Aller au contenu

← Journal/Réglementation·16 mai 2026·4 min de lecture

Cannabis médical : histoire d'un usage millénaire

Par ·

Le cannabis figure dans des pharmacopées chinoises, indiennes et égyptiennes depuis plusieurs millénaires, utilisé comme antidouleur ou antispasmodique empirique. Ce n'est qu'au XXe siècle que la substance est classée stupéfiant dans la plupart des pays, avant qu'un cadre médical strict, distinct du CBD bien-être vendu en boutique, ne réapparaisse à partir des années 2010.

Cannabis médical : histoire d'un usage millénaire

D'où vient l'usage médical du cannabis ?

Les textes de pharmacopée chinoise mentionnent le chanvre comme remède contre la douleur et les troubles digestifs dès l'Antiquité. La plante circule ensuite via les routes commerciales vers l'Inde, où elle s'intègre à la médecine ayurvédique, puis vers le Moyen-Orient et l'Europe. Au XIXe siècle, des médecins occidentaux comme William O'Shaughnessy documentent son usage contre les spasmes et les convulsions. Cette reconnaissance médicale s'interrompt brutalement au XXe siècle : la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 classe le cannabis parmi les substances les plus contrôlées, freinant la recherche pendant des décennies.

Comment la France a-t-elle expérimenté le cannabis médical ?

L'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a lancé en mars 2021 une expérimentation du cannabis à usage médical, encadrée et limitée à un nombre restreint de patients suivis en milieu hospitalier. Elle concerne des situations cliniques précises : douleurs neuropathiques résistantes aux traitements disponibles, certaines formes d'épilepsie sévère, soins de support en oncologie, situations palliatives et spasticité liée à la sclérose en plaques. Cette expérimentation, plusieurs fois prolongée, reste distincte du marché du CBD bien-être : elle repose sur une prescription médicale et un suivi hospitalier, pas sur un achat en boutique.

Quels médicaments à base de cannabis existent aujourd'hui ?

Deux médicaments illustrent cette filière pharmaceutique encadrée. Le Sativex (nabiximols), un spray buccal associant THC et CBD, est autorisé dans plusieurs pays européens pour la spasticité liée à la sclérose en plaques. L'Épidyolex (cannabidiol purifié), développé par GW Pharmaceuticals, a obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe pour certaines formes rares et sévères d'épilepsie infantile, comme les syndromes de Dravet et de Lennox-Gastaut. Ces produits sont des médicaments au sens strict : ils suivent le circuit pharmaceutique classique, avec essais cliniques, autorisation de mise sur le marché et prescription obligatoire.

Pourquoi le CBD bien-être n'est-il pas un médicament ?

Le CBD vendu en boutique française relève d'un statut totalement différent : complément alimentaire, cosmétique ou produit de consommation courante, jamais de médicament. Aucune autorité française, ni l'ANSM ni la HAS, n'a validé d'allégation thérapeutique pour ces produits. Cette distinction n'est pas qu'administrative : elle conditionne ce qu'une marque a le droit de dire. Un médicament comme l'Épidyolex peut revendiquer un effet anticonvulsivant documenté par des essais cliniques ; une huile de CBD vendue en boutique ne le peut pas, quelle que soit sa qualité. Pour comprendre ce que le cadre français autorise à dire sur le CBD bien-être, consultez notre panorama des usages rapportés.

Questions fréquentes

Seuls les patients inclus dans l'expérimentation de l'ANSM, suivis en milieu hospitalier et sous prescription, y ont accès. Ce n'est pas un produit disponible librement en pharmacie ni en boutique CBD.

Non. Il relève du statut de complément alimentaire ou de cosmétique selon la forme, jamais de médicament au sens du Code de la santé publique.

Le Sativex associe THC et CBD à doses pharmaceutiques précises, autorisé après essais cliniques pour une indication médicale définie. Une huile de CBD bien-être contient au maximum 0,30 % de THC et n'a aucune indication thérapeutique reconnue.

Elle a été prolongée à plusieurs reprises depuis 2021. Son évolution vers un cadre pérenne dépend de décisions réglementaires encore en discussion au niveau national.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.

Les produits Phytogrammes qui s’accordent