Aller au contenu

Informations de lot sur chaque ficheTHC < 0,3 %Expédié depuis la France10 % offerts à l'inscription

Gommes et boissons au THC : légales aux USA, pas en France

Par

8 min de lectureMis à jour le

Non, les gommes, boissons et huiles au THC ne sont pas légales en France. Un produit conçu pour délivrer une dose active de THC relève des stupéfiants : le fabriquer, le vendre, le détenir ou l'importer est une infraction, même s'il a été acheté légalement aux États-Unis. Les gommes et boissons au CBD ont elles aussi quitté la vente le 15 mai 2026, pour une autre raison : aucune n'est autorisée comme nouvel aliment.

Pot sans étiquette renversé sur une table blanche, laissant échapper des gommes rouges sucrées

À retenir

  • Une gomme américaine de 4 g contenant 10 mg de THC reste sous le seuil de 0,3 % du poids, qui définit le chanvre aux États-Unis depuis 2018.
  • En France, le THC est un stupéfiant. Le seuil de 0,30 % admet une trace dans le chanvre, jamais une dose.
  • Importer des stupéfiants expose à 10 ans de prison et à 7 500 000 € d'amende.
  • Le THC avalé agit en 30 à 90 minutes, pour des effets de 4 à 12 heures ; fumé, ils durent 2 à 3 heures.
  • Côté aliments, seuls restent autorisés les graines de chanvre, leur huile et les feuilles en infusion, sans extrait ajouté.

Ce qui est légal à avaler en France en 2026

Voici, format par format, la situation en septembre 2026.

ProduitStatut en FranceTexte
Gomme, boisson, huile ou chocolat au THCStupéfiant : interditArrêté du 22 février 1990 ; article R5132-86 du Code de la santé publique
Produit au HHC, au H4CBD ou au THCPStupéfiant : interditDécisions de l'ANSM de 2023 et 2024
Gomme, boisson, gélule ou huile alimentaire au CBDRetiré de la vente depuis le 15 mai 2026Règlement (UE) 2015/2283, dit Novel Food
Graines de chanvre, huile de graines, feuilles en infusionAutorisés, sans extrait de cannabinoïde ajoutéAliments consommés avant 1997

Le THC est inscrit sur la liste des stupéfiants, et l'article R5132-86 du Code de la santé publique interdit la production, la vente et l'emploi des tétrahydrocannabinols, « naturels ou synthétiques ». Seul le chanvre fait exception : l'arrêté du 30 décembre 2021 y tolère au plus 0,30 % de Δ⁹-THC, dans la plante comme dans ses produits. Cette tolérance porte sur une trace résiduelle. Elle ne s'étend pas à un produit formulé pour son effet psychotrope, quel que soit son pourcentage. Notre article sur le delta-9-THC en France détaille ce statut.

Le CBD, lui, bute sur le droit alimentaire. Le ministère de l'Agriculture a rappelé le 20 mai 2026 que les denrées contenant du CBD ne sont pas autorisées, leur innocuité n'étant pas démontrée. Restent permises les graines de chanvre, leur huile et les feuilles pour infusion aqueuse, si elles respectent les teneurs en THC et ne sont enrichies d'aucun extrait. Ce retrait est détaillé dans notre article sur les gommes au CBD, et l'ensemble des formats dans celui sur la réglementation de 2026.

Pourquoi ces produits sont légaux aux États-Unis

Aux États-Unis, le Farm Bill de 2018 définit le chanvre comme une plante de Cannabis sativa L. contenant au plus 0,3 % de delta-9-THC en poids sec. Ce seuil porte sur le poids, et non sur la dose. Avec 10 mg de THC dans 4 grammes, une gomme affiche 0,25 % : c'est encore du « chanvre » au sens fédéral, alors qu'elle délivre une dose active. Le marché américain du « hemp-derived THC » s'est construit sur ce calcul.

Le Congrès a cherché à fermer cette brèche. La loi de finances agricole du 12 novembre 2025 (P.L. 119-37) modifie la définition : elle retient le THC total, exclut les produits finis de plus de 0,4 mg de THC total par contenant et écarte les cannabinoïdes synthétisés hors de la plante. D'après le service de recherche du Congrès, cette définition devait entrer en vigueur le 12 novembre 2026. À 10 mg, une gomme dépasse ce plafond vingt-cinq fois.

Cette brèche n'a jamais existé en France. Le droit y vise la molécule et l'usage auquel le produit est destiné, sans raisonner en pourcentage de son poids.

Pourquoi le THC avalé agit autrement

Le statut juridique reste le même quel que soit le format, mais l'effet change beaucoup. Fumé ou vaporisé, le THC passe des poumons au sang en quelques minutes. Avalé, il traverse d'abord l'intestin puis le foie. Celui-ci en détruit une grande partie et en transforme une autre en 11-OH-THC, un métabolite lui aussi psychoactif.

Les délais moyens viennent d'une revue de pharmacologie clinique parue en 2003. Par inhalation, le THC agit en quelques secondes à quelques minutes, atteint son maximum en 15 à 30 minutes et s'estompe en 2 à 3 heures. Par voie orale, il agit après 30 à 90 minutes et culmine en 2 à 3 heures, pour des effets qui durent de 4 à 12 heures. Quant à la part qui atteint le sang, une revue de 2018 l'évalue de 10 à 35 % par inhalation, parfois 6 % seulement par voie orale.

Barres comparant le THC inhalé, effets en quelques minutes et fin vers 2 à 3 heures, et le THC avalé, début après 30 à 90 minutes, pic à 2 à 3 heures, effets jusqu'à 12 heures
Délais moyens des effets du THC selon la voie. Source : Grotenhermen, Clinical Pharmacokinetics, 2003

Ce décalage a un effet pratique. Comme on ne sent rien au bout d'une demi-heure, on reprend une gomme, et les deux doses finissent par agir en même temps. Pour les enfants, le danger est autre, car une gomme ressemble à un bonbon. Aux États-Unis, les centres antipoison ont recensé 207 expositions d'enfants à des comestibles au cannabis en 2017, et 3 054 en 2021. La hausse atteint 1 375 %, et 22,7 % des enfants concernés ont été hospitalisés.

Rapporter des gommes au THC de l'étranger

Un achat légal en Californie ou au Canada ne protège de rien à l'arrivée : passer la frontière avec un produit au THC revient à importer un stupéfiant. L'article 222-36 du Code pénal punit l'importation illicite de stupéfiants de dix ans de prison et de 7 500 000 € d'amende. Pour l'usage, la peine est d'un an de prison et de 3 750 € d'amende.

Il en va de même d'une commande en ligne livrée en France, et des gommes « sommeil » qui associent CBN et THC. Leur cas est décrit dans notre article sur les gommes CBN et THC ; les formulations américaines sont traitées dans celui sur les gommes au THC à action rapide.

Au volant, la longue durée d'action d'un produit avalé alourdit encore le risque. L'article L235-1 du Code de la route punit la conduite après usage de stupéfiants de 3 ans de prison et 9 000 € d'amende, sans aucun seuil de THC. Les seuils de détection des tests figurent dans notre guide sur le dépistage.

Et le CBD à avaler ?

Le CBD n'est pas classé stupéfiant, mais un aliment qui en contient reste un nouvel aliment non autorisé. L'EFSA a publié en février 2026 un niveau de sécurité provisoire d'environ 2 mg de CBD par jour pour un adulte de 70 kg, limité à des compléments à base de CBD pur. Ce repère n'autorise aucun produit, comme l'explique notre article sur la dose de référence de l'EFSA.

Vendue comme cosmétique, une huile de CBD reste en vente si elle ne revendique aucun usage alimentaire. L'huile de graines de chanvre est autre chose : un aliment ordinaire, sans CBD ajouté. Notre article sur les différentes huiles de chanvre fait la distinction.

Questions fréquentes

Non. Conçue pour délivrer une dose de THC, une gomme est un stupéfiant, quel que soit son pourcentage. La fabriquer, la vendre, la détenir ou l'importer est une infraction.

Plus depuis le 15 mai 2026. Aucun aliment au CBD n'ayant reçu d'autorisation au titre du règlement Novel Food, elles ont été retirées de la vente. Le CBD lui-même n'est pas interdit, et fleurs, résines et cosmétiques restent en vente.

Non. Les avoir achetées légalement à l'étranger n'y change rien. Les faire entrer en France, c'est importer des stupéfiants, ce que la loi punit de dix ans de prison et de 7 500 000 € d'amende.

Le THC avalé doit traverser l'intestin puis le foie avant d'atteindre le sang. Les effets se font sentir après 30 à 90 minutes et peuvent durer jusqu'à 12 heures, ce qui pousse parfois à reprendre une dose trop tôt.

Les graines de chanvre, l'huile de graines et les feuilles pour infusion aqueuse, à condition qu'aucun extrait de cannabinoïde n'y soit ajouté. Comme elles étaient consommées avant 1997, elles échappent au régime des nouveaux aliments.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s’appuie sur des sources primaires citées : ANSM, EFSA, EUR-Lex et publications à comité de lecture. Les profils produits sont distingués des résultats de laboratoire documentés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.