Dab CBD : matériel, températures mesurées et cadre légal
Le dab consiste à déposer un concentré de chanvre sur une surface très chaude et à inhaler la vapeur par une pipe à eau, le rig. Les usagers citent des surfaces de 340 à 482 °C, alors que les vaporisateurs de fleur étudiés sont réglés entre 185 et 210 °C. Phytogrammes ne vend ni concentré destiné au dab, ni matériel.

À retenir
- Le dab désigne une façon de chauffer un concentré ; il ne s'applique ni à une fleur ni à un hash pressé.
- Quatre pièces composent le matériel : le rig, le nail, le capuchon et une source de chaleur (torche ou e-nail).
- En 2017, une étude ne trouve pas de méthacroléine à 322 °C ; elle en mesure 131 à 185 ppb entre 403 et 526 °C.
- En France, la loi encadre le produit : au plus 0,30 % de Δ⁹-THC, vente réservée aux majeurs, aucun usage alimentaire.
Ce que le mot « dab » désigne
To dab, en anglais, veut dire tamponner : une petite quantité de matière collante est déposée sur une surface chaude. Une revue de 2025 parue dans Frontiers in Toxicology définit le dabbing comme une vaporisation éclair au contact d'une surface chauffée.
Le mot ne désigne pas une catégorie de produit. On chauffe un concentré (extrait au butane, wax, shatter ou rosin), et non une fleur séchée ou un hash pressé. Un « dab CBD » est donc ce même geste, appliqué à un concentré riche en cannabidiol.
La vaporisation d'une fleur fonctionne autrement. Le vaporisateur tient une température choisie pendant toute la session. Le dab agit par contact : on chauffe d'abord la surface, dont la température baisse dès que la matière s'y pose. Mécanique et échelle thermique diffèrent donc d'un geste à l'autre.
Le matériel, pièce par pièce
| Pièce | Rôle | Ce qui varie d'un modèle à l'autre |
|---|---|---|
| Rig | Pipe à eau qui refroidit la vapeur avant l'inhalation | Volume, type de filtration |
| Nail | Surface chauffée qui reçoit le concentré | Matière : quartz, céramique, titane |
| Capuchon (carb cap) | Couvre la surface et réduit la pression au-dessus d'elle | Forme, flux d'air |
| Torche | Source de chaleur à flamme, au butane | Aucune lecture de température |
| E-nail | Résistance pilotée par un contrôleur | Consigne affichée |
Selon une étude de 2015 du Journal of Toxicological Sciences, le nail est en quartz, en céramique ou en titane, et souvent chauffé au chalumeau. L'étude de 2017 parue dans ACS Omega y ajoute l'e-nail, réglé en température, et le capuchon : en abaissant la pression sur la surface, il permet de vaporiser à plus basse température.
Tout se joue entre la flamme et la résistance. Avec une torche, la température varie selon la durée de chauffe, la masse du nail et le délai avant le dépôt, et rien ne la mesure au moment du geste. Un e-nail affiche une consigne, c'est-à-dire la valeur que l'appareil régule. Au point de contact, la matière peut en subir une autre.
Deux échelles de température à ne pas confondre
On lit souvent 157 °C pour le THC. Ce chiffre provient de distillations sous vide poussé, à 0,05 Torr, dans des travaux de 1941 et 1964. À pression normale, une étude de 2025 du Journal of Cannabis Research a mesuré l'ébullition du THC autour de 245 °C. À notre connaissance, rien d'équivalent n'a été publié pour le CBD. Une molécule commence d'ailleurs à passer en vapeur bien en dessous de son point d'ébullition, comme l'eau d'une flaque.
Les vaporisateurs étudiés sont surtout réglés entre 185 et 210 °C, et la combustion démarre vers 230 °C. Ces études sont détaillées dans notre guide des températures de vaporisation du CBD.
Le dab se situe plus haut. Dans l'étude de 2015, le nail en titane était chauffé pendant 10 secondes, jusqu'à 300 °C environ, avant qu'on y dépose 40 mg de concentré. Selon les auteurs de 2017, les usagers d'e-nail citent des consignes de 340 à 482 °C, souvent autour de 378 °C. La plupart préfèrent les valeurs hautes, pour que tout se vaporise.
Ce que la chaleur produit
Pour l'étude de 2017, les chercheurs ont chauffé des terpènes (les composés aromatiques du chanvre) sur un nail en céramique, puis extrapolé les résultats à un dab de 40 mg d'extrait. Ils ont dosé dans l'air aspiré la méthacroléine, un composé irritant.
| Température de la surface | Méthacroléine |
|---|---|
| 322 °C | Non détectée |
| 403 °C | 131 ± 9 ppb |
| 455 °C | 157 ± 2 ppb |
| 526 °C | 185 ± 11 ppb |
Le benzène n'apparaît que dans la plage la plus chaude, à environ 15 ppb par dab extrapolé. Ces mesures ont été faites en laboratoire sur des terpènes, et non sur un dab réel, et elles ne disent rien d'un effet sur la santé. Elles indiquent seulement que la vapeur contient d'autant plus de produits de dégradation que la surface est chaude.
L'étude de 2015 s'est intéressée à ce qui passe dans la vapeur : jusqu'à 40 % du THC théoriquement disponible s'y retrouvait. Elle montre aussi l'intérêt de la ligne des solvants résiduels sur un certificat. Des solvants ont été trouvés dans 83,3 % des extraits analysés, et dans aucun des hash. Pour lire cette ligne, voir notre article sur le certificat d'un concentré.
Quels produits sont concernés, et ce que vend Phytogrammes
Le dab concerne les concentrés qui fondent sans laisser de résidu : extraits au butane, wax, crumble, rosin. Notre guide des wax et concentrés présente la première famille, et l'article sur le rosin la seconde. Pour le hash, le grade full melt désigne une résine qui fond entièrement à la chaleur, en général issue des mailles de 73 à 90 microns.
En France, l'étude des centres d'addictovigilance financée par la MILDECA, publiée en décembre 2023, porte sur 248 produits au CBD. Leurs teneurs allaient de l'état de trace à 90 %, les plus élevées sur les formes concentrées (wax, cristaux, crumble, huile). Sur l'ensemble, 46 % des échantillons n'avaient aucun étiquetage de composition, et 30 dépassaient le seuil de THC, entre 0,4 et 1,2 %.
Phytogrammes ne vend aucun concentré destiné au dab, ni rig, ni nail, ni e-nail. Son catalogue se limite aux fleurs, aux huiles et aux résines obtenues sans solvant. Cet article explique un terme et ne donne aucun mode d'emploi. Pour les questions de conformité, voir notre foire aux questions.
Le cadre français
La loi encadre la matière chauffée, quel que soit l'objet qui la chauffe. L'arrêté du 30 décembre 2021 réserve la culture et la vente aux variétés de Cannabis sativa L. inscrites aux catalogues officiels, dont le Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %. Son article 1, III, étend ce plafond aux extraits et aux produits qui les contiennent, donc aux concentrés.
Le Conseil d'État, le 29 décembre 2022, a annulé le II de cet article, qui interdisait de vendre les fleurs et feuilles brutes, en jugeant disproportionnée une interdiction générale et absolue. Le seuil de 0,30 % est resté le même. Ces produits sont réservés aux majeurs, et ce ne sont pas des denrées alimentaires.
Questions fréquentes
C'est le produit qui est encadré, quel que soit le geste. Un concentré de chanvre est licite si le produit fini contient au plus 0,30 % de Δ⁹-THC, le seuil fixé par l'article 1, III de l'arrêté du 30 décembre 2021. Vous le vérifiez sur le certificat du lot. Seuls les majeurs peuvent en acheter.
Ils diffèrent par la mécanique et par l'échelle de température. Le vaporisateur tient une consigne, souvent comprise entre 185 et 210 °C dans les études. Le dab pose la matière sur une surface préchauffée, que les usagers situent entre 340 et 482 °C, et qui refroidit ensuite.
Cette valeur provient d'une distillation sous vide. Une étude de 2025 situe l'ébullition du THC à pression normale vers 245 °C. Une partie s'évapore quand même en dessous, plus lentement.
Non. Le catalogue propose des fleurs, des huiles et des résines obtenues sans solvant. Il ne comprend aucun rig, nail ou e-nail, ni concentré de type wax, shatter ou rosin.
Elles ne mesurent pas la même chose. Le point d'ébullition concerne une molécule pure et varie avec la pression. La température d'un dab est celle d'une surface, qui dépend du nail, de la durée de chauffe et du délai avant le dépôt.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.