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Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

PB-22

PB-22

quinolin-8-yl 1-pentylindole-3-carboxylate

Alias.QUPIC · SGT-21 · 1-pentyl-1H-indole-3-carboxylic acid 8-quinolinyl ester

Cannabinoïde de synthèse à lien ester quinoléinyle, agoniste complet de CB1, classé stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₃H₂₂N₂O₂
Masse molaire
358.40 g·mol⁻¹
CAS
1400742-17-7
PubChem CID
71604304
Première description
Le composé a été mis au point en 2012 par la société néo-zélandaise Stargate International sous le code interne SGT-21, comme hybride structural entre le QMPSB et le JWH-018. Aucune protection de propriété intellectuelle n'ayant été déposée, il est passé très vite sur le marché gris. Sa première caractérisation analytique publiée revient à Uchiyama, Matsuda, Kawamura, Kikura-Hanajiri et Goda, qui l'identifient en 2013 sous le nom QUPIC dans des produits illégaux saisis au Japon, aux côtés du QUCHIC. La pharmacologie a été décrite ensuite par Banister et collaborateurs en 2015, dans une série comparant systématiquement des cannabinoïdes de synthèse fluorés et leurs équivalents non fluorés.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre produite en vrac, puis pulvérisée sur un support végétal pour donner des mélanges à fumer présentés comme encens ou herbes aromatiques, notamment au Japon et en Europe à partir de 2013. Rien de tout cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
InChIKey
ZAVGICCEAOUWFM-UHFFFAOYSA-N

En clair

Le PB-22, également appelé QUPIC, est un cannabinoïde de synthèse fabriqué en laboratoire. Il n'existe pas dans le chanvre et n'a aucun rapport avec le cannabidiol : il a été vendu en poudre, puis pulvérisé sur des herbes destinées à être fumées. Il agit sur les mêmes récepteurs que le THC mais beaucoup plus fortement, la quantité réellement présente dans un produit reste imprévisible, et il est classé comme stupéfiant en France.

Récepteurs et activité

  • CB1
    CE50 de 5,1 nM sur récepteur CB1 humain, agoniste complet (Banister et al., 2015)Agoniste
  • CB2
    CE50 de 37 nM sur récepteur CB2 humain, agoniste complet (Banister et al., 2015)Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    8
  • Clarté
    4
  • Sommeil
    12
  • Appétit
    14
  • High
    10

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le PB-22 a ouvert une classe à part parmi les agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes : au lieu de la cétone des naphtoylindoles ou du carboxamide des séries suivantes, il porte une fonction ester entre le carbone 3 d'un indole N-pentylé et un groupement quinoléin-8-yle. Sur récepteurs humains, il se comporte en agoniste complet, avec une CE50 de 5,1 nM sur CB1 et de 37 nM sur CB2, quand le THC n'est qu'un agoniste partiel de puissance très inférieure. Chez le rat, il provoque bradycardie et hypothermie entre 0,3 et 3 mg/kg, avec un effet thermique plus ample et plus durable que celui du 5F-PB-22, du JWH-018 ou de l'AM-2201. Le lien ester est aussi sa faiblesse : l'hydrolyse enzymatique le coupe rapidement en acide 1-pentylindole-3-carboxylique et en 8-hydroxyquinoléine, et la combustion opère la même rupture, si bien qu'une part de ce qui est inhalé n'est déjà plus la molécule active. Rien n'est publié sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou 5-HT1A, et aucune étude contrôlée chez l'être humain n'existe : les données humaines manquent sur les effets, sur la puissance réelle, sur la tolérance et sur la dépendance. Ce qui est documenté chez l'homme se limite à des signalements d'effets indésirables recueillis dans le cadre des procédures de classement.

Sources clés.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique connue : la molécule n'est produite par aucune plante ni aucun organisme vivant. Elle provient d'une synthèse organique, par estérification d'un acide 1-pentylindole-3-carboxylique avec la 8-hydroxyquinoléine. La fabrication est décrite ici par classe chimique uniquement.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du cannabis comme de tout organisme vivant. Elle a circulé sous forme de poudre produite en vrac, puis pulvérisée sur un support végétal pour donner des mélanges à fumer présentés comme encens ou herbes aromatiques, notamment au Japon et en Europe à partir de 2013. Rien de tout cela ne relève du chanvre ni des produits au cannabidiol : la présence d'un cannabinoïde de synthèse dans un article vendu comme du CBD constitue une falsification.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Agoniste synthétique des récepteurs cannabinoïdes de la famille des indole-3-carboxylates : noyau indole portant une chaîne n-pentyle sur l'azote, relié en position 3 à un groupement quinoléin-8-yle par une fonction ester. Ce lien ester, à la place de la cétone des naphtoylindoles de type JWH ou du carboxamide des séries plus tardives, définit le chimiotype et constitue en même temps son point de rupture métabolique et thermique.

Pharmacocinétique

Aucune étude de pharmacocinétique humaine n'est publiée : biodisponibilité, demi-vie plasmatique et volume de distribution restent inconnus chez l'être humain. Les éléments disponibles proviennent du rongeur et de systèmes in vitro. La molécule est très lipophile et les effets centraux apparaissent en quelques minutes après inhalation, ce qui est cohérent avec un passage rapide de la barrière hématoencéphalique. Le fait dominant est l'instabilité du lien ester : les estérases coupent rapidement la molécule mère, dont la persistance sanguine est donc brève, et qui se retrouve souvent absente ou très minoritaire dans les prélèvements alors que ses produits d'hydrolyse sont abondants. La chaleur de combustion provoque la même rupture avant même l'absorption, si bien que la fraction réellement inhalée sous forme active reste indéterminée.

Métabolisme

Le métabolisme a été caractérisé sur hépatocytes humains par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse haute résolution : vingt métabolites ont été identifiés pour le PB-22. La voie très majoritaire est l'hydrolyse de l'ester, qui libère la 8-hydroxyquinoléine et l'acide 1-pentylindole-3-carboxylique, ce dernier constituant le métabolite le plus abondant. Viennent ensuite des oxydations de la chaîne pentyle, avec ou sans glucuroconjugaison, la formation d'un époxyde, une hydrolyse interne et des conjugués à la cystéine. Pour documenter une consommation dans l'urine, les auteurs recommandent de rechercher l'acide pentylindole-3-carboxylique, l'hydroxypentyl-PB-22 et l'acide pentanoïque du PB-22. Une réserve accompagne ce dernier marqueur : il est également produit par le 5F-PB-22, et ne permet donc pas à lui seul de distinguer les deux substances.

Toxicologie et risques

Aucune étude contrôlée chez l'être humain n'est publiée et il n'existe pas de donnée de toxicité systématique propre à cette molécule. Le profil de risque est d'abord celui de sa classe pharmacologique : agoniste complet de CB1 de puissance nanomolaire, sans le plafond d'effet du THC, catégorie associée chez les consommateurs de cannabinoïdes de synthèse à des tachycardies, des convulsions, des vomissements, une agitation sévère et des décompensations psychiatriques aiguës. Chez le rat, la bradycardie et l'hypothermie sont marquées et prolongées, au-delà de ce que produisent le JWH-018 ou l'AM-2201 aux mêmes doses. Deux facteurs propres au chimiotype quinoléinyle ajoutent de l'incertitude : la coupure de l'ester libère de la 8-hydroxyquinoléine, dont la contribution toxicologique propre a été soulevée sans être tranchée, et la rupture thermique pendant la combustion rend la dose active réellement inhalée imprévisible. Les produits vendus étaient des poudres pulvérisées sur un support végétal, à répartition très inégale d'une prise à l'autre, ce qui expose à des surdoses accidentelles. Les signalements d'effets indésirables graves ont contribué au classement d'urgence de la substance aux États-Unis en 2014.

Détection et analyse

L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, en phase gazeuse ou liquide, par comparaison à un étalon de référence certifié ; en spectrométrie de masse en tandem, la fragmentation la plus caractéristique correspond à la perte du groupement quinoléinyle, c'est-à-dire à la coupure de l'ester. Les immunoessais destinés au cannabis ne réagissent pas à cette structure, et un dépistage négatif ne vaut pas absence. Dans les liquides biologiques, la molécule mère est fugace du fait de l'hydrolyse rapide : la recherche porte donc sur les métabolites urinaires, au premier rang desquels l'acide pentylindole-3-carboxylique, les dérivés hydroxylés de la chaîne pentyle et l'acide pentanoïque, ce dernier étant commun au 5F-PB-22. Un artefact analytique est documenté pour les cannabinoïdes de synthèse porteurs d'une fonction ester : en présence d'éthanol, une transestérification catalysée par des enzymes peut engendrer des dérivés éthyliques, ce qui impose de la prudence dans l'interprétation des résultats.

Références

  1. 1.Uchiyama N, Matsuda S, Kawamura M, Kikura-Hanajiri R, Goda Y. Two new-type cannabimimetic quinolinyl carboxylates, QUPIC and QUCHIC, identified in illegal products. Forensic Toxicol. 2013;31(2):223-240DOI 10.1007/s11419-013-0182-9
  2. 2.Banister SD et al. Effects of bioisosteric fluorine in synthetic cannabinoid designer drugs JWH-018, AM-2201, UR-144, XLR-11, PB-22, 5F-PB-22, APICA, and STS-135. ACS Chem Neurosci. 2015PMID 25921407
  3. 3.Wohlfarth A, Gandhi AS, Pang S et al. Metabolism of synthetic cannabinoids PB-22 and its 5-fluoro analog, 5F-PB-22, by human hepatocyte incubation and high-resolution mass spectrometry. Anal Bioanal Chem. 2014;406(6):1763-1780PMID 24518903
  4. 4.Légifrance, annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (entrée « PB-22 ou QUPIC », famille des dérivés du 3-carboxylate indole)
  5. 5.Arrêté du 31 mars 2017 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, Légifrance
  6. 6.Drug Enforcement Administration. Schedules of Controlled Substances: Placement of PB-22, 5F-PB-22, AB-FUBINACA and ADB-PINACA into Schedule I. Final rule. Fed Regist. 2016PMID 27632803
  7. 7.PubChem, Compound Summary CID 71604304, PB-22 (classification DEA, code 7222)
  8. 8.NCATS Inxight Drugs, fiche PB-22 (UNII QM6J8F29FE, cibles CB1 et CB2)
  9. 9.The biological effects and thermal degradation of NPB-22, a synthetic cannabinoid. Forensic Toxicol. 2024 (coupure thermique des esters quinoléinyles, inactivité des fragments sur CB1 et CB2)PMID 38294576
  10. 10.Apirakkan O et al. Evidence of enzyme-mediated transesterification of synthetic cannabinoids with ethanol: potential toxicological impact. Forensic Toxicol. 2020;38(1):95-107DOI 10.1007/s11419-019-00491-0

Données structurées

InChIKey
ZAVGICCEAOUWFM-UHFFFAOYSA-N
Formule
C23H22N2O2
Masse molaire
358.40 g·mol⁻¹
CAS
1400742-17-7
PubChem CID
71604304
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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