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E-liquide CBD : choisir son matériel, résistance et puissance
Par L’équipe Phytogrammes ·
Un même flacon de e-liquide au CBD ne délivre pas la même dose selon le matériel qui le chauffe. Entre une résistance de 0,12 ohm et une de 1,2 ohm, la masse d'aérosol produite par bouffée passe de 21,5 à 7,4 milligrammes, soit près du triple. Choisir son matériel revient donc à choisir sa dose, et c'est rarement présenté ainsi.

Pourquoi le matériel décide de la dose
L'étiquette d'un flacon annonce une quantité de CBD pour un volume, et notre article sur le dosage en mg/ml explique comment la lire. Ce que l'étiquette ne dit pas, c'est combien de ce liquide part en aérosol à chaque bouffée.
Des mesures publiées dans Chemical Research in Toxicology en 2023 chiffrent cette relation. Sur un même appareil, une résistance de 0,6 ohm produit 13,2 milligrammes d'aérosol par bouffée, 0,8 ohm en produit 12,3 et 1,2 ohm seulement 7,4. Sur un montage plus puissant à 0,12 ohm, la valeur monte à 21,5 milligrammes. Les auteurs relèvent une relation inverse entre la résistance de la résistance et la température de la bobine, elle-même proportionnelle à la masse d'aérosol formée.
La conséquence est directe : à concentration identique, passer d'une résistance de 1,2 ohm à un montage sub-ohm multiplie mécaniquement la quantité de cannabidiol inhalée par bouffée.
Résistance et puissance : les plages qui comptent
Deux familles de matériel coexistent, et elles ne se mélangent pas.
Les résistances dites classiques, de 1,5 à 1,8 ohm, fonctionnent dans une plage de 4 à 20 watts. Les résistances basses, autour de 0,5 ohm, opèrent entre 15 et 100 watts. Le terme sub-ohm désigne les résistances inférieures à 1 ohm, montées sur des appareils capables de 40 à 300 watts, quand un matériel conventionnel travaille sous 10 watts.
Une expérience menée sur trente-deux vapoteurs expérimentés illustre l'écart de consommation. Sur une heure d'usage libre, le montage à 0,5 ohm et 40,5 watts a consommé jusqu'à 1,00 millilitre de liquide, contre 0,30 millilitre pour le montage à 1,5 ohm et 13,5 watts, soit plus du triple. Pour un e-liquide dosé à plusieurs centaines de milligrammes de CBD par flacon, la différence de coût et de dose n'a rien de théorique.
Les e-liquides au CBD sont formulés pour la première famille. C'est un choix de cohérence, pas une limitation de gamme.
Inhalation indirecte ou directe : deux gestes, deux doses
Le mode d'inhalation double cet effet. Une bouffée en inhalation indirecte, où la vapeur est d'abord gardée en bouche, représente un volume d'environ 55 millilitres sur deux à quatre secondes, avec un débit d'air de 18,3 millilitres par seconde. Une bouffée en inhalation directe, où la vapeur va droit aux poumons, représente 500 millilitres sur trois secondes, à 166,7 millilitres par seconde, d'après des mesures publiées en 2019.
Neuf fois plus de volume par bouffée, sur un matériel qui vaporise déjà trois fois plus de liquide : l'inhalation indirecte sur résistance classique reste le format adapté à un e-liquide au cannabidiol.
PG et VG : un arbitrage entre confort et restitution
Le propylène glycol et la glycérine végétale ne se comportent pas de la même façon. Un essai croisé sur trente vapoteurs, mené sur une résistance de 1,5 ohm à 7,3 watts, a comparé quatre ratios. Le liquide entièrement au propylène glycol a délivré la concentration plasmatique la plus élevée, 13,40 ng/mL, contre 8,58 à 9,59 ng/mL pour les liquides dominés par la glycérine. En contrepartie, les participants ont jugé le 100 % propylène glycol nettement moins agréable et plus âpre en gorge, et ils ont allongé leurs bouffées sur le liquide le plus riche en glycérine, comportement classique de compensation.
Retenons le principe plutôt qu'une règle chiffrée : la glycérine, plus visqueuse et moins volatile, produit un aérosol plus dense mais alimente moins bien une mèche fine, et le propylène glycol restitue davantage à faible puissance au prix du confort. Les ratios précis relèvent de la préférence, pas d'une norme.
Ce qu'un e-liquide ne doit jamais contenir
Aucune huile végétale, aucune huile de coco fractionnée. Un e-liquide se compose de propylène glycol, de glycérine, d'arômes et de l'actif, jamais d'un corps gras.
La raison est documentée. L'épidémie américaine de lésions pulmonaires associées au vapotage a totalisé 2 807 hospitalisations ou décès au 18 février 2020, dont 68 décès. L'agent en cause a été identifié : l'acétate de vitamine E a été retrouvé dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire de 48 patients sur 51, et chez aucun des 99 participants témoins. Par ailleurs, des travaux de 2021 montrent qu'une huile de coco fractionnée chauffée à 215 °C dans un appareil de vapotage libère neuf de ses onze constituants dans l'aérosol, c'est-à-dire qu'elle est inhalée sous forme de triglycérides intacts. Cette huile n'a pas été impliquée dans l'épidémie, mais elle n'a rien à faire dans un poumon.
Notre article sur la composition des e-liquides au CBD détaille les additifs à surveiller.
Le cadre français : ce qui s'applique, et ce qui ne s'applique pas
C'est le point que la plupart des contenus se trompent à énoncer. Les limites bien connues, 20 mg/ml de nicotine, réservoir de 2 millilitres, flacon de 10 millilitres, sont fixées par l'arrêté du 19 mai 2016 relatif aux produits du vapotage contenant de la nicotine. Le titre dit tout : elles relèvent de la section du code de la santé publique consacrée aux produits contenant de la nicotine. Un e-liquide au CBD sans nicotine n'y est pas soumis, et un flacon de 30 millilitres est licite.
En revanche, l'interdiction des dispositifs jetables s'applique bien aux puffs au CBD. La loi n° 2025-175 du 24 février 2025 a inséré un article L. 3513-5-1 dans le code de la santé publique, qui figure dans les dispositions communes à tous les produits du vapotage et vise les dispositifs préremplis non rechargeables, sans distinction selon la présence de nicotine. L'interdiction s'applique depuis le 26 février 2025, avec une amende pouvant atteindre 100 000 €, portée à 200 000 € en cas de récidive. Notre article dédié revient sur l'interdiction des puffs.
Conserver son flacon au frais et à l'abri
Un détail peu connu et vérifiable. Une étude parue dans Scientific Reports en 2022 a suivi un e-liquide au CBD pendant vingt-neuf jours dans quatre conditions. Le cannabidiol est resté relativement stable à 4 °C à l'obscurité, mais de multiples produits de dégradation sont apparus à température ambiante et au-delà, principalement du cannabielsoïne et la quinone du CBD. Un flacon entamé se garde donc au frais et à l'abri de la lumière, comme les fleurs. Nos analyses de lot sont publiées avant l'achat, et les paliers de chauffe sont détaillés dans notre guide des températures de vaporisation.
Questions fréquentes
Quelle résistance choisir pour un e-liquide au CBD ?
Une résistance classique, de l'ordre de 1,0 à 1,8 ohm, utilisée en inhalation indirecte dans une plage de puissance basse. Les montages sub-ohm vaporisent bien plus de liquide par bouffée et consomment le flacon trois fois plus vite.
Un e-liquide CBD peut-il être vendu en flacon de 30 ml ?
Oui. La limite de 10 millilitres relève de l'arrêté du 19 mai 2016 sur les produits du vapotage contenant de la nicotine et ne s'applique pas à un e-liquide sans nicotine.
Les puffs au CBD sont-elles interdites en France ?
Oui. La loi du 24 février 2025 interdit les dispositifs de vapotage préremplis non rechargeables sans distinguer selon la présence de nicotine, depuis le 26 février 2025.
Peut-on vapoter une huile de CBD ?
Non, en aucun cas. Une huile de CBD contient un corps gras qui n'est pas destiné à être inhalé et se retrouve intact dans l'aérosol. Seuls des liquides formulés pour le vapotage, sans huile, conviennent.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.