le THCPO est-il légal en France ?
Non. Il relève de la même famille réglementaire que le THCP et le HHCPO, classés stupéfiants par l'ANSM depuis juin 2024.
Pourquoi certains cannabinoïdes portent-ils un « O » dans leur nom ?
Ce suffixe désigne informellement un ester acétate du cannabinoïde de base, une modification chimique censée en changer la biodisponibilité et l'intensité perçue.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.
Comment éviter d'acheter un produit contenant du THCPO ?
Exigez systématiquement un certificat d'analyse récent d'un laboratoire indépendant, qui doit lister précisément les cannabinoïdes présents et confirmer l'absence de dérivés interdits.