Aller au contenu
Variétés du Catalogue européenCultivé en FranceSéchage lentExpédition sous 24 h ouvrées — avant midiLivraison UE — 24-72 hRétractation — 14 joursCertificat consultable — par lot

Dab CBD : matériel, températures et cadre légal

Par

10 min de lectureMis à jour le

Le dab désigne la volatilisation d'un concentré de chanvre déposé sur une surface préchauffée, dont la vapeur est aspirée à travers une pipe à eau appelée rig. Le matériel tient en quatre pièces : le rig, le nail ou banger, le capuchon, la source de chaleur. Les températures employées dépassent de loin les points de volatilisation publiés des cannabinoïdes. Phytogrammes ne vend ni concentré destiné au dab, ni matériel.

Concentré de chanvre ambré prélevé à l'outil, texture souple, posé sur un support sombre
Sommaire
  1. 011. Ce que le mot « dab » désigne
  2. 022. Le matériel, pièce par pièce
  3. 033. Les températures publiées : deux échelles à ne pas confondre
  4. 044. Quels produits sont concernés, et ce que vend Phytogrammes
  5. 055. Le cadre français
  6. 06Questions fréquentes
  7. 07Sources

Le mot circule dans les descriptions de concentrés et dans les forums, presque jamais avec une définition. Cet article en donne une, décrit le matériel pièce par pièce, rassemble les températures publiées et rappelle ce que le droit français impose au produit fini. Il ne dit ni quoi faire, ni combien, ni quand : aucune indication d'usage ne figure ici, et chaque chiffre cité renvoie à sa source.

> À retenir > > - Le dab est une méthode d'inhalation, pas un produit ni une famille de résine. > - Quatre pièces : rig, nail ou banger, capuchon, torche ou e-nail. > - Les points de volatilisation les plus cités des cannabinoïdes vont de 157 à 220 °C. > - Une étude de 2017 ne détecte pas de méthacroléine à 322 °C, en mesure 131 ppb à 403 °C et 185 ppb à 526 °C. > - Cadre : Δ⁹-THC sous 0,30 % sur le produit fini, vente aux majeurs, produit non alimentaire.

1. Ce que le mot « dab » désigne

Le terme vient du verbe anglais to daub, enduire, et décrit le geste : déposer une petite quantité de matière collante sur une surface chaude. L'article « Hash oil » de Wikipédia en anglais définit le dabbing comme le fait de fumer ou de vaporiser de l'huile de haschich, à travers une pipe à eau que le vocabulaire courant appelle dab rig.

Un point de vocabulaire règle l'essentiel : le dab n'est pas une catégorie de produit, mais une manière de chauffer. Ce qui est chauffé est un concentré, huile de butane, shatter, wax ou rosin, et non une fleur séchée ni un hash pressé. Parler d'un « dab CBD » désigne donc un geste appliqué à un concentré riche en cannabidiol, pas une référence au catalogue.

La seconde confusion porte sur la vaporisation. Un vaporisateur de fleur régule une consigne : l'appareil maintient une température choisie pendant toute la session. Un dab procède à l'inverse, par contact sur une surface préchauffée dont la température décroît dès le dépôt de la matière. Les deux gestes n'ont ni la même échelle thermique ni la même mécanique. Notre tableau des points de volatilisation documente le second cas, celui d'une consigne tenue.

2. Le matériel, pièce par pièce

PièceRôleCe qui varie d'un modèle à l'autre
RigPipe à eau qui refroidit et filtre la vapeur avant l'inhalationVolume de la chambre, type de percolation
Nail ou bangerSurface chauffée qui reçoit le concentréMatière : quartz, titane, céramique
CapuchonCouvre la surface après le dépôt et oriente le flux d'airForme, directionnel ou non
TorcheSource de chaleur à flamme, au butaneAucune lecture de température
E-nailRésistance pilotée par un contrôleur électroniqueConsigne affichée, régulation

Le même article relève que le godet en quartz a largement remplacé le nail traditionnel, et que le capuchon crée une zone de basse pression au-dessus de la surface, ce qui abaisse la température à laquelle la matière se volatilise.

La distinction décisive sépare la flamme de la résistance. Une torche ne donne aucune indication : la température de la surface dépend de la durée de chauffe, de la distance de la flamme, de la masse du quartz et du temps d'attente avant le dépôt, quatre variables qu'aucun instrument ne mesure au moment du geste. Un e-nail remplace la flamme par une résistance et un contrôleur, et affiche une consigne. Cette consigne reste une consigne : elle décrit ce que régule l'appareil, pas nécessairement ce que subit la matière au point de contact. Aucune des sources ouvertes pour cet article ne donne d'écart chiffré entre les deux, et nous n'en avançons donc pas.

3. Les températures publiées : deux échelles à ne pas confondre

3.1 Les points de volatilisation des molécules

MoléculePoint de volatilisation le plus cité
β-caryophyllène119 °C
α-pinène155 °C
Δ⁹-THC157 °C
CBD165 °C
myrcène168 °C
limonène176 °C
CBN185 °C
linalol, humulène198 °C
CBC, CBG, THCV220 °C

Ces valeurs sont celles de notre outil interne, qui reprend les points les plus cités de la littérature publiée. Deux réserves les accompagnent : selon la méthode de mesure, les sources s'étalent d'environ ± 10 °C, et la volatilisation est progressive, pas binaire, un composé commençant à se libérer sous son point d'ébullition. Au-delà d'environ 230 °C commence la combustion, avec les goudrons et le monoxyde de carbone que la vaporisation cherche précisément à éviter.

3.2 Les températures mesurées sur un dab

Une étude publiée dans ACS Omega en 2017 par Jiries Meehan-Atrash, Wentai Luo et Robert M. Strongin, de l'université d'État de Portland, a reproduit des conditions de dab en laboratoire et dosé les produits de dégradation formés selon la température de la surface. Les résultats pour la méthacroléine :

Température de la surfaceMéthacroléine mesurée
322 °Cnon détectée
403 °C131 ± 9 ppb
455 °C157 ± 2 ppb
526 °C185 ± 11 ppb

Du benzène n'apparaît qu'aux températures les plus hautes, autour de 15 ± 1,8 ppb par dab. Les auteurs relèvent par ailleurs les températures rapportées par les usagers eux-mêmes : une plage de 340 à 482 °C, avec une préférence déclarée autour de 710 °F, soit 378 °C, la majorité privilégiant les valeurs hautes pour volatiliser intégralement la matière.

Le rapprochement des deux tableaux est l'information principale de cette section. Les cannabinoïdes listés plus haut se volatilisent entre 157 et 220 °C ; les surfaces employées pour un dab travaillent, d'après les usagers interrogés dans cette étude, à des températures deux fois plus élevées. Ce n'est ni un conseil de réglage ni une recommandation : c'est un écart documenté, que chacun est libre de lire.

4. Quels produits sont concernés, et ce que vend Phytogrammes

Les concentrés visés par le geste sont ceux qui fondent sans laisser de résidu : huile de butane, shatter, wax, crumble, rosin. Notre guide des wax et concentrés décrit la première famille, et l'article sur le rosin, extraction sans solvant la seconde. Du côté des résines de séparation mécanique, le vocabulaire a son propre verdict : le grade full melt désigne un hash qui fond intégralement à la chaleur sans laisser de matière végétale, obtenu typiquement sur les fractions 73u à 90u.

L'état du marché français mérite un détour. Le rapport financé par la MILDECA et publié en décembre 2023 a fait acheter puis analyser 248 produits au cannabidiol. Les teneurs en CBD y varient de l'état de trace à 90 %, pour une médiane de 3,86 %, et les valeurs maximales se retrouvent précisément sur les formes concentrées, wax, cristaux, crumble et huile. Deux chiffres méritent d'être retenus par qui achète un concentré : 46 % des échantillons ne portaient aucun étiquetage de composition, et 30 produits sur 248 dépassaient le seuil de THC, avec des teneurs de 0,4 à 1,2 %. Les auteurs précisent que ces produits non conformes se retrouvent dans toutes les filières d'achat.

Phytogrammes ne vend ni concentré destiné au dab, ni matériel : ni rig, ni nail, ni banger, ni e-nail. Le catalogue s'arrête aux fleurs et aux résines obtenues par séparation mécanique, eau glacée ou tamisage à sec. Cet article est une page de définition, pas une page de vente. Les questions de conformité sont regroupées dans notre foire aux questions.

5. Le cadre français

Deux textes encadrent le produit fini, indépendamment de la manière dont il est chauffé.

L'arrêté du 30 décembre 2021 réserve la culture, l'importation et la commercialisation aux variétés de Cannabis sativa L. inscrites aux catalogues officiels, dont la teneur en delta-9-tétrahydrocannabinol n'est pas supérieure à 0,30 %. Son article 1, III applique le même plafond aux extraits de chanvre et aux produits qui les intègrent : un concentré relève de cette catégorie.

Le Conseil d'État, par sa décision du 29 décembre 2022 n° 444887, a annulé le II de l'article 1 de cet arrêté, qui interdisait la vente aux consommateurs des fleurs et feuilles brutes. Les juges ont estimé que cette interdiction générale et absolue était disproportionnée pour des variétés dont la teneur reste sous 0,30 %. Le seuil, lui, n'a pas bougé.

Enfin, ces produits sont réservés aux personnes majeures et ne sont pas des denrées alimentaires. Le droit cité ici porte sur la matière, pas sur l'objet qui la chauffe : aucune des sources ouvertes ici n'aborde le statut du matériel lui-même.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un dab et la vaporisation d'une fleur ?

La mécanique thermique. Un vaporisateur régule une consigne pendant toute la session ; un dab dépose la matière sur une surface préchauffée dont la température décroît ensuite. Les échelles diffèrent aussi : les points de volatilisation publiés des cannabinoïdes s'étagent de 157 à 220 °C, tandis que les usagers interrogés dans l'étude de 2017 déclarent des surfaces entre 340 et 482 °C.

Phytogrammes vend-il des concentrés à dab ou du matériel ?

Non, ni l'un ni l'autre. Le catalogue comprend des fleurs et des résines issues de séparation mécanique, eau glacée ou tamisage à sec. Aucun rig, aucun nail, aucun e-nail, aucun concentré de type wax, shatter ou rosin n'y figure. Cet article existe pour définir un terme, pas pour proposer un produit.

Pourquoi les températures citées varient-elles autant ?

Parce qu'elles ne mesurent pas la même chose. Les points de volatilisation décrivent le comportement d'une molécule pure, et les sources publiées s'écartent déjà d'environ ± 10 °C selon la méthode. Les températures de dab, elles, décrivent une surface : elles dépendent de la masse du quartz, de la durée de chauffe et du délai avant le dépôt, et l'étude de 2017 les fait varier de 322 à 526 °C d'une condition à l'autre.

Sources


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.