JWH-081
Cannabinoïde de synthèse de la famille des naphtoylindoles, agoniste puissant du CB1, classé stupéfiant.
Avertissement réduction des risques
Aucune dose humaine caractérisée : données animales / in vitro uniquement. Profil d'effet, marge de sécurité et toxicité aiguë non documentés en clinique humaine. Composé extrêmement puissant : effets sévères, convulsions, décès rapportés dans la littérature.
C₂₅H₂₅NO₂
CAS 210179-46-7
- Famille
- Agoniste synthétique des récepteurs CBNouvelle substance psychoactive
- Masse molaire
- 371,50 g/mol
Mis à jour le
En clair
Le JWH-081 est une molécule fabriquée en laboratoire, qui n'existe pas dans le chanvre et n'a rien à voir avec le CBD. Elle a été pulvérisée sur des plantes vendues comme mélanges à fumer, et elle se fixe aux mêmes récepteurs du cerveau que le THC avec une affinité bien plus élevée dans les tests de laboratoire. Elle est classée comme stupéfiant en France et ne se trouve dans aucun produit légal.
Récepteurs et activité
Réseau des cibles
- Active
Plus la valeur citée est faible, plus la cible est proche de JWH-081 : un anneau tous les facteurs 100. Une cible sans valeur chiffrée reste sur le bord.
Où vivent ces cibles
Où chaque cible a été trouvée chez l’humain, d’après les études citées. La carte montre la cible, pas un effet de JWH-081.
CB1CB1 trouvé dans 7 régions du corps
- Ganglions de la basedenseTrès dense dans les ganglions de la base1
- CerveletdenseTrès dense dans le cervelet1
- HippocampedenseConcentrations très élevées dans l’hippocampe2
- AmygdaledenseConcentrations élevées dans l’amygdale2
- CortexprésentPrésent dans tout le néocortex2
- Tissu adipeuxprésentExprimé dans le tissu adipeux3
- IntestinprésentÉpithélium, muscle lisse et plexus du côlon4
Sources de la carte
- Herkenham M et al. Cannabinoid receptor localization in brain. Proc Natl Acad Sci U S A, 1990 (nouvel onglet)
- Glass M et al. Cannabinoid receptors in the human brain: a detailed anatomical and quantitative autoradiographic study in the fetal, neonatal and adult human brain. Neuroscience, 1997 (nouvel onglet)
- Engeli S et al. Activation of the peripheral endocannabinoid system in human obesity. Diabetes, 2005 (nouvel onglet)
- Wright K et al. Differential expression of cannabinoid receptors in the human colon: cannabinoids promote epithelial wound healing. Gastroenterology, 2005 (nouvel onglet)
Valeurs citées
- CB1AgonisteKi = 1,2 nM · non précisée (valeur compilée)82 sur 100
Wiley et al. 2016, Neuropharmacology (valeurs de Huffman et Padgett 2005 reprises dans le tableau 1) (nouvel onglet) · liaison au récepteur CB1 (valeur de Huffman et Padgett 2005 reprise par Wiley 2016)
- CB2AgonisteKi = 12 nM · non précisée (valeur compilée)65 sur 100
Wiley et al. 2016, Neuropharmacology (valeurs de Huffman et Padgett 2005 reprises dans le tableau 1) (nouvel onglet) · liaison au récepteur CB2 (valeur de Huffman et Padgett 2005 reprise par Wiley 2016)
Pharmacologie
Le JWH-081 est un agoniste des récepteurs cannabinoïdes appartenant à la famille des naphtoylindoles, structurellement étranger aux cannabinoïdes du chanvre. Il se lie au récepteur CB1 avec une affinité de l'ordre du nanomolaire (Ki de 1,2 nM, contre 41 nM pour le THC dans la même compilation) et conserve une bonne affinité pour le récepteur CB2 (12 nM). Le THC n'est qu'un agoniste partiel ; l'efficacité propre du JWH-081 n'est pas documentée dans les sources consultées, alors que celle de son proche parent JWH-073 égale celle d'un agoniste complet de référence. Les travaux chez la souris établissent que l'altération de la mémoire de reconnaissance, la réduction de la potentialisation à long terme hippocampique et la baisse de phosphorylation de CaMKIV et de CREB dépendent bien du récepteur CB1, puisqu'elles s'effacent chez les animaux dépourvus de ce récepteur. Ce que la littérature n'établit pas compte tout autant : les données humaines manquent, aucune étude contrôlée de dose, de cinétique ou de sécurité n'est citée, et l'action éventuelle sur TRPV1, GPR55 ou PPARγ n'est pas documentée pour cette molécule.
Sources clés.
- Huffman et coll., Bioorganic and Medicinal Chemistry, 2005 : relations structure-activité des 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles aux récepteurs CB1 et CB2 (nouvel onglet)PMID 15582455
- Wiley et coll., Neuropharmacology, 2016 : affinités du JWH-081 aux récepteurs cannabinoïdes (Ki de 1,2 et 12 nM) et aux récepteurs non cannabinoïdes, essais chez la souris (nouvel onglet)PMID 27449567
- Basavarajappa et Subbanna, Hippocampus, 2014 : les déficits synaptiques, d'apprentissage et de mémoire induits par le JWH-081 dépendent du récepteur CB1 (souris sauvages et knock-out) (nouvel onglet)PMID 24123667
- Cha et coll., Biomolecules and Therapeutics, 2015 : neurotoxicité du JWH-081 et du JWH-210 chez la souris (nouvel onglet)PMID 26535086
- Hutter et coll., Journal of Mass Spectrometry, 2012 : métabolites urinaires majeurs de sept cannabinoïdes de synthèse de type aminoalkylindole, dont le JWH-081 (nouvel onglet)PMID 22282090
- ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026, annexe IV, entrée JWH-081 (nouvel onglet)
- Arrêté du 19 mai 2015 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (texte cité par la liste ANSM pour ce bloc de cannabinoïdes), Légifrance (nouvel onglet)
- OICS, Liste verte des substances psychotropes sous contrôle international, 35e édition, 2024 (tableau II : JWH-081 absent) (nouvel onglet)
- PubChem, JWH-081, CID 10547208, National Library of Medicine (nouvel onglet)
Histoire
- Provenance
- Molécule strictement synthétique, absente du cannabis et de tout organisme vivant. Issue de la recherche universitaire, elle a été détournée vers le marché des mélanges végétaux à fumer vendus sous des appellations comme Spice ou K2, où elle est pulvérisée sur un support végétal (Basavarajappa 2014). Elle figurait en 2012 parmi les sept cannabinoïdes de synthèse alors les plus courants dans ces mélanges (Hutter 2012).
- Première description
- Molécule décrite par l'équipe de John W. Huffman, à l'université Clemson (Caroline du Sud), au sein d'une série de 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles dont les affinités pour les récepteurs CB1 et CB2 ont été publiées en 2005 dans Bioorganic and Medicinal Chemistry. Elle a ensuite été identifiée comme composant de produits vendus sous les noms Spice ou K2 (Basavarajappa 2014) et comptait en 2012 parmi les sept cannabinoïdes de synthèse alors les plus courants (Hutter 2012).
Origine
Synthèse en laboratoire
Aucune voie biologique n'existe pour cette molécule : le JWH-081 n'est produit ni par le chanvre, ni par aucune plante, ni par l'organisme humain. Il provient d'une synthèse organique, décrite ici par sa seule classe chimique, celle des naphtoylindoles. Sa présence dans un produit végétal résulte toujours d'une imprégnation après récolte.
Cadre légal
- Union européenne
Le JWH-081 ne figure pas parmi les cannabinoïdes de synthèse nommés au tableau II de la Convention de 1971 sur les substances psychotropes (liste verte de l'Organe international de contrôle des stupéfiants, 35e édition, 2024), qui retient notamment le JWH-018 et l'AM-2201 : son statut relève des législations nationales.
- France
Classé comme stupéfiant en France et désigné nommément. Le JWH-081 figure à l'annexe IV de l'arrêté du 22 février 1990, dans la liste consolidée de l'ANSM (mise à jour du 16 février 2026), sous la mention « JWH-081 ou (4-méthoxynaphthalen-1-yl) (1-pentyl-1H-indol-3-yl) méthanone ou 1-pentyl-3-(4-méthoxy-1-naphthoyl) indole », au sein de la famille générique des indol-3-yl méthanones. Le bloc des cannabinoïdes de synthèse auquel appartient cette entrée est rattaché dans la liste à plusieurs arrêtés (24 février 2009, 19 mai 2015, 31 mars 2017, 3 octobre 2017 et 14 octobre 2019) sans que la liste indique lequel a inscrit cette molécule. La détention, la cession, l'importation, l'exportation et l'usage relèvent donc du régime pénal des stupéfiants. Aucun usage alimentaire, cosmétique ou de bien-être n'est autorisé.
Sources : EUR-Lex, UNODC, CND, ANSM, IUPHAR/BPS, ChEBI, EUDA. Notre méthode.
Classement
Famille, origine et vérification des sources
- Famille
Agoniste synthétique des récepteurs CB › Nouvelle substance psychoactive
- Classe
naphthoylindole
- Vérification
Classement, sources et valeurs de liaison vérifiés le 20 octobre 2026 ; texte relu contre ses sources et Wikipédia.
- Wikipédia (anglais)
Article apparié par la structure de la molécule (InChIKey), révision lue le 19 octobre 2026. Lu comme second avis, jamais cité comme source.
Classification structurelle
Naphtoylindole, sous-classe des aminoalkylindoles. Un noyau indole portant une chaîne pentyle sur l'azote est relié par un pont carbonyle à un naphtalène substitué par un groupe méthoxy en position 4. Cette architecture ne partage aucune parenté structurale avec les cannabinoïdes terpénophénoliques du chanvre, seule la reconnaissance par le récepteur CB1 les rapproche.
Pharmacocinétique
Aucune donnée pharmacocinétique humaine n'est citée dans les sources consultées : aucun paramètre validé de demi-vie, de biodisponibilité ou de volume de distribution n'est disponible pour le JWH-081. La voie d'exposition décrite est l'inhalation de mélanges végétaux imprégnés. Les études disponibles portent sur l'identification des métabolites urinaires : la molécule inchangée n'est généralement pas retrouvée dans l'urine après consommation (Hutter 2012).
Métabolisme
Pour les sept cannabinoïdes de synthèse étudiés par Hutter et collaborateurs, dont le JWH-081, à partir d'urines de patients ayant consommé ces produits, la voie majeure est la monohydroxylation, portant sur la chaîne N-alkyle, sur le noyau naphtalénique ou sur le noyau indolique ; des métabolites à chaîne alkyle carboxylée sont en outre identifiés pour certains composés. Les sources consultées ne permettent pas de dire si ces métabolites du JWH-081 restent actifs sur le récepteur CB1.
Toxicologie et risques
Il s'agit d'un cannabinoïde de synthèse, sans usage légal ni marge de sécurité établie chez l'être humain. Chez la souris, la dose la plus élevée testée (5 mg/kg) provoque tremblements, réactions de traction, réduction de l'activité locomotrice et perte de performance au rotarod, avec des noyaux et des membranes nucléaires déformés dans la partie centrale du noyau accumbens, ce que les auteurs interprètent comme un signal de neurotoxicité ; cette étude n'a pas mesuré de changement significatif de l'apprentissage ou de la mémoire (Cha 2015). Une autre étude montre à plus forte dose une altération de la reconnaissance d'objet, de l'alternance spontanée et de la mémoire spatiale, avec suppression de la potentialisation à long terme hippocampique, effets absents chez les souris dépourvues de récepteur CB1 (Basavarajappa 2014). Les données humaines contrôlées manquent.
Détection et analyse
Le JWH-081 n'est pas détecté par les tests immunochimiques actuels : un dépistage négatif ne dit rien de son absence (Hutter 2012, à propos des cannabinoïdes de synthèse de ce type). L'analyse urinaire suppose de connaître les métabolites, la molécule inchangée n'étant généralement pas retrouvée ; elle repose sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem ou à haute résolution, en ciblant les dérivés monohydroxylés.
Références
- Huffman et coll., Bioorganic and Medicinal Chemistry, 2005 : relations structure-activité des 1-alkyl-3-(1-naphtoyl)indoles aux récepteurs CB1 et CB2 (nouvel onglet)PMID 15582455
- Wiley et coll., Neuropharmacology, 2016 : affinités du JWH-081 aux récepteurs cannabinoïdes (Ki de 1,2 et 12 nM) et aux récepteurs non cannabinoïdes, essais chez la souris (nouvel onglet)PMID 27449567
- Basavarajappa et Subbanna, Hippocampus, 2014 : les déficits synaptiques, d'apprentissage et de mémoire induits par le JWH-081 dépendent du récepteur CB1 (souris sauvages et knock-out) (nouvel onglet)PMID 24123667
- Cha et coll., Biomolecules and Therapeutics, 2015 : neurotoxicité du JWH-081 et du JWH-210 chez la souris (nouvel onglet)PMID 26535086
- Hutter et coll., Journal of Mass Spectrometry, 2012 : métabolites urinaires majeurs de sept cannabinoïdes de synthèse de type aminoalkylindole, dont le JWH-081 (nouvel onglet)PMID 22282090
- ANSM, Liste consolidée des substances classées comme stupéfiants, mise à jour du 16 février 2026, annexe IV, entrée JWH-081 (nouvel onglet)
- Arrêté du 19 mai 2015 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (texte cité par la liste ANSM pour ce bloc de cannabinoïdes), Légifrance (nouvel onglet)
- OICS, Liste verte des substances psychotropes sous contrôle international, 35e édition, 2024 (tableau II : JWH-081 absent) (nouvel onglet)
- PubChem, JWH-081, CID 10547208, National Library of Medicine (nouvel onglet)
Identifiants
Nomenclature
- Nom IUPAC
- (4-methoxynaphthalen-1-yl)-(1-pentylindol-3-yl)methanone
- Autres noms
- JWH 081 · 1-pentyl-3-(4-methoxy-1-naphthoyl)indole
Identifiants
- Formule
- C₂₅H₂₅NO₂
- CAS
- 210179-46-7
- PubChem CID
- 10547208(nouvel onglet)
- InChIKey
- UBMPKJKGUQDHRM-UHFFFAOYSA-N
- SMILES
- CCCCCN1C=
C(C2= CC= CC= C21) C(= O) C3= CC= C(C4= CC= CC= C43) OC
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