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Canna·wikiJWH-122

Cannabinoïde synthétique (SCRA)

Stupéfiant : nommément listé

JWH-122

JWH-122

(4-methylnaphthalen-1-yl)-(1-pentylindol-3-yl)methanone

Alias.JWH 122 · 1-pentyl-3-(4-méthyl-1-naphtoyl)indole · 4-méthylnaphtalényl-1-pentylindol-3-yl-méthanone

Cannabinoïde de synthèse de la série JWH, agoniste CB1 très puissant, classé stupéfiant en France.

Niveau de détail

Avertissement réduction des risques

Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.

Identifiants

Formule
C₂₅H₂₅NO
Masse molaire
355.50 g·mol⁻¹
CAS
619294-47-2
PubChem CID
44466638
Première description
Décrit par l'équipe de John W. Huffman, à Clemson University, dans la série de travaux consacrée aux 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles et à leurs relations structure activité aux récepteurs CB1 et CB2, publiée en 2005. La molécule était un outil de recherche, sans vocation d'usage humain. Elle apparaît sur le marché récréatif européen à partir de 2010, dans des mélanges de plantes à fumer de type Spice, et elle est notifiée au système d'alerte précoce européen en mars 2011 par les autorités polonaises.
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a été préparée en laboratoire universitaire dans le cadre de recherches de pharmacologie sur le système endocannabinoïde, puis détournée vers les mélanges de plantes à fumer vendus sous des appellations commerciales changeantes, où elle était pulvérisée sur un support végétal inerte en quantité non contrôlée.
InChIKey
HUKJQMKQFWYIHS-UHFFFAOYSA-N

En clair

Le JWH-122 est une molécule entièrement fabriquée en laboratoire, sans aucun lien avec le chanvre. Vendue à partir de 2010 dans des mélanges de plantes à fumer, elle agit sur les mêmes récepteurs que le THC, mais bien plus fortement et de façon bien plus brutale. Elle est classée comme stupéfiant en France et n'a rien à faire dans un produit au CBD.

Récepteurs et activité

  • CB1
    Ki = 0,69 nM (CB1)Agoniste
  • CB2
    Ki = 1,2 nM (CB2)Agoniste
  • Agoniste
  • Agoniste partiel
  • Antagoniste
  • Modulateur
  • Agoniste inverse

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Signature subjective

Survolez un axe pour lire la définition.

  • Apaisement
    6
  • Clarté
    4
  • Sommeil
    8
  • Appétit
    10
  • High
    12

Estimation éditoriale, non clinique.

Pharmacologie

Le JWH-122 est un naphtoylindole issu de la série mise au point par John W. Huffman, analogue 4-méthylé du JWH-018. Il se lie avec une très forte affinité aux deux récepteurs cannabinoïdes, avec des constantes rapportées de l'ordre de 0,69 nanomolaire au CB1 et 1,2 nanomolaire au CB2, très au-delà de ce que présente le THC. La différence ne tient pas qu'à la puissance : le THC reste un agoniste partiel du CB1, alors que le JWH-122 se comporte comme un agoniste de haute efficacité, ce qui réduit fortement la marge entre effet recherché et effet toxique. Chez le primate non humain, ses effets sont levés par le rimonabant, antagoniste sélectif du CB1, ce qui confirme cette voie. Les données humaines manquent presque entièrement : une seule étude observationnelle, publiée en 2021 sur huit participants, décrit une hausse rapide de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, pour des effets subjectifs déclarés faibles. Aucun essai clinique n'a été conduit, aucun usage thérapeutique n'est établi, et rien n'est documenté sur les conséquences à moyen et long terme.

Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)

Aucune voie biosynthétique : le JWH-122 n'existe dans aucune plante ni aucun organisme vivant, et le chanvre n'en produit pas. Il relève exclusivement de la synthèse organique, dans la classe des acylations d'indoles N-alkylés qui donne l'ensemble des naphtoylindoles. Aucun protocole de préparation n'est décrit ici.

Classification structurelle

Classe
Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Origine
Molécule entièrement synthétique, absente du chanvre comme de tout organisme vivant. Elle a été préparée en laboratoire universitaire dans le cadre de recherches de pharmacologie sur le système endocannabinoïde, puis détournée vers les mélanges de plantes à fumer vendus sous des appellations commerciales changeantes, où elle était pulvérisée sur un support végétal inerte en quantité non contrôlée.
Statut
Stupéfiant : nommément listé

Naphtoylindole de la famille des aminoalkylindoles, analogue 4-méthylé du JWH-018 : un noyau indole N-pentylé relié par un pont carbonyle à un 4-méthylnaphtalène. Aucune parenté structurale avec les cannabinoïdes du chanvre, qui sont des terpénophénols.

Pharmacocinétique

Les données humaines se limitent à une étude observationnelle publiée en 2021, portant sur huit personnes ayant inhalé une dose de l'ordre du milligramme. L'absorption est rapide : le pic salivaire survient vers la vingtième minute, à une concentration moyenne inférieure à quatre nanogrammes par millilitre, et la molécule n'est plus détectable dans la salive au-delà de trois heures. Les effets cardiovasculaires culminent entre la dixième et la vingtième minute. Le composé est très lipophile, ce qui laisse attendre une distribution tissulaire large, mais aucune valeur de biodisponibilité, de volume de distribution ou de demi-vie plasmatique n'est publiée chez l'humain.

Métabolisme

Le métabolisme est hépatique et fortement oxydatif. Les travaux sur microsomes et hépatocytes humains décrivent des hydroxylations de la chaîne N-pentyle, principalement en positions 4 et 5, une carboxylation terminale, des hydroxylations portées par les noyaux indole et naphtalène, des dihydrodiols formés par intermédiaire époxyde et des produits de coupure de la chaîne latérale. En phase II, glucuronides et sulfate dominent, au point que les métabolites monohydroxylés libres sont quasiment absents des urines sans hydrolyse enzymatique préalable. Le métabolite N-4-hydroxylé prédomine après prise de JWH-122, alors que le N-5-hydroxylé prédomine après prise de MAM-2201, son analogue fluoré : les rapports de concentration entre ces deux métabolites permettent de distinguer les deux consommations. Comparé à ses analogues halogénés, le JWH-122 montre des vitesses de formation de métabolites de phase I plus faibles.

Toxicologie et risques

Le profil de risque est celui des agonistes cannabinoïdes de synthèse : tachycardie, poussée hypertensive, agitation, anxiété aiguë, nausées et vomissements, avec des tableaux plus sévères rapportés pour la classe, convulsions, épisodes psychotiques, atteintes rénales et accidents cardiovasculaires. La seule étude humaine disponible a mesuré une élévation moyenne de la pression systolique de plus de vingt millimètres de mercure et une accélération du rythme cardiaque d'une quinzaine de battements par minute. Un cas publié rapporte un trouble persistant de la perception, de type HPPD, avec une symptomatologie étalée sur environ quatre ans. La haute efficacité au CB1 et l'absence totale de contrôle du dosage dans les produits de rue rendent l'exposition imprévisible, avec des intoxications collectives documentées. Il n'existe aucun usage médical, aucune posologie de référence, et les données humaines manquent sur les effets à moyen et long terme.

Détection et analyse

Le JWH-122 échappe aux immuno-essais cannabis courants, qui ciblent le THC-COOH et ne le reconnaissent pas. L'identification repose sur la chromatographie liquide ou gazeuse couplée à la spectrométrie de masse : le composé parent dans les produits saisis, le sang et la salive, les métabolites hydroxylés et carboxylés dans les urines. L'analyse urinaire suppose une hydrolyse enzymatique préalable, les métabolites étant excrétés presque exclusivement sous forme conjuguée. La fenêtre de détection salivaire est très courte, la molécule n'étant plus retrouvée après environ trois heures dans l'étude publiée.

Références

  1. 1.Huffman JW et al., Structure-activity relationships for 1-alkyl-3-(1-naphthoyl)indoles at the cannabinoid CB1 and CB2 receptors, Bioorg Med Chem, 2005PMID 15582455
  2. 2.Acute Pharmacological Effects and Oral Fluid Concentrations of the Synthetic Cannabinoids JWH-122 and JWH-210 in Humans After Self-Administration, Front Pharmacol, 2021PMID 34489699
  3. 3.Jang M et al., Determination of major metabolites of MAM-2201 and JWH-122 in in vitro and in vivo studies to distinguish their intake, Forensic Sci Int, 2014PMID 25195129
  4. 4.Coppola M, Mondola R, JWH-122 Consumption Adverse Effects: A Case of Hallucinogen Persisting Perception Disorder Five-Year Follow-Up, J Psychoactive Drugs, 2017PMID 28441106
  5. 5.Davidsen AB, Mardal M, Linnet K, In Vitro Metabolism and Hepatic Intrinsic Clearance of the Synthetic Cannabinoid Receptor Agonist JWH-122 and Its Four omega-Halogenated Analogues, AAPS J, 2019
  6. 6.Légifrance, Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, annexe IV (version consolidée au 28 mai 2015, JWH-122 nommément inscrit)
  7. 7.Légifrance, Arrêté du 19 mai 2015 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 (classement des familles de cannabinoïdes de synthèse)
  8. 8.UNODC Early Warning Advisory on New Psychoactive Substances, fiche JWH-122
  9. 9.Wikipedia, JWH-122 (affinités CB1/CB2 et statuts réglementaires nationaux)

Données structurées

InChIKey
HUKJQMKQFWYIHS-UHFFFAOYSA-N
Formule
C25H25NO
Masse molaire
355.50 g·mol⁻¹
CAS
619294-47-2
PubChem CID
44466638
Fiche machine-lisible (JSON)

Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.

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JWH-122est classé en France : Phytogrammes ne le distribue pas, voici l'alternative légale.

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