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Canna·wikiTaranabant

Modulateur ECS (recherche)

Non listé

Taranabant

Taranabant

N-[(2S,3S)-4-(4-chlorophenyl)-3-(3-cyanophenyl)butan-2-yl]-2-methyl-2-[[5-(trifluoromethyl)-2-pyridinyl]oxy]propanamide

Alias.MK-0364

Agoniste inverse CB1 de synthèse, développé contre l'obésité puis abandonné pour effets psychiatriques.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₇H₂₅ClF₃N₃O₂
Masse molaire
516.00 g·mol⁻¹
CAS
701977-09-5
PubChem CID
11226090
Première description
Décrit en 2006 par l'équipe de chimie médicinale de Merck & Co. (Lin, Hagmann, Fong et collaborateurs) dans le Journal of Medicinal Chemistry, sous le code de développement MK-0364. La pharmacologie chez le rongeur a été publiée en 2007, les premières études cliniques chez le volontaire sain en 2008.
Origine
Molécule entièrement synthétique. Le taranabant n'existe ni dans le cannabis ni dans aucune autre plante. Il a été conçu par chimie médicinale chez Merck & Co. comme candidat médicament contre l'obésité, dans la vague de recherche ouverte par le rimonabant sur le blocage du récepteur CB1.
InChIKey
QLYKJCMUNUWAGO-GAJHUEQPSA-N

En clair

Le taranabant est une molécule de synthèse mise au point dans les années 2000 par un laboratoire pharmaceutique pour tenter de traiter l'obésité. Elle ne vient pas du chanvre : elle a été conçue pour bloquer le récepteur sur lequel agissent normalement les cannabinoïdes, afin de couper l'appétit. Les essais cliniques ont été arrêtés en 2008 parce que le produit provoquait trop souvent de l'anxiété, de l'irritabilité et des états dépressifs.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Ki d'environ 0,13 nM sur le CB1 humain (Fong et al., 2007) ; IC50 rapportées de 0,094 à 0,74 nM selon les essaisAgoniste inverse
  • CB2
    Ki d'environ 290 nM sur le CB2 humain, soit une sélectivité CB1 sur CB2 d'environ 900 à 1360 foisAntagoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    3
  • Clarté
    5
  • Sommeil
    3
  • Appétit
    4
  • High
    2

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le taranabant (MK-0364) est un agoniste inverse sélectif du récepteur CB1. Contrairement à un simple antagoniste, il abaisse l'activité constitutive du récepteur en plus d'empêcher la fixation des endocannabinoïdes. Son affinité pour le CB1 humain est de l'ordre du dixième de nanomolaire, avec une sélectivité d'environ mille fois vis-à-vis du CB2, ce qui rend son action essentiellement centrale. Les études d'imagerie par tomographie à émission de positons ont montré qu'une occupation partielle des récepteurs CB1 cérébraux, de l'ordre de 10 à 40 pour cent, suffisait à réduire la prise alimentaire et à augmenter la dépense énergétique. Les essais cliniques ont bien confirmé une perte de poids dose-dépendante sur 52 semaines, jusqu'à environ 8 kg contre 2,6 kg sous placebo pour la dose de 4 mg, mais aussi une hausse dose-dépendante des effets indésirables digestifs, neurologiques et surtout psychiatriques. Merck a interrompu le programme de phase III en octobre 2008, et la conclusion publiée est que le rapport bénéfice sur risque ne justifiait pas la poursuite du développement. Aucune donnée n'existe sur un usage en dehors des essais cliniques, et la molécule n'a jamais été autorisée nulle part.

Sources clés.

Origine (outil de recherche)

Aucune voie biosynthétique. Le taranabant est un amide acyclique obtenu par synthèse organique totale, sans précurseur végétal ni intermédiaire cannabinoïde.

Classification structurelle

Classe
Modulateur ECS (recherche)
Origine
Molécule entièrement synthétique. Le taranabant n'existe ni dans le cannabis ni dans aucune autre plante. Il a été conçu par chimie médicinale chez Merck & Co. comme candidat médicament contre l'obésité, dans la vague de recherche ouverte par le rimonabant sur le blocage du récepteur CB1.
Statut
Non listé

Amide acyclique de synthèse portant un groupe 4-chlorophényle, un groupe 3-cyanophényle et un éther de 5-(trifluorométhyl)pyridin-2-yle, avec deux centres stéréogènes de configuration (2S,3S). La molécule ne possède aucun squelette terpénophénolique et ne dérive pas du noyau pyrazole du rimonabant, ce qui en fait le chef de file des agonistes inverses CB1 dits acycliques.

Pharmacocinétique

Administration orale. Le pic plasmatique survient en 1 à 2,5 heures. La demi-vie terminale rapportée chez le volontaire sain va d'environ 38 à 104 heures selon les doses et les études, avec un état d'équilibre atteint vers le treizième jour de prise répétée et une accumulation modérée, de l'ordre de 1,5 à 1,8 fois sur l'aire sous la courbe. L'exposition croît de façon proportionnelle à la dose sur la gamme étudiée. Un repas riche en graisses augmente la concentration maximale d'environ 14 pour cent et l'aire sous la courbe d'environ 74 pour cent. Un modèle de pharmacocinétique de population construit sur douze études de phase 1 et une étude de phase 2 a conclu qu'aucun ajustement posologique selon les covariables n'était nécessaire.

Métabolisme

Élimination essentiellement métabolique, par voie oxydative. Le CYP3A4 est l'enzyme principale décrite chez l'homme : il forme le métabolite monohydroxylé M1, puis oxyde le taranabant et M1 en acides carboxyliques correspondants. Une glucuroconjugaison n'apparaît qu'à l'état de traces. Dans l'étude de bilan de masse au carbone 14 chez l'homme, environ 92 pour cent de la dose ont été retrouvés, dont environ 87 pour cent dans les fèces, ce qui indique une excrétion biliaire et fécale prédominante. Le produit inchangé et les métabolites monohydroxylés constituent les formes circulantes majoritaires.

Toxicologie et risques

Le signal de sécurité qui a mis fin au programme est psychiatrique et neurologique. Les essais de 52 et 104 semaines ont montré une augmentation dose-dépendante des effets indésirables digestifs (nausées, vomissements, diarrhée), neurologiques (vertiges, troubles sensitifs) et psychiatriques (irritabilité, colère, agressivité, anxiété, symptômes dépressifs). Dans un essai de sevrage tabagique, une dépression a été rapportée chez 8,2 pour cent des sujets traités contre 2,5 pour cent sous placebo. Les doses de 6 mg puis de 4 mg ont été interrompues en cours d'étude pour un rapport bénéfice sur risque défavorable. Merck a arrêté le programme de phase III en octobre 2008, et les auteurs ont conclu que le profil global de sécurité et d'efficacité ne justifiait pas la poursuite du développement. En sens inverse, une étude dédiée chez des usagers récréatifs de substances multiples n'a pas mis en évidence de potentiel d'abus, les réponses subjectives ne se distinguant pas du placebo.

Détection et analyse

Aucune méthode de dépistage de routine n'est documentée pour le taranabant, qui n'a jamais circulé en dehors des essais cliniques. Les concentrations plasmatiques ont été mesurées dans les études de pharmacocinétique par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, et un marquage au carbone 14 a servi à l'étude de bilan de masse chez l'homme. Les panels toxicologiques usuels ne le recherchent pas.

Références

  1. 1.Lin LS et al., Discovery of MK-0364, a novel acyclic cannabinoid-1 receptor inverse agonist for the treatment of obesity, J Med Chem, 2006PMID 17181138
  2. 2.Fong TM et al., Antiobesity efficacy of the CB1R inverse agonist MK-0364 in rodents, J Pharmacol Exp Ther, 2007 (Ki CB1 0,13 nM ; occupation cérébrale 30 à 40 pour cent)PMID 17327489
  3. 3.Addy C et al., The acyclic CB1R inverse agonist taranabant mediates weight loss by increasing energy expenditure and decreasing caloric intake, Cell Metab, 2008 (occupation CB1 en TEP 10 à 40 pour cent)PMID 18426509
  4. 4.Addy C et al., Safety, tolerability, pharmacokinetics and pharmacodynamic properties of taranabant in healthy subjects, J Clin Pharmacol, 2008PMID 18258750
  5. 5.Addy C et al., Multiple-dose pharmacokinetics, pharmacodynamics and safety of taranabant in healthy male volunteers, J Clin Pharmacol, 2008PMID 18508950
  6. 6.Metabolism and excretion of [14C]taranabant in humans, Xenobiotica, 2010 (92 pour cent de récupération, 87 pour cent fécale)PMID 20722472
  7. 7.In vitro and in vivo metabolism of taranabant in rats and monkeys, Xenobiotica, 2010 (rôle du CYP3A4, métabolite M1)PMID 20608842
  8. 8.Proietto J et al., A clinical trial assessing the safety and efficacy of the CB1R inverse agonist taranabant in obese and overweight patients: low-dose study, Int J Obes (Lond), 2010PMID 20212496
  9. 9.Aronne LJ et al., A clinical trial assessing the safety and efficacy of taranabant in obese and overweight patients: a high-dose study, Int J Obes (Lond), 2010 (arrêt des doses 6 mg puis 4 mg)PMID 20157323
  10. 10.Randomized, controlled, double-blind trial of taranabant for smoking cessation, Psychopharmacology (Berl), 2010 (dépression 8,2 contre 2,5 pour cent)PMID 20191360
  11. 11.Human abuse potential and cognitive effects of taranabant, J Clin Psychopharmacol, 2012PMID 22722508
  12. 12.Obesity: Taranabant no longer developed as an antiobesity agent, Nat Rev Endocrinol, 2010PMID 20518102
  13. 13.PubChem CID 11226090, Taranabant (identifiants, classification MeSH, statut de développement)
  14. 14.ChEMBL CHEMBL220360, données d'activité CB1 et CB2 du taranabant (phase maximale 3)

Données structurées

InChIKey
QLYKJCMUNUWAGO-GAJHUEQPSA-N
SMILES
C[C@@H]([C@@H](CC1=CC=C(C=C1)Cl)C2=CC=CC(=C2)C#N)NC(=O)C(C)(C)OC3=NC=C(C=C3)C(F)(F)F
Formule
C27H25ClF3N3O2
Masse molaire
516.00 g·mol⁻¹
CAS
701977-09-5
PubChem CID
11226090
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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