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Cheese cannabis : origine britannique, arômes et fleur de CBD

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13 min de lectureMis à jour le

La Cheese est connue pour son arôme fort, souvent décrit comme acidulé, skunky et proche du fromage affiné. Dans le cannabis, ce nom désigne surtout une lignée et un profil aromatique. Il ne permet pas, à lui seul, de connaître la composition d’une fleur vendue en France.

Tête de fleur de CBD Triple Cheese aux pistils orangés, photographiée sur fond clair.
Sommaire
  1. 01Que signifie « Cheese » dans l’univers du cannabis ?
  2. 02D’où vient la Cheese ?
  3. 03Quels arômes et quels terpènes associe-t-on à la Cheese ?
  4. 04Cheese riche en THC ou fleur de CBD : qu’est-ce qui change ?
  5. 05Comment lire le certificat d’analyse d’une fleur Cheese ?
  6. 06Questions fréquentes

La fiche Exodus Cheese de Leafly situe l’apparition de la plante dans le sud de l’Angleterre, à la fin des années 1980 ou au début des années 1990. Elle la dit issue d’un sachet de graines de Skunk #1. Certains détails restent rapportés plutôt que vérifiés.

> À retenir > > - La Cheese serait un phénotype de Skunk #1 repéré en Angleterre à la fin des années 1980, puis conservé par bouturage. > - Des boutures acquises par le collectif Exodus, près de Luton, l’ont fait connaître ; Big Buddha l’a ensuite croisée avec un mâle afghan pour la vendre en graines. > - Le terpène dominant change selon la source et le lot : myrcène, pinène ou terpinolène. > - Le Δ⁹-THC d’une fleur de CBD Cheese, plafonné à 0,30 %, se lit sur le certificat de son lot.

Que signifie « Cheese » dans l’univers du cannabis ?

« Cheese » est le nom donné à une famille de cannabis associée à une odeur piquante et acidulée. Le mot décrit d’abord un caractère olfactif marquant. Il ne désigne ni une espèce botanique distincte ni une composition chimique fixe.

Dans les récits consacrés à la variété d’origine, la Cheese est souvent présentée comme un phénotype particulier d’une plante de cannabis. Un phénotype est l’expression visible et sensorielle d’une plante issue de sa génétique. Deux plantes apparentées peuvent donc présenter des différences de forme ou d’arôme.

Le terme recouvre aujourd’hui des réalités diverses. Il peut désigner une lignée historique, un croisement inspiré de cette lignée ou une fleur de chanvre CBD qui reprend son nom et son profil aromatique. Ces usages ne garantissent pas que les produits partagent une génétique identique.

Une fleur appelée Cheese n’est donc pas automatiquement la variété britannique d’origine. En France, le nom commercial ne remplace ni l’identification du chanvre utilisé ni les résultats d’analyse du produit fini.

Face à une fiche Cheese, trois questions se séparent : de quelle lignée le vendeur parle-t-il, quel profil aromatique décrit-il, et que montre l’analyse du lot proposé ? La première relève de l’histoire variétale. La dernière se vérifie sur un document de laboratoire.

Le nom UK Cheese renvoie généralement à la lignée historique dans les récits sur son origine. Le mot Cheese seul est moins précis : les sélectionneurs et vendeurs l’emploient aussi pour des descendants ou des produits qui en reprennent le caractère odorant.

D’où vient la Cheese ?

Les récits les plus souvent repris situent l’apparition de la Cheese au Royaume-Uni. Ils la rattachent à un phénotype de Skunk #1, repéré pour son odeur puis conservé par bouturage. Le magazine Soft Secrets évoque une sélection faite en 1988 ou 1989 dans la région des Chiltern Hills, en précisant qu’il s’agit d’une rumeur (Soft Secrets, 2014).

Les récits disponibles ne forment pas un registre génétique complet. Les détails sur la plante initiale, la date précise de sélection ou les personnes impliquées varient selon les versions. Même la source des graines diffère : Leafly parle d’un sachet de Skunk #1 de Sensi Seeds, Soft Secrets d’une Skunk #1 de The Seed Bank.

Des boutures parviennent ensuite au collectif Exodus, installé près de Luton : au début des années 1990 selon Leafly, vers 1995 selon Soft Secrets. Ce groupe défendait un mode de vie alternatif, organisait des fêtes et militait pour la légalisation du cannabis. La variété devient alors l’une des plus recherchées du Royaume-Uni. Leafly la désigne sous le nom d’Exodus Cheese, aussi appelée Cheese ou UK Cheese.

La filiation avec Skunk #1 est le point le plus constant des récits. Cette variété californienne des années 1970 réunirait elle-même des lignées afghane, mexicaine et colombienne, comme le détaille notre article sur l’histoire de la Skunk. Ces attributions historiques ne sont pas des résultats d’analyse génétique du lot vendu aujourd’hui.

Une bouture préserve le patrimoine génétique d’une plante mère. La présence d’un nom sur une fiche ne prouve pas pour autant que le produit actuel descend de cette plante.

Une autre étape souvent citée est la mise en circulation de versions en graines. Selon Soft Secrets, Big Buddha a croisé un clone de Cheese avec un mâle afghan à la fin des années 1990. Vendue sous le nom de Big Buddha Cheese, cette version a offert la première occasion d’acheter des graines portant cette génétique, plutôt que de chercher une bouture.

Les variantes suivent la même logique. Soft Secrets présente la Blue Cheese de Big Buddha comme un croisement de Blueberry et de Cheese. Le nom seul ne permet pas d’en déduire un taux de THC, un taux de CBD ni une méthode de culture.

Quels arômes et quels terpènes associe-t-on à la Cheese ?

Le profil aromatique associé à Cheese est souvent décrit comme piquant, acide et skunky, avec une note lactée ou de fromage affiné. Selon les descriptions, des nuances terreuses, douces ou proches de l’encens peuvent s’ajouter. Ce sont des perceptions olfactives, pas une composition garantie pour chaque fleur portant ce nom.

Chimiquement, les terpènes forment une famille de molécules aromatiques produites par quantité de plantes ; dans le chanvre, ils façonnent une part de l’odeur de la fleur. Le profil mesuré dépend de la variété, des conditions de culture, de la récolte et de la conservation. Deux lots portant le même nom peuvent donc sentir différemment.

Les fiches de Leafly montrent à quel point ces profils divergent selon le nom retenu. Le tableau compare le terpène indiqué en tête pour trois noms de la famille et pour deux fleurs de CBD du catalogue Phytogrammes, relevées le 6 octobre 2026.

NomSourceTerpène en tête
CheeseLeafly, fiche CheeseMyrcène, puis pinène et caryophyllène
UK CheeseLeafly, fiche UK CheeseTerpinolène, puis ocimène et myrcène
Exodus CheeseLeafly, fiche Exodus CheesePinène, puis caryophyllène et limonène
Lemon Cheese WeedFiche produit, lot PG-26-E305α-pinène annoncé en ouverture
Triple CheeseFiche produit, lot PG-26-116Fα-pinène annoncé en ouverture

Même famille de noms, trois terpènes de tête différents. Les deux fleurs de CBD, décrites comme fraîches et mentholées, s’écartent aussi de l’odeur lactée attribuée à la lignée historique. Leur profil HPLC indique 7,0 % de CBD pour la Lemon Cheese Weed et 6,7 % pour la Triple Cheese.

La présence d’un terpène ne permet pas, à elle seule, de prédire une sensation ou un effet. Elle aide surtout à décrire et comparer un bouquet aromatique. La mention du pinène peut être cohérente avec une impression de pin ou de fraîcheur, sans garantir que chaque personne percevra la fleur de la même manière.

Le profil peut aussi changer entre la fleur intacte et la fleur émiettée. Une partie des composés odorants se libère quand la matière végétale est manipulée. La durée de stockage et l’exposition à la chaleur, à la lumière ou à l’air peuvent également modifier l’intensité perçue.

Pour comparer deux fleurs, séparez l’impression du nez et la mesure. Une fiche qui décrit un bouquet « frais et menthé » ou « terreux et épicé » donne une indication sensorielle. Un certificat avec un tableau terpénique peut préciser les molécules détectées et leurs concentrations.

Cheese riche en THC ou fleur de CBD : qu’est-ce qui change ?

Un nom de variété n’est pas une mesure. Il ne donne pas la teneur exacte en CBD ou en THC, ni la part des formes acides comme le CBDA. Il ne précise pas non plus si le profil terpénique a été mesuré ou simplement décrit à partir de l’odeur.

La composition peut varier entre deux lots issus d’une même sélection. Les conditions de culture et de récolte jouent sur le produit final. Le séchage et le stockage peuvent aussi influer sur l’arôme. Pour cette raison, une ancienne analyse ne décrit pas forcément le sachet actuellement proposé.

La Cheese historique est généralement décrite dans des sources variétales comme une fleur à dominante THC. Une fleur CBD portant le même nom commercial n’est pas pour autant la même plante, la même sélection ou la même composition. Le nom peut reprendre une lignée aromatique sans reproduire le profil cannabinoïde d’origine.

Le mot « CBD » dans un nom de graine ne suffit pas non plus. Le semencier espagnol Dinafem annonce pour sa Cheese CBD, issue d’un croisement avec une variété riche en CBD, de 8 à 10 % de THC. Une telle plante reste très au-dessus du seuil français.

En France, l’arrêté du 30 décembre 2021 n’autorise que des variétés de chanvre inscrites aux catalogues officiels, dont la teneur en Δ⁹-THC ne dépasse pas 0,30 %. La vente des fleurs brutes est possible depuis que le Conseil d’État a annulé leur interdiction le 29 décembre 2022. La conformité s’évalue sur le produit, pas sur la réputation d’une lignée.

L’arôme ne révèle pas la teneur en THC. Une fleur peut avoir une odeur très marquée tout en présentant un profil cannabinoïde différent de la plante d’origine. Les résultats d’une fleur ne se transposent pas non plus à une huile ou à une résine, dont les méthodes de fabrication diffèrent.

Une fleur conforme ne fait pas pour autant un aliment autorisé. Selon le ministère de l’Agriculture, les denrées alimentaires au CBD ne peuvent pas être mises en vente. Le règlement européen sur les nouveaux aliments ne les autorise pas.

Comment lire le certificat d’analyse d’une fleur Cheese ?

Le certificat d’analyse, souvent appelé COA, donne une lecture plus précise quand il correspond au lot vendu. Il indique les résultats obtenus par le laboratoire pour un échantillon défini. Il ne prouve pas que chaque fleur du lot est parfaitement identique, mais il apporte une base vérifiable pour examiner la composition déclarée.

Les principaux repères à vérifier sont les suivants :

  • Identité du produit : le produit doit correspondre à sa catégorie et à son nom commercial.
  • Numéro de lot : il doit relier le produit au certificat, et non à une analyse d’un autre lot.
  • Cannabinoïdes : le tableau doit préciser les valeurs mesurées, avec les unités employées.
  • Date du certificat : elle aide à juger si l’analyse se rapporte à la production actuelle.
  • Méthode : la HPLC est une méthode courante pour mesurer les cannabinoïdes.

Le pourcentage de CBD exige une lecture attentive. Certaines fiches distinguent CBD et CBDA. D’autres annoncent une valeur totale calculée à partir des formes acides et neutres. Deux chiffres ne sont comparables que si leur mode de calcul et leurs unités sont clairs. Un pourcentage massique et une mesure en milligrammes ne se comparent pas sans conversion.

La HPLC, ou chromatographie liquide à haute performance, sépare et quantifie des composés dans un échantillon. Pour les terpènes, un laboratoire peut recourir à une méthode chromatographique en phase gazeuse. Le certificat doit indiquer ce qui a été analysé, plutôt que laisser croire qu’un seul examen couvre tous les paramètres.

Le profil terpénique demande une lecture différente. S’il est présent, cherchez les molécules identifiées et leurs niveaux. Un certificat sans tableau de terpènes ne permet pas de confirmer une description sensorielle détaillée.

Un certificat peut aussi renseigner sur des contaminants. Selon le produit et le périmètre de l’analyse, il peut inclure des contrôles portant sur les pesticides, les métaux lourds, les solvants résiduels ou les micro-organismes. Ne supposez pas que ces contrôles figurent tous dans chaque rapport : vérifiez les rubriques présentes et les résultats associés.

L’accréditation ISO 17025 concerne la compétence des laboratoires d’essais et d’étalonnage pour des activités définies. Elle n’est pas un label général de qualité du produit. Vérifiez le nom du laboratoire et le champ couvert par son accréditation, plutôt que de vous arrêter à la mention seule.

Enfin, notez les limites du document. Le certificat porte sur un échantillon soumis au laboratoire. Il ne décrit pas chaque unité vendue et n’établit pas l’histoire de la variété. Notre article sur les cannabinoïdes du chanvre présente les molécules citées dans ces rapports.

Cas pratique Vous rachetez une fleur Cheese et le numéro de lot a changé. Reprenez la vérification sur le nouveau certificat au lieu de réutiliser l’ancien. Comparez le Δ⁹-THC, le CBD et le terpène dominant : un nouveau lot peut sentir et titrer autrement.

Questions fréquentes

Que signifie Cheese dans le cannabis ?

Cheese désigne une famille de variétés liée, dans les récits historiques, à un phénotype de Skunk #1 repéré au Royaume-Uni. Le nom évoque surtout une odeur forte, acidulée et parfois décrite comme lactée. Il ne garantit pas une génétique identique ni un taux précis de CBD ou de THC.

La Cheese est-elle une variété CBD en France ?

Pas nécessairement. Le nom Cheese peut désigner une lignée historique, un croisement ou une fleur de chanvre CBD qui reprend ce profil aromatique. En France, la composition doit être vérifiée sur la fiche et l’analyse du lot. Le nom commercial ne prouve ni le taux de CBD ni le respect du seuil de THC.

Quels arômes sont associés à la Cheese ?

Les descriptions associent souvent la Cheese à des notes piquantes, acides et skunky, parfois proches du fromage affiné. Des nuances terreuses ou d’encens sont aussi rapportées. Selon les fiches Leafly, le terpène dominant varie du myrcène au terpinolène selon le nom retenu. Seule une analyse terpénique du lot précise les composés présents.

Comment vérifier le taux de THC d’une fleur Cheese CBD ?

Consultez le certificat d’analyse du lot et repérez la valeur de Δ⁹-THC, la date du test et le numéro de lot. L’arrêté du 30 décembre 2021 fixe le maximum à 0,30 %. Une valeur sur une fiche générale ne remplace pas un résultat rattaché au lot vendu.

Une analyse par lot prouve-t-elle l’origine génétique de la fleur ?

Non. Une analyse de laboratoire décrit la composition de l’échantillon testé, selon les paramètres mesurés. Elle peut renseigner sur les cannabinoïdes ou les terpènes, mais elle ne certifie pas une généalogie comme celle attribuée à la Cheese. Les affirmations d’origine demandent des documents de sélection distincts.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.