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Fleurs de CBD en Italie : ce que change la jurisprudence

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Le CBD n'est pas interdit en Italie, mais le statut de ses fleurs y est l'un des plus disputés d'Europe. La vente de fleurs de chanvre reste régulièrement contestée devant les tribunaux, entre lois nationales restrictives et principe européen de libre circulation des marchandises. La jurisprudence Kanavape de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), rendue en 2020, encadre désormais la façon dont les juridictions nationales, y compris italiennes, peuvent restreindre la commercialisation du chanvre légal.

Fleurs de CBD en Italie : ce que change la jurisprudence
Sommaire
  1. 01Le cadre italien : la loi de 2016 sur le chanvre industriel
  2. 02La jurisprudence italienne : le critère de l'« efficacité stupéfiante »
  3. 03Le principe européen : ce que pose l'arrêt Kanavape
  4. 04Pourquoi cette tension reste d'actualité
  5. 05Ce que cela signifie pour les consommateurs français
  6. 06Le CBD en Europe : nos guides par pays
  7. 07Questions fréquentes

Le cadre italien : la loi de 2016 sur le chanvre industriel

La loi italienne n° 242 du 2 décembre 2016 a libéralisé la culture du chanvre industriel (Legge sulla coltivazione della canapa), en autorisant les variétés certifiées à faible teneur en THC. Le texte visait surtout la production agricole (fibres, graines, huile de graines), sans trancher clairement le sort de la commercialisation des fleurs séchées destinées à un usage non alimentaire. Cette ambiguïté a nourri des années de contentieux entre professionnels du secteur et autorités locales. Certaines régions ou certains parquets appliquaient des interprétations restrictives.

La jurisprudence italienne : le critère de l'« efficacité stupéfiante »

La Cour de cassation italienne (Corte di Cassazione, Sezioni Unite) a posé un principe dans un arrêt de 2019 : la commercialisation de dérivés de l'inflorescence de chanvre, y compris sous forme de fleurs séchées, n'est pas automatiquement pénalement répréhensible. Le critère retenu est l'« efficacité stupéfiante » concrète du produit, c'est-à-dire sa capacité réelle à produire un effet psychotrope. La Cour écarte une interdiction générale fondée sur la seule nature botanique du produit. Ce raisonnement se rapproche de la logique retenue plus tard par la CJUE au niveau européen.

Le principe européen : ce que pose l'arrêt Kanavape

En novembre 2020, la CJUE a jugé, dans l'affaire Kanavape (C-663/18), qu'un État membre ne peut pas interdire la commercialisation de CBD légalement produit dans un autre pays de l'Union, dès lors que ce CBD est extrait d'une plante de chanvre autorisée. Cet arrêt, rendu à l'origine dans un litige français, a posé un principe de libre circulation des marchandises applicable à l'ensemble des États membres, Italie comprise. Il ne rend pas tout produit automatiquement légal partout. Il oblige en revanche les juridictions nationales à justifier toute restriction par un motif de santé publique proportionné, et non par une interdiction de principe.

Pourquoi cette tension reste d'actualité

La coexistence de règles nationales différenciées et d'un principe européen de libre circulation laisse des zones grises, en particulier pour les fleurs brutes, plus contestées que les extraits transformés dans plusieurs pays européens. La France a connu une trajectoire comparable : son arrêté d'interdiction des fleurs a été annulé par le Conseil d'État le 29 décembre 2022. Notre article sur l'arrêté d'interdiction des fleurs de CBD retrace cet épisode. Le cas italien illustre le même mécanisme : un cadre national ambigu, corrigé progressivement par la jurisprudence, nationale puis européenne.

Ce que cela signifie pour les consommateurs français

Pour un consommateur français, la situation italienne rappelle que le statut d'un produit CBD peut varier d'un État membre à l'autre, malgré le principe européen de libre circulation. En France, le repère reste stable : un produit dérivé du chanvre est légal si le taux de THC du produit fini respecte le seuil de 0,30 %, indépendamment de sa forme (fleur, extrait ou cosmétique).

Le CBD en Europe : nos guides par pays

Chaque voisin applique son propre cadre : la Suisse tolère 1 % de THC là où la douane française reste à 0,30 % ; l'Allemagne a légalisé le cannabis récréatif et laisse le CBD circuler ; l'Espagne encadre la vente au public. Avant de passer une frontière avec un produit : voyager en avion avec du CBD.

Questions fréquentes

La vente de fleurs de CBD est-elle légale en Italie aujourd'hui ?

La situation reste débattue selon les autorités locales et l'évolution du contentieux. Le critère retenu par la Cour de cassation italienne, l'efficacité stupéfiante réelle du produit, encadre l'appréciation au cas par cas.

L'arrêt Kanavape s'applique-t-il directement en Italie ?

Il pose un principe de droit européen opposable dans tous les États membres : une interdiction nationale de commercialisation doit être justifiée par un motif de santé publique proportionné, pas par une interdiction générale.

La situation italienne ressemble-t-elle à celle qu'a connue la France ?

Oui, sur le principe : un cadre national ambigu sur les fleurs de chanvre, corrigé progressivement par la jurisprudence. La France a tranché la question par l'annulation de son arrêté d'interdiction en décembre 2022.

Le CBD acheté en Italie respecte-t-il automatiquement les règles françaises ?

Non. Le seul critère qui compte en France reste le taux de THC du produit fini, inférieur à 0,30 %, quelle que soit l'origine géographique du produit importé.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.