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Concentrés CBD : ce que leurs certificats montrent vraiment

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11 min de lectureMis à jour le

Un concentré de chanvre se compare sur le certificat de son lot, pas sur son nom commercial. Les procédés mécaniques, rosin et résines tamisées ou lavées, n'ont aucune ligne de solvants résiduels à produire. Les extraits au butane, au propane ou à l'éthanol en ont une, et c'est elle qui sépare un lot documenté d'un pourcentage imprimé sur un sachet.

Concentré de chanvre ambré prélevé à l'outil, texture dense et brillante sur fond sombre
Sommaire
  1. 011. Pourquoi ce guide compare des familles, pas des enseignes
  2. 022. Quatre procédés, quatre familles de concentrés
  3. 033. Ce que le certificat de chaque famille doit montrer
  4. 044. Taux annoncé, taux mesuré : l'écart se lit sur le lot
  5. 055. Solvants résiduels : trois classes et des repères
  6. 066. Cadre français, et le périmètre de Phytogrammes
  7. 07Questions fréquentes
  8. 08Sources

Le plan de départ prévoyait une grille sur six boutiques. Il a été revu pour une raison exposée en première partie : le 16 septembre 2026, les pages consultées ne donnaient pas accès au certificat d'un lot précis. Ce guide compare donc ce qui peut l'être : les familles de concentrés, ce que le certificat de chacune doit montrer, et la façon de lire la rubrique des solvants.

> À retenir > > - Rosin et résines mécaniques : pas de solvant, donc pas de ligne de solvants résiduels à produire. > - Wax, crumble et live resin : extraits au solvant puis purgés ; cette ligne est leur preuve. > - Un taux annoncé sur une fiche n'est pas un taux mesuré : le certificat porte un numéro de lot. > - Aucun texte français ou européen ne fixe de limite de solvants résiduels pour les extraits de chanvre. > - Seuil commun à toutes les familles : 0,30 % de Δ⁹-THC sur le produit fini.

1. Pourquoi ce guide compare des familles, pas des enseignes

Une comparaison de boutiques n'a de sens que si les documents comparés sont consultables par le lecteur. Quatre pages ont été ouvertes le 16 septembre 2026. Une collection de rosin annonçait « un certificat d'analyse tiers » par produit, sans numéro de lot ni document téléchargeable. Une seconde page de rosin annonçait 37 à 48 % de cannabinoïdes, sans lot ni certificat consultable. Un troisième site réservait ses certificats à un espace professionnel conditionné à un numéro SIRET. Sur la fiche d'une résine de notre catalogue, le lot et les valeurs mesurées figuraient sur la page.

Ce relevé ne dit rien de la qualité des produits : un certificat remis sur demande reste un certificat, et la pratique est courante dans la filière. Il dit seulement qu'un comparatif public ne pouvait pas s'y appuyer. La grille qui suit porte donc sur les procédés, qui décident de ce qu'un certificat doit contenir.

2. Quatre procédés, quatre familles de concentrés

FamilleProcédéSolvantLigne propre au certificat
RosinChaleur et pression sur fleur, tamisat ou hashAucunSans objet
Wax, crumbleExtraction puis purge sous videButane, propane, éthanolSolvants résiduels
Live resinExtraction sur plante fraîche congeléeButane, propane, éthanol ou CO2Solvants résiduels
IsolatPurification jusqu'au cristal de CBDSelon la voie retenuePureté et solvants résiduels

Leafly définit le rosin comme un procédé de chaleur et de pression, sans produit chimique, appliqué à la fleur, au dry sift ou au water hash ; le live rosin part de matière fraîche. La même source définit le live resin comme un concentré au solvant obtenu à partir de plantes congelées juste après récolte. Wikipédia, à l'entrée « Hash oil », liste les solvants employés, dont le butane, le méthanol, l'éthanol et l'isopropanol, rappelle qu'ils sont inflammables et ont causé des explosions et des blessures graves, et situe les rendements : de 0,3 à 8 % pour le rosin contre 10 à 20 % pour un extrait aux hydrocarbures.

Nos guides détaillent deux de ces familles : la wax CBD pour les extraits au solvant, le rosin CBD pour la voie mécanique. Le crumble et l'isolat à 99 % ont chacun leur fiche.

3. Ce que le certificat de chaque famille doit montrer

Quatre mentions sont communes à toutes : le numéro de lot, qui doit correspondre à celui imprimé sur l'emballage, le nom du laboratoire et son accréditation, la date d'analyse, et le profil de cannabinoïdes quantifié par chromatographie liquide haute performance. La norme ISO/CEI 17025, version 2017, fixe les exigences générales de compétence des laboratoires d'essais et d'étalonnages ; en France, l'accréditation relève du Cofrac, dont la mission déclarée est de s'assurer de la compétence et de l'impartialité des organismes d'évaluation de la conformité.

La cinquième dépend du procédé. Un rosin, un dry sift, un ice-o-lator ne mettent en jeu que chaleur, pression, eau glacée ou tamis : aucun solvant à rechercher. Un extrait au butane, au propane ou à l'éthanol doit publier une ligne de solvants résiduels qui nomme chaque composé recherché, sa limite de quantification et le résultat chiffré. Une mention globale « conforme », sans liste ni valeur, ne permet aucune vérification.

Pour un isolat s'ajoute la pureté annoncée, qui se lit comme un pourcentage mesuré. Le grade full melt, souvent cité sur les hash haut de gamme, relève d'un autre registre : c'est un verdict d'extracteur sur le comportement à la chaleur, qu'aucun laboratoire ne délivre.

4. Taux annoncé, taux mesuré : l'écart se lit sur le lot

C'est l'écart le plus fréquent, et il ne vise aucune famille en particulier. Sur la page de rosin consultée le 16 septembre 2026, la fourchette annoncée allait de 37 à 48 %, sans lot associé. Dans notre catalogue de résines et hash CBD, la fiche Rosift CBG/CBD publie pour le lot PG-26-3A2B des valeurs mesurées par HPLC : 20,2 % de CBG, 4,6 % de CBD, 0,5 % de CBC, 0,4 % de CBN et 0,2 % de Δ⁹-THC, avec des paliers de 5,45 €/g pour 2 g à 1,43 €/g pour 100 g.

Les deux chiffres ne décrivent pas la même chose. Une fourchette couvre une gamme et n'engage aucun échantillon ; une valeur mesurée porte sur un lot daté. La question utile n'est donc pas « quel taux ? » mais « quel lot, quel laboratoire, quelle date ? ». Notre page notre laboratoire décrit le circuit d'un échantillon, de la réception du lot à la publication des résultats.

5. Solvants résiduels : trois classes et des repères

Il n'existe pas de limite française ou européenne propre aux solvants résiduels des extraits de chanvre. Le règlement (UE) 2023/915 fixe des teneurs maximales de contaminants dans les denrées alimentaires, dont 3,0 mg/kg en équivalents THC pour les graines de chanvre et 7,5 mg/kg pour l'huile de graines, mais il ne vise pas les solvants d'extraction.

Le cadre disponible est pharmaceutique. La ligne directrice ICH Q3C, reprise par la Pharmacopée européenne et par le chapitre USP 467, répartit les solvants en trois classes : classe 1, à éviter, carcinogènes connus ou suspectés ; classe 2, à limiter ; classe 3, faible potentiel toxique. Les limites de la classe 1 sont serrées : 2 ppm pour le benzène, 4 ppm pour le tétrachlorure de carbone, 5 ppm pour le 1,2-dichloroéthane, 8 ppm pour le 1,1-dichloroéthène, 1500 ppm pour le 1,1,1-trichloroéthane. En classe 2, l'hexane est limité à 290 ppm, le méthanol à 3000 ppm. La classe 3, qui regroupe l'éthanol, l'acétone, l'heptane, le pentane et le 2-propanol, est admise jusqu'à 50 mg par jour, soit 5000 ppm ou 0,5 %. Le butane et le propane, solvants les plus employés pour les concentrés, ne figurent dans aucune de ces tables.

D'autres juridictions ont comblé ce vide. La réglementation californienne fixe des seuils d'action en microgrammes par gramme : 1,0 pour le benzène en catégorie I ; 5000 pour le butane, le propane, l'éthanol, l'acétone, l'alcool isopropylique, l'heptane et le pentane ; 290 pour l'hexane en catégorie II. Ces valeurs ne s'appliquent pas en France, mais donnent un ordre de grandeur pour lire un certificat étranger.

6. Cadre français, et le périmètre de Phytogrammes

Quelle que soit la famille, le produit fini doit titrer au plus 0,30 % de Δ⁹-THC. L'arrêté du 30 décembre 2021 autorise les variétés de Cannabis sativa L. inscrites aux catalogues officiels dont la teneur en Δ⁹-THC n'est pas supérieure à 0,30 %, et applique le même seuil aux extraits ainsi qu'aux produits qui les intègrent. Le Conseil d'État, le 29 décembre 2022 (n° 444887), a annulé l'interdiction de vente aux consommateurs des fleurs et feuilles brutes, tout en retenant ce seuil comme critère. La MILDECA rappelle deux bornes : pas d'allégation thérapeutique sous peine de sanctions pénales, et des denrées alimentaires au CBD mises sur le marché sans l'autorisation requise.

Un mot sur notre position dans cette grille. Phytogrammes ne vend aucun produit obtenu par extraction au solvant : ni wax, ni crumble, ni shatter, ni live resin, ni isolat. Les 15 références de la catégorie sont issues d'une séparation mécanique, à l'eau glacée ou à sec. Aucune n'a donc de ligne de solvants résiduels à produire, ce qui ne la dispense d'aucune des autres mentions. Ce guide sert à lire un certificat, y compris celui d'un concentré acheté ailleurs.

Questions fréquentes

Un rosin doit-il montrer une analyse de solvants résiduels ?

Non, par construction : le rosin s'obtient par chaleur et pression, sans produit chimique, comme le rappelle le glossaire de Leafly. Aucun solvant n'est donc à rechercher. Son certificat reste attendu sur les autres points : lot, laboratoire accrédité, date, cannabinoïdes par HPLC et Δ⁹-THC sous 0,30 %.

Que vaut un taux de 40 % annoncé sans certificat ?

C'est une annonce commerciale, pas une mesure. Une fourchette couvre une gamme et n'engage aucun échantillon, alors qu'une valeur de certificat porte sur un lot daté analysé par un laboratoire nommé. Une résine sans solvant de notre catalogue affiche 20,2 % de CBG et 4,6 % de CBD mesurés sur le lot PG-26-3A2B.

Quelles limites s'appliquent aux solvants résiduels en France ?

Aucune limite propre aux extraits de chanvre. Le cadre disponible est la ligne directrice pharmaceutique ICH Q3C, reprise par la Pharmacopée européenne, qui classe les solvants en trois catégories et admet 5000 ppm pour sa classe 3. La Californie publie des seuils d'action de 5000 µg/g pour le butane et le propane, 1,0 µg/g pour le benzène.

Phytogrammes vend-il des concentrés au solvant ?

Non. Les 15 références de la catégorie résines sont séparées mécaniquement, à l'eau glacée ou à sec, sans butane, propane, éthanol ni CO2. Cette page est un guide de lecture de certificat : sa grille vaut pour un concentré acheté chez n'importe quel vendeur.

Sources


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.