Conserver rosin, wax et crumble : 4 °C, verre et 3 erreurs
Un concentré de chanvre se dégrade de quatre façons : par la lumière, l'oxygène, la chaleur et l'eau. Les terpènes disparaissent bien avant les cannabinoïdes, plus de la moitié en quatre mois dans une étude de stockage, même à l'obscurité. En pratique, gardez-le dans un pot en verre bien fermé, au frais et au noir, et ne l'ouvrez qu'une fois revenu à température ambiante. Phytogrammes ne vend ni wax ni crumble ; cet article est informatif.

À retenir
- En 2020, une étude a mesuré une perte de plus de 50 % des terpénoïdes en quatre mois, contre 26 % pour les cannabinoïdes en douze mois.
- La lumière fait perdre le plus ; l'air, même dans le noir, fait grimper le CBN.
- La meilleure condition mesurée est 4 °C. Sous −20 °C, les terpénoïdes se conservent moins bien.
- Le d-limonène, terpène abondant du chanvre, dissout le polystyrène : évitez les pots en mousse et en plastique fin.
- Attendez qu'un pot sorti du froid soit à température ambiante pour l'ouvrir, sans quoi l'eau de l'air se dépose sur le produit.
Les quatre facteurs qui dégradent un concentré
La hiérarchie qui sert de référence remonte à 1976. Pendant deux ans au plus, Fairbairn, Liebmann et Rowan ont suivi des solutions de cannabinoïdes purs, neuf échantillons d'herbe et deux de résine. La lumière arrivait en tête des causes de perte, surtout en solution. La température pesait peu jusqu'à 20 °C, tandis que l'oxydation à l'air faisait nettement baisser les teneurs, même dans le noir.
Ce travail aide à lire une analyse ancienne. La lumière dégradait les cannabinoïdes sans faire monter le cannabinol (CBN), alors que l'oxydation à l'air dans l'obscurité l'augmentait. Beaucoup de CBN indique donc un produit longtemps exposé à l'air. Cette molécule est décrite dans notre comparatif CBD ou CBN.
Une étude parue en 2020 dans Frontiers in Plant Science a suivi pendant douze mois des inflorescences et des extraits gardés à l'obscurité, à 25 °C, 4 °C, −30 °C et −80 °C. Quelle que soit la condition, les terpénoïdes avaient perdu en moyenne plus de 50 % au bout de quatre mois. Les cannabinoïdes produits par la plante n'ont perdu en moyenne que 26 % en douze mois, et c'est à 25 °C que les variations étaient les plus fortes.
Pour les concentrés, le résultat le plus utile de cette étude concerne la surface. Broyés, les échantillons s'oxydaient plus que les têtes entières, car l'air en touchait une plus grande part. Une feuille de rosin étalée en couche fine ou un crumble émietté sont dans ce cas. Un bloc compact vieillit mieux que la même masse dispersée.
Il reste l'eau. La norme ASTM D8197 fixe pour la fleur séchée une activité de l'eau comprise entre 0,55 et 0,65 ; plus haut, des moisissures peuvent apparaître, plus bas, la fleur devient cassante. Il n'existe pas de norme publique équivalente pour les concentrés, dont le principal risque reste l'eau déposée par condensation.
Le contenant : verre pour garder, silicone pour manipuler
On trouve trois contenants courants pour ces produits, chacun avec son usage.
| Contenant | Rôle | Stockage long |
|---|---|---|
| Verre hermétique, opaque ou rangé au noir | Conservation | Oui |
| Silicone antiadhésif | Manipulation, transport | Aucune donnée publiée |
| Papier siliconé | Pliage, transfert | Non, aucune barrière à l'air |
| Mousse ou pot souple en polystyrène | Aucun | Non, dissous par le d-limonène |
Le verre ne réagit pas chimiquement et ferme de façon hermétique. C'est le contenant de stockage à choisir, s'il est opaque ou rangé dans le noir, puisque la lumière est la première cause de perte. Choisissez un pot à la taille de la quantité : il restera moins d'air enfermé avec le produit.
On prend le silicone pour sa surface antiadhésive, pratique avec une texture collante comme une wax ou un rosin frais. Aucune comparaison publiée ne montre qu'il protège aussi bien que le verre sur un stockage long, et nous ne l'affirmons donc pas. Le papier siliconé sert à plier et à transférer ; il ne fait pas barrière à l'air.
Avec le plastique fin, le problème est documenté. Dans des fleurs de chanvre analysées en 2020 dans la revue Foods, le d-limonène comptait pour environ 10 % des composés volatils. Un article publié en 2013 dans Advanced Materials rappelle que ce terpène dissout le polystyrène, sa constante diélectrique étant proche de celle du toluène. Pour un produit riche en terpènes, écartez donc les barquettes en mousse et les pots souples en styrène. L'origine de ces textures est décrite dans nos guides sur la wax et les concentrés et sur le rosin sans solvant.
Le froid : ce qu'il change vraiment
Le froid freine la dégradation sans l'arrêter. L'étude de 2020 a obtenu ses meilleurs résultats à 4 °C, aussi bien pour les inflorescences entières que pour les extraits dissous dans l'huile d'olive. Pour plusieurs mois de stockage, le réfrigérateur est donc utile.
Descendre plus bas n'apporte rien. Les auteurs rangent les températures inférieures à −20 °C, comme le broyage, parmi les conditions les moins favorables aux terpénoïdes. Un congélateur domestique fonctionne vers −18 °C ; l'étude ne l'a pas testé, et elle ne montre aucun gain sous 4 °C.
Le risque du froid tient à la physique. Au contact d'une surface froide, la vapeur d'eau de l'air chaud se condense ; Météo-France décrit ce passage à l'état liquide quand la température baisse, celui qui forme la rosée. Si vous ouvrez dans une pièce chaude un pot qui sort du réfrigérateur, de l'eau liquide se dépose sur son contenu. Laissez-le revenir fermé à température ambiante avant de l'ouvrir.
Sur quelques semaines, on peut se passer du froid. D'après l'étude de 1976, une herbe, une résine ou un extrait bien préparés restent raisonnablement stables un à deux ans, à l'obscurité et à température ambiante. Mieux vaut un tiroir sombre et frais qu'un réfrigérateur mal utilisé. Notre guide sur la conservation des fleurs applique le même raisonnement à la fleur.
Trois erreurs qui coûtent des terpènes
La plus courante consiste à ouvrir le pot dès sa sortie du froid, ce qui dépose de l'eau liquide sur un produit qui n'en contient pas. Sortez-le fermé et attendez qu'il soit à la température de la pièce pour l'ouvrir. Chaque passage du froid au chaud provoque une nouvelle condensation ; prélevez une portion et laissez le reste au frais.
Deuxième erreur, le plastique fin ou la mousse. Comme le d-limonène dissout le polystyrène, un sachet fin ou une barquette en mousse se marquent et abîment le produit.
La troisième est de toucher le produit avec les doigts. La main le réchauffe, y laisse humidité et résidus, et en retient une partie ; prenez plutôt un outil propre et sec, en métal ou en verre. Pour la même raison, n'émiettez pas un concentré à l'avance : l'étude de 2020 a identifié la surface exposée à l'air comme un facteur aggravant.
Ce que vend Phytogrammes, et ce qu'elle ne vend pas
Vous ne trouverez ni wax ni crumble chez Phytogrammes. Le catalogue propose des fleurs, des huiles et des résines obtenues sans solvant, par tamisage à sec comme le dry sift ou à l'eau froide. Cet article a un but d'information. Il ne recommande aucun usage par voie orale : ces produits ne sont pas des denrées alimentaires et sont réservés aux adultes.
Le procédé ne change rien au cadre légal. L'arrêté du 30 décembre 2021 n'autorise que les variétés de Cannabis sativa L. inscrites aux catalogues officiels dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %. Ce seuil s'applique aussi aux extraits et aux produits qui en contiennent. Il se lit sur le certificat d'analyse du lot, jamais sur la texture ou la couleur. Notre page laboratoire regroupe les références du catalogue, et la FAQ les questions de commande.
Questions fréquentes
Oui pour plusieurs mois : dans l'étude de 2020, menée sur douze mois, 4 °C a donné les meilleurs résultats. Pour quelques semaines, un tiroir sombre et frais fait l'affaire. Dans tous les cas, attendez que le pot soit à température ambiante pour l'ouvrir.
Sous 4 °C, l'étude de 2020 ne relève aucun gain, et elle range les températures inférieures à −20 °C parmi les moins favorables aux terpénoïdes. À l'ouverture, le risque de condensation est aussi plus élevé avec un congélateur.
Le silicone sert à manipuler une texture collante, le verre à conserver. Inerte, le verre ferme hermétiquement, et aucune donnée publiée n'établit qu'un pot en silicone protège aussi bien sur la durée.
Comme ces produits ne sont pas alimentaires, aucune durée réglementaire ne s'applique. Selon l'étude de 1976, une résine ou un extrait bien préparés restent raisonnablement stables un à deux ans à l'obscurité. Les terpénoïdes, eux, perdent plus de la moitié de leur teneur dès quatre mois.
Pas forcément. Un concentré qui durcit, fonce ou se granule s'oxyde et perd ses composés volatils, ce qui ne dit rien de la conformité du lot ; celle-ci se lit sur le certificat d'analyse. Un produit humide ou couvert de filaments duveteux est en revanche hors d'usage.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.