JWH-122
Cannabinoïde de synthèse de la série JWH, agoniste CB1 très puissant, classé stupéfiant en France.
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
C₂₅H₂₅NO
CAS 619294-47-2
- Famille
- Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
- Masse molaire
- 355,50 g/mol
Mis à jour le
En clair
Le JWH-122 est une molécule entièrement fabriquée en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre. Vendue à partir de 2010 dans des mélanges de plantes à fumer, elle agit sur les mêmes récepteurs que le THC et c'est un agoniste puissant de ces récepteurs. Elle est classée comme stupéfiant en France et n'a rien à faire dans un produit au CBD.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Active
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de JWH-122 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de JWH-122.
CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps
- Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
- CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
- HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
- AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
- CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
- Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
- IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4
Sources de la carte
- Herkenham M et al. Cannabinoid receptor localization in brain. Proc Natl Acad Sci U S A, 1990 (nouvel onglet)
- Glass M et al. Cannabinoid receptors in the human brain: a detailed anatomical and quantitative autoradiographic study in the fetal, neonatal and adult human brain. Neuroscience, 1997 (nouvel onglet)
- Engeli S et al. Activation of the peripheral endocannabinoid system in human obesity. Diabetes, 2005 (nouvel onglet)
- Wright K et al. Differential expression of cannabinoid receptors in the human colon: cannabinoids promote epithelial wound healing. Gastroenterology, 2005 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- CB1Agonisteaucune valeur mesurée citée
agoniste puissant ; effets de type THC chez le singe rhésus antagonisés par le rimonabant (pKB 6,65, décalage de 10,7 fois), durée d'action de 1 à 2 h
- CB2Agonisteaucune valeur mesurée citée
agoniste puissant (Martínez 2021) ; aucune valeur de Ki structurée, non vérifiée dans une source ouverte
Pharmacologie
Le JWH-122 est un naphtoylindole de la série JWH, analogue 4-méthylé du JWH-018. C'est un agoniste puissant des récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2. Chez le singe rhésus, ses effets de type THC sont antagonisés par le rimonabant, antagoniste sélectif du CB1, et durent une à deux heures, ce qui confirme cette voie. Les données humaines manquent presque entièrement : une seule étude observationnelle, publiée en 2021 sur huit participants ayant fumé 1 mg, décrit une hausse rapide de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, pour des effets subjectifs déclarés minimes. Aucun essai clinique contrôlé n'a été conduit, aucun usage thérapeutique n'est établi, et rien n'est documenté sur les conséquences à moyen et long terme.
Sources clés.
- Huffman et coll., Bioorganic and Medicinal Chemistry, 2005 : relations structure-activité des 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles aux récepteurs CB1 et CB2 (série JWH) (nouvel onglet)PMID 15582455
- Martínez et coll., Frontiers in Pharmacology, 2021 : effets aigus et concentrations salivaires du JWH-122 et du JWH-210 chez l'humain après auto-administration, étude observationnelle (nouvel onglet)PMID 34489699
- Hruba et McMahon, Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 2017 : effets du JWH-122 antagonisés par le rimonabant chez le singe rhésus (nouvel onglet)PMID 28533288
- Jang et coll., Forensic Science International, 2014 : métabolites majeurs du MAM-2201 et du JWH-122 pour distinguer leur consommation (nouvel onglet)PMID 25195129
- Davidsen et coll., AAPS Journal, 2019 : métabolisme in vitro et clairance hépatique intrinsèque du JWH-122 et de ses quatre analogues ω-halogénés (nouvel onglet)PMID 31093790
- Coppola et Mondola, Journal of Psychoactive Drugs, 2017 : un cas de trouble persistant de la perception après consommation de JWH-122 (nouvel onglet)PMID 28441106
- Hutter et coll., Journal of Mass Spectrometry, 2012 : métabolites urinaires majeurs de sept cannabinoïdes de synthèse de type aminoalkylindole, dont le JWH-122 (nouvel onglet)PMID 22282090
- ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026, annexe IV, entrée JWH-122 (nouvel onglet)
- Arrêté du 19 mai 2015 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (texte cité par la liste ANSM pour ce bloc de cannabinoïdes), Légifrance (nouvel onglet)
- OICS, Liste verte des substances psychotropes sous contrôle international, 35e édition, 2024 (tableau II : JWH-122 absent) (nouvel onglet)
- PubChem, JWH-122, CID 44466638 (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a été préparée en laboratoire universitaire dans le cadre de recherches de pharmacologie sur les récepteurs cannabinoïdes, puis détournée vers les mélanges de plantes à fumer vendus sous des appellations commerciales changeantes, où elle est pulvérisée sur un support végétal.
- Première description
- Molécule de la série JWH, nommée d'après le chimiste John W. Huffman (université Clemson), dont l'équipe a étudié les relations structure-activité des 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles aux récepteurs CB1 et CB2 (publication de 2005). La molécule était un outil de recherche, sans vocation d'usage humain. Elle est décrite comme un naphtoylindole largement consommé depuis 2010 (Coppola 2017), dans des mélanges de plantes à fumer de type Spice.
Origine
Synthèse en laboratoire
Aucune voie biosynthétique : le JWH-122 n'existe dans aucune plante ni aucun organisme vivant, et le chanvre n'en produit pas. Il relève exclusivement de la synthèse organique. Aucun protocole de préparation n'est décrit ici.
Cadre légal
- Union européenne
Le JWH-122 ne figure pas parmi les cannabinoïdes de synthèse nommés au tableau II de la Convention de 1971 sur les substances psychotropes (liste verte de l'Organe international de contrôle des stupéfiants, 35e édition, 2024), qui retient notamment le JWH-018 et l'AM-2201. Son classement relève des législations des États membres.
- France
Stupéfiant en France. Le JWH-122 est inscrit nommément à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, dans la liste consolidée de l'ANSM (mise à jour du 16 février 2026), sous la mention « JWH-122 ou (4-méthyl-1-naphtalènyl) (1-pentyl-1H-indol-3-yl)-méthanone ou 1-pentyl-3-(4-méthyl-1-naphthoyl) indole », au sein de la famille générique des indol-3-yl méthanones. Le bloc des cannabinoïdes de synthèse auquel appartient cette entrée est rattaché dans la liste à plusieurs arrêtés (24 février 2009, 19 mai 2015, 31 mars 2017, 3 octobre 2017 et 14 octobre 2019) sans que la liste indique lequel a inscrit cette molécule. La production, la détention, l'acquisition, la cession, l'importation et l'usage sont interdits et pénalement sanctionnés. Cette molécule n'a aucune place dans un produit à base de CBD vendu légalement.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive
- Classe
naphthoylindole
- Vérification
Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.
- Wikipédia (anglais)
Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.
Classification structurelle
Naphtoylindole de la famille des aminoalkylindoles, analogue 4-méthylé du JWH-018 : un noyau indole N-pentylé relié par un pont carbonyle à un 4-méthylnaphtalène. Aucune parenté structurale avec les cannabinoïdes du chanvre, qui sont des terpénophénols.
Pharmacocinétique
Les données humaines se limitent à une étude observationnelle publiée en 2021 (Martínez), portant sur huit personnes ayant fumé une dose de 1 mg. Les concentrations salivaires culminent vers la vingtième minute et la molécule n'est plus détectable dans la salive au-delà de trois heures ; les effets maximaux sont observés pour l'essentiel vers vingt minutes. Aucune valeur de biodisponibilité, de volume de distribution ou de demi-vie plasmatique n'est publiée chez l'humain dans les sources consultées. In vitro, la clairance hépatique intrinsèque est élevée : 1 305 mL/min/kg sur hépatocytes humains poolés (Davidsen 2019).
Métabolisme
Le métabolisme est hépatique et oxydatif. Sur microsomes hépatiques humains comme dans les urines de consommateurs, les principaux métabolites sont des dérivés hydroxylés de la chaîne N-pentyle, en positions 4 et 5, et un dérivé carboxylé (Jang 2014). Sur hépatocytes humains, les analogues ω-halogénés forment surtout des métabolites ω-carboxylés et hydroxylés sur le groupe méthylnaphtyle, avec en phase II des ω-O-glucuronides, des O-glucuronides du méthylnaphtyle et des conjugués du glutathion ; le JWH-122 lui-même forme ses métabolites de phase I à des vitesses plus faibles que ses analogues halogénés (Davidsen 2019). Le métabolite N-4-hydroxylé prédomine après prise de JWH-122, alors que le N-5-hydroxylé prédomine après prise de MAM-2201, son analogue fluoré : les rapports de concentration entre ces deux métabolites permettent de distinguer les deux consommations (Jang 2014).
Toxicologie et risques
La seule étude humaine disponible (Martínez 2021, huit participants ayant fumé 1 mg) a mesuré une élévation maximale moyenne de la pression systolique de 23,7 ± 14,5 mmHg et de la fréquence cardiaque de 16,4 ± 21,7 battements par minute, statistiquement significatives, pour des effets subjectifs minimes ; ces effets étaient maximaux vers vingt minutes. Un cas publié rapporte un trouble persistant de la perception de type HPPD, développé chez un consommateur de cannabis après consommation de JWH-122, avec une symptomatologie étalée sur environ quatre ans (Coppola 2017). Il n'existe aucun usage médical établi, aucune posologie de référence, et les données humaines manquent sur les effets à moyen et long terme.
Détection et analyse
Le JWH-122 n'est pas détecté par les tests immunochimiques actuels, comme les autres cannabinoïdes de synthèse de ce type (Hutter 2012). L'identification repose sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse. Pour la consommation, les cibles recommandées sont les métabolites ω-carboxylés (profilage non spécifique) et les métabolites hydroxylés sur le groupe méthylnaphtyle (pour distinguer le JWH-122 de ses analogues halogénés) (Davidsen 2019) ; le rapport entre métabolites N-4- et N-5-hydroxylés distingue la consommation de JWH-122 de celle de MAM-2201 (Jang 2014). La fenêtre de détection salivaire est très courte, la molécule n'étant plus retrouvée après environ trois heures dans l'étude publiée.
Références
- Huffman et coll., Bioorganic and Medicinal Chemistry, 2005 : relations structure-activité des 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles aux récepteurs CB1 et CB2 (série JWH) (nouvel onglet)PMID 15582455
- Martínez et coll., Frontiers in Pharmacology, 2021 : effets aigus et concentrations salivaires du JWH-122 et du JWH-210 chez l'humain après auto-administration, étude observationnelle (nouvel onglet)PMID 34489699
- Hruba et McMahon, Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 2017 : effets du JWH-122 antagonisés par le rimonabant chez le singe rhésus (nouvel onglet)PMID 28533288
- Jang et coll., Forensic Science International, 2014 : métabolites majeurs du MAM-2201 et du JWH-122 pour distinguer leur consommation (nouvel onglet)PMID 25195129
- Davidsen et coll., AAPS Journal, 2019 : métabolisme in vitro et clairance hépatique intrinsèque du JWH-122 et de ses quatre analogues ω-halogénés (nouvel onglet)PMID 31093790
- Coppola et Mondola, Journal of Psychoactive Drugs, 2017 : un cas de trouble persistant de la perception après consommation de JWH-122 (nouvel onglet)PMID 28441106
- Hutter et coll., Journal of Mass Spectrometry, 2012 : métabolites urinaires majeurs de sept cannabinoïdes de synthèse de type aminoalkylindole, dont le JWH-122 (nouvel onglet)PMID 22282090
- ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026, annexe IV, entrée JWH-122 (nouvel onglet)
- Arrêté du 19 mai 2015 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (texte cité par la liste ANSM pour ce bloc de cannabinoïdes), Légifrance (nouvel onglet)
- OICS, Liste verte des substances psychotropes sous contrôle international, 35e édition, 2024 (tableau II : JWH-122 absent) (nouvel onglet)
- PubChem, JWH-122, CID 44466638 (nouvel onglet)
Identifiants
Nomenclature
- Nom IUPAC
- (4-methylnaphthalen-1-yl)-(1-pentylindol-3-yl)methanone
- Autres noms
- JWH 122 · 1-pentyl-3-(4-méthyl-1-naphtoyl)indole · 4-méthylnaphtalényl-1-pentylindol-3-yl-méthanone
Identifiants
- Formule
- C₂₅H₂₅NO
- CAS
- 619294-47-2
- PubChem CID
- 44466638(nouvel onglet)
- InChIKey
- HUKJQMKQFWYIHS-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CCCCCN1C=
C(C2= CC= CC= C21) C(= O) C3= CC= C(C4= CC= CC= C43) C
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