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Northern Lights : histoire d'une variété de cannabis aux origines floues

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15 min de lecture

La Northern Lights est une variété de cannabis à dominante indica, diffusée depuis les Pays-Bas à partir de 1985. Son origine américaine et ses parents, souvent dits afghans et thaïlandais, ne sont attestés par aucun registre. En France, une fleur de CBD vendue sous ce nom reste un chanvre à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus, à juger sur l'analyse du lot.

Jeune plant de cannabis Northern Lights aux feuilles larges, cultivé en pot en Finlande en 2009.
Sommaire
  1. 01D'où vient la Northern Lights ?
  2. 02Comment est-elle arrivée aux Pays-Bas ?
  3. 03Quels sont les parents de la Northern Lights ?
  4. 04Pourquoi ce nom d'aurore boréale ?
  5. 05Quels prix la Northern Lights a-t-elle remportés ?
  6. 06Quels arômes et quels terpènes lui associe-t-on ?
  7. 07Quelles variétés descendent de la Northern Lights ?
  8. 08Que vend-on en France sous le nom Northern Lights ?
  9. 09Comment lire l'analyse d'une fleur vendue sous ce nom ?
  10. 10Questions fréquentes
  11. 11Sources et dates

La base de variétés Leafly résume cette incertitude en une phrase. Selon la « rumeur », la plante aurait germé près de Seattle, avant d'être propagée depuis la Hollande après 1985 (Leafly, consultation le 11 octobre 2026). Les récits publiés depuis divergent sur le lieu et sur les parents. Ils s'accordent sur un point : la variété a servi de parent à une longue série d'hybrides.

À retenir

  • Les sources situent sa naissance dans le nord-ouest des États-Unis, près de Seattle ; High Times la disait californienne en 2014.
  • La variété arrive aux Pays-Bas en 1985, à la Seed Bank de Nevil Schoenmakers, reprise par Sensi Seeds en 1990 ou 1991.
  • Les parents déclarés sont afghans et thaïlandais ; la base SeedFinder juge la lignée inconnue.
  • Sur une fleur de CBD, ce nom ne prouve ni une ascendance ni un profil : le lot se juge sur son analyse.

D'où vient la Northern Lights ?

Quatre récits circulent, et aucun ne s'appuie sur un document d'époque publié. Le semencier néerlandais Sensi Seeds, qui commercialise la variété, la dit créée dans le nord-ouest Pacifique des États-Unis. Un groupe de sélectionneurs de la région l'y aurait stabilisée (Sensi Seeds, 2025).

Un article de Leafly précise le décor. La tradition la fait naître sur une île proche de Seattle, où onze plants indica auraient été numérotés (Leafly, mis à jour en 2020). Un autre texte de Sensi Seeds attribue la sélection à un cultivateur de l'État de Washington, surnommé « the Indian » (Sensi Seeds, 2023).

Le magazine américain High Times donne une autre version. En 2014, son classement des 25 plus grandes variétés la décrit comme originaire du nord de la Californie, de lignée inconnue (High Times, 2014). Ces récits reposent sur des témoignages et sur la mémoire des semenciers. Aucun ne date précisément la première sélection.

Comment est-elle arrivée aux Pays-Bas ?

Par un semencier installé près de la frontière allemande, Nevil Schoenmakers. Né à Perth, en Australie, en 1957, de parents néerlandais, il s'établit aux Pays-Bas en 1976 (Leafly, 2019). Il y fonde au début des années 1980 la Seed Bank of Holland, qui vend ses graines par correspondance.

Sensi Seeds raconte la suite. Au début des années 1980, Schoenmakers obtient des graines auprès d'un sélectionneur américain surnommé Seattle Greg. Alan Dronkers, fils du fondateur de Sensi Seeds, se souvient de graines étiquetées par numéros : #1, #2, #3 et ainsi de suite. L'article de Leafly retient onze plants, dont le cinquième aurait été jugé le meilleur.

Les versions divergent sur la forme de ce transfert. Sensi Seeds parle tantôt de graines, tantôt de boutures apportées aux Pays-Bas. La base SeedFinder indique que la Northern Lights #5 n'existait qu'en bouture et servait de plante mère à la Seed Bank (SeedFinder, consultation le 11 octobre 2026). Le catalogue de la Seed Bank comptait aussi des Northern Lights #1 et #2.

En juillet 1990, Schoenmakers est arrêté en Australie en vue d'une extradition vers les États-Unis, où il est poursuivi pour des envois de graines (Georgia Straight, 2019). La Seed Bank passe alors à Ben Dronkers, fondateur de Sensi Seeds. Les sources datent cette reprise de 1990 ou de 1991. En juin 1991, selon Sensi Seeds, les deux maisons n'en formaient plus qu'une.

Quels sont les parents de la Northern Lights ?

La version la plus répandue en fait un croisement afghan et thaïlandais. Leafly la présente comme une indica issue d'une Afghani et d'une Thai. Sensi Seeds décrit sa version actuelle comme indica à 90 % et sativa à 10 %. Le semencier lui prête des génétiques afghane et thaïe, qu'il dit avoir « redéveloppées » (Sensi Seeds, consultation le 11 octobre 2026).

SeedFinder est plus réservé. Pour la Northern Lights #5 de la Seed Bank, la base écrit que la lignée est inconnue. Elle rapporte l'hypothèse d'une Thai croisée avec une indica, qu'elle qualifie de pure spéculation. Son arbre généalogique affiche pourtant un autre couple, « Purest Indica » et « Hawaiian ».

SourceParents indiquésNature de l'information
LeaflyAfghani × ThaiBase commerciale de variétés
Sensi SeedsGénétiques afghane et thaïe, 90 % indicaFiche du semencier
SeedFinder, texteLignée inconnue ; Thai × indica jugée spéculativeBase collaborative
SeedFinder, arbrePurest Indica × HawaiianBase collaborative
High Times, 2014Lignée inconnuePresse spécialisée

Aucune étude génétique publiée ne tranche. En 2019, deux chercheurs ont génotypé 122 échantillons de 30 variétés vendues dans trois États américains (Journal of Cannabis Research, 2019). Seules quatre variétés étaient cohérentes sur tous leurs échantillons. La Northern Lights ne figurait pas dans l'étude, qui montre qu'un nom commercial ne garantit pas une génétique.

Les pourcentages d'indica et de sativa sont eux-mêmes déclaratifs. Comme l'explique la comparaison entre indica et sativa, ces étiquettes décrivent une silhouette plus qu'une parenté mesurée.

Pourquoi ce nom d'aurore boréale ?

Northern Lights désigne en anglais l'aurore boréale, et Sensi Seeds en donne deux explications. Sa fiche produit relie le nom à l'effet prêté à la plante riche en THC. Son récit de 2025 évoque plutôt l'aspect des fleurs mûres, d'un vert vif traversé de reflets violets et bleus.

Le même texte rappelle l'usage de l'époque. Une variété portait alors le nom de sa région d'origine, comme la Thai, ou celui de son odeur, comme la Skunk. SeedFinder signale enfin que la Northern Lights #5 se serait d'abord appelée « CI #5 F1 ». Le nom actuel pourrait donc être postérieur à la sélection.

Quels prix la Northern Lights a-t-elle remportés ?

La variété doit une part de sa réputation à la Cannabis Cup, le concours créé à Amsterdam par High Times en 1988. Les sources s'accordent sur un premier prix, mais pas sur l'année.

SourceCe qu'elle affirme
High Times, 2014La NL #5 gagnait des Cannabis Cups à Amsterdam dès 1990
SeedFinderPremier prix pour The Seed Bank à la Cannabis Cup de 1990
Georgia Straight, 2019Premier prix en 1990, un an après la victoire d'un hybride qui en descend
Sensi Seeds, 2025La #5 remporte la Cannabis Cup de 1989

Trois sources sur quatre retiennent donc 1990, dont le magazine organisateur. Ses hybrides ont aussi été primés. Selon Sensi Seeds, la Shiva Skunk a gagné la catégorie des variétés à dominante indica lors de la première édition (Sensi Seeds, consultation le 11 octobre 2026).

Quels arômes et quels terpènes lui associe-t-on ?

Les descriptions parlent d'un parfum terreux, sucré et épicé. Sensi Seeds évoque une odeur musquée et terreuse, avec une pointe de miel. Leafly cite le myrcène comme terpène le plus abondant, devant le caryophyllène et le limonène, d'après des produits testés par ses laboratoires partenaires.

Une étude plus ancienne a regardé la plante de près. En 2005, trois chercheurs ont analysé les composés volatils du pollen et de plantes entières (Botanical Journal of the Linnean Society, 2005). Deux variétés étaient comparées, la Northern Lights et la Hawaiian Indica. Vingt de ces composés étaient des monoterpènes. Les cinq principaux étaient le β-myrcène, le (E)-β-ocimène, le terpinolène, le β-pinène et le limonène.

Les auteurs décrivent deux chimiotypes, distincts surtout par les quantités mesurées. Deux pyrazines n'apparaissaient que chez les femelles de Northern Lights. Rien n'indique que ces plantes descendaient de la lignée de la Seed Bank. Notre guide des terpènes du chanvre rappelle qu'un profil se mesure sur un lot, pas sur un nom.

Quelles variétés descendent de la Northern Lights ?

La Northern Lights #5 a surtout servi de parent. La Seed Bank, puis Sensi Seeds, l'ont croisée avec des Skunk et des Haze. Le tableau reprend les filiations publiées par les semenciers, ou les plus citées.

VariétéCroisement indiquéSemencier
Shiva SkunkNorthern Lights #5 × Skunk #1, sortie en 1987Sensi Seeds
Northern Lights #5 × Haze70 % sativa, 30 % indicaSensi Seeds
Super Silver HazeSkunk × Northern Lights × HazeGreen House Seeds
Jack HererHaze × (Northern Lights #5 × Shiva Skunk), formule la plus citéeSensi Seeds

Green House Seeds indique pour sa Super Silver Haze trois premiers prix à la Cannabis Cup, de 1997 à 1999 (Green House Seeds, consultation le 11 octobre 2026). Nos articles sur la lignée Skunk, la famille Haze et la Jack Herer retracent ces branches.

La trace est parfois plus ténue. Joe Murray, sélectionneur de la Sour Diesel, cite la NL #5 parmi les graines néerlandaises qui ont pu fournir le pollen. L'histoire de la Sour Diesel détaille ce récit. Sensi Seeds range aussi parmi ses descendantes des variétés récentes, dont la Mimosa et la Purple Punch. Ces filiations sont déclarées par les semenciers, pas établies par une analyse génétique.

Que vend-on en France sous le nom Northern Lights ?

La variété historique est riche en THC, et la recherche emploie encore ce nom dans ce sens. Deux études sur l'éclairage des cultures ont utilisé un génotype appelé Northern Lights (Plants, 2023 ; Scientific Reports, 2025). Fourni par Cann Group, une entreprise australienne de cannabis médical, il y est décrit comme fortement producteur de THC.

Une fleur de CBD portant ce nom est donc une autre plante. L'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que des variétés de chanvre inscrites au catalogue commun européen ou au catalogue officiel français. Leur teneur en Δ⁹-THC ne doit pas dépasser 0,30 %. La Commission européenne comptait 116 variétés de chanvre inscrites à ce catalogue en 2024 (Commission européenne, consultation le 11 octobre 2026).

Les noms commerciaux des fleurs de CBD ne sont presque jamais des dénominations de catalogue, rappelle notre article sur le catalogue européen des variétés. Sur un sachet, Northern Lights signale une parenté revendiquée ou une ressemblance aromatique. Le nom ne prouve ni l'une ni l'autre. La vente des fleurs brutes est autorisée depuis la décision du Conseil d'État du 29 décembre 2022.

Phytogrammes ne vend aucune fleur sous ce nom. Au 11 octobre 2026, aucune fiche de notre rayon de fleurs de CBD ne s'appelle Northern Lights.

Comment lire l'analyse d'une fleur vendue sous ce nom ?

Commencez par l'identité du document, puis lisez les cannabinoïdes avant les terpènes. Le guide de lecture d'un certificat d'analyse détaille chaque ligne. Cinq points suffisent à situer une fleur dite Northern Lights.

  1. Le lot. Le numéro et la date du certificat doivent correspondre au sachet. Un document établi pour la variété, sans numéro de lot, ne dit rien de votre fleur.
  2. Le laboratoire. Son nom doit figurer sur le rapport, avec la méthode employée.
  3. Le THC. Lisez les lignes Δ⁹-THC et THCA. Le THC total se calcule ainsi : Δ⁹-THC + 0,877 × THCA, comme l'explique l'article sur le THCA.
  4. Le CBD. Le même calcul s'applique au CBDA. Le taux varie d'un lot à l'autre, quel que soit le nom.
  5. Les terpènes. Un tableau mesuré sur le lot peut placer le myrcène en tête, comme le rapporte Leafly, ou montrer un tout autre profil. Les deux cas restent conformes.

Aucune de ces lignes ne prouve une ascendance. Seule une analyse génétique pourrait rattacher une plante à la lignée de la Seed Bank, et aucune n'a été publiée pour ce nom.

Cas pratique Deux boutiques vendent une fleur dite Northern Lights. La première affiche un numéro de lot, un laboratoire et un Δ⁹-THC chiffré. La seconde écrit seulement « indica à 90 % ». La première se vérifie sur son certificat. La seconde ne donne qu'une étiquette.

Questions fréquentes

La Northern Lights est-elle une indica ou une sativa ?

Sensi Seeds décrit sa version actuelle comme indica à 90 % et sativa à 10 %, et Leafly la classe parmi les indicas. Ces proportions sont déclarées par les semenciers. Elles décrivent surtout le port de la plante, courte et à feuilles larges.

Qui a créé la Northern Lights ?

Personne ne l'a établi. Sensi Seeds l'attribue à un groupe de sélectionneurs du nord-ouest des États-Unis. Nevil Schoenmakers l'a diffusée depuis les Pays-Bas à partir de 1985, avant que Sensi Seeds ne reprenne sa banque de graines.

Que signifie le numéro de la Northern Lights #5 ?

Les plants reçus aux Pays-Bas étaient distingués par des numéros. La #5 est la sélection la plus connue, et la Seed Bank proposait aussi des #1 et #2. Ce numéro désigne une plante précise de l'époque, pas un taux ni une génération.

Une Northern Lights CBD contient-elle du THC ?

Elle peut en contenir, dans la limite de 0,30 % de Δ⁹-THC fixée par l'arrêté du 30 décembre 2021. La variété historique, elle, est riche en THC. Le nom n'indique pas cette teneur : seul le certificat du lot la chiffre.

Quelles variétés descendent de la Northern Lights ?

Les semenciers citent la Shiva Skunk, la Northern Lights #5 × Haze, la Super Silver Haze et la Jack Herer. Ces filiations sont déclarées par leurs obtenteurs. Aucune analyse génétique publiée ne les a vérifiées pour ce nom.

Sources et dates

Toutes les sources liées dans le texte ont été consultées le 11 octobre 2026. Les dates ci-dessous sont celles des publications.

  • Leafly, fiche Northern Lights : base évolutive, sans date de publication.
  • Leafly, article de Bailey Rahn sur la Northern Lights : mis à jour le 28 juillet 2020.
  • Leafly, hommage à Nevil Schoenmakers : 2019.
  • Sensi Seeds, série sur les 40 ans de la maison : 2025.
  • Sensi Seeds, article de Mark Smith sur les variétés adaptées au Royaume-Uni : mis à jour le 15 octobre 2023.
  • Sensi Seeds, fiches Northern Lights et Shiva Skunk : sans date de publication.
  • High Times, classement de Nico Escondido : 9 octobre 2014.
  • Georgia Straight, hommage à Nevil Schoenmakers : 2019.
  • SeedFinder, fiche Northern Lights #5 de The Seed Bank : base évolutive.
  • Green House Seeds, fiche Super Silver Haze : sans date de publication.
  • Schwabe et McGlaughlin, Journal of Cannabis Research, vol. 1, article 3 : 2019.
  • Rothschild, Bergström et Wängberg, Botanical Journal of the Linnean Society, vol. 147, n° 4, p. 387 à 397 : 2005.
  • Peterswald et al., Plants, vol. 12, n° 5, article 1061 : 2023.
  • Peterswald et al., Scientific Reports, vol. 15, article 17435 : 2025.
  • Commission européenne, page consacrée au chanvre : chiffre de 2024.
  • Arrêté du 30 décembre 2021, publié au Journal officiel du 31 décembre 2021.
  • Conseil d'État, décision n° 444887 du 29 décembre 2022.
  • Photo d'ouverture : Sativaindica, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons, image recadrée.

Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.