Cannabis médical en France : où en est-on en septembre 2026 ?
En France, le cannabis médical n'est pas encore généralisé. L'expérimentation lancée en 2021 a pris fin le 31 décembre 2024, elle n'accueille plus de nouveaux patients depuis le 27 mars 2024, et seuls ceux déjà inclus poursuivent leur traitement, dans une phase transitoire. Le cadre définitif attend la publication d'un décret, puis un avis de la Haute Autorité de santé : pas de premiers patients hors expérimentation avant 2027.

- 01Où en est le cannabis médical en septembre 2026
- 02Ce qu'a été l'expérimentation, de 2021 à 2024
- 03Le futur cadre : autorisation de 5 ans et dernière ligne de traitement
- 04Cannabis médical, Epidyolex, CBD de boutique : trois régimes distincts
- 05Ce que ce calendrier change pour un consommateur de CBD
- 06Questions fréquentes
À retenir
- Le premier patient de l'expérimentation a été inclus le 26 mars 2021, et l'expérimentation s'est terminée le 31 décembre 2024.
- Dans le futur cadre, l'ANSM autorisera les médicaments pour 5 ans, en dernière ligne de traitement, et la première prescription se fera à l'hôpital.
- D'après le calendrier annoncé en février 2026, la HAS devait rendre son avis à l'automne 2026, avec un accès en 2027 si cet avis est favorable.
- L'Epidyolex reste le seul médicament autorisé à base de CBD, pour trois formes rares d'épilepsie.
- Le CBD vendu en boutique relève d'un autre régime que le cannabis médical, et ce calendrier ne touche pas à son statut.
Où en est le cannabis médical en septembre 2026
Il est toujours dans une phase transitoire, qui se prolonge. Mis à jour le 20 avril 2026, le dossier de l'ANSM sur le cannabis à usage médical la décrit encore. Le ministère de la Santé l'a prolongée à plusieurs reprises pour « éviter toute interruption de traitement ». Elle s'achèvera trois mois après la publication, sur son site, de l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS).
La suite dépend de deux textes réglementaires. Le premier porte sur les médicaments à base de cannabis eux-mêmes, et c'est sur lui que l'ANSM s'appuiera pour instruire les demandes d'autorisation. Le second organise l'évaluation de leur intérêt par la HAS et fixe les conditions de leur remboursement. Dans une question écrite publiée le 12 février 2026, une sénatrice demandait au gouvernement de publier ces deux textes ; le ministère n'avait pas encore répondu.
Le calendrier officiel a été annoncé en février 2026 et relayé par France Inter. Il prévoyait un décret présenté au Conseil d'État avant la fin juin 2026, un avis de la HAS à l'automne, puis un accès pour les premiers patients à partir de 2027, si l'avis est favorable. La ministre de la Santé a annoncé que les patients en cours de traitement resteraient pris en charge jusqu'au 31 décembre 2026 ; ils étaient encore environ 700, selon France Inter. L'ANSM, elle, a prolongé jusqu'au 31 décembre 2026 le comité scientifique chargé de suivre l'expérimentation.
Ce qu'a été l'expérimentation, de 2021 à 2024
C'est l'article 43 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, du 24 décembre 2019, qui a créé l'expérimentation. Selon la page de l'ANSM sur sa mise en place, elle ne devait pas dépasser 3 000 patients, et le premier a été inclus le 26 mars 2021. Prévue pour deux ans, elle a été prolongée d'un an par la loi de financement pour 2023.
Le dispositif était strictement encadré :
- Seuls des médecins hospitaliers ayant suivi une formation obligatoire pouvaient prescrire.
- Les patients se fournissaient en pharmacie hospitalière ou en officine de ville.
- Les produits étaient des fleurs séchées, à inhaler par vaporisateur, et des huiles à différents rapports THC/CBD.
- Il s'adressait à des patients en échec des traitements existants, par exemple dans les douleurs neuropathiques réfractaires, certaines épilepsies sévères ou les effets secondaires des chimiothérapies.
D'après la sénatrice qui a déposé la question écrite publiée au Sénat le 27 mars 2025, environ 3 000 patients y ont eu accès depuis mars 2021. Le ministère a répondu le 25 juin 2025 : les textes du futur cadre ont été notifiés à la Commission européenne le 19 mars 2025, et la HAS a été saisie sur le bien-fondé de la prise en charge.
Le futur cadre : autorisation de 5 ans et dernière ligne de traitement
Le cadre que prévoit la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 est loin d'une vente libre en pharmacie. D'après l'ANSM, l'agence délivrera aux médicaments à base de cannabis une autorisation « limitée à une durée de cinq ans, renouvelable ». Leur usage sera « strictement restreint en dernière ligne de traitement, sur prescription hospitalière initiale », dans des indications où leur efficacité est présumée.
Trois points demandent une lecture attentive :
- Il s'agit de médicaments. Chaque produit devra être autorisé selon des critères de qualité et de sécurité fixés par les textes notifiés à Bruxelles, et un produit non autorisé ne pourra pas être prescrit.
- La première ordonnance sera hospitalière : « Prescription hospitalière initiale » veut dire que c'est un médecin hospitalier qui commencera le traitement.
- Le remboursement dépend de l'avis de la HAS. Avant cet avis, on ne connaît ni le taux de prise en charge ni la liste des indications remboursées.
Le cannabis, lui, reste un stupéfiant. Comme le rappelle la MILDECA dans sa page sur le CBD, la Convention unique de 1961 classe comme stupéfiants les sommités florifères, la résine, les extraits et les teintures de cannabis. Le futur cadre crée une exception médicale encadrée et ne légalise rien.
Cannabis médical, Epidyolex, CBD de boutique : trois régimes distincts
Une même plante relève ici de trois cadres juridiques, chacun séparé des deux autres.
| Cannabis médical (futur cadre) | Epidyolex | CBD vendu en boutique | |
|---|---|---|---|
| Statut | Médicament autorisé par l'ANSM | Médicament autorisé dans l'UE depuis le 19 septembre 2019 | Produit de consommation courante ou cosmétique |
| Teneur en THC | Variable selon le médicament, parfois élevée | CBD purifié | Δ⁹-THC ≤ 0,30 % dans le produit fini |
| Prescription | Oui, hospitalière au départ | Oui | Non |
| Allégation santé | Selon l'autorisation | Selon l'autorisation | Interdite |
| Texte principal | LFSS 2024 et décrets attendus | Autorisation européenne | Arrêté du 30 décembre 2021 |
L'Epidyolex est le seul médicament autorisé à base de cannabidiol. L'Agence européenne des médicaments l'a réservé à deux usages : les crises liées au syndrome de Lennox-Gastaut ou de Dravet, en association au clobazam dès 2 ans, et la sclérose tubéreuse de Bourneville. Les essais qui ont mené à cette autorisation sont détaillés dans notre article CBD et épilepsie.
Le CBD vendu en boutique dépend d'un texte différent. L'arrêté du 30 décembre 2021 autorise les produits tirés de variétés de chanvre inscrites au catalogue, à condition qu'ils contiennent au plus 0,30 % de Δ⁹-THC. Le Conseil d'État a annulé le 29 décembre 2022 l'interdiction de vendre les fleurs et les feuilles brutes. Pour l'alimentation, le ministère de l'Agriculture rappelle que les denrées contenant du CBD sont illégales et doivent être retirées du marché, faute d'autorisation « nouvel aliment ». Vous trouverez la situation produit par produit dans la réglementation du CBD en 2026, et le seuil de THC dans le taux de THC légal.
Ce que ce calendrier change pour un consommateur de CBD
Juridiquement, rien. Le cannabis médical relève du Code de la santé publique, le CBD du droit du chanvre, de l'alimentation et des cosmétiques, et l'ouverture de l'un n'assouplit pas les règles de l'autre.
Dans la pratique, il en découle trois choses :
- Le CBD de boutique ne tient pas lieu de traitement. Ce n'est pas un médicament, et il ne peut revendiquer aucun effet thérapeutique. Ce que les essais ont réellement mesuré est résumé dans ce que disent les études cliniques.
- Il n'est pas remboursé, puisque seuls les médicaments autorisés peuvent l'être (voir notre article sur le remboursement du CBD).
- Si vous suivez un traitement, parlez-en à votre médecin. Le CBD agit sur des enzymes du foie qui dégradent de nombreux médicaments, un mécanisme décrit dans CBD et médicaments : l'effet pamplemousse.
Pour la suite, reportez-vous au dossier de l'ANSM, qui reste la source de référence. Les dates avancées par des boutiques ou des forums relèvent souvent de la projection et ne correspondent à aucune décision.
Questions fréquentes
Pas en accès général. Seuls les patients entrés dans l'expérimentation avant le 27 mars 2024 continuent leur traitement, dans une phase transitoire, et le cadre définitif attend encore un décret et un avis de la HAS.
D'après le calendrier annoncé en février 2026, les premiers patients hors expérimentation y auraient accès en 2027, si la HAS rend un avis favorable. La première prescription devra se faire à l'hôpital.
Pas à ce jour. Dans l'expérimentation, la prescription était réservée à des médecins hospitaliers formés, et le futur cadre prévoit une prescription hospitalière initiale.
Non. Il s'agit d'un produit de consommation courante, à 0,30 % de Δ⁹-THC au plus, vendu sans prescription et sans allégation de santé. Le seul médicament à base de CBD est l'Epidyolex.
Non, le CBD de boutique n'est pas un médicament. N'arrêtez pas un traitement et ne le modifiez pas sans l'avis de votre médecin.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.