PETPerrottétinène
Analogue bibenzylique du THC formé par des hépatiques Radula, agoniste partiel de CB1 environ dix fois moins puissant que le Δ9-THC.
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
C₂₄H₂₈O₂
CAS 160041-34-9
- Famille
- PhytocannabinoïdeHors cannabis
- Origine
- Autre plante que le chanvre
- Masse molaire
- 348,48 g/mol
Mis à jour le
En clair
Le perrottétinène est un proche parent chimique du THC, mais il ne vient pas du cannabis : il est fabriqué par de petites hépatiques du genre Radula. Chez la souris, il agit sur les mêmes récepteurs que le THC et produit des effets du même type, à dose plus élevée. Aucune étude n'a été menée chez l'être humain, et en France il est classé comme stupéfiant par une clause générique depuis 2024.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Active
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de PET : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de PET.
CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps
- Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
- CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
- HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
- AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
- CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
- Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
- IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4
Sources de la carte
- Herkenham M et al. Cannabinoid receptor localization in brain. Proc Natl Acad Sci U S A, 1990 (nouvel onglet)
- Glass M et al. Cannabinoid receptors in the human brain: a detailed anatomical and quantitative autoradiographic study in the fetal, neonatal and adult human brain. Neuroscience, 1997 (nouvel onglet)
- Engeli S et al. Activation of the peripheral endocannabinoid system in human obesity. Diabetes, 2005 (nouvel onglet)
- Wright K et al. Differential expression of cannabinoid receptors in the human colon: cannabinoids promote epithelial wound healing. Gastroenterology, 2005 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- CB1Agoniste partielKi = 481 nM · humain39 sur 100
Chicca et al. 2018, Sci Adv (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, membranes CHO-hCB1 ; agonisme partiel en [35S]GTPγS (CE50 406 nM)
- CB2Agoniste partielKi = 225 nM · humain44 sur 100
Chicca et al. 2018, Sci Adv (nouvel onglet) · déplacement du [3H]CP55,940, membranes CHO-hCB2 ; agonisme partiel en [35S]GTPγS
Pharmacologie
Le perrottétinène est un cannabinoïde bibenzylique des hépatiques du genre Radula, absent du cannabis. Il reprend le squelette benzo[c]chromène du Δ9-THC, avec une chaîne 2-phényléthyle à la place de la chaîne pentyle et une jonction de cycles cis là où le Δ9-THC du cannabis est trans. Isolé en 1994 de Radula perrottetii, il n'a reçu de pharmacologie qu'en 2018 : chez la souris, par voie intrapéritonéale, le cis (50 mg/kg) et le trans (40 mg/kg) ont produit la tétrade cannabinoïde (hypothermie, catalepsie, hypolocomotion, analgésie) avec une ampleur comparable au Δ9-THC à 10 mg/kg, et ces effets ont été abolis par un prétraitement bloquant CB1 (Chicca 2018). Sur CB1 humain, le produit naturel a une Ki de 481 nM, contre 22 nM pour le Δ9-THC dans le même essai, et se comporte en agoniste partiel. Son rapport de concentrations cerveau sur plasma a été de 0,91, contre 0,51 pour le Δ9-THC. Les auteurs le décrivent comme le premier constituant psychoactif connu parmi plus de 20 000 espèces de bryophytes. Aucune étude n'existe chez l'être humain.
Sources clés.
- Chicca A, Schafroth MA, Reynoso-Moreno I et coll. 2018, Science Advances : Uncovering the psychoactivity of a cannabinoid from liverworts associated with a legal high (nouvel onglet)PMID 30397641
- Andre CM, Sansom CE, Plunkett BJ et coll. 2025, New Phytologist : Unique bibenzyl cannabinoids in the liverwort Radula marginata: parallels with Cannabis chemistry (nouvel onglet)PMID 39716766
- Song Y, Hwang S, Gong P et coll. 2008, Organic Letters : synthèse totale stéréosélective du (−)-perrottétinène et attribution de sa configuration absolue (nouvel onglet)PMID 18085788
- ANSM, décision du 22 mai 2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants (clause générique benzo[c]chromène) (nouvel onglet)
- PubChem CID 24766094, perrottetinene (identifiants) (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Absent du cannabis : le perrottétinène n'a jamais été signalé chez Cannabis sativa L. Il est formé par des hépatiques du genre Radula, des bryophytes (plantes terrestres non vasculaires) sans parenté proche avec le chanvre : Radula perrottetii au Japon, où il a été isolé en 1994, puis Radula marginata en Nouvelle-Zélande et Radula laxiramea (Chicca 2018). Comme le Δ9-THC, il est présent dans la plante sous forme acide, progressivement décarboxylée au séchage ou à la combustion (Chicca 2018). De la R. marginata séchée, récoltée à l'état sauvage, est vendue sur Internet comme « legal high », avec une teneur incertaine en perrottétinène (Chicca 2018).
- Première description
- Isolé en 1994 de l'hépatique japonaise Radula perrottetii par Toyota, Kinugawa et Asakawa (Phytochemistry), puis retrouvé chez Radula marginata (Toyota et coll. 2002) et Radula laxiramea (Cullman et Becker 1999), d'après Chicca 2018. Sa configuration absolue a été attribuée en 2008 par une synthèse totale stéréosélective du (−)-perrottétinène (Song et coll., Organic Letters). Sa pharmacologie n'a été décrite qu'en 2018 par les équipes de Jürg Gertsch (université de Berne) et d'Erick Carreira (ETH Zurich), qui ont synthétisé les deux diastéréoisomères et montré une activité cannabinoïde chez la souris (Chicca et coll., Science Advances), un travail motivé par la vente en ligne de préparations de Radula comme « legal high ». En 2025, l'analyse de 75 récoltes de Radula marginata a décrit le perrottétinène-diol et son acide, analogues du CBD, ainsi que des chimiotypes dominés par le perrottétinène, le perrottétinène-diol ou le bibenzyl-4-géranyle (Andre et coll., New Phytologist).
Voie biosynthétique
Voie non élucidée. Dans la plante, le perrottétinène existe d'abord sous forme acide, décarboxylée au séchage ou à la combustion (Chicca 2018), et des gènes candidats de sa biosynthèse ont été décrits chez Radula marginata (Hussain et coll. 2018, cités par Chicca 2018). Sur 75 récoltes de R. marginata, les chimiotypes sont dominés selon le site par le perrottétinène, par son analogue du CBD (perrottétinène-diol) ou par son analogue du CBG (bibenzyl-4-géranyle) ; ils se maintiennent sous éclairage artificiel et en culture in vitro, ce qui suggère un contrôle génétique, et les auteurs y voient une évolution convergente de la biosynthèse dans deux lignées végétales éloignées (Andre 2025).
Cadre légal
- Union européenne
Aucun instrument de l'Union européenne ne vise le perrottétinène, et il ne figure à aucun tableau des conventions des Nations unies de 1961 et de 1971. Son statut dépend donc des législations nationales.
- France
Non inscrit sous son nom, mais classé comme stupéfiant par une clause générique. Les décisions de l'ANSM des 22 mai et 3 juin 2024 ont ajouté à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 toute substance dérivée du noyau benzo[c]chromène, non, partiellement ou totalement hydrogéné sur le cycle A, substituée notamment en position 1 par un hydroxyle, en position 3 par une chaîne alkyle, alkényle ou alkynyle elle-même substituée ou non par des groupes cycliques, en position 6 par un ou deux groupes alkyle et en position 9 par un alkyle. Le perrottétinène (hydroxyle en 1, chaîne 2-phényléthyle en 3, deux méthyles en 6, méthyle en 9) répond à ces critères et ne figure pas parmi les exclusions (cannabinol, acide cannabinolique et, sous conditions de teneur, THCV, THCVA et THCA).
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Phytocannabinoïde › Hors cannabis
- Présence dans la plante
Produit par un autre organisme que le cannabis
- Chimie
Cannabinoïde bibenzylique (β-aralkyle), squelette de type THC à jonction cis · forme neutre
- Vérification
Chaque donnée de la fiche a été vérifiée contre ses sources primaires le 20 octobre 2026.
- Wikipédia (anglais)
Perrottetinene (nouvel onglet)
Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.
Classification structurelle
Cannabinoïde bibenzylique. Le squelette est celui du tétrahydrocannabinol, un noyau benzo[c]chromène partiellement hydrogéné portant une fonction phénol en position 1 et deux méthyles géminés en position 6, mais la chaîne latérale en position 3 est un groupe 2-phényléthyle au lieu de la chaîne pentyle. Le produit naturel est le diastéréoisomère cis, de configuration 6aS,10aR, alors que le tétrahydrocannabinol du chanvre est trans, de configuration 6aR,10aR. La molécule appartient donc aux cannabinoïdes au sens pharmacologique, mais non aux phytocannabinoïdes du chanvre au sens botanique.
Pharmacocinétique
Aucune donnée humaine. Chez la souris, après injection intrapéritonéale, le rapport des concentrations cerveau sur plasma (Kp) a été de 0,91 pour le cis, 0,51 pour le trans et 0,51 pour le Δ9-THC trans ; une heure après 50 mg/kg de cis, la concentration cérébrale atteignait environ 1,4 µM (Chicca 2018). Biodisponibilité orale, demi-vie et volume de distribution ne sont pas établis.
Métabolisme
Non caractérisé : aucun métabolite du perrottétinène n'est décrit dans les sources consultées.
Toxicologie et risques
Aucune étude toxicologique, aucun essai clinique et aucun cas d'intoxication publié n'ont été trouvés. Les seules données in vivo sont des doses uniques intrapéritonéales chez la souris (Chicca 2018), sans étude de toxicité répétée. La teneur en perrottétinène des préparations de Radula vendues en ligne est incertaine (Chicca 2018).
Détection et analyse
Aucune méthode de dépistage de routine n'est décrite. En recherche, le cis, le trans et le Δ9-THC ont été dosés dans le cerveau de souris par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (Chicca 2018).
Références
- Chicca A, Schafroth MA, Reynoso-Moreno I et coll. 2018, Science Advances : Uncovering the psychoactivity of a cannabinoid from liverworts associated with a legal high (nouvel onglet)PMID 30397641
- Andre CM, Sansom CE, Plunkett BJ et coll. 2025, New Phytologist : Unique bibenzyl cannabinoids in the liverwort Radula marginata: parallels with Cannabis chemistry (nouvel onglet)PMID 39716766
- Song Y, Hwang S, Gong P et coll. 2008, Organic Letters : synthèse totale stéréosélective du (−)-perrottétinène et attribution de sa configuration absolue (nouvel onglet)PMID 18085788
- ANSM, décision du 22 mai 2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants (clause générique benzo[c]chromène) (nouvel onglet)
- PubChem CID 24766094, perrottetinene (identifiants) (nouvel onglet)
Identifiants
Nomenclature
- Nom courant
- Perrottétinène
- Nom IUPAC
- (6aS,10aR)-6,6,9-trimethyl-3-(2-phenylethyl)-6a,7,8,10a-tetrahydrobenzo[c]chromen-1-ol
- Autres noms
- cis-PET · Perrottetinen
Identifiants
- Formule
- C₂₄H₂₈O₂
- CAS
- 160041-34-9
- PubChem CID
- 24766094(nouvel onglet)
- InChIKey
- DYHMKBLKWFFFSZ-UXHICEINSA-N
- SMILES
- CC1=
C[C@@H] 2[C@H] (CC1) C(OC3= C2C(= CC(= C3) CCC4= CC= CC= C4) O) (C) C
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