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Conserver ses fleurs de CBD : 55-65 % d'humidité, à l'ombre

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10 min de lectureMis à jour le

Pour conserver des fleurs de CBD, laissez-les entières dans un bocal fermé, au frais et à l'abri de la lumière, avec une humidité d'équilibre de 55 à 65 %. Cette fourchette est celle de la norme ASTM D8197, seule référence publiée sur la question. Selon les études de stockage, les arômes s'en vont d'abord : plus de la moitié des terpénoïdes disparaît en quatre mois, et environ un quart des cannabinoïdes en un an.

Têtes de chanvre séchées dans un pot opaque noir au couvercle ouvert, le type de contenant qui protège les fleurs de la lumière

À retenir

  • Pour la fleur séchée, la norme ASTM D8197 retient une activité de l'eau de 0,55 à 0,65. Plus haut, la moisissure menace ; plus bas, la fleur devient cassante.
  • En 1976, l'étude de référence classait la lumière en tête des causes de perte de cannabinoïdes.
  • En un an, le THCA d'un extrait a perdu 85 % à 25 °C, et 22 % à 4 °C.
  • Broyée, une fleur se dégrade plus vite qu'entière.
  • En vieillissant, le CBD ne produit pas de THC : en 2021, les chercheurs ont trouvé du CBN, et aucune trace de THC.

Les quatre règles, et ce qui les fonde

Une fleur séchée se dégrade sous l'effet de quatre facteurs : une humidité mal réglée, la lumière, la chaleur et l'air. Pour chacun, au moins une source publiée apporte des mesures.

FacteurRègle pratiqueCe qui a été mesuréSource
HumiditéÉquilibre à 55-65 % dans le bocalActivité de l'eau de 0,55 à 0,65ASTM D8197
LumièreContenant opaque, ou placard ferméPremier facteur de perte de cannabinoïdesFairbairn et al., 1976
ChaleurAu frais, 4 °C dans l'étude25 °C, condition la plus défavorableMilay et al., 2020
AirFleur entière, bocal bien ferméLa fleur broyée se dégrade davantageMilay et al., 2020

Humidité : ce que fixe la norme ASTM D8197

Le titre de la norme ASTM D8197 en résume l'objet : maintenir l'activité de l'eau de la fleur de cannabis séchée entre 0,55 et 0,65. Chaque borne a sa raison. Rester sous 0,65 protège de la croissance des micro-organismes, moisissures comprises. Rester au-dessus de 0,55 évite que la fleur casse quand on la manipule.

L'activité de l'eau, notée aw, se distingue de la teneur en eau : elle quantifie l'eau disponible, celle qui peut passer dans l'air ou nourrir une moisissure. Dans un bocal fermé, l'air finit par se mettre à l'équilibre avec la fleur. Son humidité relative, en pourcentage, est alors égale à l'activité de l'eau multipliée par 100. Une aw de 0,55 à 0,65 donne ainsi 55 à 65 % d'humidité relative dans le bocal.

Les 58 ou 62 % imprimés sur les sachets régulateurs sont des réglages choisis par les fabricants. Ils entrent dans la fourchette de la norme, sans être une référence en soi. Pour contrôler, glissez un petit hygromètre dans le bocal fermé et lisez-le après quelques heures. Au-delà de 65 %, la fleur est trop humide, et notre article sur la moisissure d'une fleur de CBD liste les signes à surveiller. C'est au séchage que l'humidité se règle en premier : voyez notre guide sur le séchage et le curing.

La lumière, premier facteur de perte

L'étude de référence remonte à 1976. Dans le Journal of Pharmacy and Pharmacology, Fairbairn et ses collègues ont suivi pendant deux ans des cannabinoïdes purs et des échantillons de cannabis. Ils concluaient que la lumière est le plus grand facteur isolé de perte de cannabinoïdes, en particulier en solution. L'oxydation à l'air entraînait elle aussi des pertes nettes, moindres quand les glandes de la plante restaient intactes. Dans leurs conditions, la température comptait peu jusqu'à 20 °C.

Rangés à l'obscurité et à température ambiante, les échantillons restaient selon eux raisonnablement stables un à deux ans. Ce qui compte, c'est que le contenant soit à l'abri de la lumière, bien plus que sa matière. Un bocal en verre clair fait l'affaire s'il reste dans un placard fermé. Sur une étagère éclairée, c'est le pire rangement possible, même dans une pièce fraîche.

La chaleur : 4 °C contre 25 °C

En 2020, dans Frontiers in Plant Science, Milay et ses collègues ont stocké des fleurs et des extraits pendant un an, à l'obscurité, à quatre températures : -80, -30, 4 et 25 °C. D'après leurs résultats, les fleurs entières conservées à 4 °C offrent les meilleures conditions, tandis que 25 °C entraîne les plus fortes variations de cannabinoïdes. Descendre plus bas que 4 °C n'a rien apporté.

C'est sur les extraits que la différence se voit le plus. En solution dans l'éthanol ou dans le DMSO, un solvant de laboratoire, le THCA a perdu environ 22 % en un an à 4 °C, et 85 % à 25 °C. Dans l'huile d'olive, l'écart se réduisait nettement : 18 % contre 24 %. Les deux études restent compatibles. En 1976, la chaleur pesait peu jusqu'à 20 °C ; en 2020, un an à 25 °C devient le facteur décisif.

Diagramme en barres des pertes mesurées pendant un an de stockage : terpénoïdes plus de 50 % en 4 mois, cannabinoïdes 26 %, THCA en extrait 22 % à 4 °C et 85 % à 25 °C, CBD 42 % en huile et 8 % en poudre
Pertes mesurées pendant le stockage à l'obscurité. Sources : Milay et al., Frontiers in Plant Science, 2020 ; Pharmaceutics, 2021

La forme du produit pèse autant que la température. En 2021, une étude parue dans Pharmaceutics a placé du CBD à 25 °C et 60 % d'humidité. La poudre de CBD est restée stable pendant 270 jours, et au bout d'un an en flacon fermé, elle n'avait perdu qu'environ 8 %. Dissous dans une huile de tournesol, le même CBD avait perdu 42 % sur la même durée. Les conséquences pour les flacons sont tirées dans notre article sur la conservation d'une huile de CBD.

Les terpènes partent avant les cannabinoïdes

En quatre mois, les terpénoïdes des fleurs de l'étude de 2020 avaient perdu plus de 50 %, à toutes les températures testées. Sur douze mois, les cannabinoïdes perdaient en moyenne 26 %. Les terpènes, qui donnent son odeur à la fleur, sont plus volatils et s'évaporent dès la température ambiante.

Une fleur peut donc garder l'essentiel de ses cannabinoïdes tout en ayant perdu la moitié de son parfum. Quand l'odeur s'est éteinte, c'est la fraction la plus fragile qui est partie, et le produit n'est pas vide pour autant. Dans l'autre sens, le taux d'un certificat d'analyse vaut à la date de l'analyse. Il ne décrit pas une fleur gardée un an dans de mauvaises conditions. Cette chimie est expliquée dans notre article sur les terpènes du chanvre, et celui sur les trichomes montre où la plante stocke ces molécules.

Gardez la fleur entière jusqu'au dernier moment

Dans l'étude de 2020, les échantillons broyés contenaient plus de produits de dégradation que les fleurs entières, en particulier à 25 °C. Fairbairn en donnait déjà la raison en 1976 : les trichomes, glandes de la plante, protègent leur contenu à la manière de petits récipients. Le broyage les ouvre et augmente la surface au contact de l'air.

Broyez juste avant l'usage, et non une semaine plus tôt. Un bocal à la taille de la quantité stockée réduit aussi l'air en contact avec les fleurs, mieux qu'un grand bocal à moitié vide. Ce conseil se déduit du rôle de l'oxydation ; aucune mesure publiée ne l'a testé.

Le CBD ne devient pas du THC en vieillissant

Pendant un an, l'étude de 2021 a recherché les produits de dégradation du CBD. Les chercheurs ont trouvé du CBN dans de nombreux échantillons partiellement dégradés, et aucun Δ⁹-THC. On entend parfois qu'une fleur de CBD « monte » en THC avec le temps : c'est une confusion avec des réactions obtenues en laboratoire, en milieu acide.

Le CBN, lui, signale classiquement un vieillissement. Fairbairn notait déjà que le THC s'oxyde en CBN au contact de l'air, à l'obscurité. Trouver un CBN élevé sur l'analyse d'un vieux lot n'a donc rien d'anormal. La différence entre les deux molécules est détaillée dans notre comparatif CBD ou CBN.

Réfrigérateur, congélateur, date limite : les cas pratiques

Le réfrigérateur offre la condition que l'étude de 2020 juge la meilleure pour les fleurs entières. Le risque vient de la condensation : ouvert froid dans une pièce chaude, un bocal se couvre d'humidité. Attendez qu'il revienne à température ambiante, toujours fermé, avant de l'ouvrir.

Le congélateur n'apporte rien de plus : pour les fleurs entières, -30 et -80 °C n'ont pas donné de meilleurs résultats que 4 °C dans l'étude. Il est donc inutile de congeler une fleur que vous comptez consommer dans les mois qui viennent.

Quant à la date limite, aucune source primaire ne fixe de durée de conservation précise pour une fleur. Pensez en conditions de stockage plutôt qu'en date, et lisez notre guide sur la DDM d'une fleur, d'un hash ou d'une huile. Pour les résines et les concentrés, les règles diffèrent : elles sont décrites dans l'article sur la conservation du rosin et du crumble. Pour choisir une fleur, la page fleurs de CBD donne la variété et le taux de référence de chaque produit.

Questions fréquentes

Entre 55 et 65 % d'humidité relative dans un bocal fermé à l'équilibre, ce qui correspond à l'activité de l'eau de 0,55 à 0,65 fixée par la norme ASTM D8197. Plus humide, la fleur risque davantage de moisir ; plus sèche, elle casse. Les 58 ou 62 % des sachets du commerce sont des réglages compris dans cette fourchette.

Aucune durée précise n'a été établie. Les études publiées donnent plutôt des vitesses de perte : plus de 50 % des terpénoïdes en quatre mois, environ 26 % des cannabinoïdes en un an. En 1976, des échantillons conservés à l'obscurité et à température ambiante restaient raisonnablement stables un à deux ans.

Pour des fleurs entières, 4 °C à l'obscurité est la meilleure condition testée. Avant d'ouvrir le bocal, attendez qu'il soit revenu à température ambiante, sans quoi la condensation humidifie la fleur.

Non. L'étude de stabilité parue en 2021 dans Pharmaceutics a suivi le CBD pendant un an. Parmi ses produits de dégradation, elle a trouvé du CBN et n'a détecté aucun THC.

Oui, s'il est rangé dans un placard ou un tiroir fermé. L'étude de 1976 a désigné la lumière comme premier facteur de perte, et c'est l'exposition du bocal qui compte, plus que sa matière.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.