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E-liquide CBD : comprendre le dosage en mg/ml et la composition
Par L’équipe Phytogrammes ·
Le chiffre affiché sur un flacon d'e-liquide au CBD désigne la quantité totale contenue, pas la concentration. Un flacon de 10 ml annoncé à 300 mg titre 30 mg par millilitre. Cette lecture, la composition du liquide et la vérification analytique sont les trois points qui distinguent un produit contrôlé d'un produit incertain.

L'arithmétique, et le piège de l'étiquette
La concentration s'obtient en divisant la quantité totale par le volume. Un flacon de 10 ml titrant 300 mg contient donc 30 mg par millilitre. Le même flacon de 10 ml annoncé à 1000 mg titre 100 mg par millilitre, et un flacon de 30 ml annoncé à 300 mg n'en titre que 10.
C'est la source d'erreur la plus fréquente : le nombre mis en avant sur l'étiquette est presque toujours le total du flacon, jamais la concentration. Comparer deux produits sans ramener leurs valeurs au millilitre revient à comparer des grandeurs différentes.
Sur ce que représente une quantité inhalée, la prudence s'impose. Une revue systématique publiée en 2018 dans Frontiers in Pharmacology, portant sur la pharmacocinétique du cannabidiol chez l'humain, retient une biodisponibilité absolue de 31 % par voie inhalée. Ses auteurs signalent en revanche qu'aucune étude n'a établi de biodisponibilité absolue pour la voie orale chez l'humain. Les comparaisons chiffrées entre inhalation et ingestion que l'on lit couramment ne reposent donc pas sur des données humaines, et nous ne les reprendrons pas.
Ce qu'un e-liquide contient, et ce qu'il ne doit jamais contenir
Un e-liquide repose sur deux supports, le propylène glycol et la glycérine végétale, dont les proportions déterminent la viscosité et le comportement à la chauffe. Aucune huile végétale n'entre dans cette composition, et c'est le point de sécurité central de ce sujet.
L'épisode de référence est l'épidémie d'atteintes pulmonaires associées au vapotage survenue aux États-Unis. Le bilan final publié par les Centers for Disease Control and Prevention fait état de 2 807 hospitalisations ou décès au 18 février 2020, dont 68 décès, l'acétate de vitamine E étant fortement associé à l'épidémie et retrouvé dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire de 48 patients sur 51.
Une précision d'honnêteté s'impose ici, car l'affirmation circule souvent sous une forme fausse. Le rapport d'analyse publié en 2019 par les mêmes autorités indique que, sur 29 échantillons de lavage broncho-alvéolaire, l'acétate de vitamine E était détecté dans les 29, tandis que les huiles végétales, l'huile de coco fractionnée et les distillats de pétrole se situaient tous sous les limites de détection. Il serait donc inexact d'écrire que l'huile de coco fractionnée a causé ces atteintes. L'agent mis en cause est l'acétate de vitamine E, et le principe général qui en découle reste valable : un corps gras n'a pas sa place dans un aérosol inhalé.
Deuxième point technique, souvent ignoré. Une étude publiée en 2021 dans Scientific Reports montre que le propylène glycol et le glycérol se dégradent à des températures comprises entre 133 et 175 °C en conditions oxydantes, produisant du formaldéhyde, de l'acétaldéhyde et du propionaldéhyde. La dégradation commence donc bien avant l'apparition d'un goût de brûlé. Alimenter une résistance au-delà de sa plage, ou tirer sur une mèche sèche, n'est pas anodin. Notre article sur les températures de vaporisation traite du même principe pour la fleur.
Le cadre français applicable
Le vapotage reste un format légal en France. Le retrait des produits CBD à ingérer, rappelé par le ministère de l'Agriculture en mai 2026, vise les denrées alimentaires : un e-liquide n'entre pas dans cette catégorie. Précisons toutefois que sa légalité découle de son absence du champ alimentaire, non d'une autorisation positive qui lui serait propre.
La loi du 24 février 2025 a interdit les dispositifs électroniques de vapotage à usage unique, c'est-à-dire préremplis et non rechargeables. Les cartouches sont expressément exclues de cette interdiction, et les dispositifs rechargeables comme les flacons d'e-liquide ne sont pas concernés. Nous détaillons cette mesure dans notre article sur l'interdiction des puffs jetables.
Le seuil de teneur en Δ⁹-THC reste celui du droit commun du chanvre : le paragraphe III de l'article 1er de l'arrêté du 30 décembre 2021 fixe à 0,30 % la teneur maximale des extraits et des produits qui les intègrent, e-liquides compris.
Pourquoi l'analyse compte plus que l'étiquette
C'est le sujet sur lequel les autorités françaises ont été les plus explicites. Dans un communiqué du 19 juin 2025, l'ANSM signale plusieurs centaines d'intoxications depuis début 2024 chez des consommateurs de produits présentés comme contenant du CBD, les e-liquides figurant explicitement parmi les formats concernés.
Les substances en cause sont des cannabinoïdes de synthèse ou semi-synthétiques, notamment le HHC, le HHC-O, le H4-CBD et le MDMB-PINACA, ou du THC au-delà du seuil légal. Le même communiqué rappelle qu'une étude de 2023 a trouvé une teneur en CBD différente de celle indiquée sur l'étiquetage pour 8 produits sur 10, et énumère des symptômes allant de la tachycardie aux hallucinations et à la perte de connaissance.
La conclusion pratique est simple : sur ce format, la mention portée sur le flacon ne vaut pas preuve. Seul un certificat d'analyse par lot, mentionnant le profil cannabinoïde et l'absence de cannabinoïdes de synthèse, répond à la question. Notre article sur la lecture d'un certificat d'analyse détaille les lignes à contrôler, et notre comparatif des e-liquides aborde le choix des formats.
Questions fréquentes
Un flacon de 10 ml à 300 mg, cela fait combien par millilitre ?
Trente milligrammes par millilitre. La quantité annoncée sur l'étiquette correspond au total contenu dans le flacon, et la concentration s'obtient en la divisant par le volume. Un flacon de 30 ml annoncé à 300 mg ne titre donc que 10 mg par millilitre, pour une quantité totale identique.
Peut-on vapoter une huile de CBD ?
Non. Une huile est destinée à un autre usage et n'entre pas dans la composition d'un e-liquide, lequel repose sur du propylène glycol et de la glycérine végétale. L'épidémie américaine d'atteintes pulmonaires liées au vapotage, qui a totalisé 2 807 hospitalisations ou décès, a été fortement associée à l'acétate de vitamine E, un corps gras ajouté à des produits de vapotage.
Les e-liquides au CBD sont-ils toujours autorisés en France ?
Oui. Le retrait de mai 2026 porte sur les denrées alimentaires contenant du CBD, catégorie dont les e-liquides ne relèvent pas. La loi du 24 février 2025 interdit par ailleurs les dispositifs à usage unique, préremplis et non rechargeables, sans viser les flacons ni les dispositifs rechargeables.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.
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