Cannabinoïde synthétique (SCRA)
Stupéfiant : nommément listéJWH-081
JWH-081
(4-methoxynaphthalen-1-yl)-(1-pentylindol-3-yl)methanone
Alias.JWH 081 · 1-pentyl-3-(4-methoxy-1-naphthoyl)indole
Cannabinoïde de synthèse de la famille des naphtoylindoles, agoniste puissant du CB1, classé stupéfiant.
Niveau de détail
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
Identifiants
- Formule
- C₂₅H₂₅NO₂
- Masse molaire
- 371.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 210179-46-7
- PubChem CID
- 10547208
- Première description
- Molécule décrite par l'équipe de John W. Huffman, à l'université Clemson en Caroline du Sud, au sein d'une série de 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles conçus comme outils pharmacologiques pour cartographier les récepteurs cannabinoïdes. Ses constantes de liaison figurent dans le travail de relation structure-activité publié par ce groupe en 2005 dans Bioorganic and Medicinal Chemistry, qui montrait qu'un groupe méthoxy en position 4 du noyau naphtoyle renforce l'affinité pour les deux récepteurs. Elle est apparue sur le marché des mélanges végétaux à fumer en 2010.
- Origine
- Molécule strictement synthétique, absente du cannabis et de tout organisme vivant. Issue de la recherche universitaire, elle a été détournée vers le marché des mélanges végétaux à fumer vendus sous des appellations comme Spice ou K2, où elle est pulvérisée sur un support inerte après récolte. Les autorités allemandes l'ont signalée pour la première fois au système d'alerte précoce de l'Union européenne en avril 2010, dans un mélange commercialisé sous la marque King B ; une seconde notification est venue d'Italie, dans un échantillon contenant aussi du JWH-073. Sa fréquence de détection est restée modérée au regard d'autres naphtoylindoles comme le JWH-018 ou le JWH-122.
- InChIKey
- UBMPKJKGUQDHRM-UHFFFAOYSA-N
En clair
Le JWH-081 est une molécule fabriquée en laboratoire, qui n'existe pas dans le chanvre et n'a rien à voir avec le CBD. Elle a été pulvérisée sur des plantes vendues comme mélanges à fumer au début des années 2010, et elle agit bien plus fortement que le THC sur les mêmes récepteurs du cerveau. Elle est classée comme stupéfiant en France et ne se trouve dans aucun produit légal.
Récepteurs et activité
- CB1Ki proche de 1,2 nanomolaire (Huffman et al., 2005)Agoniste
- CB2Ki proche de 12,4 nanomolaire (Huffman et al., 2005)Agoniste
- Agoniste
- Agoniste partiel
- Antagoniste
- Modulateur
- Agoniste inverse
Survolez une ligne pour la valeur précise (Ki, EC50…)
Signature subjective
Survolez un axe pour lire la définition.
- Apaisement8
- Clarté5
- Sommeil10
- Appétit12
- High12
Estimation éditoriale, non clinique.
Pharmacologie
Le JWH-081 est un agoniste des récepteurs cannabinoïdes appartenant à la famille des naphtoylindoles, structurellement étranger aux cannabinoïdes du chanvre. Il se lie au récepteur CB1 avec une affinité de l'ordre du nanomolaire, très supérieure à celle du delta-9-tétrahydrocannabinol, et conserve une bonne affinité pour le récepteur CB2. Là où le THC n'est qu'un agoniste partiel, les naphtoylindoles de ce type se comportent comme des agonistes de forte efficacité, ce qui explique une réponse plus brutale et l'absence du plafond d'effet observé avec le cannabis. Les travaux chez la souris établissent que l'altération de la mémoire de reconnaissance, la réduction de la potentialisation à long terme hippocampique et la baisse de phosphorylation de CaMKIV et de CREB dépendent bien du récepteur CB1, puisqu'elles s'effacent chez les animaux dépourvus de ce récepteur. Ce que la littérature n'établit pas compte tout autant : les données humaines manquent, aucune étude contrôlée de dose, de cinétique ou de sécurité n'existe, aucun bénéfice thérapeutique n'est démontré, et l'action éventuelle sur TRPV1, GPR55, PPARγ ou 5-HT1A n'est pas documentée pour cette molécule.
Sources clés.
- Huffman J.W. et al., Structure-activity relationships for 1-alkyl-3-(1-naphthoyl)indoles at the cannabinoid CB1 and CB2 receptors, Bioorganic and Medicinal Chemistry, 2005, 13(1), 89-112PMID 15582455
- Basavarajappa B.S., Subbanna S., CB1 receptor-mediated signaling underlies the hippocampal synaptic, learning and memory deficits following treatment with JWH-081, Hippocampus, 2014PMID 24123667
- Cha H.J. et al., Neurotoxicity of synthetic cannabinoids JWH-081 and JWH-210, Biomolecules and Therapeutics (Seoul), 2015, 23(6), 597-603PMID 26535086
- Hutter M., Broecker S., Kneisel S., Auwaerter V., Identification of the major urinary metabolites in man of seven synthetic cannabinoids of the aminoalkylindole type, Journal of Mass Spectrometry, 2012, 47(1), 54-65PMID 22282090
- Arrete du 19 mai 2015 modifiant l'arrete du 22 fevrier 1990 fixant la liste des substances classees comme stupefiants, annexe IV, Legifrance
- PubChem, JWH-081, CID 10547208, National Library of Medicine
- EMCDDA, Synthetic cannabinoids in Europe, rapport technique (premiere notification du JWH-081 au systeme d'alerte precoce, avril 2010)
Origine (recherche pharmaceutique → marché illicite)
Aucune voie biologique n'existe pour cette molécule. Le JWH-081 n'est produit ni par le chanvre, ni par aucune plante, ni par l'organisme humain. Il est construit par voie chimique à partir d'un noyau indolique portant une chaîne pentyle et d'un motif méthoxynaphtoyle, sans intervention enzymatique. Sa présence dans un produit végétal résulte toujours d'une imprégnation après récolte.
Cadre légal
France
Classé comme stupéfiant en France. Le JWH-081 n'est pas nommé individuellement dans un texte français : il relève de la clause générique des naphtoylindoles, définie comme les dérivés du 3-(1-naphtoyl)indole, inscrite à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990 par l'arrêté du 19 mai 2015 qui a classé sept familles de cannabinoïdes de synthèse. Étant un 1-pentyl-3-(4-méthoxy-1-naphtoyl)indole, la molécule entre dans cette définition de famille. La détention, la cession, l'importation, l'exportation et l'usage relèvent donc du régime pénal des stupéfiants. Aucun usage alimentaire, cosmétique ou de bien-être n'est autorisé.
Union européenne
Aucune mesure de contrôle propre au JWH-081 n'a été adoptée à l'échelle de l'Union européenne. La molécule a été notifiée au système d'alerte précoce européen en avril 2010 et son statut dépend des législations nationales, plusieurs États membres la couvrant par des définitions génériques et d'autres par des listes nominatives. Elle ne figure pas aux tableaux de la convention de 1971 sur les substances psychotropes, contrairement au JWH-018 et à l'AM-2201 placés sous contrôle international en 2015. Aux États-Unis, elle est nommément inscrite à l'annexe I depuis la loi fédérale de 2012 sur les drogues de synthèse.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA.
Classification structurelle
- Classe
- Cannabinoïde synthétique (SCRA)
- Origine
- Molécule strictement synthétique, absente du cannabis et de tout organisme vivant. Issue de la recherche universitaire, elle a été détournée vers le marché des mélanges végétaux à fumer vendus sous des appellations comme Spice ou K2, où elle est pulvérisée sur un support inerte après récolte. Les autorités allemandes l'ont signalée pour la première fois au système d'alerte précoce de l'Union européenne en avril 2010, dans un mélange commercialisé sous la marque King B ; une seconde notification est venue d'Italie, dans un échantillon contenant aussi du JWH-073. Sa fréquence de détection est restée modérée au regard d'autres naphtoylindoles comme le JWH-018 ou le JWH-122.
- Statut
- Stupéfiant : nommément listé
Naphtoylindole, sous-classe des aminoalkylindoles. Un noyau indole portant une chaîne pentyle sur l'azote est relié par un pont carbonyle à un naphtalène substitué par un groupe méthoxy en position 4. Cette architecture ne partage aucune parenté structurale avec les cannabinoïdes terpénophénoliques du chanvre, seule la reconnaissance par le récepteur CB1 les rapproche.
Pharmacocinétique
Les données humaines manquent : aucune étude contrôlée de pharmacocinétique n'a été publiée pour le JWH-081, et aucun paramètre validé de demi-vie, de biodisponibilité ou de volume de distribution n'est disponible. La seule voie d'exposition documentée est l'inhalation de mélanges végétaux imprégnés, dont la teneur varie fortement d'un lot à l'autre et parfois au sein d'un même sachet. La molécule est très lipophile, et plusieurs de ses métabolites hydroxylés restent pharmacologiquement actifs, si bien que la durée d'action ne se déduit pas de la disparition du composé parent dans le sang. Les concentrations sanguines, salivaires et capillaires rapportées proviennent de séries médico-légales et de cas isolés, jamais d'administrations contrôlées.
Métabolisme
Métabolisme hépatique intense, caractérisé à partir d'urines de consommateurs et d'incubations in vitro. La voie majeure est la monohydroxylation, portant soit sur la chaîne N-pentyle, soit sur le noyau naphtalénique, soit sur le noyau indolique, accompagnée de métabolites carboxylés sur la chaîne alkyle. Les travaux de Hutter et de ses collègues n'ont pas mis en évidence de O-déméthylation du groupe méthoxy pour cette molécule, ce qui la distingue de certains analogues alkoxylés. Les métabolites hydroxylés sont ensuite conjugués à l'acide glucuronique par les UDP-glucuronosyltransférases avant excrétion urinaire. Comme pour d'autres naphtoylindoles, une partie de ces métabolites conserve une affinité pour le récepteur CB1, ce qui complique l'interprétation de la relation entre exposition et effet.
Toxicologie et risques
Bannière de réduction des risques indispensable : il s'agit d'un cannabinoïde de synthèse, sans usage légal ni marge de sécurité établie chez l'être humain. Chez la souris, la dose la plus élevée testée provoque tremblements, réactions de traction, réduction de l'activité locomotrice et perte de performance au rotarod, avec des noyaux et des membranes nucléaires déformés dans la partie centrale du noyau accumbens, ce que les auteurs interprètent comme un signal de neurotoxicité. Une autre étude montre une altération de la reconnaissance d'objet, une baisse de la mémoire de travail spatiale et une suppression de la potentialisation à long terme hippocampique, effets absents chez les souris dépourvues de récepteur CB1. En clinique, les intoxications liées aux mélanges de type Spice contenant des naphtoylindoles associent tachycardie, agitation, comportements désorganisés, convulsions, et dans les séries de réanimation des défaillances respiratoires ayant conduit à l'intubation. Les produits saisis contiennent des mélanges de molécules à dosage inconnu et hétérogène, ce qui rend le risque de surdose élevé et imprévisible. Les données humaines contrôlées manquent totalement.
Détection et analyse
Le JWH-081 échappe aux immunoessais urinaires classiques du cannabis, qui ciblent les métabolites du THC : un dépistage négatif ne dit rien de son absence. La confirmation repose sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem ou à haute résolution. Dans l'urine, la molécule mère est rarement retrouvée, et les laboratoires ciblent les métabolites monohydroxylés, en particulier le dérivé N-(5-hydroxypentyl) qui dispose d'un code d'analyse dédié dans la nomenclature LOINC. Le cheveu offre une fenêtre rétrospective de plusieurs mois par analyse segmentaire, mais l'interprétation reste délicate : la fumée latérale et la simple manipulation des mélanges végétaux suffisent à contaminer la matrice, ce qui interdit de conclure à une consommation sur la seule présence du composé.
Références
- 1.Huffman J.W. et al., Structure-activity relationships for 1-alkyl-3-(1-naphthoyl)indoles at the cannabinoid CB1 and CB2 receptors, Bioorganic and Medicinal Chemistry, 2005, 13(1), 89-112PMID 15582455
- 2.Basavarajappa B.S., Subbanna S., CB1 receptor-mediated signaling underlies the hippocampal synaptic, learning and memory deficits following treatment with JWH-081, Hippocampus, 2014PMID 24123667
- 3.Cha H.J. et al., Neurotoxicity of synthetic cannabinoids JWH-081 and JWH-210, Biomolecules and Therapeutics (Seoul), 2015, 23(6), 597-603PMID 26535086
- 4.Hutter M., Broecker S., Kneisel S., Auwaerter V., Identification of the major urinary metabolites in man of seven synthetic cannabinoids of the aminoalkylindole type, Journal of Mass Spectrometry, 2012, 47(1), 54-65PMID 22282090
- 5.Arrete du 19 mai 2015 modifiant l'arrete du 22 fevrier 1990 fixant la liste des substances classees comme stupefiants, annexe IV, Legifrance
- 6.PubChem, JWH-081, CID 10547208, National Library of Medicine
- 7.EMCDDA, Synthetic cannabinoids in Europe, rapport technique (premiere notification du JWH-081 au systeme d'alerte precoce, avril 2010)
Données structurées
- InChIKey
- UBMPKJKGUQDHRM-UHFFFAOYSA-N
- Formule
- C25H25NO2
- Masse molaire
- 371.50 g·mol⁻¹
- CAS
- 210179-46-7
- PubChem CID
- 10547208
Format d’ingestion LLM : superset structuré de la fiche (identifiants, liaison, statut légal versionné). Corpus complet.
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