Cannabis en Thaïlande : ce qui s'applique en octobre 2026
La Thaïlande a sorti le cannabis de sa liste des stupéfiants le 9 juin 2022, puis l'a réservé aux acheteurs munis d'une ordonnance en juin 2025. Un projet de loi approuvé le 22 septembre 2026 veut exclure tout usage récréatif, mais il n'est pas encore en vigueur. Exporter du cannabis depuis la Thaïlande est interdit, et en faire entrer en France reste un délit.

Sommaire
- 01Qu'a changé la décision thaïlandaise de juin 2022 ?
- 02Comment le marché des boutiques a-t-il grandi puis reculé ?
- 03Que prévoit l'ordonnance de juin 2025 ?
- 04Où en est la Thaïlande au 6 octobre 2026 ?
- 05Que risque un touriste français en Thaïlande ?
- 06Peut-on rapporter du cannabis ou du CBD de Thaïlande en France ?
- 07Questions fréquentes
Le 9 juin 2022, la Thaïlande est devenue le premier pays d'Asie du Sud-Est à retirer le cannabis de sa liste des stupéfiants (France 24, 2022). Ce guide décrit le cadre applicable à la date du 6 octobre 2026. Les textes thaïlandais paraissent en thaï au journal officiel du royaume. Les éléments cités ici viennent de la presse, d'analyses juridiques et du ministère français des Affaires étrangères.
> À retenir > > - Depuis juin 2022, la plante n'est plus un stupéfiant, mais les extraits de plus de 0,2 % de THC le restent. > - Depuis le 26 juin 2025, l'achat de fleurs suppose une ordonnance d'un praticien reconnu, couvrant 30 jours au plus. > - Le projet de loi du 22 septembre 2026, qui exclut l'usage récréatif, doit encore passer devant le Parlement. > - L'exportation est interdite et contrôlée au départ ; en France, l'importation de stupéfiants est un délit.
Qu'a changé la décision thaïlandaise de juin 2022 ?
Le 9 juin 2022, la dépénalisation est entrée en vigueur. La plante a quitté la catégorie 5 des stupéfiants, sauf les extraits contenant plus de 0,2 % de THC en poids. Le même jour, les députés adoptaient en première lecture un projet de loi d'encadrement, par 373 voix contre 7 (Thai PBS World, 2022).
Le ministre de la Santé de l'époque, Anutin Charnvirakul, présentait ce texte comme destiné d'abord aux usages médicaux et sanitaires. Il ne devait pas, selon lui, favoriser un usage public gênant pour autrui. La dépénalisation est donc entrée en vigueur avant la loi censée l'encadrer, qui n'en était qu'à sa première lecture.
Selon France 24, l'usage restait juridiquement « réservé à des fins médicales ». Fumer en public pouvait coûter une amende de 25 000 bahts, soit 673 euros, et jusqu'à trois mois de prison. Notre article sur les quatre modèles légaux du cannabis dans le monde situe ce choix de la dépénalisation parmi les autres.
Comment le marché des boutiques a-t-il grandi puis reculé ?
Les boutiques se sont multipliées après 2022. Le pays en a compté jusqu'à 18 433, selon des chiffres du ministère de la Santé publique (The Nation, via Asia News Network, février 2026). Le plafond de 0,2 % de THC ne vise que les extraits, pas la fleur, à la différence du seuil appliqué au chanvre vendu en France.
Le recul a suivi le durcissement. Au 28 décembre 2025, 8 636 licences avaient expiré et 1 339 seulement avaient été renouvelées, soit 15,5 %. Le ministère comptait alors 7 297 fermetures et 11 136 boutiques encore ouvertes. Pour fonctionner, une boutique doit désormais disposer sur place d'un praticien de médecine traditionnelle agréé ou enregistré.
Le 22 septembre 2026, le ministre de la Santé publique Pattana Promphat a chiffré le suivi des exploitations. Plus de 10 000 boutiques et sites de culture, soit plus de 95 % du total, figurent dans un système gouvernemental. Ceux qui n'y figurent pas doivent être présumés illégaux (The Star, dépêche Bloomberg, 22 septembre 2026).
Que prévoit l'ordonnance de juin 2025 ?
Le texte est une notification du ministère de la Santé publique sur les plantes contrôlées, entrée en vigueur le 26 juin 2025. Elle met fin à la vente récréative : l'acheteur doit présenter une prescription médicale (franceinfo, 25 juin 2025). Selon franceinfo, les infractions sont sanctionnées par des amendes de 500 à 1 300 euros.
Le cabinet d'avocats Tilleke & Gibbins en détaille les conditions. L'ordonnance doit émaner de l'un des sept praticiens reconnus. La liste comprend les médecins, les dentistes, les pharmaciens et les praticiens de médecine traditionnelle thaïe, de médecine thaïe appliquée, de médecine populaire ou de médecine chinoise. Rédigée sur un formulaire officiel, l'ordonnance couvre 30 jours au plus et ne sert qu'une fois (Tilleke & Gibbins, 3 septembre 2025).
Une consultation sommaire avec ordonnance envoyée par courriel ou sur un réseau social ne serait pas conforme, selon la même analyse. Les boutiques doivent conserver les ordonnances au moins un an. Le cabinet ne relève aucune disposition propre aux étrangers : la règle vaut pour tout acheteur, touriste compris.
Selon franceinfo, 800 voyageurs, dont plus de 50 Britanniques, avaient déjà été arrêtés en un an dans les aéroports thaïlandais avec du cannabis dans leurs valises.
Où en est la Thaïlande au 6 octobre 2026 ?
Deux étapes ont suivi en 2026. Un règlement ministériel sur les extraits est entré en vigueur le 26 avril 2026. Les extraits de plus de 0,2 % de THC y restent des stupéfiants de catégorie 5 (The Nation, via Asia News Network, 29 avril 2026). Ils ne sont autorisés que sous licence, pour quatre usages, dont la médecine et la recherche.
Le 22 septembre 2026, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi de contrôle du cannabis. Il réserverait la plante aux usages médicaux, sanitaires et scientifiques, et exclurait l'usage récréatif (Gavroche Thaïlande, 23 septembre 2026). La vente serait interdite aux moins de 20 ans et aux femmes enceintes ou allaitantes.
Le projet prévoit des licences de trois ans pour cultiver, produire, importer, exporter ou vendre. Il interdit la vente dans plusieurs lieux sensibles, dont les temples, les écoles et les parcs publics, ainsi que la publicité pour les fleurs et la résine. Pour renouveler leur licence, les boutiques devraient devenir des établissements médicaux avec un médecin sur place (The Nation, 23 septembre 2026).
Ce projet n'est pas en vigueur. Il doit encore être examiné par la Chambre des représentants, et son contenu peut évoluer au fil des lectures. D'ici là, les règles de juin 2025 s'appliquent : selon Bloomberg, elles exigent déjà une ordonnance et limitent la vente aux établissements médicaux agréés.
Le projet émane du gouvernement du Premier ministre Anutin Charnvirakul, dont le parti avait porté la dépénalisation de 2022. Aucune date de vote n'apparaît dans les sources consultées. Le ministère français des Affaires étrangères écrivait encore le 6 octobre 2026 que l'usage du cannabis est « dépénalisé » en Thaïlande.
Que risque un touriste français en Thaïlande ?
L'achat légal suppose une ordonnance, aux conditions décrites plus haut. Pour la fumée en public, la règle connue date de 2022 : jusqu'à 25 000 bahts d'amende et trois mois de prison. Les sources consultées ne signalent pas de texte plus récent qui l'aurait levée.
Le risque principal tient à la sortie du territoire. Le ministère français des Affaires étrangères le rappelle dans ses conseils aux voyageurs pour la Thaïlande, mis à jour le 6 octobre 2026. « Si l'usage du cannabis est dépénalisé en Thaïlande, son exportation est strictement interdite. »
Le même avis signale des contrôles renforcés aux points de départ depuis le 18 juin 2026. Il mentionne une amende douanière de 30 000 bahts, environ 790 euros, par kilo saisi, et une détention en cas de non-paiement. Les peines encourues vont de deux à dix ans de prison, et plusieurs jeunes Français ont été arrêtés ces dernières semaines.
Le ministère recommande de ne jamais transporter de cannabis, même en petite quantité ou sous la pression d'un tiers. Il conseille aussi de ne jamais porter un bagage pour autrui sans en connaître le contenu. Les escales comptent également : notre guide pour prendre l'avion avec du CBD rappelle que la loi des pays de transit s'applique.
Cas pratique Une voyageuse achète quelques grammes de fleurs dans une boutique de Bangkok, sur ordonnance. L'achat peut être conforme au droit thaïlandais en vigueur. Glisser le reste dans sa valise avant le vol retour en ferait pourtant une exportation interdite au départ, puis une importation de stupéfiants à l'arrivée en France.
Peut-on rapporter du cannabis ou du CBD de Thaïlande en France ?
Non pour le cannabis. Faire entrer des stupéfiants en France, comme les détenir ou les transporter, est illégal (Service-Public, page vérifiée le 24 novembre 2025). L'importation illicite de stupéfiants est punie de dix ans d'emprisonnement et de 7 500 000 euros d'amende (code pénal, article 222-36, Légifrance).
Le service public mentionne une exception pour les médicaments de la famille des stupéfiants, comme la méthadone ou la morphine, transportés pour un usage personnel. Les sources consultées ne rattachent pas à cette exception les fleurs vendues en boutique, même sur ordonnance thaïlandaise.
En Thaïlande, la plante échappe au classement des stupéfiants quelle que soit sa teneur en THC ; seuls les extraits au-delà de 0,2 % y restent soumis. Rien n'impose donc à une fleur thaïlandaise de respecter la règle française. Celle-ci exige une variété inscrite au catalogue européen ou français et au plus 0,30 % de Δ⁹-THC (arrêté du 30 décembre 2021, Légifrance).
Notre dossier sur le seuil légal de THC précise sur quoi porte ce plafond. Une étiquette « CBD » achetée à l'étranger ne garantit rien sans analyse du lot.
Les produits à avaler posent une difficulté de plus. En France, les denrées au CBD sont des nouveaux aliments non autorisés, que le ministère de l'Agriculture demande de retirer du marché (ministère de l'Agriculture, 20 mai 2026). Les gommes ou boissons au THC relèvent des stupéfiants, comme le détaille notre article sur les produits au THC à avaler.
Un envoi postal ne contourne rien, car un colis est jugé sur son contenu : voir notre article sur les colis de CBD venus de l'étranger. L'usage en France reste un délit. Depuis le 20 août 2026, une amende forfaitaire de 500 euros peut éteindre les poursuites (article L3421-1 du code de la santé publique, Légifrance).
Questions fréquentes
Le cannabis est-il légal en Thaïlande en 2026 ?
Il est dépénalisé, pas légalisé pour un usage récréatif. Depuis le 26 juin 2025, la fleur ne se vend que sur ordonnance, et les extraits de plus de 0,2 % de THC restent des stupéfiants. Un projet de loi plus strict attend l'examen du Parlement.
Un touriste peut-il acheter du cannabis en Thaïlande ?
Seulement sur ordonnance de l'un des sept praticiens reconnus, pour 30 jours au plus. Les analyses consultées ne signalent aucune règle propre aux touristes. Une boutique qui vend sans ordonnance enfreint la notification de juin 2025.
Peut-on fumer du cannabis dans la rue en Thaïlande ?
Non. Une règle de 2022 punit la fumée en public d'une amende pouvant atteindre 25 000 bahts et de trois mois de prison. Le projet de loi de 2026 interdirait en outre la vente dans plusieurs lieux sensibles, dont les temples et les parcs publics.
Peut-on rapporter du cannabis de Thaïlande en France ?
Non. L'exportation est interdite au départ, avec des peines de deux à dix ans de prison selon le ministère des Affaires étrangères. À l'arrivée, l'importation de stupéfiants est punie en France de dix ans d'emprisonnement et de 7 500 000 euros d'amende.
Le projet de loi de septembre 2026 est-il déjà appliqué ?
Non, à la date du 6 octobre 2026. Approuvé en Conseil des ministres le 22 septembre, il doit encore être examiné par la Chambre des représentants. Les règles de juin 2025 restent donc la référence.
Un CBD acheté en Thaïlande est-il légal en France ?
Seulement s'il respecte le droit français : 0,30 % de Δ⁹-THC au plus, variété inscrite au catalogue et aucune forme à avaler. Le droit thaïlandais ne plafonne pas le THC de la plante, si bien qu'une étiquette ne prouve rien sans analyse.
Sources et dates
Sources consultées le 6 octobre 2026. Les dates ci-dessous sont celles de publication ou de mise à jour indiquées par chaque source :
- France 24 : 2022-07-29 ; Thai PBS World : 2022-06-09.
- franceinfo : 2025-06-25 ; Tilleke & Gibbins : 2025-09-03.
- The Nation, via Asia News Network : 2026-02-02 (données au 2025-12-28) et 2026-04-29.
- The Star, dépêche Bloomberg : 2026-09-22 ; The Nation et Gavroche Thaïlande : 2026-09-23.
- Ministère français des Affaires étrangères, conseils aux voyageurs : mise à jour du 2026-10-06.
- Service-Public : 2025-11-24 ; ministère de l'Agriculture : 2026-05-20.
- Légifrance : article 222-36 du code pénal, version en vigueur depuis le 2009-11-26 ; arrêté du 30 décembre 2021, publié le 2021-12-31 ; article L3421-1 du code de la santé publique, version en vigueur depuis le 2026-08-20.
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
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Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.